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6 avril 2021 2 06 /04 /avril /2021 15:33

J'ai souhaité approfondir mes recherches généalogiques sur Havoise de Hédé, l'épouse de Raoul II de Montfort, née vers 1085. Je n'ai pas pu, pour le moment, remonter plus haut. 

C'est, sans doute par cette alliance, que la châtellenie d'Hédé est passée ensuite dans la famille de Montfort.

Par contre, j'ai appris, que l'une de nos ancêtres, Blanche de Navarre, était morte au château de Hédé (35). Elle était l'épouse de Jean 1er Le Roux, duc de Bretagne.

GENEALOGIE : NOS ANCETRES NOBLES PEUVENT AUSSI MOURIR AILLEURS QUE DANS LEURS LITS OU SUR UN CHAMPS DE BATAILLE...

Blanche de Champagne, née en 1220, morte en 1283, est la fille aînée de Thibaut Ier, comte de Champagne et roi de Navarre, et d'Agnès de Beaujeu.

En 1236, elle épouse Jean Ier le Roux (1217-1286), duc de Bretagne. Ils auront huit enfants :

  1. Jean II (1239-1305), duc de Bretagne. Son père lui transmit le titre de comte de Richmond en 1268 ;

  2. Pierre (), seigneur de Dinan, Hédé, Léon, Hennebont et la Roche-Derrien ;

  3. Alix de Bretagne (), mariée à Jean Ier de Blois-Châtillon, comte de Blois et de Chartres ;

  4. Thibaut (), inhumé dans l'église abbatiale Saint-Gildas de Rhuys ;

  5. Thibaut (), mort jeune, inhumé dans l'église abbatiale Saint-Gildas de Rhuys ;

  6. Aliénor (1248), morte jeune, inhumée dans l'église abbatiale Saint-Gildas de Rhuys ;

  7. Nicolas (), inhumé dans l'église abbatiale Saint-Gildas de Rhuys ;

  8. Robert (), inhumé à l'église du couvent des Cordeliers de Nantes.

L'abbaye cistercienne de Prières, fondée par le duc Jean Ier, à Billiers en 1248, à sa requête est dotée de nombreuses possessions dans la paroisse dont les principales sont la seigneurie de l'Isle et de Guédas. Ainsi Jean Ier de Bretagne et son épouse Blanche de Navarre poursuivent la politique de leurs prédécesseurs vis-à-vis des implantations religieuses particulièrement cisterciennes :

  • Jean Ier († 1286) est inhumé après sa mort en l'abbaye de Prières, fondée à sa demande et inaugurée pour des moines de l'abbaye de Buzay le , malgré l'anathème qui frappait le duc à cette époque, en effet le duc de Bretagne, avait fait disparaître le prieuré de Coëtlan devenu prieuré Saint-Pabu, pour englober les terres de ce prieuré dans celles de son château de Suscinio, aussi pour se racheter, il décide de fonder une nouvelle maison ; et

  • Blanche est décédée au château de Hédé, et inhumée dans l'abbaye de la Joie d'Hennebont, fondée par elle le  pour des sœurs de l'abbaye Saint-Antoine-des-Champs de Paris et leur abbesse Sibille de Beaugé († 1320), cousine germaine de la duchesse. Son fils le duc Jean II lui éleva un splendide tombeau de cuivre commandé à Limoges. Seul son gisant en a été conservé. Il a été déplacé à Paris dans les collections du musée du Louvre, qui l'expose désormais à Lens.

Jean Ier le Roux (né en 1217 ou 1218 – mort le , château de L'Isle, à Marzan), fils de Pierre Mauclerc, baillistre de Bretagne et d'Alix de Thouars, fut duc de Bretagne entre 1221 et 1286 et comte de Richmond en 1268.

Jean Ier devint duc de Bretagne en titre en 1221, à la mort de sa mère, mais, comme il était âgé de quatre ans, son père Pierre Mauclerc assure la régence en qualité de baillistre.

 

Jean Ier fait ses premières armes en 1232, son père ayant à réprimer des révoltes de ses barons. En 1237, il prend personnellement le gouvernement du duché et le 16 novembre il rend un hommage lige au roi Louis IX de France, et doit réprimer la révolte d’un de ses vassaux, Pierre de Craon. Le , il est armé chevalier par le roi de France à Melun après avoir renouvelé son serment de fidélité garanti par six barons bretons.

En 1242, quand la guerre reprend contre l'Angleterre il est présent au ban de Chinon. Toutefois du fait de son engagement mesuré dans les hostilités il reçoit néanmoins du roi Henri III d'Angleterre l'expectative du comté de Richmond lorsqu'il met à profit les trêves conclues entre les rois de France et d'Angleterre en 1243 pour négocier en 1245 l'union de son fils et héritier Jean avec Béatrice ,la fille du roi anglais.

Jean Ier avait épousé en 1236 Blanche de Navarre, fille de Thibaut IV le Chansonnier, comte de Champagne et roi de Navarre, qui dans le contrat de mariage lui avait assurée comme dot le royaume de Navarre. La naissance d'un héritier masculin d'une seconde union le futur Thibaut II le Jeune remet cet engagement en question. Jean Ier renonce en 1254 à l'expectative de cette succession en faveur de son beau-frère contre une compensation financière annuelle de trois mille livres.

Le , lors des états tenus à Ploërmel, le duc bannit les Juifs de Bretagne. Après la conclusion de l'accord franco-anglais de Paris le , le mariage du futur Jean II et de sa fiancée anglaise Béatrice d'Angleterre est célébré vers le mois de novembre à Saint-Denis.

En 1268 Jean Ier reçoit enfin le comté de Richmond du roi d'Angleterre qu'il transmet immédiatement à son fils et héritier. La mort en 1268 de son fils puiné Pierre destiné à l'origine à prendre la tête du contingent breton oblige le duc à participer en personne à la huitième croisade avec Saint Louis et son fils aîné Jean. Après la mort du roi de France devant Tunis le 25 août Jean Ier rentre en Bretagne pendant que son fils Jean, comte de Richmond, et son beau-frère Édouard d'Angleterre avec un corps de croisés se rendent en Syrie et ne regagnent l'Europe que dans le premier semestre 1273.

Jusqu'à sa mort seize années plus tard Jean Ier se consacre à la bonne administration de son duché il rejoint avec 60 chevaliers l'ost royal lors de l'expédition menée contre le comte de Foix Roger-Bernard III de Foix par Philippe III de France en mai et . Se jugeant sans doute trop âgé il laisse à son fils aîné et héritier Jean le soin de conduire les chevaliers bretons lors de la désastreuse croisade d'Aragon menée en 1285 par le roi de France.

GENEALOGIE : NOS ANCETRES NOBLES PEUVENT AUSSI MOURIR AILLEURS QUE DANS LEURS LITS OU SUR UN CHAMPS DE BATAILLE...

Pendant son long règne Jean Ier poursuit une politique d'accroissement du domaine ducal par le biais d'acquisitions souvent liées à de longues et habiles procédures judiciaires. Il achète la forteresse de Brest à Hervé III de Léon dès mars 1240 puis entre 1265 et 1276 il acquiert d'Hervé IV, l'ensemble de ses droits et domaines dans l'ancienne vicomté de Léon : dès 1265 les douanes de Saint-Mathieu d'abord affermées pour 3 000 livres puis cédées en 1275, le le château du Conquet et enfin Plougonvelin, Plouarzel la châtellenie de Saint-Renan… Ce qui lui reste de son patrimoine le pour 7 210 livres dans un acte ratifié par sa sœur Anne, dame de Bodister, et son beau-frère Rolland de Dinan-Montafilant. Le duc, magnanime, offre finalement un « bon coursier » à « Hervé jadis viscomtes de Léon », totalement démuni, pour partir en pèlerinage en Terre sainte. Hervé de Léon sera également obligé de revendre sa monture au duc faute de moyens pour financer son voyage ! Sa fille et héritière Amé de Léon et son époux le vicomte de Tonquédec et de Coëtmen ratifient l'acquêt du comté de Léon fait par le duc le mais obtiennent 3 000 livres en réparations.

Jean Ier acquiert également Muzillac vers 1250, la vicomté de Gourin vers 1265. Pour son compte son fils Pierre de Bretagne acquiert à une date indéterminée la châtellenie d'Hédé. Enfin, à la suite d'un procès avec l'héritière Jeanne de La Roche-Derrien, il achète cette place pour 30 000 livres. Il confisque en 1272 pour dettes à Geoffroi de Lanvaux sa seigneurie et ses autres domaines avec la complicité du vicomte de Rohan.

En 1265 le duc achète pour 16 000 livres, à Alain II d'Avaugour, fils d'Henri Ier d'Avaugour, la seigneurie héritée de sa mère à Dinan et Léhon. Cette acquisition faite de nouveau par Pierre de Bretagne, prête nom de son père, est contestée par le vieux Henri au nom des droits de son petit-fils Henriot et donne lieu à un très long procès qui est porté jusqu'à la cour de Paris qui ne se termine seulement qu'en 1283.

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Sceau de Jean I de Bretagne.

Comme son père, le duc de Bretagne entretient des relations difficiles avec le clergé séculier. Dès son couronnement il refuse de prêter le serment de respecter les libertés de l'Église et fixe autoritairement le niveau du « past nuptial » et du « tierçage ». En 1240 le siège épiscopal de Nantes étant vacant à la suite du transfert de l'évêque Robert (1236-1240), Jean Ier se met en possession de la régale, c'est-à-dire du temporel de l'évêché qu'il exploite de telle manière que le nouvel élu Galeran (1240-1263) se plaint, excommunie le duc et met le diocèse en interdit.

Jean Ier fait sa soumission en 1247 et obtient la levée des sanctions. Toutefois un autre problème survient quand Jean Ier refuse de reconnaître les censures édictées par Grégoire IX dans sa bulle de 1230 qui scellait la soumission de Pierre Mauclerc au prétexte qu'il n'y était pas nommé et qu'elles ne concernaient que son père. Malgré les injonctions du nouveau pape Innocent IV du il est de nouveau excommunié par l'évêque en 1249 et ne fait sa soumission à Rome que le .

Néanmoins Jean Ier de Bretagne et son épouse Blanche de Navarre poursuivent la politique de leurs prédécesseurs vis-à-vis des implantations religieuses particulièrement cisterciennes. Jean Ier († 1286) est inhumé après sa mort en l'abbaye de Prières, fondée à sa demande et inaugurée pour des moines de l'abbaye de Buzay le , malgré l'anathème qui frappait le duc à cette époque, en effet le duc de Bretagne, avait fait disparaître le Prieuré de Coëtlan devenu Prieuré Saint-Pabu, qui voulait englober les terres de ce prieuré dans celles de son château de Suscinio, aussi pour se racheter, il décide de fonder une nouvelle maison ; et Blanche († 1283) est inhumé dans l'abbaye de la Joie d'Hennebont, fondée par elle le pour des sœurs de l'abbaye Saint-Antoine-des-Champs de Paris et leur abbesse Sibille de Beaugé († 1320), cousine germaine de la duchesse.

 

Jean II de Bretagne (3 ou – † , Lyon), fils de Jean Ier le Roux, duc de Bretagne, et de Blanche de Champagne-Navarre, fut duc de Bretagne (1286-1305), comte de Richmond (1268-1305) et pair de France.

Très proche de son beau-frère, le futur roi Édouard Ier d'Angleterre, et alors seulement comte de Richmond, il l'accompagne à la huitième croisade. Il y rejoint son père et le roi Louis IX. La croisade se termine par la mort du roi en 1270 à Tunis. Alors que son père rentre en Bretagne, il suit Édouard d'Angleterre en Palestine, avec la croisade2. En 1285, il accompagne Philippe III le Hardi, roi de France, en guerre contre le roi d'Aragon (Croisade d'Aragon).

Jean II avait laissé aux soins du roi d'Angleterre plusieurs de ses enfants dont son fils cadet, Jean de Bretagne, qui est nommé par ce dernier capitaine général de Guyenne et défend cette province contre l'armée du roi de France, menée par Charles de Valois dans la Guerre de Guyenne après la confiscation prononcée le .

C'est à l'occasion de ce conflit que le duc Jean II convoque à la mi- à Ploërmel ses vassaux directs. Le fameux « Livre des Ostz » qui répertorie en détail l'ensemble des fiefs et leur seigneur répartis en sept baillies avec le recensement des hommes de guerre attachés à chacun détaille 166 chevaliers, 17 écuyers et 30 archers.

En Guyenne, son fils Jean de Bretagne, ne subit que des revers. Les Anglais cherchant à se ravitailler en Bretagne pillent l'abbaye Saint-Mathieu de Fine-Terre. Jean II abandonne alors la cause anglaise en 1296 et se voit privé du comté de Richmond par le roi Édouard Ier d'Angleterre. Il marie son petit-fils, le futur Jean III, avec Isabelle, la fille de Charles de Valois, et son duché est érigé en pairie en par Philippe IV le Bel roi de France.

De 1297 à 1304, il joint sa bannière à celle du roi de France dans sa lutte contre les Flamands. Lorsqu'en 1302 l'armée royale est écrasée lors de la bataille de Courtrai le duc de Bretagne n'y prend pas part. Mais deux ans plus tard le jour ou le royaume de France venge le désastre de Courtrai lors de la victoire de Mons-en-Pévèle, Jean II est sur le champ de bataille. Le , le roi d'Angleterre lui rend le comté de Richmond qui après sa mort deux ans plus tard est transféré à son second fils et homonyme Jean de Bretagne. C'est sous son règne que vécut Yves Hélory de Kermartin († 1303).

En 1305, la paix revenue, il se rend à Lyon le 6 novembre pour le sacre du pape Clément V afin de régler ses différends avec l'épiscopat breton. Au retour de l'église Saint-Just, alors que le duc tient la bride de la mule pontificale, un mur sur lequel une foule de spectateurs est en place s'effondre, renversant le souverain pontife et ensevelissant Jean II (). On l'en retire mourant, et il expire quatre jours plus tard, le 16 novembre/18 novembre. Son corps est placé dans un cercueil de plomb, embarqué sur la Loire et ramené en son duché pour être inhumé le 16 décembre aux Carmes de Ploërmel qu'il avait fondés.

Le gisant du duc, ainsi que celui de Jean III, est transféré en l'église Saint-Armel en 1821. L'inventaire de ses coffres est effectué dans ses châteaux de Nantes et de Suscinio et dans sa demeure parisienne de Longjumeau. Il en reste deux documents, l'un de 1303 et l'autre de 1306 montrant que son trésor s'élevait à près de 166 000 livres tournois. Son testament, d'un mètre carré, est conservé aux Archives départementales de la Loire-Atlantique. Dans son testament, Jean II effectue plusieurs legs. pour une future croisade il fait un don de 30 000 livres, 6 000 livres sont pourvues pour des familles nécessiteuses, 2 000 livres vont être données aux filles nobles célibataires pour les aider à se marier, des sommes diverses et variées sont donner à divers établissements religieux. Le testament ira jusqu'à donner une part des richesses du duc à ses domestiques pour leurs "loyaux services".

En , à Saint-Denis, il épouse Béatrice d'Angleterre (1242-1275), fille du roi d'Angleterre Henri III Plantagenêt, qui lui apporte en dot le comté de Richemont. Ils ont six enfants :

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Sceau de Jean II de Bretagne.

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TOMBEAU DU DUC JEAN II.

Sur une grande feuille de vélin déposée aux archives de Nantes, on lit ces mots :

« Je Jehan, duc de Bretaigne, comte de Richemond, sain et en bon estat de corps et de pensée, la merci de Nostre Seigneur, ... comme je ey fondé la meson de N. D. des Carmes de Ploërmel en l’honneur de Dieu, ... se il avient que je muirs au reaume de France ou en celui d'Angleterre ou ailleurs par de çà les mongs, je eslis ma sepulture en l'église de la dite maison ... Donné et fait au mois de septembre en l'an de grâce 1302 ».

Trois ans après avoir dicté ce testament, dans lequel il semblait pressentir qu'il mourrait loin de sa Bretagne, Jean II escortait, à Lyon, le premier pape d'Avignon, Bertrand de Goth. Tour à tour, avec le roi de France, les comtes d'Anjou et d'Evreux, il tenait le cordon du palefroi de Clément VI, lorsqu'à la descente de l'église Saint Just, où la cérémonie du couronnement s'était faite, une muraille à demi-ruinée s'abattit sous le poids des curieux et tomba sur le cortège. Le roi Philippe fut blessé, et notre duc, retiré mourant de dessous les décombres, expira quatre jours après.

Les seigneurs bretons qui l'accompagnaient ramenèrent son corps au lieu désigné pour sa sépulture ; les dépenses de ce triste voyage et le détail des comptes pour les funérailles et l'érection du tombeau nous ont été en partie conservés.

Jean II aimait tout particulièrement ce couvent des Carmes ; il avait ramené de la dernière croisade deux religieux de cet ordre ; ce sont les premiers qu'on ait vus en France, et ils portaient alors le costume oriental, rayé de larges bandes bleues et blanches.

Le prieuré qui leur servait de couvent devint bientôt insuffisant et « le duc leur fit bastir, dit un manuscrit du XVIème siècle, un beau et somptueux monastère, avecque une grande ri magnifique église ». C'est dans le choeur de cette nouvelle construction que l'on déposa le corps du pieux fondateur. Une châsse de plomb en forme de bière fut recouverte au niveau du sol par un socle en pierre. Un tailleur d'imaiges, dont le nom est resté inconnu, sculpta dans l'albâtre l'effigie du prince, tête nue, l'épée au côté, véritable chef-d'œuvre que les siècles nous ont heureusement conservé. Sur le tombeau on plaça l'épitaphe suivante :

CY GIST JEHAN, JADIS DVC DE BRETAGNE

QVI TRÉPASSA A LYON SVR LE RHOSNE

LE JEVDI ES OCTAVES DE LA SAINT MARTIN D’HIVER

L’AN 1305

PRIEZ DIEV POVR L’ÂME DE LVI.

Le tombeau du duc Jean II était protégé par une grille fabriquée à Vannes par un orfèvre appelé Pierre Le Bordiec, ou Le Bourdieux ; son prix représentait près de 4.000 francs en 1894. Voici l'ordonnance de paiement délivrée, le 6 juin 1318, par l'un des exécuteurs testamentaires du duc Jean II : « A son cher ami André Bonin, ou à son lieutenant, à Nantes, Aubery de Baudement, salut et amour. Pierre Le Bourdieuc, de Vennes, a fait mises et doit ancor faire pour une graille de fer à la tombe de Monseigneur le duc Jehan, don commandement de ses executeurs. Si vous mande et pri que vous à iceluy Pierre ou à son commandement, portant ceste letre, bailliez et delivrez senz delay et prestement quarante livres pour ladite besoifine faire... Doné tesmoin mon seau, le mardi avant la Penthecouste, l'an de grâce M. CCC. et diz et oict ». — La Pentecôte, en 1318, tombait le 11 juin. Le 28 du même mois, l'artiste donnait quittance de la somme : « Sachent touz que ge Pierre Le Bordiec, de Vennes, ay eu et receu de André Bonin, du commandement de monsour Aubery de Baudement, pour l'evre de la graille de Ploarmel, quarante libvres monnoie corante, et me en tens (tiens) pour bien payé. Donné tesmoing mon seel, le judy en la vigille saint Pere et saint Poul, l'an mil tres cenz et dez et oict ». Titres du château  de Nantes, ancien Inventaire Q. F. 11. — (Communiqué par M. A. de la Borderie).

D'après les tables de M. Leber (Essai sur l'appréciation de la fortune privée au moyen âge, p. 90-91), 10 livres, en 1318, répondaient à 978 fr. de nos jours (en 1894) ; 40 livres, par conséquent, à 3.912 fr (en 1894).

Rien ne troubla le religieux sommeil de notre duc pendant près de trois cents ans. A deux reprises, en 1346 et 1487, Ploërmel fut enlevé d'assaut et saccagé. Le couvent des Carmes resta debout au milieu de ces désastres ; il fallut la rage impie d'un huguenot pour détruire ce sanctuaire vénéré. Pendant les guerres de la ligue, un protestant, le seigneur du Crévy, persuada au gouverneur militaire de la ville de faire démolir l'abbaye de N.-D. Il donna comme prétexte à cet acte de vandalisme la nécessité de dégager les fortifications ; puis, au grand scandale des habitants, on procéda à la démolition.

Les Carmes se réfugièrent au prieuré Saint-Nicolas, où ils transportèrent les restes de Jean II et de Jean III. Le procès-verbal de cette translation nous a été conservé [Note : Ce procès-verbal, en date du 21 juin 1593, a d'ailleurs été publié in extenso par feu M. Ropartz, en 1864].

De ce document il ressort : 1° que les restes de Jean II furent réunis à ceux de Jean III lors de la translation au prieuré de Saint-Nicolas ; 2° que la base du tombeau de Jean II, qui seule restait debout, fut transportée dans l'église dudit prieuré, l'autre ayant été détruite par les démolisseurs. Cette base avait perdu les statuettes qui occupaient les arcatures latérales, comme nous le voyons par la gravure donnée dans dom Lobineau.

Le tombeau ainsi modifié resta en cet état, au prieuré de Ploërmel, de 1593 à 1618, date de la reconstruction du monastère.

Béatrice d'Angleterre (25 juin 1242 à Bordeaux - † 24 mars 1275 à Londres) est une princesse d'Angleterre et l'épouse du duc de Bretagne Jean II. Elle est la fille du roi d'Angleterre Henri III Plantagenêt et d'Éléonore de Provence, et la sœur d'Édouard Ier d'Angleterre, de Marguerite d'Angleterre et d'Edmond de Lancastre.

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Henri III et ses enfants.

Née à Bordeaux, Béatrice est la seconde fille du roi Henri III d'Angleterre (1207-1272) et d'Éléonore de Provence (vers 1223-1291). L'enfance de Béatrice fut frappée par la tragédie, les contraintes du règne de son père, et l'impopularité de sa mère au près du peuple anglais.

Son frère aîné, Édouard, fut gravement malade quand elle était très jeune. Bien qu'il ait guéri, la plus jeune sœur de Béatrice, Catherine, mourut en bas âge, laissant les parents de Béatrice éplorés. Catherine, qui avait peut-être une maladie dégénérative, était devenue sourde et décéda à l'âge de trois ans.

Les Anglais se plaignaient du roi Henri III et de l'influence qu'Éléonore et ses parents savoyards exerçaient sur la monarchie, et les barons exigèrent plus de pouvoir. En 1263, Éléonore naviguait sur une barge qui fut attaquée par des citoyens de Londres. Cette aversion posa de nombreux problèmes à Henri III et sa famille. Éléonore et Henri eurent malgré tout un mariage heureux, et Béatrice grandit dans un environnement chaleureux, à proximité de ses frères et sœurs.

En novembre 1260, à Saint-Denis, elle épouse Jean II de Bretagne (1239-1305), fils de Jean Ier le Roux, duc de Bretagne, et de Blanche de Navarre. Elle lui apporta en dot le comté de Richmond.

Ils eurent six enfants :

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