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3 mai 2020 7 03 /05 /mai /2020 13:28
GENEALOGIE LE GAC :  LES MALHEURS DE MON ANCÊTRE PIERRE DE LA  BROSSE  ...

Né vers 1220 julien
Décédé le 30 juin 1278 julien (jeudi) - pendu au gibet de Montfaucon ! - Paris, 75010, Paris, FRANCE , à l'âge de peut-être 58 ans
Sgr de Langeais (37) et Châtillon-sur-Indre (36), ministre des finances de Philippe-le-Bel, conseiller de Philippe III Le-Hardi

Il eut plusieurs autres enfants, dont aussi Isabelle , Amicie et deux fils l un l ainé, l autre fut chanoine de Tours,..

La Brosse est, contrairement à ce qu'affirme la légende noire répandue après son exécution (qui prétend qu'il est de basse extraction), issu de la petite noblesse de Touraine. Son grand-père paternel est assez fortuné pour épouser une femme de la noblesse. Son père est déjà au service de la monarchie avec le titre de sergent du roi.

En 1261 Pierre de la Brosse devient valet de chambre et chirurgien(barbier soigneur, mais n' opère pas , ) au service du roi Saint Louis. Celui-ci, visiblement satisfait des services de Pierre, le fait sire de Nogent-l'Erembert, puis châtelain du roi en 1264 et chambellan en 12661

Il devient rapidement le favori de Philippe III, dit le Hardi, avec titre de grand chambellan, et en 1271 est promu au rang de garde des enfants royaux avec Pierre d'Alençon le propre frère de Philippe III. À ces postes il accumule une fortune considérable qui suscite la convoitise des grands de France qui le firent pendre à Montfaucon sans procès. Son nom est cité dans la Divine Comédie (Purgatoire, chant VI). Voir aussi Histoire de la Maison royale de France (1728 - T3 - p. 172 (195))..

complement info =Fut condamné à mort sans procès et pendu à Montfaucon. Ses biens furent confisqués au profit du roi de France Philippe III, dit le Hardi. Ce n'est que longtemps plus tard (sous le règne de Philippe-le-Bel) que la famille pu recouvrer une partie de ses biens confisqués.

Voir ci-dessous, l'article de WIKIPEDIA...

La Brosse est, contrairement à ce qu'affirme la légende noire répandue après son exécution (qui prétend qu'il est de basse extraction), issu de la petite noblesse de Touraine. Son grand-père paternel est assez fortuné pour épouser une femme de la noblesse. Son père est déjà au service de la monarchie avec le titre de sergent du roi.

En 1261 Pierre de la Brosse devient valet de chambre et chirurgien au service du roi Saint Louis. Celui-ci, visiblement satisfait des services de Pierre, le fait sire de Nogent-l'Érembert, puis châtelain du roi en 1264 et chambellan en 1266. Le frère de Pierre est « panetier » au service du roi. La charge de chambellan est bien rémunérée (plus de 100 livres parisis par an). C'est un poste de confiance considérable. Ainsi c'est le chambellan qui débloque les fonds que le roi souhaite donner aux membres de la noblesse en dédommagement et gratification1.

Pierre de la Brosse est aussi un proche de Philippe, le second fils de Louis IX, devenu l'héritier du trône après la mort de son frère aîné Louis. Le futur Philippe III est un homme influençable qui prête trop souvent l'oreille aux conseils de son entourage. Pierre de la Brosse devient rapidement un personnage essentiel pour le futur souverain. Ce dernier accompagne en 1270 la croisade lancée par Louis IX et qui se termine par la mort du roi, emporté par la dysenterie, le 25 août 1270,d'un de ses fils. À la mort d'Isabelle d'Aragon, la première femme du nouveau souverain Philippe III, enceinte de six mois, Pierre de la Brosse est nommé son exécuteur testamentaire. Le nouveau roi le désigne en outre comme membre d'un éventuel conseil de régence. Il devient ainsi rapidement le favori du nouveau monarque, avec titre de grand chambellan, et, en 1271 il est promu garde des enfants royaux avec Pierre d'Alençon, le propre frère de Philippe III. À ces postes, il accumule une fortune considérable grâce aux largesses du roi qui le couvre de revenus et de fiefs, tels celui de Langeais en Touraine, mais aussi grâce aux dons de ceux qui veulent profiter de son influence sur le souverain.. Philippe III lui octroie de nombreux biens - terres, rentes - à Nogent-le-Roi ainsi qu'en Béarn, Saintonge et Normandie. Il obtient même des possessions du roi Henri III en Angleterre.

Pour consolider cette ascension il recherche des alliances matrimoniales pour sa famille. Il est marié depuis 1255 à une femme de la noblesse flamande, Philippa de Wavrin, dite de Saint-Venant dont il a plusieurs enfants. En 1275, sa fille Isabelle est promise à un écuyer issu d'une famille de chambellans au service de la dynastie capétienne depuis plus d'un siècle et sa dernière fille, Amicie, doit se marier avec le sire de Beaugency. Certains projets avortent, comme l'union entre son fils aîné et une fille de la famille de Parthenay en 1274, mais son second fils devient, avec le soutien du roi, chanoine de Tours. Son népotisme s'exerce aussi au profit de membres plus éloignés de sa famille. Pierre de Benais, un parent par alliance, devient évêque de Bayeux en 1276. Un autre parent, Philippe Barbe, est nommé bailli de Bourges.

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Cette rapide promotion sociale lui attire de nombreuses inimitiés au sein de la noblesse. Sa réussite insolente traduit en effet une certaine habileté personnelle mais surtout l'emprise totale qu'il possède sur le roi. Pour de nombreux barons de la cour le souverain doit s'appuyer sur les princes et nobles de son royaume et non sur des "parvenus" issus de la Cour. Le chambellan bouscule la hiérarchie du royaume car devenu quasi second après le roi. Il impose son avis au conseil du roi (il porte le titre de « conseiller du roi » en 1275). Il faut cependant nuancer son influence car Philippe III consulte, pour les grandes décisions politiques, les vieux conseillers de son père qu'il a maintenus en place mais il semble bien que l'avis de Pierre de la Brosse soit devenu prépondérant.

Son rôle dans la distribution des libéralités royales lui attire de nombreux ennemis et, à partir de 1274, l'hostilité des barons devient ouverte. Le mariage du roi avec Marie de Brabant, une femme cultivée et brillante, affaiblit son crédit auprès du roi d'autant que la reine ne supporte pas l'affection du roi pour son chambellan. La rumeur va jusqu'à envisager une relation amoureuse entre le roi et son chambellan.

La mort subite du fils aîné du roi, le prince Louis, en 1276, précipite le conflit. Pierre de la Brosse tente en effet de discréditer la reine. Il laisse entendre que celle-ci ne serait pas étrangère à la mort du prince et qu'elle prépare le terrain à son propre fils Louis de France qui vient de naître en éliminant les fils du premier lit. La reine, à laquelle le roi est très attaché, riposte en l'accusant de manipulation dans cette même affaire. Le roi, semble-t-il, hésite, moins indigné de la calomnie de son protégé que des soupçons qui s'accumulent contre lui. Pour sortir de ce mauvais pas Pierre, de la Brosse tente, durant l'hiver 1276/1277, de suborner, par l'intermédiaire de son cousin Pierre de Benais, évêque de Bayeux, une béguine du diocèse de Liège qui prétend avoir des révélations sur la mort du jeune prince. Pierre de Benais tente de lui faire dire que la mort du prince est l'œuvre de la « clique brabançonne » qui entoure la reine. Mais en novembre 1277 la manœuvre du chambellan et de son cousin apparaît clairement lorsque l'évêque de Liège interroge à son tour la béguine.

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Cette implication du chambellan n’est, semble-t-il, pas suffisante pour le perdre aux yeux du roi, mais l’hostilité des grands barons est cette fois ouverte. Il ne faut pas oublier que plusieurs d’entre eux sont les débiteurs de Pierre de La Brosse (le comte Robert II d'Artois par exemple). L’affront fait à la reine par cette accusation calomnieuse a gravement offensé toute la haute noblesse. Mais pour convaincre Philippe III, il faut une accusation beaucoup plus grave, ce sera celle de « haute trahison ».

À l’été 1276, Philippe III lève un immense ost afin d’envahir la Castille. Le roi de ce pays, Alphonse X, ne cesse de s’ingérer dans les affaires du royaume de Navarre dont la reine Jeanne est jeune et célibataire. Il y a donc un enjeu matrimonial que Philippe III compte emporter. Un ost particulièrement important - que l’on nomme l’ost de Sauveterre, du nom de l’endroit où il s'arrêta - est réuni et entame sa marche vers les Pyrénées. Brutalement et de façon assez incompréhensible pour les barons, le roi décide de négocier avec le souverain castillan. Certains crient à la trahison et pensent qu’on a fait croire au roi qu’Alphonse X voulait négocier. Quelques jours plus tard, un messager portant une boîte qui contient des lettres, expire dans un couvent. Cette boîte est marquée du sceau de Pierre de La Brosse. Transmise au roi, cette boîte prouve la collusion entre le roi castillan et le principal conseiller de Philippe III.

S’agit-il d’une trahison réelle ou d’un coup monté ? Impossible à dire mais l’affaire paraît rondement menée et il n’est pas improbable que les pièces à conviction aient été forgées par les barons de la cour. Pierre de La Brosse est arrêté en janvier 1278 à Vincennes mais emprisonné loin de la capitale, à Janville dans la Beauce. Sans doute faut-il y voir une volonté de l’éloigner du roi afin que celui-ci ne tente pas une manœuvre pour sauver son chambellan. Il est pendu au gibet de Montfaucon le , sans procès. Le fait qu’il soit pendu, tel un manant, n’est pas innocent. Ce supplice est dégradant et les nobles souhaitent ainsi montrer que, dans la mort, Pierre de La Brosse revient à sa condition de départ.

La chute du favori entraîne celle de son clan. Le bailli de Bourges est démis de ses fonctions et l’évêque de Bayeux, que la reine poursuit de sa vindicte, s’enfuit à Rome. Ce n’est que sous le règne de Philippe le Bel que les descendants de Pierre de La Brosse retrouvent une partie de leurs biens.

Sous le nom de « De la Broce », il apparaît dans la Divine comédie (« Purgatoire », Chant VI), avec les autres âmes de ceux qui, quoique absous, n’avaient pu faire leur dernière confession et repentance à cause d’une mort violente. Le texte de Dante montre qu'il croyait en l'innocence de Pierre de La Brosse.

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Né en 1230 en Touraine, Pierre de la Brosse était de famille bourgeoise, fils de Pierre de la Brosse II mort en 1252, sergent du roi saint Louis, et de Perronelle Pinet remariée en 1269 à Geoffroy de Varettes, chevalier. Il était également le petit-fils de Pierre de la Brosse Ier, à qui Dreux de Mello, seigneur de Loches, en Touraine, avait en 1219 donné une rente en considération des bons services qu’il en avait reçus.

Le Pierre de la Brosse qui nous occupe, dit seigneur de la Brosse, l’était aussi de Langeais et de Châtillon-sur-Indre, en Touraine, de la Louppelande et de Moliberne, en Anjou, de Damville et de Corneilles, en Normandie, de Chémery en Nivernais, de Fains en Berry, et de deux maisons et une rente à Chartres, de plusieurs droits et parties de rentes considérables. Ses richesses et sa faveur furent cause de sa disgrâce.

Il paraît qu’il étudia l’art de la chirurgie et que, l’emploi de son père lui ayant donné quelque accès à la cour, il y devint en 1261 le barbier, autrement dit le chirurgien de Philippe, fils aîné du roi saint Louis, et qu’il capta tellement la faveur de ce jeune prince, que lorsque ce dernier fut parvenu à la couronne après la mort de son père en 1270, il nomma Pierre son grand-chambellan, et lui confia le maniement des affaires les plus importantes de l’État. Bientôt, Mathieu de Vendôme, abbé de Saint-Denis, ne posséda plus entièrement la confiance du jeune roi, et la faveur du chambellan nuisit beaucoup à l’autorité du premier ministre.

Le roi Philippe le Hardi perdit, en 1271, sa première femme, Isabelle d’Aragon, dont il avait trois enfants, et épousa, en 1274, une princesse remarquable par son esprit et par ses charmes, Marie de Brabant, dont il eut un fils, tige de la branche royale d’Évreux. Ici commence un tissu d’atrocités invraisemblables, qui n’a jamais été appuyé par des preuves, et qui alimentèrent la légende noire entourant Pierre de la Brosse.

Selon Guillaume de Nangis, moine bénédictin de l’abbaye Saint-Denis et chroniqueur contemporain de saint Louis et de Philippe le Hardi, la reine faisant de jour en jour « des progrès dans l’amour et la faveur du roi, Pierre de La Brosse, chambellan du roi Philippe (qui lui-même vivait alors dans une si étroite familiarité avec le roi son seigneur, qu’au-dessus de tous et par tous il était honoré dans la cour du roi) commença à s’affliger, à ce que plusieurs assurent, de ce penchant du roi pour la reine. Il imagina qu’une femme bien intentionnée pouvait le connaître pour ce qu’il était, peut-être parce qu’il avait quelque reproche à se faire, ou parce que sa familiarité préjudiciable à la majesté royale pouvait en souffrir.

« De ce moment, dit-on, l’iniquité fut conçue dans son cœur. Il commença à chercher de quelle manière il pourrait détourner le cœur du roi de l’amour de la reine, ou l’en détacher entièrement. » Guillaume de Nangis explique que Philippe prit pour tant de goût pour La Brosse, « lui accorda une telle confiance en toutes choses, et l’éleva si haut, que tous les barons, prélats et chevaliers du royaume de France lui rendaient de grands honneurs et le comblaient de présents considérables. Ils le craignaient même beaucoup, parce qu’il faisait faire au roi tout ce qu’il voulait. »

Notre chroniqueur raconte qu’ « en 1276, mourut Louis, fils aîné du roi de France ; quelques uns répandaient le bruit tout bas qu’il avait été empoisonné, et ce bruit, Pierre de La Brosse s’efforça de le confirmer dans l’esprit du roi. Il travaillait, en effet, mais non pas ouvertement, à faire croire que la mort de l’enfant devait être attribuée à la reine Marie, épouse du roi, et que celle-ci préparait le même sort aux autres enfants de la première épouse, afin de transmettre leur droit d’hérédité aux enfants qui naîtraient d’elle-même. »

Guillaume de Nangis poursuit : « Il y avait alors en France deux faux prophètes : le vicaire de l’église de Laon, et un certain Sarabita [ce nom était alors donné aux reclus volontaires qui, sans se soumettre à aucune règle, se consacraient à la vie monastique], le pire des hommes, ainsi qu’une fausse prophétesse, la béguine de Nivelle. Ils n’étaient approuvés par aucune religion, mentaient au nom de Dieu, et prétendaient prouver leur seconde vue par la vie austère dont ils faisaient parade au-dehors ; l’esprit de mensonge parlant par leur bouche abusa cependant quelques hommes qui ajoutèrent foi à leurs paroles.

« Pierre de La Brosse, selon la pensée de beaucoup de gens en France, les avait engagés par promesse à dire de la reine des choses qui pussent diminuer l’amour et la faveur que lui accordait le roi. Philippe, ému de leurs oracles, envoya Matthieu, abbé de Saint-Denis, son conseiller intime, et Pierre, évêque de Bayeux, beau-frère de Pierre de La Brosse, consulter ensemble la béguine, afin de savoir la vérité au sujet de son fils ; mais l’abbé fut précédé par l’évêque ; celui-ci parla le premier seul à cette femme ; on ignore ce qu’elle lui dit. Lorsque l’abbé vint ensuite, elle n’ouvrit la bouche que pour dire : J’ai parlé à l’évêque votre compagnon, et je lui ai clairement expliqué ce qu’il m’a demandé. L’abbé s’indigna de la conduite de l’évêque et des réponses de cette femme ; il pensa à part lui qu’elle avait médité quelque trahison.

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« Lorsqu’ils furent tous deux de retour, le roi interrogea d’abord l’abbé, et lui demanda quelles réponses la béguine avait faites à ses ordres. L’abbé lui apprit qu’il avait été précédé par l’évêque, et que la prophétesse n’avait rien voulu lui répondre. Le roi fit aussitôt approcher l’évêque qui répondit ainsi à ses demandes : Roi, mon seigneur, cette femme m’a révélé sous le sceau de la confession des choses que je ne puis ni ne dois répéter à vous ni à d’autres. Le roi irrité lui dit : Je ne vous avais pas envoyé pour confesser cette femme ; mais je n’en resterai pas là, et, si je puis, la vérité sera connue. Le roi dépêcha alors vers la prophétesse Thibault, évêque de Dol en Bretagne, et Arnolphe de Visemale, chevalier du Temple. Ceux-ci se rendirent en toute hâte à Nivelle, et, entamant la conversation, ils apprirent à la béguine qu’ils étaient envoyés par le roi.

« La béguine les reçut avec joie, et, après beaucoup de questions, leur dit : Dites au roi que si on a mal parlé de la reine son épouse, il n’y ajoute aucune foi, parce qu’elle est bonne et fidèle, et l’aime de tout son cœur ainsi que les siens. Les envoyés revinrent et racontèrent fidèlement au roi ce qu’ils avaient entendu. Le roi comprit facilement qu’il avait auprès de lui des serviteurs qui n’étaient ni bons ni fidèles ; mais il ne découvrit point alors les pensées de son cœur, et même il les dissimula autant que possible. »

La France était alors en guerre avec Alphonse X, roi de Castille : le comte d’Artois, qui commandait l’armée française envoyée en Espagne, eut une entrevue avec ce roi, et prétendit qu’il était convenu d’avoir des intelligences à la cour de Philippe le Hardi, et des espions dans son conseil. On répandit le bruit que Pierre de La Brosse était le traître.

Près de deux ans plus tard, et toujours selon Guillaume de Nangis, « il arriva que, le roi Philippe se trouvant à Melun-sur-Seine, un moine vint lui apporter des lettres qu’il disait avoir été laissées, enveloppées de poix, dans l’hospice de son abbaye, par un messager qui y était mort, et qui avait recommandé de ne les remettre à nul autre qu’au roi. Celui-ci fit un gracieux accueil au moine, et, mandant aussitôt son conseil, fit ouvrir les lettres, qui portaient le sceau de Pierre de La Brosse. Le contenu de ces lettres a été et est encore ignoré de tout le monde, excepté de ceux qui faisaient partie du conseil.

« Tout ce qu’on sait, c’est qu’il les étonna beaucoup, et qu’aussitôt le roi quitta Melun pour venir à Paris, où il eut une nouvelle délibération avec son conseil, à la suite de laquelle Pierre de La Brosse, s’étant rendu au bois de Vincennes près Paris, y fut fait prisonnier, enfermé d’abord à Paris, puis conduit à Janville en Beauce, et emprisonné dans une forteresse. Aussitôt que l’évêque de Bayeux, parent de Pierre de La Brosse, apprit son arrestation, il quitta la France, et se réfugia à Rome, où il fut forcé de rester longtemps comme exilé sous la protection du souverain pontife. Ramené à Paris, et emprisonné de nouveau, Pierre de La Brosse fut attaché au gibet des voleurs », après un procès qui ne fut point instruit publiquement et mené par une commission composée du duc Robert II de Bourgogne, du duc Jean Ier de Brabant — frère de la reine Marie —, et du comte Robert II d’Artois, neveu de feu saint Louis et cousin de Philippe III.

Pierre de La Brosse avait peu de faveur à attendre de tels juges, qu’un profond secret sur l’objet même de l’accusation mettait à l’abri de toute responsabilité. Les ducs de Bourgogne et de Brabant, le comte d’Artois, et une foule de seigneurs à qui sa mort était agréable parce qu’il leur avait rendu de mauvais services auprès du roi, voulurent assister à son exécution. Pierre de La Brosse fut pendu au gibet de Montfaucon, le 30 juin 1278.

Rien ne prouve qu’il fut coupable de haute trahison ; Mézerai, cependant, trouve « qu’il l’était assez quand il n’aurait commis d’autre crime que d’avoir obsédé son roi, et enlacé sa personne sacrée et son esprit par ses artifices ». Pour l’historien Jean de Sismondi (1773-1842), « s’il faut en croire la Chronique de Saint-Magloire, les barons durent faire une sorte de violence au roi pour lui arracher son consentement à ce supplice, et le peuple regarda La Brosse comme victime de l’envie, non comme un coupable puni de ses forfaits. » Et l’on peut en effet lire dans cette chronique :

L’an mil et deux cent septante huit,
S’accordèrent li barons tuit
A Pierre de la Brosse pendre :
Pendu fu sans reançon prendre.
Conte la volonté li roy,
Fu il pendu, si com je croy.
Mien encient qu’il fu desfet
Plus par envie que par fet.

Durant sa période faste, Pierre de La Brosse avait acheté d’Alphonse de France, comte de Poitiers et de Toulouse, oncle du roi, la seigneurie de Langeais, et de Maurice de Craon, sénéchal des trois provinces, tous les droits qu’il pouvait avoir sur ce domaine. Il avait acquis pareillement la terre de Danville de Robert de Courtenay, « le lundi avant les Brandons, l’an 1274 ».

À la mort de Pierre de La Brosse, ses biens furent confisqués, et la châtellenie de Langeais fut réunie à la couronne. Il paraît qu’il eut deux femmes : la première était sœur de Pierre de Benais, et la seconde était fille de Mathieu de Saint-Venant. Il laissa quatre enfants : Pierre, qui se maria avec Jeanne de Parthenay, mais dont le mariage fut rompu par le supplice de son père ; Renée, femme de Simon de Beaugency ; Isabeau, mariée à Mathieu de Vatebois ; Perrenelle, femme d’Étienne de Savary.

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