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13 avril 2021 2 13 /04 /avril /2021 14:06

Il s'agit ici de vous présenter une galerie de "portraits" d'ancêtres directs (pas de cousinage), les textes explicatifs sont très très succincts et méritent une recherche approfondie sur Wikipédia ou autre...

NOS ANCETRES MEROVINGIENS :

GENEALOGIE : GALERIE D'ANCÊTRES...

Estampe du roi Clodion réalisée en 1690 par Nicolas II de Larmessin

Clodion dit « le Chevelu » appelé dans les sources primaires Cloio ou Chlogio, né vers 390 et mort vers 450, est un chef des Francs saliens, l’un des peuples germaniques qui constituent la ligue des Francs. Il est essentiellement connu pour être le plus ancien roi de la dynastie des Mérovingiens dont l’existence soit certaine. Clodion n’est connu que par deux brèves mentions, ce qui rend difficile l’établissement d’une biographie par les historiens.

Vers le milieu du Ve siècle, Clodion pénètre avec son armée en territoire romain et s’empare du Cambrésis et de l’Artois méridional. Il fonde ainsi un petit royaume franc dont héritera son descendant Clovis Ier et qui sera l’embryon du futur royaume de France.

GENEALOGIE : GALERIE D'ANCÊTRES...

Mérovée (ou encore Merowig, Mérovech) est considéré comme le deuxième roi des Francs saliens. Son existence est entourée de tant d'obscurité que certains historiens en ont fait un roi légendaire.

Mérovée a donné son nom à la dynastie des Mérovingiens. Les rois mérovingiens n'ont jamais contesté son existence et se glorifièrent d'appartenir à sa lignée.

GENEALOGIE : GALERIE D'ANCÊTRES...

Childéric Ier, est le fils présumé de MEROVEE, né vers 436 et mort en 481, est roi des Francs saliens à partir de 457 ou 458. Son nom, constitué des éléments franciques hild- « combat » et -rīk « puissant », est attesté sous la forme latinisée Childericus. Il est le père de Clovis Ier.

Childéric Ier est le premier roi de la dynastie des Mérovingiens dont la filiation soit clairement attestée. Les sources littéraires et les recherches archéologiques le définissent à la fois comme un roi des Francs et un gouverneur romain de la province de Belgique seconde. Il est l'exemple type d'une élite franque ayant opéré la fusion entre les cultures germano-romaines et païennes des tribus danubiennes. Païen, Childéric a cependant l'avantage d'être le seul des rois barbares à ne pas être arien, ce qui lui procure l'attention des élites locales et de l'épiscopat. Son tombeau, découvert en 1653, contenait des armes telles qu'une spatha (épée à lame large), une francisque ou encore un scramasaxe. On y a également retrouvé de nombreux bijoux en or, ainsi qu'un paludamentum, le manteau porté par les généraux romains.

GENEALOGIE : GALERIE D'ANCÊTRES...

Clovis et Clotilde, vue d'artiste d'Antoine-Jean Gros, Paris, Petit Palais, 1811.

 

Représentation anachronique du baptême de Clovis, dépeignant le rite par aspersion dans une cuve baptismale. Or, le baptême par immersion dans une piscine de baptistère demeure en usage jusqu'à l'époque carolingienne. Toile du XVe siècle du maître de Saint Gilles.

GENEALOGIE : GALERIE D'ANCÊTRES...
GENEALOGIE : GALERIE D'ANCÊTRES...

« Clovis Ier roy crestien », tirée du Recueil des rois de France de Jean du Tillet, vers 1550. Miniature réalisée d'après le gisant de l'église Sainte-Geneviève.

Clovis Ier, en latin Chlodovechus, né à Tournai vers 466 et mort à Paris le , est roi des Francs saliens, puis roi de tous les Francs de 481 à 511.

Issu de la dynastie des Mérovingiens, il est le fils de Childéric Ier, roi des Francs saliens de Tournai (en actuelle Belgique), et de la reine Basine de Thuringe. Chef militaire, il accroît considérablement le territoire du petit royaume des Francs saliens, dont il hérite à la mort de son père, pour finir par unifier une grande partie des royaumes francs, repousser Alamans et Burgondes et annexer les territoires des Wisigoths dans le Sud de la Gaule.

Le règne de Clovis est surtout connu par la description qu'en fit Grégoire de Tours, évêque gallo-romain dont l'Histoire des Francs est riche d'enseignements, mais dont la visée, essentiellement édifiante, s'accompagne d'un manque de précision et de cohérence historique. Les éléments de la vie de Clovis ne sont pas connus de manière certaine et leur « habillage » est le plus souvent suspect. Néanmoins, Clovis est considéré dans l'historiographie comme un des personnages les plus importants de l'histoire de France.

GENEALOGIE : GALERIE D'ANCÊTRES...

Clotaire Ier dit le Vieux (ou ChlotarClotharChlotochar ou Hlothar), né vers 498, mort le 29 novembre ou le 31 décembre 561, est un roi franc de la dynastie des Mérovingiens, fils de Clovis, roi des Francs, mort en 511.

Clotaire devient roi de Soissons en 511, roi d'Orléans en 524, roi des Burgondesen 534, roi de Metz en 555, roi de Paris en 558 ; entre 558 et 561, il est seul à la tête du royaume des Francs réunifié comme sous le règne de Clovis.

GENEALOGIE : GALERIE D'ANCÊTRES...

Le roy Chilpéric, filz du roy Clotaire le premier. La royne Frédégonde, sa femme par Jean Du Tillet, Recueil des rois de France (fr. 2848 f°24). Bibliothèque Nationale de France. Peinture réalisée d'après les anciens gisants de l'église Saint-Germain-des-Prés.

Chilpéric Ier, né entre 525 et 534, mort assassiné entre le 20 et le à Chelles, est un souverain franc de la dynastie des Mérovingiens. Petit-fils de Clovis et fils de Clotaire Ier, il est roi de Soissons de 561 à 584.

À la mort de Clotaire Ier, le royaume des Francs, réunifié en 558, est partagé entre ses quatre fils : Sigebert, Gontran, Caribert et leur demi-frère Chilpéric, qui reçoit le royaume de Soissons. Il est l'un des derniers rois mérovingiens à régner en monarque absolu sur ses sujets avant que le pouvoir ne s'effrite, capté par une noblesse ambitieuse. Une grande partie de son règne est occupé par des conflits avec ses frères, mais surtout avec Sigebert dans la première moitié des années 570.

Chilpéric est marié trois fois. Sa deuxième épouse, la princesse wisigothe Galswinthe, meurt assassinée en 568 et le roi se remarie rapidement avec Frédégonde. Son conflit avec Sigebert se double ainsi de la rivalité entre Frédégonde et Brunehaut, épouse de Sigebert et sœur de Galswinthe. Cette période de luttes intestines, la « faide royale », ne prend fin qu'en 613, avec la victoire de Clotaire II, le seul fils survivant de Chilpéric et Frédégonde, sur Brunehaut et ses descendants.

Chilpéric apparaît sous un jour négatif dans l'Histoire des Francs de Grégoire de Tours, qui le surnomme « le Néron et l'Hérode de notre temps ».

GENEALOGIE : GALERIE D'ANCÊTRES...

Clotaire II traitant avec les Lombards (miniature des Grandes chroniques de France ; manuscrit 512 de la bibliothèque municipale de Toulouse, fo 55 vo.).

Clotaire II (ou ChlotarClotharChlotochar ou Hlothar) dit le Jeune, né en mai 584, mort le 18 octobre 629, est roi de Neustrie de 584 à 613 et roi des Francs de 613 à 629, après la conquête du royaume d'Austrasie et du royaume de Bourgogne.

Sa victoire de 613 sur la reine Brunehaut met fin à la longue période de guerres entre rois francs, commencée en 570, et dont deux protagonistes ont été les parents de Clotaire, Chilpéric Ier et Frédégonde.

GENEALOGIE : GALERIE D'ANCÊTRES...

Dagobert Ier, né vers 602/605 et mort le ou 639, est un roi des Francs de la dynastie mérovingienne. Fils de Clotaire II (584-629), arrière-arrière-petit-fils de Clovis, il règne sur l'Austrasie de 623 à 632 et est roi des Francs de 629 à 639. Durant cette période, il a sa résidence le plus souvent autour de Paris, notamment à Clichy (actuel département des Hauts-de-Seine). Déjà affaibli sous Dagobert, le pouvoir monarchique passe entre les mains des maires du palais à partir de sa mort.

Le règne de Dagobert se déroule environ 130 ans après celui de Clovis et 120 ans avant l'avènement du carolingien Pépin le Bref. Dagobert prend la succession de son père Clotaire II, ce dernier a unifié les terres franques alors réparties entre les petits-fils de Clovis. Dagobert règne donc sur un royaume unifié. Cependant, il doit compter avec la noblesse austrasienne, qui avait su monnayer son aide auprès de Clotaire II contre Brunehaut.

GENEALOGIE : GALERIE D'ANCÊTRES...

Clovis II, dit « le Fainéant », né en 635 et mort le , est roi de Neustrie et de Bourgogne de 639 à sa mort.

Clovis II accède au trône à la mort de son père Dagobert Ier, en 639. Il a quatre ans, et sa mère Nantilde assure la régence jusqu'à sa mort, en 642. La suite du règne de Clovis II se déroule sous l'influence des maires du palais de Neustrie Ega et Erchinoald (ou Archambaud). La résidence royale est alors à Clichy.

En 649, Clovis II prend pour épouse une esclave anglo-saxonne nommée Bathilde (626-680). Achetée à York par le maire du palais Erchinoald, elle est emmenée dans le royaume des Francs pour épouser Clovis II. Trois fils naissent de cette union :

  • Clotaire III (652-673), qui succède à son père comme roi de Neustrie et de Bourgogne (657-673) ;

  • Childéric II (653-675), qui devient roi d'Austrasie à la mort de Childebert l'Adopté (662-673), puis roi de tous les Francs à la mort de son frère aîné Clotaire III (673-675) ;

  • Thierry III (654-691), qui devient roi de Neustrie et de Bourgogne à la mort de son frère Clotaire III en 673. Son frère aîné Childéric II le détrône peu après. Il redevient roi de Neustrie et de Bourgogne à la mort de Childéric II (675-679), puis roi de tous les Francs à la mort de son cousin Dagobert II (679-691).


En 651, il a une soudaine envie de venir prier dans l'église des Saints-Martyrs puis veut voir la sépulture de Saint-Denis et veut partir avec un souvenir, ce sera un bout du bras d'os de Denis. Dans le même temps, il demande à  ponctionner dans l'église de l'argent présent dans la couverture de la voûte érigé par son père, les coffrets et autres châsses, pour ensuite les redistribuer aux plus pauvres de son royaume. Panique au clergé.


Clovis II meurt après avoir sombré dans la folie le 31 octobre 657, à l'âge de 22 ans, après 18 ans de règne.

NOS ANCETRES CAROLINGIENS :

GENEALOGIE : GALERIE D'ANCÊTRES...

Vue d'artiste de Pépin le Bref (peinture de Louis-Félix Amiel commandée par Louis-Philippe pour le musée de l'Histoire de France en 1837).

GENEALOGIE : GALERIE D'ANCÊTRES...

Carloman Ier, né en 751 à Soissons, mort le à Samoussy dans l'Aisne, fut roi des Francs de 768 à 771. Il est le fils et successeur de Pépin le Bref.

GENEALOGIE : GALERIE D'ANCÊTRES...

 Couronnement de Charlemagne. Enluminure de Jean Fouquet, Grandes Chroniques de France, Paris, BnF, ms. Français 6 465, vers 1460. Les costumes des personnages reflètent la mode du milieu du XVe siècle.

 

Charlemagne, du latin Carolus Magnus, ou Charles Ier dit « le Grand », né à une date inconnue (vraisemblablement durant l'année 742, voire 747 ou 748, peut-être le ), mort le à Aix-la-Chapelle, est un roi des Francs et empereur. Il appartient à la dynastie des Carolingiens. Fils de Pépin le Bref, il est roi des Francs à partir de 768, devient par conquête roi des Lombards en 774 et est couronné empereur à Rome par le pape Léon III le 24 ou , relevant une dignité disparue en Occident depuis la déposition, trois siècles auparavant, de Romulus Augustule en 476.

GENEALOGIE : GALERIE D'ANCÊTRES...

Mosaïque de la basilique Saint-Jean-de-Latran de Rome présentant sur la droite le pape Léon III et Charlemagne, agenouillés aux pieds de saint Pierre. Ce dernier leur remet les clefs et la bannière, symboles de leurs pouvoirs respectifs.

GENEALOGIE : GALERIE D'ANCÊTRES...

Miniature contemporaine de l'école de Fulda datant de 826 représentant Louis le Pieux. Liber de laudibus Sanctæ Crucis, par Raban Maur. Codex Vaticanus Reginensis latinus 124.

 

Louis Ier dit « le Pieux » ou « le Débonnaire », né en 778 à Cassinogilum (localisation incertaine, soit Casseuil près de Bordeaux Chasseneuil-du-Poitou dans la Vienne ou encore Casseneuil en Lot-et-Garonne) et mort le à Ingelheim, près de Mayence, est roi d'Aquitaine jusqu'en 814, puis empereur d'Occident de 814 à sa mort en 840. Il est le fils de Charlemagne et de Hildegarde de Vintzgau.

Son règne est marqué par de nombreuses menaces sur l'unité de l'Empire carolingien : non seulement il dut faire face aux raids des Vikings, mais ses fils se révoltèrent contre lui en plusieurs occasions. Les ambitions des grandes familles aristocratiques s'affirment alors de plus en plus, menaçant le pouvoir impérial.

Après sa mort, l'Empire carolingien est partagé entre les royaumes de ses fils Charles, Lothaire (qui reçoit le titre impérial), et Louis le Germanique par le traité de Verdun.

GENEALOGIE : GALERIE D'ANCÊTRES...

Enluminure représentant Charles le Chauve avant 869, Psautier de Charles le Chauve, BnF, Département des Manuscrits.

Charles II dit « le Chauve », né le à Francfort-sur-le-Main et mort le à Avrieux, est un des petits-fils de Charlemagne qui se partagent l'Empire carolingien en 843. Roi d'Aquitaine durant le règne de son père Louis le Pieux, il est roi de Francie occidentale de 843 à 877 et est couronné empereur d'Occident en 875.

GENEALOGIE : GALERIE D'ANCÊTRES...

Louis II le Bègue. Gravure de Charles-Amédée Colin (1845), d’après la peinture
de Louis-Félix Amiel et parue dans Galeries historiques de Versailles publiées
par l’ordre du roi
de Charles Gavard.

Louis II dit « le Bègue » (né le , mort le à Compiègne) est roi des Francs de à . Il est le fils de Charles II et d'Ermentrude.

Le à Louviers, son père négocie ses fiançailles avec une fille d'Erispoë, roi de Bretagne, et lui concède alors le duché du Mans3. Déplaisant énormément aux vassaux bretons, cet arrangement est peut-être une des raisons du mécontentement et du complot qui entraînent l'assassinat du roi breton l'année suivante.

Il se marie en premières noces en 862 à Ansgarde de Bourgogne (qu'il aurait enlevée à l'abbaye de Chelles), qui lui donne deux fils, Louis III et Carloman II, et trois filles, Gisèle, Hildegarde et Ermentrude. Comme ce mariage avait été contracté sans la volonté de son père, ce dernier oblige Louis à répudier Ansgarde. Il épouse en secondes noces — contre l'avis des autorités ecclésiastiques — Adélaïde de Paris dont il a un fils, Charles, qui naît après sa mort.

Comme l'indique son surnom, Louis II bégaie, ce qui l'empêche de s'exprimer en public et nuit à son autorité.

Après avoir été investi roi d'Aquitaine en 867 par son père, il devient roi des Francs après la mort de ce dernier survenue le . Son accession au trône est contestée par plusieurs seigneurs et même par l'impératrice Richilde, seconde épouse de son père. Afin de se rallier des partisans, Louis prodigue alors de nombreux cadeaux et promesses, et finalement Richilde elle-même consent à sa succession. Le , il est couronné et sacré par l'archevêque Hincmar de Reims dans la chapelle palatine de l'abbaye Saint-Corneille de Compiègne. Son autorité va cependant rester très faible.

Sacré une deuxième fois par le pape Jean VIII, lors du concile de Troyes le , il demeure un roi sans pouvoir, dominé par la puissance de l'aristocratie. Le de cette même année à Fouron près de Liège, il a cependant la sagesse de conclure avec son cousin Louis de Saxe un accord qui confirme le partage de la Lotharingie effectué par leurs pères en 870 au traité de Meerssen.

De santé fragile, Louis meurt le , alors qu'il s'apprêtait à lancer une expédition pour soumettre Bernard de Gothie, comte d'Autun et de Mâcon, qui s'était déclaré rebelle.

GENEALOGIE : GALERIE D'ANCÊTRES...

Portrait de Charles III le simple figurant dans le Recueil des rois de France de Jean du Tillet (Bibliothèque nationale de France), vers 1550, réalisé d'après la statue de la collégiale Saint-Fursy de Péronne.

Charles III dit « le Simple », né le , mort le à Péronne, dans la Somme, est roi de Francie occidentale de la fin du IXe et du début du Xe siècle ; il appartient à la dynastie carolingienne.

Ce fils posthume du roi de Francie Louis II le Bègue († le ) et de sa seconde épouse Adélaïde est facilement écarté du trône par les grands du royaume après la disparition, en 882 et 884 de ses demi-frères issus du premier lit royal, Louis III et Carloman II. Les impératifs de défense en cette période troublée, sous la triple menace nordique, sarrasine et magyare, ne paraissaient guère compatibles avec l'accession au trône d'un tout jeune enfant. Charles est donc placé en 885 sous la tutelle de l'empereur Charles III le Gros. Après la destitution et l'abdication de ce dernier, le robertien Eudes, vaillant défenseur de Paris assiégée par les Normands durant l'hiver 885-886, se fait élire roi en .

Sacré roi des Francs occidentaux le par l'archevêque de Reims Foulques, le jeune Charles ne peut régner sur l'ensemble du royaume qu'à partir de la mort d'Eudes survenue le . Il est aussi roi de Lotharingie de 911 à 923. Sous son règne, de puissantes principautés en Flandre, Bourgogne, Aquitaine et France robertienne, adaptées à l'époque troublée, affirment leur indépendance, et deviennent des acteurs incontournables de la vie politique du royaume. Le pouvoir royal éprouve ainsi d'énormes difficultés à s'imposer en raison des multiples rivalités de pouvoir.

La fin du règne, qui voit la prédominance d'un conseil régalien d'origine lotharingienne, est catastrophique. Tout d'abord, Charles est déposé par les grands du royaume le . Ensuite, la bataille de Soissons, le , sans vainqueur décisif, ouvre la voie à des rixes et querelles innombrables qui amènent la ruine du parti royal et valorisent le champ des ambitions des conjurés. Enfin, la bonne volonté pacificatrice de Charles, abandonné, est trompée. Attiré dans une réunion de médiation en fin d'été 923, le souverain est capturé lors d'un guet-apens organisé par Herbert II de Vermandois, qui le laisse végéter en captivité à Péronne jusqu'à sa mort en 929, même si son geôlier, un temps en conflit avec Raoul de Bourgogne, fait mine de chercher à le rétablir sur son trône, en 927.

GENEALOGIE : GALERIE D'ANCÊTRES...

Robert Ier représenté dans un arbre généalogique des Robertiens. Détail d'une enluminure, Bibliothèque municipale de Besançon, ms. 854, fo 8, XIVe siècle.

Robert Ier (né vers 860 – mort le ) est élu roi de Francie occidentale en 922. Fils cadet du comte d'Anjou Robert le Fort (vers 815/30866) et probablement d'Emma de Bourgogne, fille cadette du comte Conrad Ier et d'Adélaïde d'Alsace, il est le frère d'Eudes et le grand-père d'Hugues Capet.

Son frère Eudes, devenu roi en 888, le nomme à la tête de plusieurs comtés, y compris le comté de Paris et la marche de Neustrie. Robert est également abbé in commendam de plusieurs abbayes. Il ne revendique pas la couronne de France quand son frère meurt en 898, reconnaissant les droits à la succession du roi carolingien, Charles III le Simple, qui, selon Richer de Reims, le confirme « duc de la Gaule celtique » (Neustrie). Il ne semble pas qu'il soit le titulaire du titre de duc des Francs, comme l'est Hugues le Grand en 936. Robert continue à défendre le Nord de la France contre les attaques des Normands. Ainsi le , il participe à la bataille qui libère Chartres, défendue par son évêque Jousseaume, du siège normand. Avec l'aide du marquis de Bourgogne Richard et d'Ebles comte de Poitiers, les Normands sont sévèrement battus, ce qui permet au roi de négocier avec Rollon la sédentarisation des Normands autour de Rouen. L'historien Karl Ferdinand Werner souligne l'importance de ce fait d'armes qui stabilise la situation en Neustrie et permet à ses vainqueurs de s'affirmer en défenseurs du royaume.

La paix entre Charles III et Robert se prolonge jusqu'en 921 mais le clergé et les nobles s'irritent contre le roi Charles III, proche du comte Haganon, qu'il comble de faveurs (bien qu'il puisse s'agir d'un prétexte politique).

Avec l'appui des nobles les plus puissants, Robert attaque le roi Charles, qui s'enfuit en Lorraine. Robert est alors couronné roi des Francs à Reims par l'archevêque de Sens, Gautier, le dimanche en la basilique Saint-Remi. Charles rassemble une armée et marche contre Robert qui, le , est tué après moins d'un an de règne par Fulbert (ou Faubert, Foubert) au cours de la bataille de Soissons. Selon certains comme Adalbert, archevêque de Magdebourg, continuateur de la chronique de Réginon de Prüm, Robert périt de la main même de Charles.

Grâce au courage et au sang-froid du fils de Robert, Hugues le Grand, la victoire finale revient toutefois au clan des Robertiens, empêchant le roi Charles III de récupérer sa couronne. Les grands du royaume élisent alors Raoul, duc de Bourgogne, beau-fils du roi Robert Ier, comme roi des Francs. Il est sacré le .

GENEALOGIE : GALERIE D'ANCÊTRES...

Louis IV, dit « d'Outremer » (né entre et , Reims), fils de Charles III le Simple et d'Edwige de Wessex, est un roi des Francs (936-954) de la dynastie carolingienne.

Après la déchéance en 922 de son père le roi Charles III le Simple, sa mère et le prince Louis, âgé de deux ans, se réfugient en Angleterre (d’où son surnom d’Outremer), à la cour de son grand-père maternel Édouard l'Ancien, puis à celle de son oncle Æthelstan, roi de Wessex. Devenu l'héritier carolingien par la mort en captivité de Charles III (929), il est rappelé d'Angleterre par le puissant marquis de Neustrie Hugues le Grand afin de succéder au roi Raoul mort au début de l'année 936, laquelle marque alors le retour de la dynastie carolingienne.

Son règne riche en rebondissements est avant tout connu par les Annales de Flodoard puis plus tardivement par les Histoires de Richer de Reims. Une fois au pouvoir, Louis d'Outremer souhaite s'éloigner d'Hugues le Grand devenu duc des Francs et seconde personnalité du Royaume après le roi. Dans un premier temps il se lance à la conquête de la Lotharingie (939). Cette expédition est un échec et son beau-frère Otton Ier ne tarde pas à le soumettre en assiégeant la cité de Reims (940). Dans un second temps, après la mort du comte des Normands Guillaume Longue-Épée, Louis IV tente de prendre à son compte le gouvernement de Normandie mais il est enlevé par les hommes d'Hugues le Grand (945).

Le concile d'Ingelheim (948) permet l'excommunication du duc des Francs et la libération définitive de Louis IV. À partir des années 950, le roi s'impose progressivement dans le nord-est de son royaume en tissant de nombreuses fidélités (notamment avec les Vermandois) sous la nouvelle protection ottonienne. Il meurt accidentellement d'une chute de cheval entre Laon et Reims en 954.

NOS ANCETRES CAPETIENS DIRECTS :

GENEALOGIE : GALERIE D'ANCÊTRES...

Hugues Capet

Charles de Steuben (18 avril 1788 - 21 nov. 1856)

 

Hugues Capet est un roi robertien et le fondateur de la dynastie capétienne. Il est né vers 939-941, probablement à Dourdan, et mort le , probablement au lieu-dit non habité « Les Juifs », près de Prasvillees Francs (987-996). Fils de Hugues le Grand et de son épouse Hedwige de Saxe, Hugues Capet est l'héritier des puissants Robertiens, une lignée en compétition pour le pouvoir avec la dynastie carolingienne et les grandes familles aristocratiques de Francie aux IXe et Xe siècles, mais, par sa grand-mère paternelle Béatrice de Vermandois, il descend également d'un Carolingien, Bernard roi d'Italie, petit-fils de Charlemagne. Hugues Capet est le premier roi à ne plus utiliser le germanique au profit de l'ancien français.

La fin du Xe siècle connaît le début d'une révolution économique et sociale qui allait trouver son apogée vers 1100. Les progrès agricoles, le début des défrichements et l'augmentation des capacités d'échanges entraînée par l'introduction du denier d'argent par les premiers Carolingiens, entraînent une dynamique économique encore timide mais réelle. Dans le même temps, la fin des invasions et la continuité des guerres personnelles entraînent la construction des premiers châteaux privés où peuvent trouver refuge les paysans. En parallèle, la nouvelle élite guerrière, les chevaliers, entre en concurrence avec l'ancienne aristocratie foncière carolingienne. Pour canaliser ces nouveaux venus et pour assurer la protection de leurs biens, l'aristocratie et l'Église soutiennent et exploitent le mouvement de la paix de Dieu. C'est dans ce contexte qu'Hugues Capet peut instaurer la dynastie capétienne.

Il bénéficie tout d'abord de l'œuvre politique de son père qui parvient à contenir les ambitions de Herbert II de Vermandois, puis à en neutraliser la lignée. Cependant, cela ne peut se faire qu'en aidant les Carolingiens, pourtant totalement évincés de la course à la couronne depuis la déchéance de Charles le Simple, à se maintenir. En 960, Hugues Capet hérite du titre de duc des Francs obtenu par son père en échange de la concession de la couronne à Louis IV d'Outremer. Mais, avant de parvenir au pouvoir, il doit se libérer de la tutelle des Ottoniens et éliminer les derniers Carolingiens. C'est avec le soutien de l'Église, et en particulier de l'évêque Adalbéron de Reims et de Gerbert d'Aurillac, tous deux proches de la cour ottonienne, qu'il est enfin élu et sacré roi des Francs en 987.

La relative faiblesse de Hugues Capet est paradoxalement un atout pour son élection par les autres grandes familles avec le soutien des Ottoniens, car il est peu menaçant aux yeux des grands vassaux et pour les ambitions impériales. Cependant, si effectivement le nouveau roi ne parvient pas à soumettre ses vassaux indisciplinés, son règne voit une modification de la conception du royaume et du roi. Ainsi, Hugues Capet renoue avec l'Église en s'entourant systématiquement des principaux évêques et se rapproche de l'aristocratie en s'alliant avec les grands princes territoriaux (le duc de Normandie ou le comte d'Anjou), ce qui renforce son trône. Cette histoire du premier Capétien nous est surtout connue grâce au moine lettré Richer de Reims.

La Francia occidentalis se trouve définitivement séparée de l'Empire et le premier Capétien, comme ses successeurs, met toute son énergie à créer une dynastie continue en consolidant son pouvoir sur son domaine et en y associant son fils Robert le Pieux le jour de Noël de l'an 987. En 996, à la mort de son père, Robert le Pieux est couronné. Ainsi fondée, la dynastie capétienne règne sur la France sans interruption jusqu'à la Révolution, puis de la Restauration à 1848. Cette maison donne également naissance à des lignées de souverains en Espagne, en Italie, au Luxembourg, en Hongrie, au Portugal et au Brésil.

GENEALOGIE : GALERIE D'ANCÊTRES...

Robert II le Pieux (996-1031). Peinture de Merry-Joseph Blondel (XIXe siècle).

 

Robert II, surnommé « le Pieux », est né à Orléans vers 972 et mort au château de Melun le . Fils d’Hugues Capet et de son épouse Adélaïde d'Aquitaine, il est le deuxième roi franc de la dynastie capétienne. Régnant de 996 à 1031, il est ainsi l'un des souverains de l’an mil.

Associé dès 987 à la royauté, il assiste son père sur les questions militaires (notamment lors des deux sièges de Laon, en 988 et 991). Sa solide instruction, assurée par Gerbert d'Aurillac (le futur pape Sylvestre II) à Reims, lui permet de s’occuper des questions religieuses dont il devient rapidement le garant (il dirige le concile de Saint-Basle de Verzy en 991 et celui de Chelles en 994). Poursuivant l’œuvre politique de son père, après 996, il parvient à maintenir l’alliance avec la Normandie et l’Anjou et à contenir les ambitions d'Eudes II de Blois.

Au prix d’une longue lutte débutée en , il conquiert le duché de Bourgogne qui aurait dû lui revenir en héritage à la mort, sans descendance directe, de son oncle Henri Ier de Bourgogne, mais que ce dernier avait transmis à son beau-fils Otte-Guillaume.

Les déboires conjugaux de Robert le Pieux avec Rozala d'Italie et Berthe de Bourgogne (qui lui valent une menace d’excommunication), puis la mauvaise réputation de Constance d'Arles, contrastent étrangement avec l’aura pieuse, à la limite de la sainteté, que veut bien lui prêter son biographe Helgaud de Fleury dans la Vie du roi Robert le Pieux (Epitoma vitæ regis Roberti pii). Sa vie est alors présentée comme un modèle à suivre, faite d’innombrables donations pieuses à divers établissements religieux, de charité envers les pauvres et surtout de gestes considérés comme sacrés, telle que la guérison de certains lépreux : Robert est le premier souverain considéré comme thaumaturge. La fin de son règne révèle la relative faiblesse du souverain qui doit faire face à la révolte de son épouse Constance puis de ses propres fils (Henri et Robert) entre 1025 et 1031.

GENEALOGIE : GALERIE D'ANCÊTRES...

Portrait de Henri Ier par Merry-Joseph Blondel, 1837

Henri Ier (né le et mort le à Vitry-aux-Loges) est roi des Francs de 1031 à 1060.

Troisième roi de la dynastie dite des Capétiens directs, il est le deuxième fils de Robert le Pieux et de Constance d'Arles. Il devient héritier de la couronne à la mort de son frère aîné Hugues, en 1025.

Il obtient en 1016 le titre de duc de Bourgogne, à la suite d'un combat mené par son père pendant plus de 10 ans pour le contrôle de cette région.

Sacré roi du vivant de son père le à Reims, il lui succède en 1031 mais doit faire face à l'hostilité de sa mère et des grands vassaux qui veulent élire au trône son frère cadet Robert. Henri Ier obtient l'appui de l'empereur romain germanique Conrad II et surtout celui du duc de Normandie Robert le Magnifique, mais pour obtenir la paix, il doit céder à son frère le duché de Bourgogne en apanage. Le comte Eudes II de Blois ne se soumet pas pour autant, et soutient Eudes (v. 1013-v. 1057/1059), autre frère d'Henri Ier ; vaincu, il est assigné à résidence à Orléans.

À la suite du départ en 1035 pour la Terre sainte de Robert le Magnifique, Henri Ier devient le tuteur de son fils, le futur Guillaume II, duc de Normandie. Quand la nouvelle de la mort de Robert lui parvient, il soutient le jeune duc contre les seigneurs de Normandie qui lui sont hostiles – bien que, vers 1040, Henri s'empare de la place frontière de Tillières-sur-Avre et l'incendie. Ensemble, ils les combattent et les défont à la bataille du Val-ès-Dunes en 1047. En 1050 ou 1051, Guillaume épouse Mathilde de Flandre, une nièce d'Henri. La montée en puissance du duc inquiète le roi de France, qui se brouille avec Guillaume II. Ce dernier le vainc à la bataille de Mortemer en 1054, puis, trois ans plus tard, à la bataille de Varaville.

Le règne de ce roi batailleur et querelleur est une longue suite de luttes féodales, dont le but était d'accroître l'autorité royale. Il perd la Bourgogne, donnée en apanage, et ne gagne que le Sénonais, dont la petite ville de Saint-Julien-du-Sault, où les rois de France possédaient droit de gîte. C'est durant cette période difficile que les évêques français proclament la paix de Dieu, puis la trêve de Dieu. En 1059-1060, en réaction à la prééminence croissante du pape Léon IX, il fonde à Paris une collégiale dédiée à saint Martin, à l'emplacement de l'ancienne basilique mérovingienne sur lequel se trouve actuellement le musée des arts et métiers

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Philippe Ier de France, (né le 23 mai 1052 - mort le 29 juillet 1108, au château de Meulan, Yvelines), fut roi de France de 1060 à 1108, quatrième de la dynastie dite des Capétiens directs.

Couronné à Reims en 1059 en présence de son père, Philippe Ier, fils d’Henri Ier († 1060) et d’Anne de Kiev, ne règne seul qu’à partir de 1066, car sa mère, assistée de son oncle, le comte de Flandre Baudouin V, et de l’archevêque de Reims, Gervais, exerce la régence de 1060 à 1066. Sous son règne se dessinent les grandes lignes de la politique des souverains capétiens du XIIe siècle : assurer une base réelle à la puissance royale en consolidant le domaine, et abaisser ou contenir les trop puissants vassaux.

Pour reconstituer le domaine royal, il s’empare d’une partie du Vermandois, du Gâtinais (1068), du Vexin français (1077), de la vicomté de Bourges et de la seigneurie de Dun-le-Roi (1101). Il développe l’administration royale aux dépens des seigneurs féodaux, et, pour assurer des revenus à la couronne, il dispose des biens d’Église et vend les charges ecclésiastiques, ce qui lui attire les foudres des réformateurs grégoriens. Au moment où le pape Urbain II prêche en France la première croisade (1095), Philippe Ier est excommunié pour avoir répudié Berthe de Hollande et épousé Bertrade de Montfort.

Son vassal le plus redoutable est Guillaume le Conquérant, duc de Normandie devenu roi d’Angleterre (1066-1087). Philippe trouve l’appui des comtes d’Anjou et de Flandre qui se sentent aussi menacés par ce trop puissant voisin, et c’est pour consolider son alliance avec la Flandre qu’il a épousé Berthe de Hollande (v.1055-1094), sœur du comte Robert le Frison. Selon une politique reprise par ses successeurs, il s’efforce de développer les dissensions à l’intérieur de la famille du Conquérant, soulevant le fils, Robert Courteheuse, contre son père (1078) puis contre son frère, Guillaume II le Roux (1087-1100). Ayant conservé avec peine le Vexin français en 1087, Philippe laisse le soin des opérations sur le terrain à son fils Louis VI, associé à la couronne en 1098.

Il était le fils d'Henri Ier (1008-1060), roi de France, et d'Anne de Kiev (1024-1075).

Il fut sacré roi à l'âge de sept ans, mais sa mère assura la régence du royaume jusqu'en 1066.

Il épousa en premières noces Berthe de Hollande (1055-30 juillet 1094).

De cette union sont issus notamment :

  • Constance (1078-v. 1125) épouse d'Hugues Ier de Champagne, puis de Bohémond Ier d'Antioche.

  • Louis (1081-1137)

  • Henri (1083-mort jeune)

  • Charles (1085-mort jeune)

  • Eudes (1087-mort jeune)

Après la naissance d'un héritier, Philippe s'enticha de Bertrade de Montfort (v. 1061-1117), épouse du Comte d'Anjou Foulques IV. Il répudia alors Berthe de Hollande et épousa, Bertrade de Monfort le 15 mai 1092. Il fut immédiatement excommunié par le pape Urbain II.

De la seconde union sont issus :

  • Philippe de Montlhéry (v. 1093-apr. 1129)

  • Fleury (v. 1093-v. 1147)

  • Cécile (v. 1097-apr. 1145), mariée à Tancrède de Hauteville, puis à Pons de Tripoli

  • Eustachie (née v. 1100), mariée à une date non connue avec Jean, comte d'Étampes.

Pendant la plus grande partie de son règne, Philippe Ier dut écraser les révoltes de ses vassaux. En 1077, il fit une paix avec Guillaume Ier d'Angleterre, duc de Normandie, qui renonça à ses droits à la Bretagne. En 1082 Philippe annexa le Vexin, et en 1100 il prit le contrôle de Bourges.

En 1095 Urbain II prêcha la première croisade au Concile de Clermont. Urbain reconfirma aussi l'excommunication de Philippe au Concile, ce qui ne permit pas à Philippe de participer à la croisade, mais Hugues de Vermandois, le frère de Philippe, en fut l'un des principaux participants.

Philippe Ier fut inhumé au monastère de Saint-Benoît-sur-Loire.

Son fils lui succéda sous le nom de Louis VI.

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Louis VI, dit « le Gros » ou « le Batailleur » né le à Paris, mort le au château royal de Béthisy-Saint-Pierre, est roi de France du au . Il est le cinquième roi de la dynastie dite des Capétiens directs.

Il est le fils de Philippe Ier (1052-1108), roi des Francs, et de sa première épouse Berthe de Hollande.

Après avoir répudié Berthe en 1092et malgré les protestations du clergé, son père se remarie la même année avec Bertrade de Montfort, comtesse d'Anjou. De cette deuxième union naissent quatre enfants, dont deux fils.

Né sans doute à la fin de 1081, à Paris, Louis VI dit le Gros, est connu sous le sobriquet de Gros en raison de l'obésité maladive qu'il tient de ses parents. Ce "colosse au teint blême" comme dit Suger, est cependant plein de majesté.

Brave et prompt au combat, il est le type même du bon roi, modeste, qui charme par sa gaieté, sa jovialité et même et par sa vive intelligence qui vaut le surnom d' "Eveillé". Mais sa grande bonté, souvent naïve, mêlée à une certaine avarice le conduit à s'entourer (au début de son règne du moins) de conseillers fourbes et ambitieux.

Ensuite, il écoute les sages conseils de Suger qui n’est cependant pas le seul à avoir de l’influence sur le roi : Louis VI garde des conseillers de son père, tel Guy de Senlis, prend les avis d'Henri le Lorrain pour les questions économiques et a comme favoris trois membres de la famille de Garlande : Anseau, puis Guillaume et enfin Etienne ; ce dernier le trahit et sur l'avis prudent de la reine est renvoyé, finalement, la reine parvient à réconcilier les deux hommes.

La seconde épouse (la première Lucienne de Rochefort, est répudiée en 1107 sous le prétexte de non-consommation) de Louis VI, Adélaïde de Savoie (1092-1154), est en effet une femme intelligente et avisée, à défaut d'être belle (elle est sans doute la plus laide des reines de France), et donne sept fils et une fille à son époux.

La famille royale vit à Paris, au palais de la Cité quand elle n’est pas au château de Saint-Germain-en-Laye. Dès 1129, le roi associe au trône son fils aîné et préféré Philippe, et le fait couronner mais celui-ci meurt d'un accident de cheval le 13 octobre 1131 ; aussi est-ce Louis le Jeune, le futur Louis VII, qui est associé.

Du point de vue politique l’activité du roi est telle qu’on le surnomme "le roi qui ne dort pas". Elle est essentiellement de maintenir une justice équitable, de veiller à la sécurité de tous ses sujets et de guerroyer contre les seigneurs brigands du domaine qu’il réussit à soumettre.

Par maintes expéditions ou par des achats, il agrandit le domaine et met la main sur Corbeil, Montlhéry, Mantes... Il s’illustre aussi en se présentant devant Reims, ce qui suffit à faire reculer l'empereur d'Allemagne Henri V, gendre du roi d'Angleterre, qui menace la ville : cette célèbre "levée d'ost" de 1124 témoigne du prestige que Louis VI a apporté à la royauté française.

Ce roi, très profondément religieux, a aussi l'honneur de recevoir en 1131 à Saint-Benoît-sur-Loire, le pape Innocent II, qui vint implorer son secours contre l'antipape Anaclet.

Enfin, Louis VI marie son fils Louis le Jeune à Aliénor d'Aquitaine le 25 juillet 1137, mais, malade, il meurt le 1er août et est enseveli à Saint-Denis, où il aimait se retirer comme moine.

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Louis VII, dit « le Jeune » puis « le Pieux », né en 1120 et mort en 1180 à Paris, est roi de France de 1137 à 1180.

Second fils de Louis VI, dit « le Gros », roi des Francs, et d’Adélaïde de Savoie (v. 1092-1154).

Sixième souverain de la dynastie des Capétiens directs, il épouse successivement Aliénor d'Aquitaine, Constance de Castille puis Adèle de Champagne. Son fils, Philippe Auguste, lui succède.

 

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Philippe Auguste et Richard Cœur de Lion recevant les clés d'Acre. Enluminure issue des Grandes Chroniques de France de Charles V (ca. 1370-1379), BnF, département des manuscrits.

Philippe II dit « Auguste », né le à Paris et mort à Mantes le , est le septième roi (1180-1223) de la dynastie des Capétiens. Il est le fils héritier de Louis VII et d'Adèle de Champagne.

Le surnom d'« Auguste » lui fut donné par le moine Rigord, après que Philippe II eut ajouté au domaine royal, en juillet 1185 (traité de Boves), les seigneuries d’Artois, du Valois, d’Amiens et une bonne partie du Vermandois, et également parce qu'il était né au mois d'août. Référence directe aux empereurs romains, ce terme signifie qu'il a accru considérablement le domaine.

Chapelain et biographe de Philippe II, Guillaume Le Breton le nomme « Philippe le Magnanime », dans sa chronique La Philippide, rédigée entre 1214 et 1224. Cette chronique est une continuation de celle de Rigord, que Philippe II lui avait demandé d'expurger, la jugeant moins laudatrice qu'il le souhaitait.

Philippe Auguste reste l'un des monarques les plus admirés et étudiés de la France médiévale, en raison non seulement de la longueur de son règne, mais aussi de ses importantes victoires militaires et des progrès essentiels accomplis pour affermir le pouvoir royal et mettre fin à l'époque féodale.

Philippe Auguste est le premier roi ayant fait porter sur ses actes, sporadiquement à partir de 1190, officiellement à partir de 1204, Rex Franciæ, « roi de France », au lieu de Rex Francorum, « roi des Francs » Il faut cependant relever que les traités et conventions de paix signés entre les vassaux ou alliés et le royaume de France mentionnent sans exception Philippus rex Francorum (« Philippe, roi des Francs »), à la différence, par exemple, de Richardus rex Angliæ Richard, roi d'Angleterre »), mais comme Henri, roi des Romains.

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Louis VIII le Lion, couronnement Grandes Chroniques de France, enluminées par Jean Fouquet.

Louis VIII dit « le Lion », né le à Paris et mort le à Montpensier (Auvergne), est roi de France de 1223 à 1226, huitième de la dynastie dite des Capétiens directs.

Il est le fils du roi Philippe II, dit « Philippe Auguste » (1165-1223) et d'Isabelle de Hainaut (1170-1190). Il est le premier roi de France qui descende à la fois d'Hugues Capet par son père et de son compétiteur malheureux, Charles de Basse-Lotharingie par sa mère. Le court règne de Louis VIII fut cependant marqué par deux brillantes campagnes : l'une contre les Anglais en Guyenne, l'autre contre Raymond VII de Toulouse.

Premier roi capétien à ne pas avoir été sacré roi du vivant de son père, il avait cependant été désigné par Philippe II dans son testament rédigé en 1190 comme devant lui succéder. Le testament n'ayant pas été contesté après cette date, la cérémonie de l'adoubement des barons — héritage rituel des Capétiens — devenait inutile. L'archevêque de Reims, Guillaume de Joinville, le sacre à Reims le .

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Louis IX, dit « le Prudhomme » et plus communément appelé Saint Louis, est un roi de France capétien né le à Poissy et mort le à Carthage, près de Tunis. Il régna pendant plus de 43 ans, de 1226 jusqu'à sa mort. Considéré comme un saint de son vivant, il est canonisé par l'Église catholique en 1297.

Quarante-quatrième roi de France et neuvième issu de la dynastie des Capétiens directs, il est le quatrième ou cinquième enfant et deuxième fils connu du roi Louis VIII, dit « Louis le Lion », et de la reine Blanche de Castille, de laquelle il reçoit une éducation très stricte et très pieuse durant toute son enfance.

Aîné des membres survivants de sa fratrie, il hérite de la couronne à la mort de son père, alors qu'il n'est âgé que de douze ans. Il est sacré le en la cathédrale de Reims, mais c'est la reine mère qui, conformément au testament de Louis VIII, exerce la régence du Royaume jusqu'à la majorité du nouveau monarque.

Devenu adulte, Louis IX met fin au conflit entre Capétiens et Plantagenêt et se soucie de l'extension du domaine royal, auquel il rattache notamment les sénéchaussées de Beaucaire et de Carcassonne, tout en consolidant sa souveraineté sur la Normandie, l'Anjou, la Touraine, le Maine et le Poitou.

Il mène un règne inspiré des valeurs du christianisme qui contribue à fonder l'idée que les pouvoirs spirituel et politique peuvent être incarnés par un seul homme. Il atténue les excès de la féodalité au profit de la notion de bien commun et développe la justice royale, où le souverain apparaît comme « le justicier suprême ». De cette manière, il fait progressivement passer la France d'une monarchie féodale à une monarchie moderne, ne reposant plus seulement sur les rapports personnels du roi avec ses vassaux, mais sur ceux du roi en tant que chef de l'État avec ses « sujets ».

Louis IX est effectivement un roi réformateur qui veut léguer un royaume dont les sujets seront soumis à un pouvoir juste : il renouvelle la « quarantaine-le-roi », ordonne la présomption d'innocence, atténue l'usage de la torture, interdit l'ordalie et la vengeance privée et institue la supplicatio, consistant à pouvoir faire appel au roi pour l'amendement d'un jugement. Sa réputation dépassant les frontières du Royaume, son arbitrage est parallèlement sollicité par les différentes monarchies d'Europe. Il établit également dans le Royaume une monnaie unique et se fait l'instigateur des institutions qui deviendront le Parlement et la Cour des comptes. Très pieux, il fait d'autre part construire plusieurs églises, abbayes et hospices, vient en aide aux plus faibles, travaille à la conversion des princes mongols, soutient la fondation du collège de Sorbonne et se procure des reliques de la Passion pour lesquelles il fait construire la Sainte-Chapelle en 1242.

Conformément à son vœu prononcé à la suite d'une grave maladie, puis confirmé à la suite d'une guérison considérée comme miraculeuse, Saint Louis part se battre avec ses frères Robert d'Artois, Alphonse de Poitiers et Charles d'Anjou, en Égypte, lors de la septième croisade. À son retour, alors qu'il est persuadé que son échec est dû à l'état d'immoralité du Royaume, il travaille à renforcer son autorité et à rétablir la moralité chrétienne. Il décide ainsi de punir le blasphème, les jeux d'argent, les prêts à intérêts et la prostitution ; il tente également de convertir au christianisme de gré ou de force les juifs de France.

À cette fin, il finit par leur imposer diverses mesures, dont le brûlement du Talmud et, vers la fin de son règne, le port de la rouelle. Enfin, en 1270, il repart en Tunisie pour la huitième croisade, au cours de laquelle il meurt de maladie. La peste, la dysenterie et le typhus ont tour à tour été évoqués ; en 2019, des analyses montrent que le roi était gravement atteint de scorbut, et peut-être de bilharziose.

Il est canonisé le sous le nom de saint Louis de France par le pape Boniface VIII, sous l'impulsion de son petit-fils Philippe IV le Bel. Sa fête liturgique est fixée au jour anniversaire de sa mort, c'est-à-dire le 25 août. Aujourd'hui considéré comme un monarque ayant offert à la France un renouveau économique, intellectuel et artistique, il est considéré comme l'un des trois grands Capétiens directs avec son grand-père Philippe II Auguste et son petit-fils Philippe IV le Bel.

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Philippe III Le Hardi roi de France peint par

 Laemlin gravé par Rebel XIXe.

 

 

Philippe III, dit « le Hardi », né le à Poissy et mort le à Perpignan, est roi de France de 1270 à 1285 ; il est le dixième souverain de la dynastie dite des Capétiens directs.

Il était le second fils du roi de France Louis IX, dit « Saint Louis », et de son épouse Marguerite de Provence.

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Philippe IV le Bel d'après le Recueil des rois de France de Jean du Tillet, vers 1550, (BnF).

 

Philippe IV, dit « le Bel »et « le Roi de fer », né en avril/juin 1268 au château de Fontainebleau et mort le en ce même lieu, fils de Philippe III le Hardi et de sa première épouse, Isabelle d'Aragon, est roi de France de 1285 à 1314, onzième roi de la dynastie des Capétiens directs.

Il devint roi à l'âge de dix-sept ans, à la mort de son père, en . L'importance de Philippe le Bel dans l'histoire de France est reconnue par les historiens.

Sous son règne, le royaume de France atteint l'apogée de sa puissance médiévale. Avec entre seize et vingt millions d'habitants, c'est l'État le plus peuplé de la chrétienté ; il connaît une grande prospérité économique et le pouvoir royal se renforce considérablement, si bien qu'on voit en Philippe IV, entouré de ses « légistes », le premier souverain « moderne » d'un État puissant et centralisé.

Philippe IV eut des difficultés à reprendre la maîtrise des finances de son royaume et à mettre fin aux mutations monétaires. Pour cela, il crut bon d'abattre l'ordre du Temple (qui était devenu une puissance financière internationale), d'expulser les Juifs, de procéder à une dévaluation en rétablissant une monnaie d'or qui restera ferme pendant plus d'un siècle. À la fin du règne, les foires champenoises sont concurrencées par le commerce maritime direct de l'Europe du Nord avec l'Italie.

Plusieurs affaires marquent le règne de Philippe IV : le procès de l'évêque de Troyes, Guichard, accusé d'avoir tué la reine par sorcellerie ; le procès de l'évêque de Pamiers, Bernard Saisset, qui ne fit qu'aggraver les démêlés du roi avec le Saint-Siège ; l'affaire de la tour de Nesle (l'emprisonnement des brus du roi et l'exécution de leurs amants) ; et surtout le célèbre procès des Templiers.

Philippe le Bel est appréhendé comme n'étant plus un souverain « classique » du Moyen Âge. Bien qu'il ait été reconnu comme un roi pieux et que son gouvernement ait continué l'évolution vers la centralisation de l'État amorcée un siècle plus tôt, bien qu'il ait eu une vénération particulière pour son grand-père, Louis IX, dont il obtint la canonisation en 1297, Philippe IV apparaît comme un roi symbole d'une rupture avec le passé, particulièrement sur les liens entretenus entre les rois de France et la papauté. Ses contemporains déplorèrent les détériorations survenues depuis « le temps de monseigneur Saint-Louis », considéré comme un âge d'or. On pressentait ainsi un roi d'un nouveau type, annonciateur d'une autre époque.

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Né le 4 octobre 1289, à Paris, le fils aîné de Jeanne de Navarre et de Philippe IV le Bel, qui succède à son père en 1314, est de santé délicate mais de belle prestance, dominé par son entourage et sans grande personnalité.

Il est aussi très turbulent et querelleur, ce qui lui vaudra le surnom de Hutin ou mutin, ou encore de Noiseux. Il aime avant tout la chasse et plus encore la fauconnerie, les parties de longue paume et les femmes.

Le chroniqueur Jean de Saint-Victor le décrit grand, prodigue et un peu enfant. Un autre écrivain, le poète Geoffroy de Paris le juge «pas bien ententis», c'est-à-dire peu entendu.

Dès 1304, à la mort de sa mère, il reçoit le royaume de Navarre et les comtés de Brie et Champagne ; il est alors marié en 1305 à Marguerite de Bourgogne, que Philippe IV le Bel, fait condamner pour adultère et jeter-en prison - où elle meurt en avril 1315, sans doute étranglée - et dont A. Dumas fera l'héroïne de la Tour de Nesle.

Après la mort de son père, Louis X épouse Clémence de Hongrie et les deux époux sont sacrés à Reims en août 1315. Le début du règne du Hutin est marqué par une très vive réaction féodale qui se déchaîne après les abus du règne centralisateur de Philippe IV le Bel, et alors que Louis X laisse gouverner son oncle d'Evreux et l'ambitieux Charles de Valois ; ce dernier est très épris des vieux privilèges de la noblesse en même temps que, fidèle au souvenir de son frère, Philippe le Bel, il se montre loyal envers Louis X.

Le roi doit donc céder devant les ligues féodales en sacrifiant les officiers de son père, et notamment Pierre de Latilly et Raoul de Presles, qui sont disgraciés après qu'Enguerrand de Marigny, le principal ministre du roi, eut été pendu pour avoir mal géré les finances royales.

En 1315, Louis X le Hutin doit aussi accorder aux nobles des chartes provinciales - comme la charte aux Normands, la charte aux Languedociens, la charte aux Auvergnats ... - qui ne diminuent guère son pouvoir et qui sont plutôt le rappel prudent des prérogatives coutumières de la noblesse, certes oubliées sous le règne de Philippe IV le Bel (respect des droits seigneuriaux, interdiction pour le roi de lever directement des hommes pour l'ost).

De même, le clergé reçoit confirmation de ses privilèges ; fort habilement, en fin de compte, Louis X réussi à redresser ainsi une situation périlleuse en moins de deux ans.

Il meurt en effet à Vincennes le 5 juin 1316, des suites d'une pneumonie, semble-t-il, laissant sa femme enceinte de cinq mois ; leur fils, Jean 1er, ne vivra que cinq jours ; quant à Jeanne, la fille que Louis avait eue de Marguerite de Bourgogne, elle se voit écarter de la succession par son oncle, Philippe V le Long, qui se fait sacrer à Reims dès janvier 1317.

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Philippe de Valois, roi de France de 1328 à 1350 sous le nom de Philippe VI, né en 1293 et mort le à Nogent-le-Roi, est issu de la branche cadette de la maison capétienne, dite maison de Valois, fondée par son père Charles de Valois, frère cadet de Philippe IV le Bel.

Son accession au trône en 1328 découle d'un choix politique, à la suite de la mort sans fils ni frère de Jean Ier le Posthume en 1316 puis de Charles IV en 1328, afin d'éviter que la couronne de France passe dans les mains de la maison Plantagenêt. Quoique respectivement petit-fils de Philippe V le Long et petit-fils de Philippe le Bel, Philippe de Bourgogne et Édouard III d'Angleterre — mais aussi le futur Louis II de Flandre, second petit-fils de Philippe le Long, et le futur Charles II de Navarre, petit-fils de Louis le Hutin, qui allaient naître en 1330 et en 1332 — sont tous les quatre écartés de la succession au profit de l'ainé agnatique des Capétiens. Lors de son avènement, Philippe VI doit aussi négocier avec Jeanne II de Navarre, fille de Louis X le Hutin, écartée de la succession en 1316 parce que c'est une femme. Quoique soupçonnée de bâtardise, Jeanne revendiquait le royaume de Navarre et les comtés de Champagne et de Brie que Philippe IV le Bel tenait de son épouse Jeanne Ire de Navarre. N'étant pas héritier des rois de Navarre comme l'étaient ses prédécesseurs, Philippe VI restitue le royaume de Navarre à Jeanne, mais refuse de lui céder la Champagne et la Brie, redoutant d'être confronté à un parti trop puissant.

S'il accède à la tête de l'État le plus puissant d'Occident, Philippe VI manque de moyens financiers, ce qu'il tente de compenser par la manipulation de la monnaie et des impôts supplémentaires, lesquels ne sont acceptés qu'en période de guerre. Il doit assoir au plus vite sa légitimité. Il le fait en restaurant l'autorité royale en Flandre en y écrasant la rébellion lors de la bataille de Cassel, le , au cours de laquelle furent tués et massacrés 16 000 artisans et paysans révoltés contre le comte de Flandre. Par une habile politique diplomatique et matrimoniale, il contribue à augmenter l'influence du royaume à l'est du royaume de France. Il rachète le Dauphiné pour le compte de son petit-fils, remarie son fils à une héritière potentielle de la Bourgogne et prend une option sur le comté de Provence.

En conflit avec Édouard III d'Angleterre, Philippe finit par obtenir de celui-ci l'hommage pour la Guyenne, mais leurs intrigues pour le contrôle des Flandres, l'alliance franco-écossaise et la nécessité de justifier les impôts supplémentaires conduiront à la guerre de Cent Ans. Celle-ci commence de manière larvée, aucun des deux rois n'ayant suffisamment de ressources pour soutenir ses ambitions. La guerre se mène par alliés interposés, hormis en Guyenne où les forces françaises assiègent Bordeaux mais doivent renoncer faute de vivres. De la même manière si la flotte française est en grande partie détruite à la bataille de L'Écluse en 1340, Édouard III ne peut concrétiser cette victoire sur terre et l'alliance germano-anglaise qu'il a organisée se disloque faute de pouvoir tenir ses promesses pécuniaires.

Après la mort du duc Jean III de Bretagne, en , un conflit successoral oppose Jean de Montfort à Charles de Blois pour la succession de Bretagne. Philippe VI arbitre en faveur de son neveu, Charles de Blois. Jean de Montfort s'allie aux Anglais, qui débarquent à Brest en 1342 et qui occuperont l'ouest de la Bretagne jusqu'en 1397.

Toutefois, le véritable tournant du conflit a lieu en , quand Édouard III obtient du Parlement anglais des ressources fiscales importantes pour deux ans. Philippe ne peut répondre qu'en recourant à des mutations monétaires qui entraînent des dévaluations très impopulaires car elles déstabilisent l'économie. Fort de ses ressources financières, Édouard III est capable d'attaquer en force sur au moins deux fronts. Il regagne du terrain en Aquitaine et surtout inflige une défaite écrasante à Philippe à la bataille de Crécy le . Ce dernier n'a plus les moyens d'empêcher le roi d'Angleterre de prendre Calais après onze mois de siège le .

C'est complètement discrédité et en pleine épidémie de peste que Philippe VI meurt en 1350.

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Portrait de Jean II le Bon, anonyme vers 1350[1], dép. des Estampes de la BnF, en dépôt au musée du Louvre.

Jean II, dit « le Bon », né le au château du Gué de Maulny du Mans et mort à Londres le , fils du roi Philippe VI et de son épouse Jeanne de Bourgogne, est roi de France de 1350 à 1364, le deuxième souverain issu de la maison capétienne de Valois. Il est sacré roi de France le .

Le règne de Jean II le Bon est marqué par la défiance du pays envers les Valois, branche cadette des Capétiens ayant accédé au trône à la mort sans descendant du roi de France Charles IV, pour éviter qu'Édouard III, roi d'Angleterre, petit-fils par sa mère du roi Philippe IV le Bel et donc neveu de Charles IV, ne prenne possession du trône de France. La nouvelle dynastie, confrontée à la crise de la féodalité, aux cinglantes défaites du début de la guerre de Cent Ans et à la grande peste, perd rapidement beaucoup de crédit ; dans le même temps, incapable de faire rentrer les impôts, les deux premiers Valois recourent à des mutations monétaires pour renflouer le trésor. Ces manipulations entraînent des dévaluations extrêmement impopulaires. Jean II le Bon, confronté aux intrigues de Charles le Mauvais, roi de Navarre et prétendant le plus direct à la couronne, gouverne dans le secret entouré d'hommes de confiance. Profitant de tous ces troubles et sûrs de la supériorité tactique conférée par l'arc long, le « longbow », les Anglais, menés par Édouard III et son fils le Prince Noir, relancent la guerre en 1355.

Le , Jean le Bon est battu et fait prisonnier à la bataille de Poitiers, malgré la restructuration de l'armée qu'il a menée. Le pays sombre alors dans le chaos. Les états généraux menés par Étienne Marcel et Robert Le Coq prennent le pouvoir à Paris et tentent d'installer Charles de Navarre à la tête d'une monarchie contrôlée. En 1358, les campagnes se soulèvent et s'allient avec Étienne Marcel, mais le dauphin, le futur Charles V, se fait nommer régent et retourne la situation. Jean le Bon peut regagner la France en 1360, après la signature du traité de Brétigny qui lui rend la liberté, mais cède un tiers du pays à Édouard III.

Son retour est difficile. Il faut payer son énorme rançon et les finances du royaume de France sont au plus bas. Il stabilise la monnaie grâce à la création du franc, mais les Grandes compagnies pillent les campagnes et bloquent le commerce. Il tente de mettre fin à leurs agissements mais l'armée royale est vaincue à Brignais. Il tente ensuite d'en débarrasser le pays en les menant en croisade contre les Turcs avec l'argent du Pape. Il essuie un nouvel échec, Innocent VI mourant 15 jours avant son arrivée à Avignon et étant remplacé par le peu dépensier Urbain V.

NOS  ANCÊTRES  SAINTS  OU  SAINTES :

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Guillaume ou Guilhem de Gellone ou d'Aquitaine, surnommé le Grand (né entre 750 et 755 - mort entre le et le ) est un noble important et une personnalité militaire du royaume d'Aquitaine de l'époque carolingienne. Il fut comte de Toulouse, duc d'Aquitaine et marquis de Septimanie dans les années 790, avant de fonder l'abbaye de Gellone en 804 et de s'y retirer.

Issu de la famille des Guilhelmides, apparentés aux Pippinides et aux Carolingiens, il grandit certainement à la cour royale franque. Il reçoit d'importantes fonctions de commandement en Aquitaine, en Septimanie et dans la marche d'Espagne, où il conseille le jeune roi d'Aquitaine, Louis, organise la défense du territoire, repousse les incursions musulmanes, et participe à la conquête de Barcelone en 801.

En 806, il se retire dans l'abbaye qu'il a fondée, sur les conseils de son ami Witiza, fondateur de l'abbaye d'Aniane, le réformateur Benoît. Canonisé par le pape Alexandre II en 1066 sous le nom de saint Guilhem, il est fêté le 28 mai.

Guillaume a inspiré au XIIe siècle le personnage de Guillaume d'Orange dans la chanson de geste Guillaume au court nez.

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Ansegisel, Ansegise, ou Anchise (né avant 613, assassiné entre 648 et 669 et probablement en 662 au château de Chèvremont), est un fils de saint Arnoul, évêque de Metz et de sainte Dode. Il est le père de Pépin de Herstal, maire du palais d'Austrasie, de Neustrie et de Bourgogne.

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Saint Arnoul, chapelle Sainte-Glossinde à Metz.

 

Arnoul de Metz, Arnould, Arnoulf, Arnulf, Arnulfus, Arnulphe, dit saint Arnoul (né vers 582 à Lay-Saint-Christophe et mort probablement en 640 ou 641 au Saint-Mont de Saint-Amé) est le 29e évêque de Metz (613 à 628). Il gouverna dans les faits avec Pépin de Landen le royaume d’Austrasie, puis devint ermite à proximité du monastère du mont Habend fondé par son ami Romaric.

Il est le fondateur de la dynastie des Arnulfiens, alliée des Pippinides. Père d’Ansegisel, le père de Pépin de Herstal et trisaïeul de l’empereur Charlemagne, il est un des ancêtres de la dynastie carolingienne.

L'Église le fête comme saint localement le 18 juillet

Arnoul apparaît comme une des personnalités les plus attrayantes du royaume mérovingien d’Austrasie : homme politique très influent, nommé évêque de Metz malgré lui, sa réputation était immense. À l'accession au trône de Dagobert en 629, il résolut de quitter le monde. Avec son ami Romaric, il se retira dans la forêt d'Abend (Remiremont) et y établit son ermitage. Il vécut là onze années et mourut en 641 en odeur de sainteté. Cette vie si bien remplie, à « trois temps » à peu près d’égale longueur, très intense, est donc très intéressante pour l’historien, puisqu’elle recouvre trois dimensions essentielles de l’époque : la puissance dans la société, dans l’Église et le choix érémitique. En dépit de la difficulté des sources à produire des récits historiques précis et fiables, nous pouvons rester attentifs à ce que sa vie veut nous dire même dans les temps actuels,

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Sainte Begge ou Sainte Begga († ) est l'épouse d'Ansegisel, la mère de Pépin le Jeune, duc et maire d'Austrasie, fondateur de la dynastie carolingienne, et la fondatrice de l'abbaye d'Andenne en région wallonne.

Elle est patronne de la ville d'Andenne et fêtée le 17 décembre (date de son décès) et le 7 juillet (translation de ses reliques).

Begga est une fille de Pépin de Landen et de Itte Idoberge, fondatrice et première abbesse de Nivelles, et par conséquent sœur de sainte Gertrude, seconde abbesse de Nivelles, et de Grimoald, maire du palais d'Austrasie.

Elle épouse vers 643 ou 644Ansegisel, fils de saint Arnulf, évêque de Metz depuis 613, et de Dode. Les jeunes époux ont donné naissance :

  • de manière certaine à Pépin le Jeune (v. 645 † 714), duc et maire des palais d'Austrasie, princeps

  • hypothétiquement à Grimo, abbé de Corbie et archevêque de Rouen de 690 à 748, selon dom Jean Laporte. Cette hypothèse part du principe que les évêques qui se succèdent dans un même diocèse durant le haut Moyen Âge sont souvent apparentés. Or Griffo est précédé d'un Ansbert, parent probable de Dode, son second successeur est saint Hugues petit-fils de Pépin le Jeune. Cela place Grimo comme un parent des Arnulfinges. En rapprochant le nom de Grimo à celui de Grimoald, on le place comme parent des Pépinides. Chronologiquement, il ne peut alors qu'être fils d'Ansegisel et de Begga. Mais ses conclusions ne sont pas toujours acceptées, et Jean Laporte semble confondre Griffo (ou Grippho, archevêque de 695 à 713) avec Grimo, archevêque de 744 à 748.

  • hypothétiquement à Clotilde Dode, épouse du roi Thierry III, selon Maurice Chaume. Cette hypothèse s'appuie sur la présence de prénoms mérovingiens au sein de la famille de Caribert de Laon et considère Bertrade de Prüm comme une fille de Thierry III et de Clotilde Dode. Puis il constate que Pépin le Bref et son épouse Bertrade, fille de Caribert, possédaient en commun deux propriétés à Rommersheim et à Rheinbach et tenaient chacun leur moitié de leur père, ce qui suppose un ancêtre commun proche. Une chronique tardive, celle d'Adémar de Chabannes, au XIe siècle, donne le roi Clotaire IV, fils probable de Thierry III et de Dode, comme cousin de Charles Martel. Enfin, le nom de Clotilde Dode est rapprochée de celui de sainte Dode, l'épouse de saint Arnulf et la mère d'Anségisel.

Deux autres enfants ont été attribués à Ansegisel et à Begga, mais ces propositions sont depuis abandonnées :

  • Martin († 690), comte qui se bat en 690 contre Ébroïn aux côtés de Pépin le Jeune. Cette hypothèse se fonde sur l’Hagiolum Viennense, datant de 1040, qui mentionne Pipinus, Ansegelli filius, et Martinus frater eius (=« Pépin, fils d'Ansegisel, et Martin, son frère »). Mais cette mention est maintenant considérée comme une mauvaise interprétation d'un passage du Liber Historiae Francorum, qui ne permet pas de préciser le lien de parenté entre Pépin et Martin, ni même s'il y en a un lien de parenté.

  • Sainte Landrada, fondatrice de l'abbaye de Munsterbilzen, dont une biographie tardive indique qu'elle descendait de Pépin et d'Arnulf († 690). Chronologiquement, elle ne pourrait être que fille d'Ansegisel et de Begga, mais la biographie insiste sur sa qualité de fille unique.

La Vita Beggae, rédigée au XIe siècle raconte qu'Ansegisel est assassiné à Chèvremont (près de Liège) par un noble austrasien du nom de Godin ou Gundoen qu'il aurait auparavant élevé comme son fils. La date de cet évènement n'est pas mentionnée, mais elle est postérieure à 648 (un acte des abbayes de Stavelot et Malmédy le mentionne comme vivant) et antérieure à 691 (quand Begga, veuve, se retire à Andennes), 680 (Pépin le Jeune est déjà l'un des principaux chefs austrasiens) ou 669 (si l'on identifie le meurtrier à un Gundoen qui devient alors duc en Austrasie). Ce Gundoen pourrait être apparenté Otton, maire du palais d'Austrasie, prédécesseur et ennemi de Grimoald. Christian Settipani voit ce meurtre comme une vengeance de la famille d'Otton en réponse au meurtre d'Otton en 643, vengeance rendue possible par la mort de Childebert III l'Adopté en 662.

Devenue veuve, Begge décida de consacrer une partie de sa fortune au service de Dieu. Elle se rend à l'abbaye de Nivelles, fondée par sa mère. En 691, avec l'autorisation de l'abbesse Agnès, elle convainc alors plusieurs nonnes de la suivre lesquelles bâtissent ensemble le monastère à Andenne, actuellement dans la province de Namur en Belgique. Elle y meurt deux ans plus tard, le .

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Statue de Sainte Bathilde, par Victor Thérasse, jardin du Luxembourg, Paris (6e).

Bathilde (dite aussi autrefois Bathieult, Bateuch ou Baudour), née vers 630 et morte le 30 janvier 680 à Chelles, est une reine des Francs, épouse de Clovis II. Elle est reconnue sainte par l'Église catholique. Elle est commémorée le 30 janvier selon le Martyrologe romain.

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Vitrail du chœur de l'église Sainte-Radegonde de Poitiers.

 

Radegonde de Poitiers (Radegundis en latin), née vers 520 en Thuringe, morte le à Poitiers, est une princesse thuringienne, devenue reine des Francs en épousant Clotaire Ier, fils de Clovis.

Connue pour son extrême humilité et dévotion, elle fuit la cour royale et s'installe à Poitiers où elle fonde l’abbaye Sainte-Croix de Poitiers, dont elle devient simple religieuse. Elle est vénérée comme sainte par les églises catholique et orthodoxe, et fêtée le 13 août. Elle est sainte patronne de Poitiers et anciennement patronne secondaire de la France.

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La reine Clotilde (vue d'artiste (XIXe siècle) - vitrail néogothique de l'église Saint-Martin de Florac.

Clotilde , née vers 474 à Vienne, Lyon ou à Genève, morte autour de 545 à Tours, est une princesse burgonde, devenue reine des Francs en épousant Clovis, qu'elle contribue à convertir au christianisme.

Elle a été canonisée vers 550 ou 560 ; l'Église orthodoxe et l'ancien martyrologe romain la fêtent le 3 juin (dies natalis), et l'Église catholique le 4 juin.

Les origines de Clotilde remontent fort loin. « Estonienne » par les Balthes et « norvégienne » par les Burgondes, elle faisait partie d'une famille royale des bords de la mer Baltique entrée dans un clan wisigoth lors d'une soumission des Estes aux Goths.

Elle est la fille du roi burgonde Chilpéric II, fils du roi Gondioc et frère de Gondebaud, Godegisile et Gondemar, et de Carétène (ou Agrippine).

L'enfance et la jeunesse de Clotilde se déroulent à la cour burgonde sous les règnes de Gondioc, mort dans les années 470, puis de Chilpéric 1er, mort vers 480, puis sous le règne conjoint des quatre fils de Gondioc.

Deux d'entre eux, Gondemar et Chilpéric II, père de Clotilde, disparaissent durant les années 480, laissant la place à Gondebaud et Godegisile, seuls rois des Burgondes dans les années 490. Cette disparition de deux des frères est l'objet d'un certain nombre d'interrogations.

 

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Sigebert III, également connu sous le nom de saint Sigisbert, roi d'Austrasie, (630- ), est le fils aîné de Dagobert Ier et de Ragnétrude.

Sigebert fut baptisé en la cathédrale d'Orléans en présence de Dagobert, Éloi, Ega, Dadon, la reine Nanthilde, le trésorier royal Landégisèle ainsi que le référendaire Chadoin en tant que représentant de Burgondie. L'évêque Amand procéda au baptême et Caribert II parraina Sigebert en le tenant sur les fonts baptismaux. Lors de l'office, Amand récita le pater noster et Sigebert, âgé alors de neuf jours, aurait répondu Amen.

Sigebert, Ragnétrude et Anségisèle rejoignirent Metz où ils logèrent dans la villa royale de Montigny.

Le royaume d'Austrasie avait été conquis en 613 par son grand-père Clotaire II avec le soutien des aristocrates austrasiens, et ces derniers avaient ensuite exigé un roi particulier, qui avait été Dagobert Ier, nommé roi dès sa majorité en 623. À la mort de Clotaire, Dagobert était devenu roi de Neustrie et de Bourgogne, réunifiant le royaume franc et les nobles austrasiens demandèrent à nouveau un roi particulier, qui fut Sigebert III, nommé en 634. À la mort de Dagobert, la Neustrie passe à son frère cadet Clovis II, mais le pouvoir est détenu par le maire du palais Grimoald.

Radulf, un duc de Thuringe nommé par Dagobert en 633 se révolte et bat l'armée royale en 640 et se rend indépendant. Lors de cette expédition, Grimoald Ier, fils de Pépin de Landen, sauve la vie du roi et devient son ami. Ce dernier, après avoir fait éliminer le maire du palais en fonction, Otton, par un complice, devient à son tour maire du palais d'Austrasie. Sigebert épousa très jeune Imnechilde (Chimnechilde). Après quelques années, ils n'eurent toujours pas d'enfants. Grimoald le persuada qu'il n'aurait pas d'héritier. Sigebert laissa Grimoald choisir la personne à adopter comme étant son successeur sur le trône d'Austrasie, violant la pratique habituelle qui incombait au choix du conseil des Grands, leudes et évêques approuvé par les mérovingiens. Il parvint à convaincre le roi d'adopter son propre fils, nommé Childebert. En 651, le roi apposa son sceau sur le décret qui faisait de Childebert son fils adoptif, qui avait alors quinze ans. Cependant, cette qualité d'enfant adoptif est récemment remise en cause. Plusieurs mois après, Imnechilde fut enceinte. Elle accoucha l'année suivante d'un fils nommé Dagobert. Le royaume d'Austrasie se retrouvant avec deux héritiers, les leudes réclamèrent au roi de décider sur sa succession. Sigebert déclara qu'il avait fait serment. Aucun évêque n'expliqua au roi que, en théologie, un serment allant contre les lois et l'honneur est invalide.

Il épouse Chimnechilde en 647. De cette union sont issus :

  • Bilhilde ou Blichilde (assassinée en 675) qui épouse le roi Childéric II d'Austrasie, son cousin ;

  • Dagobert II, roi Austrasie (652-679).

Sigebert est assassiné le , à l'âge de 26 ans, dans un complot. Ses restes, profanés à la Révolution, sont conservés à la cathédrale de Nancy, ville dont il est le saint patron.

Le maire du palais Grimoald Ier se sentant menacé, à la mort du roi le , fit alors tondre en secret le jeune Dagobert, alors âgé de trois ans, dans une chambre du palais de Metz. Durant la nuit, ses serviteurs transportèrent l'enfant à Boulogne puis naviguèrent jusqu'à York. Ils remirent Dagobert aux mains du saint évêque Wilfrid pour qu'il le place dans un monastère. Exilé en Irlande, celui-ci devint roi d'Austrasie de 676 à 679.

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Statue de Saint Etienne à Budapest.

Étienne Ier ou saint Étienne (en hongrois : Szent István király, en latin : Sanctus Stephanus, en slovaque : Štefan I ou Štefan Veľký), né vers 975 et mort le , fonde le royaume de Hongrie dont il devient le roi en 1000 ou en 1001. Canonisé en 1083 pour l'évangélisation de son pays, il est aujourd'hui considéré comme le saint patron de la Hongrie. Sous son règne, la Hongrie connaît une longue période de paix et de prospérité, et devient l'une des principales routes pour les marchands et les pèlerins circulant entre l'Europe occidentale et Constantinople ou la Terre sainte. Aucun des enfants d'Étienne ne vit assez longtemps pour lui succéder et sa mort en 1038 provoque une guerre civile qui dure jusqu'à la fin des années 1070.

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Marguerite d'Écosse (née vers 1046 et morte le ) est une princesse anglo-saxonne de la maison de Wessex qui devient reine d'Écosse en épousant le roi Malcolm III vers 1069-1070, après la conquête normande de l'Angleterre. Elle lui donne huit enfants, dont trois futurs rois d'Écosse. Ayant fait preuve d'une grande piété tout au long de sa vie, elle est canonisée en 1250. C'est la sainte patronne de l'Écosse, et bon nombre d'églises et autres établissements publics lui sont dédiés dans la région et ailleurs.

En 1016, la mort du roi anglais Edmond Côte-de-Fer permet au Danois Knut le Grand de prendre le contrôle de toute l'Angleterre. Les deux jeunes fils d'Edmond, Édouard et Edmond, sont envoyés sur le continent (ou exilés par Knut). Ils finissent en Hongrie, où est vraisemblablement née Marguerite, la fille d'Édouard et de son épouse Agathe, d'ascendance incertaine.

Ce n'est qu'en 1057 qu'Édouard peut rentrer en Angleterre, mais il meurt peu de temps après, laissant trois enfants : Marguerite, Edgar et Christine. Après la conquête normande de l'Angleterre en 1066, la fratrie se réfugie à la cour du royaume d'Écosse. Quelques années plus tard, en 1069 ou en 1070, Marguerite épouse le roi Malcolm III Canmore à Dunfermline.

D'après l'hagiographie de Turgot, Marguerite mène une vie exemplaire et s'intéresse particulièrement à la liturgie. Elle s'efforce de mettre les pratiques écossaises en conformité avec celles observées dans le reste de la chrétienté, tout en respectant certaines spécificités du pays, comme les ermites Céli Dé. Elle meurt le , trois jours après la mort de son époux et de leur fils aîné Édouard lors d'un raid sur Alnwick, dans le Northumberland ; les deux événements sont peut-être liés. Elle est inhumée auprès de Malcolm en l'abbaye de Dunfermline.

Marguerite est canonisée un siècle et demi après sa mort, en 1250, par le pape Innocent IV. En 1673, Clément X la nomme sainte patronne de l'Écosse. Entre-temps, ses restes et ceux de son époux ont été transférés à l'Escurial par le roi d'Espagne Philippe II.

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Statue à l'église de la Madeleine, Paris.

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David 1er et son successeur désigné, Malcolm. Malcolm IV règne douze ans sur l'Écosse, et ces années sont marquées par la chasteté et la ferveur religieuse du jeune roi.

 

David 1er, roi d'Ecosse.

Roi d'Écosse (à partir de 1124), né vers 1084, mort le 24 mai 1153 à Carlisle, dans le Cumberland (Angleterre).

David Ier est le plus jeune des six fils du roi écossais Malcolm III Canmore et de la reine Marguerite (la future sainte Marguerite). Il passe la plus grande partie de sa jeunesse à la cour de son beau-frère, le roi Henri Ier d'Angleterre. En épousant (en 1113) une fille de Waltheof, comte de Northumbrie, il devient comte de Huntingdon et obtient de grands domaines dans ce comté ainsi que dans le Northamptonshire. Avec l'aide des Anglo-Normands, David Ier obtient de son frère Alexandre Ier, roi d'Écosse depuis 1107, le droit de régner sur la Cumbria, le Strathclyde, et une partie du Lothian. En avril 1124, à la mort d'Alexandre, David Ier devient roi d'Écosse.

David Ier reconnaît sa nièce, l'impératrice du Saint Empire romain Mathilde (qui mourra en 1167) comme l'héritière d'Henri Ier d'Angleterre. À partir de 1136, il se bat sous ses couleurs contre Étienne de Blois, qui succède à Henri en décembre 1135, espérant y gagner le Northumberland. Lors d'une trêve conclue avec le roi Étienne en 1136, David Ier obtient le Cumberland et transmet Huntingdon à son fils, le comte Henri. Il ne cesse cependant de changer de camp. Alors qu'il se bat de nouveau pour Mathilde, il est vaincu à la bataille de l'Étendard, près de Northallerton, dans le Yorkshire (le 22 août 1138). Il fait à nouveau la paix avec Étienne, qui en 1139 accorde le Northumberland (en tant que fief anglais) au comte Henri. En 1141, David Ier entre à nouveau dans le conflit, cette fois du côté de Mathilde, et en 1149 il adoube le fils de cette dernière, Henri Plantagenêt (futur Henri II d'Angleterre), qui reconnaît le droit de David Ier au Northumberland.

En Écosse, David Ier crée une administration centrale rudimentaire, fait frapper la première monnaie royale écossaise et construit ou reconstruit des châteaux autour desquels se forment les premières villes écossaises titulaires d'une charte : [...]

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  Église San Rocco à Venise, la façade - Statue de Pietro Orseolo 23e doge de Venise. par Giovanni Marchiori.

 

  - pietro Orseolo (928 - 10 janvier 987) Doge de Venise de 976 au 1er septembre 978 il abdique pour se faire moine et il est canonisé en 1731.

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Tedaldo ou Tebaldo Visconti (1210, Plaisance, Arezzo) a été élu 184e pape le sous le nom de Grégoire X.

Sa vie est peu connue. C'était un homme extrêmement sévère et d'une grande dignité, ami de Thomas d'Aquin et confident des rois de France et d'Angleterre. Chanoine de Lyon dans sa jeunesse, il fut archidiacre de Liège et quitta ce poste pour se retirer en Terre sainte, reprochant au prince-évêque de cette ville — le sulfureux Henri de Gueldre — de transformer le palais épiscopal en lieu de débauche. Il accompagna le cardinal Ottobono Fieschi en voyage en Angleterre, puis Édouard d'Angleterre en pèlerinage en Palestine à la tête d'une armée de croisés.

Alors qu'il se trouvait à Saint-Jean-d'Acre, il fut convoqué par le conclave qui s'éternisait depuis la mort de Clément IV en 1268. Il réussit à négocier une trêve entre les Génois et les Vénitiens, et persuada la noblesse de la ville de coopérer avec le prince Édouard d'Angleterre, mais il ne disposait pas d'une autorité suffisante ni de pouvoir pour mener plus loin la négociation pour sauver le royaume. La situation était alors bloquée par un désaccord entre les Italiens et les Français qui voulaient chacun un pape de leur pays du fait de la situation politique autour de Charles Ier de Sicile.

La situation fut débloquée lorsque les habitants de Viterbe, où les cardinaux étaient assemblés dans la salle du conclave du palais des papes, décidèrent de les enfermer en ne leur laissant que du pain et de l'eau et ôtèrent le toit du bâtiment « afin de permettre aux influences divines de descendre plus librement sur leurs délibérations. » Cette façon inhabituelle de susciter l'action du Saint-Esprit remporta un étonnant succès ; elle sera d'ailleurs reprise, notamment par le futur Philippe V lors du concile qui vit l'élection de Jean XXII.

Les cardinaux déléguèrent leur pouvoir décisionnaire à six d'entre eux qui, pressés de sortir, élurent Tedaldo le jour même, trois jours après son arrivée à Viterbe en février 1272. Il apprit la nouvelle de son élection alors qu'il n'était ni cardinal, ni même prêtre et cet événement tourna au scandale international. Il accepta la tiare et prit le nom de Grégoire X.

Grégoire comprit alors que le seul espoir qui restait aux croisés était de signer un pacte avec les Mongols, eux aussi ennemis des Égyptiens. Cette alliance lui procurait un avantage stratégique ; en outre, le bruit courait que Kubilai Khan semblait de plus en plus enclin à embrasser le christianisme. Cela n'avait rien d'invraisemblable. L'armée mongole comptait beaucoup de chrétiens orientaux et une alliance militaire avait déjà été conclue entre Bohémond, prince d'Antioche, et Hulagu, prince mongol de Perse. Il comptait donc convertir les Mongols au christianisme et faire du Grand Khan Kubilai le fils spirituel du pontife romain. L'Empire mongol s'étendait de l'Euphrate à l'océan Pacifique ; c'était le plus vaste qu'il y ait jamais eu au monde. Grégoire se disait que s'il pouvait en faire un pays chrétien, les jours de l'Islam seraient comptés et le royaume des croisés, sauvé.

C'est sous son pontificat, le avant même son intronisation, que commence l'enquête en vue de la canonisation du roi Louis IX de France, deux ans après la mort de ce dernier. L'enquête aboutira à la canonisation du souverain en 1297 par le pape Boniface VIII.

Le premier acte de Grégoire, une fois intronisé, fut de convoquer à Saint-Jean-d'Acre une galère vénitienne qui venait d'arriver à Ayas en Asie Mineure. Il y avait à bord deux frères vénitiens, Matteo et Niccolò Polo, ainsi que le fils de 17 ans de Niccolò, prénommé Marco, le célèbre Marco Polo. Il leur remit des lettres de créance pour le Grand Khan et leur adjoignit deux moines dominicains, Nicolas de Vicenza et Guillaume de Tripoli, qu'il chargea de lettres et de présents pour le Khan.

Il chercha à réconcilier les guelfes et les gibelins. En outre, le , il signa une bulle demandant la protection des Juifs vivant dans la chrétienté.

Devant la résistance de Florence, il excommunia la ville. Lors de l'élection impériale de 1273, il favorisa Rodolphe de Habsbourg au détriment d'Alphonse X de Castille. Il convoqua le deuxième concile de Lyon, ouvert le , au cours duquel il fit notamment déposer et excommunier Henri de Gueldre. En 1274, le roi Philippe III lui céda le Comtat Venaissin, base du futur établissement de la papauté à Avignon au XIVe siècle. L'année suivante le pape se rendit à Lausanne pour y consacrer la cathédrale Notre-Dame et y rencontrer Rodolphe de Habsbourg.

Grégoire X a été béatifié en 1713 par Clément XI.

LES DOGES DE VENISE : Voir sur ce blog l'article sur la généalogie Janik Pecheu... Des VISCONTI A LA NOBLESSE VENITIENNE ET AUX DOGES DE VENISE.

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Agrippine l'Aînée (en latin Agrippina maior, AGRIPPINA•GERMANICI1), (vers 14 av. J.-C. - 33 apr. J.-C.) est la fille de Julia (et donc la petite fille d'Auguste) et d'Agrippa. Elle épouse Germanicus. Elle est également la demi-belle-sœur (par sa demi-sœur Vipsania Agrippina), la nièce par alliance (par son mari Germanicus) et la belle-fille (par sa mère Julia) de l’empereur Tibère, la mère de l’empereur Caligula, la cousine et belle-sœur de Claude et la grand-mère maternelle de l’empereur Néron.

Agrippine était une agréable et douce jeune fille et le quatrième enfant de l’homme d’État et fidèle allié de l’empereur Auguste, Marcus Vipsanius Agrippa et de Julia Caesaris filia. La mère d’Agrippine, Julia, était l'enfant d’Auguste et de sa seconde femme Scribonia.

Le mariage de son père avec Julia fut son troisième. Des mariages précédents, Agrippine avait deux demi-sœurs : Vipsania Agrippina et Vipsania Marcella. Vipsania Agrippina était le premier enfant du mariage d’Agrippa et de Caecilia Pomponia Attica. Elle devint la première femme de Tibère et mère de son fils Julius Caesar Drusus. Elle épousa plus tard le sénateur et consul Caius Asinius Gallus après que Tibère eut été contraint de divorcer et d’épouser Julia. Vipsania Marcella était issue du second mariage d’Agrippa avec la nièce d’Auguste, Claudia Marcella l’Aînée. Vipsania Marcella était la première femme du général Varus.

Le mariage de la mère d’Agrippine était son second mariage. Julia était veuve de son cousin paternel Marcus Claudius Marcellus dont elle n’avait pas eu d’enfant. Du mariage de Julia et d’Agrippa, Agrippine eut une sœur, Julia Vipsania, et trois frères : Caius Caesar, Lucius Caesar et Agrippa Postumus. Agrippine naquit à Athènes, l’année où Agrippa y exerçait des devoirs officiels au nom d’Auguste. Sa mère et ses frères et sœur avaient voyagé avec Agrippa. Plus tard, la famille revint à Rome.

En 12 av. J.-C., le père d’Agrippine mourut. Auguste força son beau-fils Tibère à mettre fin à son mariage heureux avec Vipsania Agrippina et à épouser Julia. Le mariage de Julia et de Tibère ne fut pas heureux. En 2 av. J.-C., Auguste exila la mère d’Agrippine car elle avait commis un adultère ce qui avait causé un grand scandale. Julia fut exilée jusqu'à la fin de sa vie et Agrippine ne la revit jamais. À cette époque, Tibère divorça de Julia et quitta Rome pour aller vivre à Rhodes.

Agrippine fut élevée avec ses frères et sœur par son grand-père maternel et sa grand-mère maternelle Livie. Livie fut la première impératrice et la troisième femme d’Auguste. De son premier mariage avec le préteur Tiberius Néron, Livie eut deux fils : l’empereur Tibère et le général Nero Claudius Drusus.

Selon Suétone, Agrippine eut une éducation stricte. Elle apprit à filer et à tisser et il ne lui était pas permis de dire ou faire quelque chose, que ce soit en public ou en privé. Auguste lui fit faire un compte-rendu de ses activités quotidiennes et prit des mesures pour qu’elle ne tisse pas des liens d’amitié sans son consentement. Comme membre de la famille impériale, Agrippine était censée afficher les vertus traditionnelles romaines, ce qui pour une femme était la frugalité, la chasteté et le repli dans la sphère privée. Agrippine et Auguste étaient très proches.

Entre 1 av. J.-C. et 5 ap. J.-C., Agrippine épousa son cousin Germanicus. Germanicus était le fils premier né d’Antonia la Jeune et de Nero Claudius Drusus. Antonia la Jeune était la seconde fille d’Octavie la Jeune et du triumvir Marc Antoine et était donc la nièce d’Auguste. Germanicus était un général et politicien populaire. Auguste ordonna à Tibère d’adopter Germanicus comme fils et héritier. Germanicus fut toujours dans les faveurs de son grand-oncle et espérait succéder à Tibère qui avait été adopté par Auguste comme successeur. Agrippine et Germanicus étaient très attachés l’un à l’autre.

Agrippine et Germanicus eurent neuf enfants, dont trois moururent en bas âge. Les six enfants survivants furent :

Leurs enfants naquirent en divers endroits de l’empire. Agrippine était fière de sa grande famille et cela était en partie une cause de sa popularité parmi les citoyens romains. Germanicus était candidat à la succession impériale et avait acquis de la notoriété lors de ses campagnes en Germanie et en Gaule. Durant ces campagnes, Agrippine accompagna son mari avec leurs enfants, ce qui était inhabituel pour une femme romaine qui était censée rester à la maison. Agrippine acquit ainsi la réputation d’une femme et épouse héroïque. Durant son séjour en Germanie, elle prouva qu’elle était un diplomate efficace. Quelques mois avant sa mort en 14, Auguste envoya une lettre à Agrippine mentionnant que Caligula devait être le futur empereur car aucun autre enfant ne portait le nom de Germanicus.

« Voici comme il y parle de Caius (et alors il n'y avait plus d'autre enfant de ce nom) : "Je suis convenu hier avec Talarius et Asillius que, s'il plaît aux dieux, ils partiront le dix-huit mai avec le petit Caius. J'envoie avec lui un médecin de ma maison, et j'écris à Germanicus de le garder, s'il le veut. Porte-toi bien, mon Agrippine, et tâche d'arriver en bonne santé auprès de ton Germanicus. Suétone, Vie des douze Césars, Caligula, VIII, 9. »

Agrippine et Germanicus voyagèrent au Moyen-Orient en 19, au grand déplaisir de Tibère. Germanicus se querella avec Cnaeus Calpurnius Piso, gouverneur de Syrie et mourut à Antioche dans des circonstances mystérieuses. Agrippine ressentit une vive douleur à la mort de Germanicus et, accompagnée du futur Caligula et de sa fille cadette, Julia Livilla (née pendant le voyage) raccompagna ses cendres à Rome. Le cortège funéraire de Germanicus déclencha un fort mouvement de sympathie populaire à son égard, et la suspicion sur le rôle trouble joué par Tibère dans la mort de son fils adoptif2. Agrippine accusa Piso du meurtre de Germanicus. Le procès ne prouva pas l’empoisonnement mais fortement soupçonné de trahison, Piso se suicida.

Entre 19 et 29 ap. J.-C., Agrippine vécut sur le Mont Palatin à Rome. Ses enfants furent élevés par elle, Livie et la mère de Germanicus, Antonia la Jeune. Elle était devenue solitaire, bouleversée et malade physiquement. Beaucoup de ses parents étaient morts. Agrippine entretenait une relation inconfortable avec Tibère et probablement avec la mère de Tibère, Livie. Elle s’impliqua dans la politique de la cour impériale, plaidant pour que ses fils succèdent à Tibère plutôt que les fils et petit-fils naturels de ce dernier.

Agrippine s’associa à un groupe de sénateurs romains qui s’opposaient à l’influence croissante du prétorien Séjan. Tibère commença à se méfier d’Agrippine. En 26, Agrippine demanda à Tibère de l’autoriser à épouser son beau-frère, le sénateur Caius Asinius Gallus. Tibère ne le permit pas en raison des implications politiques que ce mariage pouvait avoir.

Tibère invita Agrippine à diner au palais impérial. Il lui offrit une pomme afin de tester ses sentiments envers l’empereur. Agrippine suspecta que la pomme pouvait être mortelle et refusa de goûter le fruit. Ce fut la dernière fois que Tibère invita Agrippine à sa table. Agrippine affirma plus tard qu’il avait essayé de l’empoisonner.

En 29, Agrippine et ses fils, Néron Caesar et Drusus Iulius Caesar, furent arrêtés sur les ordres de Tibère. Ce dernier les accusa faussement de vouloir chercher asile auprès de l’armée romaine à l’étranger. Agrippine et ses fils furent jugés par le Sénat romain. Elle fut bannie sur l’ordre de Tibère dans l’île de Pandataria dans la Mer Tyrrhénienne, là où sa propre mère avait connu l’exil.

En exil à Pandataria, Agrippine protesta violemment. Tibère ordonna à un centurion de la frapper et elle perdit un œil dans le châtiment. Elle refusa de manger, fut forcée de le faire mais finira par mourir de faim en octobre . Son fils Drusus mourut de faim en prison à Rome. Son autre fils Néron soit se suicida soit fut assassiné après son procès en 29. Séjan fut assassiné en 31 sur les ordres de Tibère qui le suspectait de complot.

Après sa mort, Tibère souilla sa mémoire et fit proclamer au sénat que le jour anniversaire de sa mort un don serait consacré à Jupiter.

En mars 37, Tibère mourut et le fils survivant d’Agrippine, Caligula, lui succéda. Après l’éloge à Tibère, Caligula alla à Pandataria et dans les Îles Pontines chercher les cendres de sa mère et de son frère.

Par dévotion pour sa famille, il ordonna aux soldats les plus distingués de porter au Mausolée d'Auguste les urnes de sa mère et de ses deux frères et ce, sur l’heure du midi, alors que les rues de Rome étaient les plus encombrées. Une médaille de bronze du British Museum montre le retour des cendres d’Agrippine à Rome.

Caligula fixa un jour pour permettre au peuple d’offrir des sacrifices en l’honneur des morts de leur famille. En l’honneur d’Agrippine, il organisa des jeux du cirque au cours desquels une statue de sa mère devait être montrée. Il fit brûler publiquement les pièces relatives aux procès de sa mère et ses frères.

Selon Suétone, Caligula alimenta la rumeur qui disait sa mère était née d’un inceste entre Auguste et sa fille Julia.

 

GENEALOGIE : GALERIE D'ANCÊTRES...

Charles Martel à la bataille de Poitiers, en octobre 732, représentation par Charles de Steuben (1837), Galerie des Batailles, musée d'histoire de France, château de Versailles.

 

Charles Martel (en latin : Carolus Martellus ; en allemand : Karl Martell), né vers 688, à Andenne, actuellement en Belgique, et mort le , à Quierzy, est un homme d’État et chef militaire franc qui, en tant que duc des Francs et maire du palais, était de facto dirigeant de la Francie, de 718 jusqu'à sa mort. Fils de l'homme d'État franc Pépin de Herstal et d'une noble nommée Alpaïde, Charles affirme avec succès ses prétentions au pouvoir en successeur de son père, et en tant que maire du palais, dans la politique franque. Continuant et s'appuyant sur l'œuvre de son père, il rétablit le gouvernement centralisé en Francie, et commence la série de campagnes militaires qui rétablit les Francs comme les maîtres incontestés de toute la Gaule.

Après un travail pour établir l'unité en Gaule, l'attention de Charles est tournée sur les conflits étrangers, et notamment l'avance musulmane en Europe de l'Ouest, qui est une préoccupation majeure. Les forces musulmanes arabes et berbères ont conquis la péninsule ibérique (711-726), franchi les Pyrénées (720) et saisi la Gaule narbonnaise, qui était une importante dépendance des Wisigoths (721-725). Après des affrontements intermittents, sous la direction d'Abd al-Rahman ibn Abd Allah al-Ghafiqi, wali d'al-Andalus, ils avancent vers la Gaule et sur Tours, « la ville sainte de la Gaule ». En octobre 732, l'armée omeyyade dirigée par al-Ghafiqi rencontre les forces franques et aquitaines dirigées par Charles dans une zone comprise entre les villes de Tours et de Poitiers (actuel centre-ouest de la France), menant à une importante et historiquement décisive victoire franque connue comme la bataille de Poitiers (que l'on nomme souvent Ma'arakat Balâṭ ash-Shuhadâ, bataille du Pavé des Martyrs, selon les sources arabes bien que l'expression désigne plus vraisemblablement la Bataille de Toulouse), mettant fin à la « dernière des grandes invasions arabes de France », une victoire militaire qualifiée de « brillante » du côté de Charles.

Après l'affrontement, Charles dirige l'offensive, détruisant des forteresses à Agde, Béziers et Maguelone, et engageant les forces musulmanes à Nîmes, mais ne parvenant pas à récupérer Narbonne (737), ou à réclamer pleinement la Narbonnaise wisigothe. Par la suite, il réalise d'importants gains externes contre d'autres royaumes chrétiens, établissant un contrôle franc sur la Bavière, l'Alemannia et la Frise, et contraignant certaines des tribus saxonnes à offrir un tribut (738).

En dehors de ses efforts militaires, Charles est considéré comme une figure fondatrice du Moyen Âge européen. Qualifié d'administrateur et de guerrier, il est crédité d'un rôle déterminant dans les responsabilités émergentes des chevaliers des tribunaux, et donc dans le développement du système féodal franc. Le pape Grégoire III, dont le royaume était menacé par les Lombards, et qui ne pouvait plus compter sur l'aide de Constantinople, demanda à Charles de défendre le Saint-Siège, et lui offrit le consulat romain, bien que Charles refusât.

Il divise la Francie entre ses fils, Carloman et Pépin. Ce dernier devient le premier des Carolingiens. Le petit-fils de Charles, Charlemagne, afin d'inclure une grande partie de l'ouest, a étendu les royaumes francs, et est devenu le premier empereur d'occident depuis la chute de Rome.

GENEALOGIE : GALERIE D'ANCÊTRES...
 

Guillaume Ier de Hollande (1167 - 04/02/1222) représenté dans un ouvrage du XVIe siècle. Il était présent à la bataille de Bouvines face à Philippe Auguste.

GENEALOGIE : GALERIE D'ANCÊTRES...
 

Gisant de Henri Ier de Brabant, église Saint-Pierre à Leuven (Louvain) (né vers 1163 et mort le 5 septembre 1235 à Cologne en Allemagne. Comte de Louvain, marquis d'Anvers et duc de Basse Lotharingie, il est également présent à la bataille de Bouvines face à Philippe Auguste.

GENEALOGIE : GALERIE D'ANCÊTRES...

Jean IV de Beaumanoir né vers 1315 à Evran (22) mort le 09/02/1367 à Léhon près de Dinan (22). Chef des franco bretons du côté de Charles de Blois (les blésistes) lors du combat des trente.

GENEALOGIE : GALERIE D'ANCÊTRES...

Détail du tombeau d'Olivier V de Clisson, à Josselin.

Né le 24 avril 1336 a château de Clisson (44) et mort le 23 avril 1403 au château de Josselin. Connétable de France surnommé le boucher du fait de sa cruauté au combat.

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