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10 décembre 2021 5 10 /12 /décembre /2021 10:07

blasonarrel

Le nom Arrel, apparaît dans une charte de Beauport (6bi, art : 10). Ce nom est reconnu par les généalogistes comme descendant d'Hugues Capet, et d'après d'autres sources serait d'origine Anglaise comme beaucoup de familles nobles bretonnes.

 

1 - Raoul Arrel -vers 1260- sénéchal du Comte de Bretagne

2 - Henri Arrel – qui vivait vers l'an 1330 eut pour fils Robert Arrel

3 - Robert Arrel, écuyer de Charles de Blois à la Roche Derrien en 1347, épousa Jeanne de Penhöet dont est issu Olivier Arrel (1) 

4 - Olivier Arrel (1), Chevalier, en 1316 seigneur de Kermarquer, l'un des champions du combat des 30 en 1351 à la Mi-Voie, près de Ploërmel, épousa Olive du Châstel, et de leur mariage vint un deuxième Olivier Arrel (2), second du nom.

5 - Olivier Arrel (2), second du nom, épousa Catherine de Kerimel, dont sortit Olivier Arrel (3) troisième du nom.

6 - Olivier Arrel (3), épousa Jeanne de Kergorlay, dont est issu Olivier Arrel (4), quatrième du nom

7 - Olivier Arrel (4) épousa Clémence du Guermeur, et de leur mariage naquirent:

  • Jean Arrel, fils ainé,

  • Huon Arrel,

  •  Plessou Arrel, dame de Jean de Guitté,

  •  Jeanne Olive Arrel, qui épousa Yvon seigneur de Kerousy. 1427

8 - Jean Arrel, Chevalier, seigneur de Kermarquer, épousa Anne de Ploeuc dont sont issus :

  • Pierre Arrel, aisné (9)

  • Peronelle Arrel, mariée à Pierre de Trolong – Seigneur de Kerhir ( Tredarzec)

  • Marie Arrel, femme d'Olivier Seigneur de Coatmen.+ 1498, chevalier, seigneur de Boisguezennec, Lézerec, Coatmen.

  • Catherine Arrel, femme d'Olivier seigneur de Poulglaou. (Pleumeur-Gautier)

 

LES ARREL ( LES SEIGNEURS DE KERMARQUER) LES KERGORLAY ET LA GUERRE DE SUCCESSION DE BRETAGNE
LES ARREL ( LES SEIGNEURS DE KERMARQUER) LES KERGORLAY ET LA GUERRE DE SUCCESSION DE BRETAGNE
LES ARREL ( LES SEIGNEURS DE KERMARQUER) LES KERGORLAY ET LA GUERRE DE SUCCESSION DE BRETAGNE

La maison DE KERGORLAY, comme ancienneté, remonte très haut dans l'histoire de France et dans celle de Bretagne. Depuis six à sept cents ans, les titres de cette illustre famille se trouvent mêlés aux grands actes politiques et guerriers de cette province. Alliés avec les maisons de Rieux, de Rohan, de Montfort-Laval et de Beaumanoir, etc., les seigneurs de Kergorlay ont toujours été renommés pour leur fidélité à leurs princes légitimes. Nous citerons le dévouement de JEAN DE KERGORLAY, qui tint à honneur de se faire tuer à Auray, aux côtés de Charles de Blois, qu'il ne pouvait sauver. A cette époque, la maison de Kergorlay était donc regardée comme l'une des principales maisons de Bretagne, et l'un de ses plus grands titres nobiliaires est d'avoir fourni une ascendante à la maison de Bourbon, en la persoune de Jeanne de Kergorlay, qui fut aïeule au huitième degré du roi Henri IV.

En 1057 vivaient David de Kergorlay, chevalier, et le sire de Kergorlay, banneret de Bretagne. Ce dernier prit place le vingtième des bannerets, après les neuf prélats et les neuf barons de Bretagne. David de Kergorlay eut rang le onzième parmi les chevaliers.

En 1096, un Jean de Kergorlay, dont le degré de parenté avec les précédents n'est pas connu, partit pour la Palestine avec Robert, duc de Normandie, et Alain Fergent, duc de Bretagne, comme il se justifie par un titre du château de Vitré, qui paraît avoir été écrit au douzième siècle.

Ce n'est qu'un peu avant 1137 que commence la filiation régulière des sires de Kergorlay.

I. - Pierre Ier de Kergorlay, de son mariage avec Marguerite de Penthièvre, eut :

II. - Hervé de Kergorlay qui eut pour fils :

III. - Pierre II de Kergorlay qui devint grand-sénéchal du duc de Bretagne en Cornouailles et Poher, fut père de :

IV. - Hervé de Kergorlay dont la soeur Annette épousa Conan Ier, chambellan du duc de Bretagne. Hervé eut pour fils :

1° Pierre de Kergorlay qui suit,

2° Geoffroy de Kergorlay, chevalier, à qui Jean Le Roux, duc de Bretagne, fit compter cent livres pour subvenir aux frais de son départ pour la croisade.

V. - Pierre de Kergorlay, sénéchal du duché de Bretagne, suivit, comme son frère Geoffroy, Jean Le Roux à la croisade de Tunis. Ce dernier, dans l'estime et dans l'affection duquel il paraît avoir occupé une place distinguée, lui prêta mille livres tournois (somme considérable alors). Pierre de Kergorlay, de son mariage avec Thomase de Lanvaux, eut :

1° Jean 1 de Kergorlay qui suit ;

2° Rolland de Kergorlay, qui fut l'un des seigneurs amis d'Alain Nuz, qui jetèrent à Hervé de Léon, soupçonné du meurtre d'Alain, leur gage de bataille. Le duc de Bretagne, par jugement solennel, en 1296, fit cesser leurs poursuites, et fit payer par Hervé à ce seigneur deux mille livres tournois pour indemnité. Il est probable qu'il faut entendre par amis, amis charnels, et que Rolland était sans doute parent d'Alain Nuz ;

3° Pierre de Kergorlay, clerc et chevalier.

VI. - Jean Ier de Kergorlay, chevalier, banneret de Bretagne, fut l'un des vingt-six hauts-seigneurs bretons auxquels le roi Philippe-le-Bel adressa en 1304 des lettres personnelles pour les convoquer à lui faire service dans la guerre de Flandre. Il épousa N. d'Avaugour. De ce mariage il eut trois fils :

1° Pierre IV de Kergorlay qui suit ;

2° Jean de Kergorlay qui mourut avant 1240 ;

3° Henri de Kergorlay, seigneur de Lossulien, du chef de sa mère, transmit cette terre à son fils Jean, premier seigneur du Cludon, qui imposa à son fils ses armes personnelles, à l'exclusion des armes de Lossulien qui étaient Cornouailles.

A l'extinction de la branche aînée des Kergorlay, nous reprendrons la généalogie des seigneurs du Cludon qui ont continué la postérité et dont sont issus MM. de Kergorlay actuels.

VII. - Pierre IV de Kergorlay, chevalier, épousa Jeanne de Rohan. De ce mariage naquit :

VIII. - Jean II de Kergorlay, qui épousa Jeanne de Rieux. Jean de Kergorlay mourut en 1335, selon du Paz et le père Anselme, et fut inhumé avec sa femme au couvent des religieux de la Trinité, à Rieux. Les deux époux laissèrent trois enfants :

1° Jean III de Kergorlay dont l'histoire suivra ;

2° Isabelle de Kergorlay, mariée à Sylvestre, seigneur de la Feuillie ;

3° Yvon de Kergorlay, qui servit en 1351, avec son frère Jean III, dans la compagnie de sire de Beaumanoir.

IX. - Jean III de Kergorlay, seigneur de Kergorlay, devenu, en 1352, capitaine d'une compagnie de deux chevaliers, cinq écuyers et dix archers, alla rejoindre, avec le sire de Rieux, le vicomte de Rohan, le comte de la Marche et quelques autres seigneurs bretons, les troupes que le roi Jean envoyait en Bretagne, sous la conduite du maréchal de Nesle. Jean de Kergorlay, après la bataille de Mauron, s'attacha étroitement au parti de Charles de Blois, aux côtés duquel il périt vaillamment à la bataille d'Auray, en soutenant la cause de ce malheureux prince, qui trouva la mort dans cette affaire où succombèrent aussi les plus grands seigneurs de la Bretagne (Du Châtelet, p. 79). Jean de Kergorlay, de son mariage avec Marie de Léon, ne laissa que deux filles : la première, Jeanne de Kergorlay, mariée à Raoul IX, sire de Montfort ; Jeanne de Montfort-Laval, petite-fille de Jeanne de Kergorlay, épousa Louis de Bourbon, comte de Vendôme, qui en eut Jean de Bourbon, trisaïeul paternel de Henri IV. La seconde, Aliénor de Kergorlay, épousa messire Jean de Beaumanoir. Ce fut ainsi par ces deux mariages que la branche aînée de la maison Kergorlay se fondit dans celles de Montfort-Laval et de Beaumanoir.

VIII. - Jean IV de Kergorlay, chevalier, sire de Kervoda, fils de Henri de Kergorlay, et par conséquent petit-fils de Jean Ier de Kergorlay, vivait en 1340. Il épousa Alix Buzic, dame du Cludon, du Breil et de Keriavily, qui apporta cette terre du Cludon dans la maison des Kergorlay. De ce mariage naquirent :

1° Thibaud de Kergorlay qui suit,

2° Rolland de Kergorlay,

3° Henri de Kergorlay.

IX. - Thibaud de Kergorlay, seigneur du Cludon, mourut avant 1444, laissant de son mariage avec Isabeau de Tournemine :

X. - Jean V de Kergorlay, seigneur du Cludon, marié à Aliette de Coëtquenan, servit le roi de France contre les Anglais, et fut fait prisonnier en 1427, pendant le siège de Pontorson. Il laissa un fils, Jean de Kergorlay et une fille Jeanne de Kergorlay.

XI. - Jean VI de Kergorlay, seigneur du Cludon, épousa en premières noces Margot de Plusquellec, issue des anciens comtes de Pohaer, du sang des ducs de Bretagne, et en secondes noces, Marguerite de Begaignon, veuve de messire Henri de Plusquellec. Jean VI eut de son premier mariage :

1° Jean de Kergorlay,

2° Catherine de Kergorlay,

3° (du second lit) Vincent de Kergorlay.

XII. - Jean VII de Kergorlay, seigneur du Cludon, épousa, le 28 août 1469, Marguerite de Boiséon, de l'antique maison de ce nom. De cette union naquirent :

1° Rolland de Kergorlay qui suit,

2° Béatrix de Kergorlay, et

3° Anne de Kergorlay.

XIII. - Rolland de Kergorlay, seigneur du Cludon, prêta, en 1524, serment de fidélité au roi François Ier, administrateur du duché de Bretagne. De son mariage avec Jeanne Riou, il eut :

XIV. - Amaury de Kergorlay qui épousa Françoise de Kerguisiau. Amaury et sa femme moururent avant 1575, laissant pour enfants : outre Jean de Kergorlay qui continua la branche des seigneurs du Cludon, aujourd'hui éteinte, Vincent de Kergorlay, à la filation duquel nous nous attacherons, et de qui descendent MM.de Kergorlay actuels.

XV. - Vincent de Kergorlay mourut en 1608, laissant de son mariage avec damoiselle Françoise Le Chevoir :

XVI. - Jean VIII de Kergorlay, marié, en 1619, à damoiselle Mauriette Simon, dame du Chastel. Il laissa de son premier mariage Claude de Kergorlay, père de Bernard-Claude de Kergorlay, qui continua la branche des seigneurs de Tromenec, aujourd'hui éteinte, et Raymond de Kergorlay, lieutenant des vaisseaux du roi. De son second mariage il laissa aussi deux fils :

1° Jean, ascendant direct de MM. de Kergorlay actuels, dont l'article va suivre, et

2° Charles de Kergorlay, qui fut tonsuré et pourvu d'un bénéfice.

XVII. - Jean IX de Kergorlay, chevalier, seigneur de Kersalann, épousa, le 3 août 1665, damoiselle Marie de Kerlech, dame de la Villeneuve, Recervo, etc. Il mourut en 1701, à l'âge de 64 ans, laissant pour fils :

XVIII. - Charles-Louis de Kergorlay, chevalier, comte de Kergorlay, né le 21 juillet 1678. Il épousa, le 22 novembre 1710, haute et puissante dame Marie-Françoise-Louise des Nos. De ce mariage était issu :

XIX. - Alain-Marie de Kergorlay, comte de Kergorlay, brigadier des armées du roi, capitaine au régiment des gardes-françaises, chevalier de Saint-Louis, est né le 17 octobre 1715. On peut dire que le comte de Kergorlay gagna successivement tous ses grades sur les champs de bataille. Il fut blessé grièvement à Fontenoy, et ne dut la vie qu'au dévouement de son domestique. Le comte épousa, en 1766, Marie-Joséphine de Boisgelin. En 1784, il fut promu au grade de lieutenant-général. Le comte de Kergorlay mourut à Paris, le 3 février 1787. De son mariage sont nés :

1° Gabriel-Louis-Marie de Kergorlay, dont nous parlerons plus bas, et Louis-Florian-Paul de Kergorlay, dit le comte Florian de Kergorlay.

Louis-Florian-Paul de Kergorlay, comte de Kergorlay, pair de France (non siégeant par refus de serment), ancien officier de cavalerie, chevalier de Saint-Louis, est né le 26 avril 1769. Dix ans plus tard, en 1779, le comte Florian de Kergorlay fut reçu chevalier de justice de l'ordre de Malte, par bref de minorité. Au commencement de la révolution, nous trouvons le jeune Florian de Kergorlay déjà investi du grade de capitaine dans le régiment de cavalerie de commissaire-général. A ce moment, il fallait se décider et choisir un parti, M. de Kergorlay n'hésita pas un moment à embrasser la cause royale, et en 1792 il fit la campagne de Champagne avec les frères du roi. Cette campagne, qui fut très courte, comme chacun sait, laissa à M. de Kergorlay le loisir de continuer ses voyages, qu'il n'avait interrompus que pour venir offrir ses services à la cause du malheureux Louis XVI. En 1814, le roi fit M. de Kergorlay chevalier de Saint-Louis. Lorsque parut, dans les Cent-Jours, l'acte additionnel aux constitutions de l'empire, M. de Kergorlay se décida à voter contre l'acceptation de cet acte, et publia une Lettre qui pouvait susciter des poursuites contre son auteur. Napoléon laissa M. de Kergorlay parfaitement libre ; mais un mois après un nouvel écrit du comte de Kergorlay : Des lois existantes et du décret du 9 mai 1815, détermina l'Empereur à faire arrêter l'imprimeur et l'auteur. A la place de Florian de Kergorlay, son frère, Gabriel de Kergorlay, fut arrêté. A ce sujet, plusieurs biographes, entre autres Courcelles et la Biographie Norvins, ont publié diverses notices, où ils faisaient entendre que M. Florian de Kergorlay aurait laissé son frère subir pour lui une détention indéterminée. Hâtons-nous de détruire cette fâcheuse supposition qui pourrait ternir l'honneur intact du comte Florian, en disant que l'identité de son frère ayant été reconnue, le comte Gabriel de Kergorlay fut mis en liberté le surlendemain.

En 1815, le comte Florian fut élu député par le collège électoral de l'Oise, réélu en 1820, puis en 1822. M. de Kergorlay fut appelé à la Chambre haute par Louis XVIII, le 23 décembre 1823. 1830 venu et les journées de juillet ayant renversé la branche aînée, M. de Kergorlay, alors que Charles X était en exil, voulut encore donner à son roi une dernière preuve de ce dévouement qui n'avait jamais faibli chez lui, ni chez aucun membre de sa famille. En arrivant de Bruxelles, dès le 9 août, il écrivit à M. Pasquier. Le président de la Chambre des pairs ayant refusé l'insertion de sa lettre au procès-verbal de la séance, M. de Kergorlay fit alors insérer dans la Gazette de France et dans la Quotidienne la fameuse Lettre qui commençait par ces mots : « Quatre vingt-sept pairs, etc. ». Cette lettre fut dénoncée par M. Montalivet à la Chambre des pairs. Chacun sait le fameux procès qu'elle occasionna à M. de Kergorlay. Considéré comme pair, il fut cité à la barre de la Chambre, et malgré la brillante plaidoirie de Maître Berryer, il fut condamné à 500 fr. d'amende et à six mois de prison. Il paya son amende et fit ses six mois de prison.

En 1833, M. de Kergorlay comparut sur les bancs de la Cour d'assises, comme l'auteur d'une lettre insérée le 12 novembre dans la Quotidienne, lettre dans laquelle le ministère public vit le délit d'attaque aux droits que le roi tient du voeu de la nation, exprimé dans la déclaration du 7 août 1830. Malgré le fulminant réquisitoire de M. Aylies, M. de Kergorlay fut acquitté.

En 1836, il fut de nouveau cité en Cour d'assises pour sa lettre insérée dans la Quotidienne, à propos des vingt-trois Vendéens qui devaient être jugés aux assises de Niort, et dont l'accusation demandait les têtes. Celle nouvelle lettre, considérée comme renfermant une excitation à la révolte et paraissant établir la guerre de Vendée, comme une guerre légitime, valut à son auteur quatre mois de prison et 2.000 francs d'amende. Dans cette brève mais fidèle narration de la vie de M. le comte Florian de Kergorlay, on peut voir qu'il n'a jamais cessé un moment d'avoir les mêmes sentiments d'honneur et de loyauté politique qui ont toujours animé ses ancêtres et le reste de la famille existante des Kergorlay. De son mariage avec mademoiselle de la Luzerne, le comte Florian a eu trois enfants, un fils et deux filles. Son fils Louis-Gabriel-César comte de Kergorlay, après avoir servi jusqu'en 1830 comme officier d'artillerie et pris une part active à la conquête d'Alger, se refusa à prêter serment après la loi du 30 août, et fut considéré comme démissionnaire. Arrêté sur le Carlo-Alberto, comme chacun sait, et traduit devant la Cour de Montbrison, il fut acquitté avec tous ses co-accusés.

Le comte Louis-Gabriel-César de Kergorlay épousa, le 12 janvier 1846, mademoiselle Mathilde de Saumery, fille du comte et de la comtesse de Saumery, d'une des plus anciennes familles de la Navarre. Les Saumery actuels descendent, par l'une de leurs aïeules, de l'illustre maison de Lacarre, issue elle-même des anciens rois de Navarre. Elle porte par cette raison, dans ses armes, celles de Navarre et celles de Béarn. Transplantée dans le Blaisois, au seizième siècle, la maison de Saumery a fourni de père en fils, depuis cette époque, huit gouverneurs du château royal de Chambord. Dans les bonnes grâces du vainqueur d'Arques et d'Ivry, Henri IV a trouvé dans le nom de cette famille, qui lui avait été toujours fidèle, l'anagramme suivant qu'il lui a donné pour devise : AMY SEUR. Ce dernier mot est l'ancien mot français sûr.

Nous allons maintenant revenir à la branche aînée.

XX. - Gabriel-Louis-Marie de Kergorlay, comte de Kergorlay, pair de France, ancien officier de cavalerie, chevalier de Saint-Louis, naquit le 11 décembre 1766. Il épousa en 1787 Marie-Elisabeth-Justine de Faudoas, dont la famille compte Barbazan au nombre de ses membres, et qui doit à cette illustration le droit de porter dans ses armes mi-partie de France. Présentée peu de temps après son mariage à la cour de Marie-Antoinette, elle fut nommée en 1788 dame pour accompagner Madame comtesse de Provence.

MM. Louis et Florian de Kergorlay sont montés dans les carosses du roi les 7 novembre 1785 et 21 avril 1787. (Voy. le tome II du Mémorial historique de la noblesse, p. 36 et 38).

Avant d'avoir été promu au titre de pair de France, le comte Gabriel-Louis a été député de la Manche, de 1820 à 1827.

Le comte Gabriel-Louis de Kergorlay mourut le 24 mars 1830, laissant deux fils :

1° Jean-Florian Hervé de Kergorlay, et

2° Pierre-Ernest-Alain, comte de Kergorlay.

XXI. - L'aîné de la branche aînée des Kergorlay, Jean-Florian-Hervé de Kergorlay, né en 1803, a épousé mademoiselle Louise d'Hervilly , fille de M. le comte d'Hervilly et de madame la comtesse d'Hervilly, née d'Hervilly elle-même. M. le comte Hervé de Kergorlay fut membre du conseil-général des hospices de Paris.

Le comte Pierre-Ernest-Alain de Kergorlay a épousé, en 1840, mademoiselle Octavie de Mérona, fille de M. Albert de Mérona, ancien chargé d'affaires de France dans plusieurs cours de l'Europe, et de mademoiselle Nompère de Champagny. De ce mariage est né, en 1841, le comte Florian-Henri-Marie-Raymond de Kergorlay.

LES ARREL ( LES SEIGNEURS DE KERMARQUER) LES KERGORLAY ET LA GUERRE DE SUCCESSION DE BRETAGNE

Charles de Blois, duc de Bretagne, est fait prisonnier pendant la bataille de la Roche-Derrien (1347). Miniature des Chroniques de Froissart, Paris, BnF.

Charles de Blois, aussi appelé Blois, né en 1319 à Blois et mort le à Auray est un noble français.

Fils de Guy Ier de Châtillon, comte de Blois, et de Marguerite de Valois, sœur de Philippe de Valois, il fut baron de Mayenne, seigneur de Guise et, par mariage, comte baillistre de Penthièvre et prétendant au duché de Bretagne. Il a été béatifié en 1904 et sa fête est le .

À Paris le , Charles de Blois épouse Jeanne de Penthièvre dite la Boiteuse, fille de Guy de Bretagne-Penthièvre, nièce du duc Jean III de Bretagne et petite-fille d'Arthur II de Bretagne. Les conditions du mariage prévoient que Charles de Blois prendra le nom et les armes de Bretagne et qu'il succèdera au duc Jean III, qui n'avait pas d'enfants.

Guerre de Succession de Bretagne

Le duc Jean III n'ayant pas voulu clarifier sa succession de son vivant, sa mort en 1341 déclenche entre les compétiteurs une guerre sanglante qui dure 23 ans : la guerre de Succession de Bretagne. Par l'arrêt de Conflans, le roi Philippe VI reconnaît son neveu Charles de Blois duc baillistre de Bretagne et reçoit son hommage. La plupart des seigneurs et des barons lui prêtent foi et hommage, comme à l'héritier présomptif de leur souverain, mais Jean, comte de Montfort, demi-frère de Jean III, prétend aussi hériter de son duché. En , Charles de Blois marche à la suite de Jean, duc de Normandie et héritier présomptif de la couronne de France, pour soutenir ses prétentions sur le duché de Bretagne contre Jean de Montfort.

Le , il prend Quimper. La ville est ensuite pillée par ses soldats. Le , il est fait prisonnier par les Anglais lors de la bataille de La Roche-Derrien. Alors qu'il est enfermé dans la tour de Londres, Jeanne de Penthièvre continue la guerre contre Jeanne de Flandre, l'épouse du comte de Montfort. Il est libéré le , après neuf ans de captivité dont la majeure partie en Angleterre, après s'être engagé à verser une rançon de 700 000 florins d'or, rançon en partie payée avant que sa mort au combat n'y mette terme.

Pendant cette longue lutte, dans laquelle le roi de France soutient Blois, tandis que l'Angleterre appuie son rival, on voit briller plusieurs guerriers célèbres comme Bonabes IV de Rougé, Gautier de Mauni, Jean III de Beaumanoir, Olivier V de Clisson, Bertrand Du Guesclin, Guillaume Boitel et John Chandos ainsi que Pierre de Boisboissel.

Le jeudi saint de l'an 1357 (), Charles de Blois se rend accompagné de Geoffroy de Pontblanc, chevalier, son maître d'hôtel, de son château de Dinan à son château de Léhon.

Charles de Blois meurt le lors de la bataille d'Auray contre Jean IV de Bretagne.

LA BATAILLE DE LA ROCHE DERRIEN :

Jean III, dit le Bon, fut duc de Bretagne de 1312 à 1341. 

En 1338, ayant perdu tout espoir d'avoir des héritiers, il réunit les Etats. 

Son frère aîné aurait dû lui succéder. Mais ce frère, Gui de Penthièvre, était mort, laissant une fille, Jeanne. Il s'agissait d'arrêter si la couronne ducale passerait à Jeanne de Penthièvre ou au frère cadet de Jean III, Jean de Montfort. 

Les Etats décidèrent de « s'en rapporter au duc lui-même. Ce prince conclut alors le mariage de sa nièce — Jeanne — avec Charles de Blois — fils de Gui, comte de Blois et de Marguerite de Valois, soeur de Philippe VI, roi de France — et le désigna pour son successeur »

Les choses semblaient ainsi réglées lorsque en 1341, à la mort de Jean III, Jean de Monfort résolut de faire valoir ses droits à la couronne de Bretagne. « Nous verrons bientôt, dit une Histoire, de grandes puissances arriver en Bretagne pour appuyer les prétentions de l'un et de l'autre. Charles de Blois aura pour défenseurs de sa cause le roi de France, le duc de Normandie, le roi de Navarre, un duc d'Athènes, des auxiliaires génois, etc. Montfort verra dans son parti le roi d'Angleterre, Robert d'Artois, beau-frère du roi de France, des stipendiaires allemands et la plus grande partie des villes de Bretagne ».

Note : " L'arrêt de Conflans qui admettait Charles de Blois à rendre hommage au roi de France pour le duché de Bretagne fut rendu le 7 septembre 1341 (Dom Morice, Preuves de l'histoire de Bretagne, t. I, col. 1421). Antérieurement à cette date, le comte de Montfort, sans aller lui-même en Angleterre, comme le prétend Froissart, avait engagé des négociations avec Edouard III, qui, le 22 juin 1341, envoyait en Bretagne Gauvain Corder et Richard Swasham pour examiner les propositions du rival de Charles de Blois (Rec. off., Excheq. Queen's Remembr. Navy, 602/8). Hervé de Léon était encore présent, le 20 février 1342, à un don fait par Charles de Blois à Estienne Goyon, seigneur de Matignon (Dom Morice, Preuves de l'histoire de Bretagne, I, col. 1431). Par une procuration datée de Blain, le 1er février 1342, Galois de la Baume autorisait Henri de Malestroit à traiter en son nom et au nom de Robert Bertran avec plusieurs Bretons qui avaient embrassé le parti de Montfort, parmi lesquels Yves de Tréziguidy et Geoffroy de Malestroit (Dom Morice, Preuves, I, col. 1430). Par un acte sous sceau privé, du 21 novembre 1342, daté de Grand-Champ, près de Vannes, Edouard III mandait à son chancelier de faire enterrer aux Frères Prêcheurs de Londres les restes de Robert d'Artois, qu'il faisait transporter en Angleterre (cf. Pièces justificatives) " (voir les Chroniques de Richard Lescot, religieux de Saint-Denis, 1328-1344). 

Le combat de la Roche-Derrien que nous voulons reconstituer n'est qu'un épisode de cette guerre qui dura plus de vingt ans. 

Le comte de Montfort mourut à Hennebont le 26 septembre 1345. Sa femme, la comtesse Jeanne, après avoir mis son fils en sûreté à la cour d'Angleterre, continua la campagne. 

Aux comtes de Northampton et d'Oxford, le roi d'Angleterre, Edouard III (Note : A cette époque le roi Edouard III disputait la couronne de France à Philippe de Valois. En 1346, il gagna la bataille de Crécy. En 1347, il prit Calais. En 1356, il fit prisonnier Jean Le Bon à Poitiers. Il fut ensuite vaincu par Charles V), avait adjoint Thomas d'Ageworte, comme capitaine général des troupes anglaises de Bretagne (Note : P. Fr. Guyot-Desfontaines, Histoire des ducs de Bretagne. « ... avec plein pouvoir de faire tout ce qu'il jugerait à propos pour le bien de son service et de toucher les revenus du duché à condition néanmoins d'en rendre compte à Jean, fils du feu comte de Montfort, dont ce prince-roi était tuteur »). 

En décembre 1345 (voir B. Jollivet, Les Côtes-du-Nord), Northampton se dirigea vers le Trécor. Il prit Carhaix, échoua devant Guingamp et assiégea La Roche-Derrien. Au second assaut l'une des portes de la place fut détruite par le feu et la capitulation s'imposa. Le commandant, Hue Cassiel, se rendit au camp anglais et obtint pour Hue Arrel, évêque de Tréguier, Raoul de la Roche et toute la garnison la libre sortie de la ville. Les Anglais pillèrent La Roche et firent un riche butin, « notamment plus de 300 tonneaux de vins de France et 13 à 14 tonneaux de vins d'Espagne appartenant à des marchands de cette nation ». Northampton continua sur Lannion. Grâce au courage des habitants de cette ville il ne put y pénétrer et se retira dans le Léon. 

Note : " Richard de Totesham, capitaine de la Roche-Derrien, fut envoyé en Bretagne avec un secours assez important dès le commencement de 1344, comme le prouvent les quittances de plusieurs patrons de nefs engagées « pour le passage monseigneur Richard de Tottesham et autres devers les parties de Bretaigne » (Rec. off., Exchequer, Treasury of the Receipt. Miscellanea, 39/14). Thomas de Dagworth n'avait cessé de guerroyer en Bretagne depuis le commencement de la lutte. Par une endenture du 28 janvier 1345, passée entre lui et le comte de Northampton, il s'engageait à servir en Bretagne en qualité de lieutenant du comte, avec 15 chevaliers, 65 écuyers, 120 archers et 40 bidenwers (Rec. off., Exch. Queen's Remembr. Army, 47, 17). Le 10 janvier 1347, Edouard III le nommait son lieutenant en Bretagne (Rymer, R. III, p. I, 847). D'après une endenture du même jour, qui n'est pas publiée dans Rymer, le roi lui abandonnait tous les revenus du duché de Bretagne. Dagworth s'engageait de son côté à entretenir dans ce pays, pendant tout le temps que durerait la guerre, 300 hommes d'armes et 600 archers (Rec. off., Exch. Queen's Remembr. The Realm of France, 482/3). Nous savons d'autre part, par la lettre qu'il adressa à Edouard III et qu'a publiée Robert d'Avesbury, que Thomas de Dagworth avait avec lui à la Roche-Derrien 300 hommes d'armes et 400 archers (De gestis Edwardi tertii, éd. Thompson, p. 388). Le 20 mai 1345, le comte de Montfort prêtait hommage à Edouard III comme roi de France pour le duché de Bretagne ; le 3 juin suivant, le roi d'Angleterre mandait au comte de Northampton, son lieutenant en Bretagne, d’aider de tout son pouvoir le comte de Montfort à reconquérir son duché (Rymer, R. II, p. II, 39, 42). Le comte de Montfort mourut le 26 septembre 1345. Son jeune fils, Jean de Montfort, emmené par sa mère en Angleterre au commencement de 1343, avait été dès l’année suivante confié aux soins de la reine Philippe (Rec. Off., Issue Rolls, 18 Edw. III Michaelmas) " (voir les Chroniques de Richard Lescot, religieux de Saint-Denis, 1328-1344).

En 1346, le commandant de Guingamp, Geoffroi Tournemine, seigneur de la Hunaudaye, voulut attaquer la Roche-Derrien pendant l'absence d'une partie de la garnison anglaise. Son projet fut découvert, les Anglais le battirent et il dut regagner Guingamp (B. Jollivet, Les Côtes-du-Nord). 

La même année, un dimanche à l'aube, Richard Toussaint, commandant anglais de La Roche, s'empara par traîtrise de Lannion (Note : il se fit ouvrir une fausse-porte par deux soldats de la ville). Les soldats pillèrent la place et, pour venger leur capitaine blessé, massacrèrent ceux des habitants qui voulurent se défendre (B. Jollivet, Les Côtes-du-Nord). De ce nombre furent messire Tournemine, Geoffroy de Kerimel et le chevalier Geoffroy de Pont-Blanc (Note : Nous lisons dans l'Histoire de Bretagne : « Eveillé aux cris des victimes un chevalier, nommé Geoffroy de Pont-Blanc, sort du lit, prend une lance, repousse les Anglais le long de la rue et se défend contre tous ; mais atteint enfin d'un trait que lui lance un archer, l'intrépide chevalier succombe. Les Anglais lui arrachèrent les dents et les yeux et le firent ainsi mourir au milieu des tourments ». Une plaque commémorative, à Lannion, porte : « Ici succomba héroïquement, en défendant la ville de Lannion contre les Anglais, le sire Geoffroy de Pont-Blanc, chevalier, 1346 »). 

Les Anglais conduisirent à La Roche, entre autres prisonniers, messire Rolland Phélippes, sénéchal de Bretagne pour le comte de Blois, le sire de Coétuhan et Thibaut Mérien (ou Thebault Mescou), docteur en droit. 

Quelque temps après cette expédition de la garnison anglaise, Charles de Blois, à la tête de 13.600 à 16.600 hommes, mit le siège devant la Roche-Derrien [Note : B. Jollivet, Les Côtes-du-Nord. « Elles se composaient (les troupes de Charles) de 1.600 hommes d'armes parmi lesquels figuraient 400 chevalière et 23 bannerets et de 12.000 hommes d'infanterie. Ogée augmente le chiffre de cette armée et le porte à 16.600 hommes, force considérable à cette époque »]. 

La Roche-Derrien est fermée à l'Ouest et au Nord-Ouest par le Jaudy qui baignait même les murailles ouest du château. Au Sud-Est de la place (route actuelle de Guingamp), sur une élévation dite colline de Mézeaux ou Mézou (aujourd'hui Bellevue), se voyait un moulin à vent. 

Charles de Blois prit ses dispositions. Il plaça une partie de ses hommes au Placis-Vert, en Langoat, pour se garder de la rive gauche du Jaudy. Lui-même, avec le reste de son armée, campa entre la chapelle de Notre-Dame de Pitié et le moulin à vent (Paul de Courcy). 

En prévision d'une sortie de la garnison anglaise de La Roche, les soldats campés en Langoat construisirent les fortifications du Château-Noir dont la majeure partie existe encore et le fort de Coat-ar-Fô, rasé en 1834 (B. Jollivet). 

L'armée du comte de Blois comprenait presque tous les grands seigneurs du parti : le sire de Laval et son fils, le vicomte de Rohan, Raoul de Montfort, les seigneurs de Rougé, de Derval, de Châteaubriand, le sire de Quintin et son fils Guillaume, Geoffroy Tournemine, Thibaut de Bois-Bouexel, les sires de Beauma­noir, maréchal de Bretagne, de Raix, de Rieux, de Machecoul, de Rostrenen, de Lohéac, de la Jaille, de la Roche, Robert Arrel, etc., etc. (B. Jollivet et P. Fr. Guyot-Desfontaines). 

Les dispositions prises, Raoul de Montfort « fit agir ses machines qui étaient si fortes, dit Ogée, qu'elles jetaient dans la ville des pierres de 3 et 400 livres » (Note : B. Jollivet, Les Côtes-du-Nord. Le même auteur écrit que l'une de ces pierres « tomba par hasard sur la maison du commandant de la place, dont la femme venait d'accoucher. Cette dame fut tellement épouvantée qu'elle supplia son mari de capituler »). La garnison et la population épouvantées proposèrent de se rendre, mais Charles de Blois refusa de négocier, se croyant certain de vaincre les secours qui pourraient venir aux assiégés (B. Jollivet). 

Cependant Thomas d'Ageworte, Tanguy du Châtel et Jean Hartwel, instruits des tentatives contre La Roche-Derrien, quittèrent Carhaix à la tête de 8.000 hommes à pied et 1.000 hommes d'armes (Pol de Courcy, Rennes à Brest et Saint-Malo) « dont quatre cens étoient chevaliers et vingt-trois bannerets » (P. Fr. Guyot-Desfontaines, Histoire des ducs de Bretagne). 

Le 18 juin 1347, d'Ageworte fit son oraison à l'abbaye de Bégard — 16 kilomètres de La Roche — se remit en marche et passa le Jaudy au pont Aziou sous Trézélan (Pol de Courcy, de Rennes à Brest et Saint-Malo). Un espion l'ayant informé de la disposition exacte des troupes ennemies, il abandonna les sentiers suivie jusque alors et prit la grand'route qui passait à proximité des fourches patibulaires (Note : Guyot-Desfontaines, Histoire des ducs de Bretagne. La pièce de terre où s'élevaient ces fourches s'appelle encore Parc-ar-Justiso et la côte qui y conduit, Kra ar Justiso) et aboutissait au quartier de Charles. 

La nuit était venue, très noire. L'armée anglaise approcha sans avoir éveillé l'attention des chevaliers de garde dont étaient les sires de Derval, de Beaumanoir et Robert Arrel (B. Jollivet, Les Côtes-du-Nord). Vers minuit seulement les valets perçoivent le bruit des pas et préviennent le guet qui attaque l'avant-garde avec succès et fait prisonnier d'Ageworte. Quelque temps après le capitaine anglais est délivré par ses soldats. 

Mais l'alarme est donnée. Les troupes de Charles sont sur pied. Le comte, secondé par Rohan, Laval et quelques autres seigneurs (P. Fr. Guyot-Desfontaines, Histoire des ducs de Bretagne), combat à la lueur des flambeaux. Il fait prisonnier d'Ageworte, le confie à une garde et rentre dans la mêlée. Il est pris et délivré trois fois. 

D'Ageworte est prisonnier, les Anglais reculent. Le commandant de La Roche-Derrien, averti, fait une sortie à la tête de 500 hommes armés de haches et délivre d'Ageworte (Histoire de Bretagne)

Alors l'armée de Charles se débande. Lui-même, prie entre deux feux et ne pouvant compter sur les troupes du Placis-Vert, se retire vers la colline du Mézeaux. 

Adossé au moulin, il combat désespérément. Mais la fatigue et la faiblesse — il perd le sang par dix-huit blessures — l'ont vite abattu. 

Les Anglais le font prisonnier et le couchent sur un lit de plumes (Histoire de Bretagne) sitôt qu'il a remis son épée à Robert du Châtel, chevalier breton. 

L'armée anglaise entra dans La Roche-Derrien avec ses prisonniers dont le comte de Blois, le sire de Beaumanoir et le fils aîné du sire de Laval (P. Fr. Guyot-Desfontaines, Histoire des ducs de Bretagne).

Note : " C'est également à Bernard du Châtel que, d'après les Grandes Chroniques, Charles de Blois se serait rendu. Parmi les chevaliers bretons attachés à la cause de Montfort, nous n'avons trouvé aucun personnage de ce nom. Tanneguy du Châtel, au contraire, ne cessa de combattre dans les rangs anglais pendant toute cette guerre ; il était certainement en Bretagne à ce moment et prit, d'après Froissart, une part importante à la bataille. C'est donc plus vraisemblablement de lui qu'il s'agit ici. Edouard III récompensa dignement le service que la victoire de la Roche-Derrien rendait à sa cause. Outre les 4.900 l. st. données à cette occasion à Thomas de Dagworth, on trouve, dans les comptes de l'Echiquier, à la date du 6 novembre 1348, trace d'un don également important fait à un écuyer de Flandre qui aurait pris le comte de Blois : « Kolkino de Lovayn, scutifero, in denariis sibi liberatis de dono Régis, tam pro bono servicio per ipsum eidem domino Regi impenso quam pro captione Karoli de Bloys, quem nuper cepit de guerra in obsequio domini Regis in partibus Brytannie, MCLXVI l. XIII s. IIII d. » (Rec. off., Issue Rolls, 23 Edw. III Michaelmas, m. 11). — Un autre paiement lui fut fait le 7 septembre 1351 pour le même objet : « Nicholao Loveyn, militi, in partem solutionis, MLXVI l. XIII s. IIII d., infra quamdam summam de IIIm L marcz quas dominus Rex ei concessit pro captione Karoli de Bloys, LXVI l. XIII s. IIII d. » (Rec. off., ibid., 25 Edw. III, Easter, m. 27). — Le 17 mai de la même année, nous trouvons la mention d'un autre combattant de la Roche-Derrien, qui semble devoir partager avec le précédent l'honneur d'avoir contribué à la prise de Charles de Blois : « Johanni de Isplyngrode, in denariis sibi liberatis in partem solutionis M l. quas dominus Rex sibi liberari mandavit de dono suo pro efficaci labore quem dictus Johannes nuper circa captionem Karoli de Blois adversarii Regis in partibus Brytannie laudabiliter apposuit, c l. » (ibid., m. 6). — Enfin, un autre don, que nous trouvons dans les mêmes comptes à la date du 28 octobre 1350, est destiné à celui qui porta à Edouard III l'heureuse nouvelle : « Johanni de Merle, cui dominus Rex x l. annuatim concessit percipiendas pro bono servicio per ipsum eidem domino Regi impenso necnon pro felici rumore quem idem Johannes attulit domino Regi de captione Karoli de Bloys, per breve currens anno xxi°, X l. » (Ibid., 25 Edw. III Michaelmas, m. 7). " (voir les Chroniques de Richard Lescot, religieux de Saint-Denis, 1328-1344).

Cette nuit-là périrent nombre de vaillants chevaliers du parti de Charles : les sires de Laval, de Raix, de Rieux, de Machecoul, de Rostrenen, de Lohéac, de la Jaille, le vicomte de Rohan, Raoul de Montfort, les seigneurs de Rougé, de Derval et de Châteaubriand, le sire de Quintin et son fils Guillaume, Geoffroy Tournemine et Thibaud de Bois-Bouexel « avec plus de deux cents autres chevaliers et quatre mille hommes d'armes » (P. Fr. Guyot-Desfontaines, Histoire des ducs de Bretagne). 

Dès que le Comte de Blois fut suffisamment rétabli, les Anglais le conduisirent à Carhaix, puis à Quimperlé, à Vannes où il séjourna un an (P. Fr. Guyot-Desfontaines, Histoire des ducs de Bretagne), à Brest et enfin à Hennebont d'où ils le dirigèrent sur la Grande-Bretagne. 

Les hostilités continuèrent entre Jeanne de Penthièvre, comtesse de Blois et Jeanne de Flandre, comtesse de Monfort, les deux Jeannes. 

Les Anglais étaient détestés des habitants de La Roche et des populations voisines qu'ils tyrannisaient pour les punir d'avoir aidé Charles de Blois pendant le siège (Pol de Courcy, de Rennes à Brest et Saint-Malo). Ils n'épargnèrent que le nombre de paysans indispensables pour cultiver les terres (Pol de Courcy, de Rennes à Brest et Saint-Malo). Les nobles de Tréguier (Pol de Courcy, de Rennes à Brest et Saint-Malo) demandèrent secours à Philippe de Valois qui leur envoya quelques hommes et un corps génois sous le commandement de Pierre de Craon et d'Antoine Doria (Pol de Courcy et B. Jollivet). Ces troupes et tous les habitants en état de porter les armes marchèrent en août 1347 contre La Roche-Derrien. 

Pendant deux jours, sans répit, ils attaquèrent la ville. La garnison eut peur et proposa de se rendre « vie et bagues sauves » (B. Jollivet). Les Trécorrois, furieux, refusèrent de parlementer et donnèrent un dernier assaut. 

Pierre de Craon, craignant le retour de Thomas d'Ageworte (B. Jollivet), promit cinquante écus au premier qui entrerait dans la ville et plaça une bourse contenant cette somme au bout d'une pique. 

Stimulés par l'appât du gain les Génois déploient un grand courage. En un instant cinq d'entre eux « sapent la muraille et en font tomber cinquante pieds de largeur » (Histoire de Bretagne)

Les soldats s'élancent, la ville est prise et pillée. Deux cent cinquante Anglais se réfugient dans le château, les autres sont tous passés au fil de l'épée. 

Le château se défendit quelque temps ; mais, à la fin, les Anglais débordés capitulèrent. Ils eurent la vie sauve à la condition de se retirer à dix lieues de la Roche-Derrien. Sylvestre de la Feuillée fut désigné pour commander l'escorte qui devait les accompagner jusqu'à Quintin. 

La haine de l'Anglais était si forte que les paysans des environs de La Roche se réunirent et assommèrent une grande partie des vaincus. Ceux qui échappèrent furent assaillis à l'entrée de Quintin par les artisans dirigés par les bouchers. Malgré les courageux efforts de Sylvestre de la Feuillée et de l'escorte ils furent tous massacrés.

Ainsi furent délivrés des Anglais, en août 1347, la ville et le château de La Roche-Derrien [Note : A la suite de la reprise de La Roche-Derrien sur les Anglais la comtesse de Blois confia le commandement de la place à Antoine Doria (Voir B. Jollivet)].

LES ARREL ( LES SEIGNEURS DE KERMARQUER) LES KERGORLAY ET LA GUERRE DE SUCCESSION DE BRETAGNE

Grande verrière de l'église de La Roche Derrien.

Fin de la bataille, à Keravel, sur la voie romaine de La Roche à Guingamp.

Charles de Blois est couvert de blessures, et son armée est écrasée. De nombreux seigneurs bretons de haut rang restent parmi les victimes.

Il remet son épée au seigneur Du Châtel, chevalier breton du parti de Montfort.
 

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Ce combat est l’un des épisodes les plus célèbres de la guerre de Succession de Bretagne et donc de la guerre de Cent Ans. Il oppose les partisans de deux prétendants au trône ducal dans un duel rendu célèbre par les chroniqueurs français, qui en ont fait un modèle de l’esprit chevaleresque.

Une guerre pour un bel héritage : le duché de Bretagne

Dix ans avant ce combat, à la mort sans enfant du duc Jean III de Bretagne, une querelle pour lui succéder s’était déclarée entre sa nièce, Jeanne de Penthièvre, fille unique de son premier frère, Guy de Bretagne, seigneur de Penthièvre, et Jean de Bretagne, comte de Montfort-l’Amaury (près de Paris), second frère de Jean III.
Par l’arrêt de Conflans (7 septembre 1341), le roi de France choisit Jeanne car elle était l’épouse de son neveu, Charles de Blois. Jean de Montfort se rebella et reconnut comme roi de France le roi d’Angleterre, Édouard III.
Emprisonné par le roi de France, il réussit à s’enfuir mais mourut peu de temps après. Édouard III en profita pour se proclamer régent du duché au nom du fils de Jean de Montfort (qui n’avait que six ans). Il était alors le plus fort : ses armées avaient écrasé celles du roi de France à Crécy (1346) et celles de Charles de Blois à Cadoret (1345), et surtout à La Roche-Derrien (1347) où Charles avait été fait prisonnier. Tous étaient épuisés. Les batailles et la peste noire de 1349 avaient décimé les combattants. Les blésistes se replièrent dans les châteaux qu’ils tenaient surtout dans le nord de la Bretagne. Édouard III distribua à ses capitaines et à quelques nobles bretons montfortistes les châteaux qu’il tenait surtout au sud.

Un duel de garnisons

Le but des blésistes en 1351 est de prendre le château de Ploërmel, la clé du sud de la Bretagne, alors tenu par leurs ennemis. Le chef des blésistes, Jean de Beaumanoir, maréchal de Bretagne, réunit ses meilleurs hommes dans le château de Josselin, place forte essentielle que lui a confié Marie de La Cerda, comtesse de Porhoët et d’Alençon, cousine de Charles de La Cerda, connétable de France, gendre de Jeanne de Penthièvre et favori du roi de France.
Comme l’heure n’est plus à la bataille rangée, il lance un défi au capitaine de Ploërmel, un certain Bembro, sans doute un Anglais, et lui propose de combattre dans un tournoi à l’imitation des chevaliers de la Table ronde.
Bembro accepte et fixe le nombre de combattants : trente dans chaque camp. Le jour et le lieu du combat sont arrêtés : ce sera le samedi avant le quatrième dimanche de Carême, soit le 26 mars 1351, près du chêne sur la lande de Mi-Voie, à égale distance des deux châteaux.

Le jour convenu, les soixante hommes d’armes (en fait plus, voir la liste) entendent la messe. Jean de Beaumanoir, dans un souci de piété, décide de jeûner. Les hommes arrivent à cheval, mais entrent à pied et en armure dans le champ clos délimité par des armes fichées en terre. Ils ne doivent pas en sortir sous peine de déshonneur.

Combat des Trente (1351). Gravure originale en taille-douce d’après Bellangé gravée par Levy, 1844 Source : http://www.infobretagne.com/images/combat-des-trente_1.jpg

Un combat mémorable

Le combat commence par une mêlée confuse à « corps à corps, mains à mains ». Dès le premier choc, les blésistes perdent trois hommes et plusieurs blessés. Un repos, pendant lequel les combattants se désaltèrent en buvant du vin d’Anjou, leur permet de se refaire des forces.
Dès la reprise du combat, Bembro transpercé par la lance d’Alain de Keranrais s’effondre, mort. Croquart, mercenaire allemand, le remplace pour commander les montfortistes. Il décide d’adopter la tactique du combat en ligne, chacun étant ainsi protégé sur ses flancs. La bataille se livre « à volonté », soit à mort. Trois blésistes sont tués, puis quatre montfortistes.
Beaumanoir blessé demande alors à boire, Geoffroy du Bois lui répond la phrase célèbre « Bois ton sang, Beaumanoir et la soif te passera ». Ragaillardi, Beaumanoir relance ses hommes mais Croquart met habilement les siens en hérisson. La réplique se fait par enveloppement, mais le mur d’acier résiste. Guillaume de Montauban prend alors un cheval (ce qui est permis) et se précipite sur le hérisson, renversant dix ennemis. Plusieurs sont tués. Les blésistes s’engouffrent dans la brèche et les montfortistes sont « déconfités ». Beaumanoir et ses hommes sont déclarés vainqueurs.

Au final on compte entre 15 et 26 morts : entre 10 et 17 du côté montfortiste et entre 5 et 9 du côté blésiste.

Un combat pour rien

Malgré cette victoire, suivie d’un siège de plusieurs mois, Ploërmel n’est pas prise par les blésistes. Rejoints par les troupes du roi de France, ils tentent de prendre l’avantage lors de la bataille de Mauron, où ils seront massacrés (14 août 1352). Une guérilla s’installe en Bretagne pendant plus de dix ans. Il faut attendre la bataille d’Auray, le 29 septembre 1364, et la défaite définitive des blésistes pour que Jean de Montfort devienne Jean IV, duc de Bretagne.
Ce combat, célébré par Jean Froissart et par Théodore de La Villemarqué, devient le symbole de l’héroïsme chevaleresque.

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Les PARTICIPANTS AU COMBAT DES TRENTE

à la Mi-voie de Ploërmel, 26mars 1351

Garnison de Ploërmel (montfortistes)

1. Robin Adès
2. Raoulet d’Apremont, écuyer, breton
3. Guillaume d’Ardaine ou Dardaine, écuyer, breton
4. Richard Bembro (Bemborough ; Brandebourg), anglais ou allemand, capitaine de
Ploërmel

5. Betonchamp ou Begurcamp
6. Bicquilly
7. Hugh Calveley, anglais, chevalier
8. Clamaban ou Cloméan
9. Perrot de Commelan, breton
10. Croquart, écuyer allemand
11. Nicolas Dagworth, anglais
12. Gaule (ou Gaultier) l’Allemand, allemand
13. Thomas Henefort (Thomas Billefort), anglais
14. Helecoq
15. (Renequin ?) Herouart, écuyer breton
16. Thomelin Houlnanton ou Houalton (Thomas Walton), anglais
17. Hulbure
18. Huellon le Contart (James d’Andele ?)
19. Isanay ou Issinnay
20. Richard de La Lande, dit le Fier
21. Guillemin ou Hamon Le Gaillart, breton ( ?)
22. Helichon o Harclou Le Musart, anglais
23. Jeannequin ou Renequin Mareschal
24. Robinet Melipart
25. Plesanton (John Plesington), anglais
26. Repefort
27. Ridele
28. Robert Knolles, anglais
29. Jannequin Taillart
30. Guillaume (ou Jean) Troussel, breton
31. Celuy de la Villeléon ( ?)

Garnison de Josselin (blésistes)

1. Olivier Arel, chevalier
2. Geoffroy de Beaucors, écuyer
3. Jean de Beaumanoir, chevalier
4. Caro (de) Bodegat, chevalier
5. Geoffroy du Bois ou du Bois-Outhant (Coatgourhant), chevalier
6. Even Charruel, chevalier
7. Guillaume de La Marche, chevalier
8. Geoffroy de La Roche ou de La Roche-Saint-André, chevalier

9. Guillaume de Montauban, chevalier
10. Robin Raguenel, chevalier
11. Guy de Rochefort, chevalier
12. Jean Rousselet, chevalier
13. Huon de Saint-Hugeon, chevalier
14. Hugues Catus, poitevin, écuyer
15. Olivier le Fontenay, écuyer
16. Louis Goyon, écuyer
17. Alain de Keranrais, écuyer
18. Olivier de Keranrais, écuyer
19. Guillaume de La Lande, écuyer
20. Geslin de Lanloup, écuyer
21. Geoffroy de Mellon, écuyer
22. Olivier de Monteville, écuyer
23. Maurice du Parc, écuyer
24. Tristan de Pestivien, écuyer
25. Guyon de Pontblanc
26. Geoffroy Poulart, écuyer
27. Simon Richart, écuyer
28. Jehannot de Serent, écuyer
29. Alain de Tinténiac, écuyer
30. Jean de Tinténiac, chevalier
31. Maurice de Tréziguidy, écuyer

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LA BATAILLE DE MAURON :

La bataille de Mauron se déroula le . C'est une bataille de la guerre de Succession de Bretagne, guerre régionale qui s'inscrit dans la rivalité franco-anglaise de la guerre de Cent Ans. Elle oppose une armée anglo-bretonne du parti de Jean IV de Montfort à une armée franco-bretonne soutenant Charles de Blois.

Depuis la mort de Jean de Montfort en 1345 et la capture par les Anglais de Charles de Blois à la bataille de La Roche-Derrien en 1347, les deux partis campent sur leurs positions. La paix est entrecoupée par quelques escarmouches comme le célèbre Combat des Trente en 1351.

En 1352, le roi de France Jean II le Bon relance les hostilités. À la tête d'une armée franco-bretonne le maréchal Guy II de Nesle est chargé de reprendre Ploërmel aux anglo-bretons.
À cet effet, Mauron est fortifiée par les Franco-Bretons, en point d’appui avec Josselin, pour préparer leur attaque contre Ploërmel.
Défense occidentale avancée de Rennes, la place-forte de Mauron contrôle à leur intersection les voies reliant les cités de Dinan, Vannes, Rennes et Carhaix. Cette position stratégique importante de la place est convoitée par le parti de Montfort qui envoie des troupes commandées par les bretons Tanguy du Châtel, Garnier de Cadoudal, Yves de Trésiguidy et l’anglais Gautier de Bentley.
Les deux armées se rencontrent au lieu-dit Brambily (actuellement commune de Saint-Léry) près du château de Mauron.

Forces en présence

Armée anglo-bretonne: 2 000 hommes commandés par l'anglais Gautier de Bentley et le breton Tanguy du Chastel composé en particulier d'archers qui forment les ailes de la défense.

Armée franco-bretonne: 5 000 hommes commandés par le français Guy II de Nesle et des bretons, héros rescapés du combat des Trente, Jehan de Beaumanoir et Alain de Tinténiac ainsi que Jean Ier de Rieux et Alain VII de Rohan installée dans la prairie descendant vers la Doëff ayant pour objectif de reprendre Mauron.

La bataille

Gautier de Bentley réussit à prendre la ville mais n’a pas le temps de s’emparer du château de Brambily1. Dans la nuit du 13 au , les forces anglaises contournent les positions françaises.
Persuadé de sa supériorité, le maréchal De Nesle, propose à Bentley un armistice afin de se rendre ou de retirer ses troupes de l’autre côté de la mer ce que le chef anglais refuse.
Il dispose ses troupes en haut d’une colline à environ 1,5 km des positions françaises les dominant d’environ une centaine de mètres.
Les terrains sur lesquels va se dérouler la bataille se présentent en forme de colline disposée en quadrilatère de 1 à 1,5 km de côté, descendant vers la rivière à l’ouest et au nord, et vers la forêt de Brocéliande à l’est et au sud. En haut de la colline, le capitaine anglais adopte un comportement dicté par la situation de l’ennemi en contrebas en installant ses archers, éléments dominant en point d’appui adossés à un bois bordé de fourrés, en dessous de la crête de la colline, pour leur permettre de tirer, à l’abri, vers le bas et éviter d’être pris à revers sur les arrières et sur les flancs. Fidèle aux leçons anglaises et à une tactique qui a réussi sur de nombreux champs de bataille, Bentley s’installe donc sur la défensive, le soleil dans le dos, faisant combattre à pieds tous ses hommes y compris les chevaliers. Les soldats sont vêtus de cottes blanches surmontées de la croix rouge de Saint Georges (patron des chevaliers anglais). Tanguy Du Chastel commande les nobles répartis au centre du dispositif. Bentley dispose sur les deux ailes ses 800 à 1 000 archers. Face aux Anglais, le Maréchal d’Offemont dispose en bas de la prairie ses hommes en trois « batailles » qui combattent à pied (vu le terrain):

Les archers anglo-bretons laissent les Franco-Bretons attaquer, se replient et s'abritent pour tirer des milliers de flèches qui font des ravages dans les troupes françaises qui montent à découvert, à l'assaut de la colline.
L'aile droite française commandée par Jean III de Beaumanoir, recule puis se débande devant le déluge de flèches.
Le centre anglo-breton peut alors descendre la colline en attaquant. Les fantassins anglais se font aider par les archers de l’aile gauche qui n’ont plus personne en face, l’aile droite française ayant été décimée.
La bataille fait rage.
Les hommes se battent au corps à corps, la mêlée est si confuse et si rude qu’elle rend, à un certain moment, inefficace l’intervention des archers anglais qui se battent en fantassin.
Toutefois l’aile gauche franco-bretonne des cavaliers Roch d’Hangest suppléée par Renaud de Trie seigneur de Mareuil, finit par renverser l’aile droite anglaise en tuant plus de 600 archers.
Le combat se recentre, chaque troupe ayant perdu une aile et les archers étant contraints de se battre en fantassin.
Bentley, malgré de graves blessures, et malgré la perte de ses 600 archers gallois, continue à organiser le combat, finit par repousser, en fin de journée, ses adversaires.
Les chevaliers français se battent jusqu’à épuisement. Beaucoup d’entre eux sont titulaires de l’Ordre de l'Étoile crée le 16 novembre 1351 par le nouveau Roi de France Jean II Le Bon mourront fidèle à leur serment de ne jamais reculer.

En fin d'après-midi, la bataille de Mauron se transforme en une cuisante défaite pour les troupes franco-bretonnes du Maréchal Guy de Nesle d’Offemont. Ce dernier entouré par l’élite de ses combattants, se bat courageusement mais après un combat désespéré au corps à corps, il se fait tuer par Tanguy du Chastel, l’un des lieutenants bretons du capitaine anglais. C'est alors la débandade dans le camp franco-breton, un sauve-qui-peut aveugle qui se termine en affreux carnage2. Selon les sources entre 50 et 140 chevaliers franco-bretons périrent avec le maréchal Guy II de Nesle et le héros du Combat des Trente Alain de Tinténiac.

Il faudra 2 jours pour retrouver le cadavre du Maréchal Guy de Nesle d’Offemont.

Comme à la Roche-Derrien et à Crécy puis plus tard à Poitiers, un nombre important de nobles Bretons et Français périssent, victime des archers anglais et gallois et surtout de leur serment de ne jamais reculer.

La bataille de Mauron est une victoire éclatante pour les anglo-montfortistes, à tel point que le parti blésiste ne mènera plus d’offensive majeure 11 années durant.

Bien que moins nombreux, les Anglo-Bretons remportent la bataille.
Le combat fut très violent et les pertes sévères de part et d'autre : 800 du côté franco-breton et 600 du côté anglo-breton.
Elles furent surtout graves pour l'aristocratie bretonne soutenant le parti de Charles de Blois.

Les lourdes pertes imposent aux deux partis le statu quo. La guerre ouverte ne reprendra que onze ans plus tard et se terminera en 1364 par la Bataille d'Auray.

LA BATAILLE D'AURAY :
LES ARREL ( LES SEIGNEURS DE KERMARQUER) LES KERGORLAY ET LA GUERRE DE SUCCESSION DE BRETAGNE

LES ARREL ( LES SEIGNEURS DE KERMARQUER) LES KERGORLAY ET LA GUERRE DE SUCCESSION DE BRETAGNE

La bataille d'Auray se déroula le , c'est la dernière bataille de la guerre de Succession de Bretagne, guerre régionale qui s'inscrit dans la rivalité franco-anglaise de la guerre de Cent Ans. Elle oppose une armée anglo-bretonne aux ordres de Jean III de Montfort à une force franco-bretonne soutenant le parti de Charles de Blois.

Au début de 1364, après l'échec des négociations d'Évran, le jeune Jean IV de Bretagne, fils de Jean de Montfort, vient attaquer Auray avec l'aide de l'Anglais John Chandos, aux mains des Franco-Bretons depuis 1342 car cette ville littorale est un enjeu stratégique (château fort construit sur un escarpement, dominant un port abrité et qui dispose d'un pont sur la route de Vannes). Il entre dans Auray et assiège le château que bloquent par mer les navires de Nicolas Bouchart en provenance du Croisic.

Les vivres venant à manquer, les assiégés acceptent de rendre la place, si les secours n'arrivent pas avant la Saint-Michel.

Le , tandis que Charles de Blois est à l'abbaye Notre-Dame de Lanvaux, Du Guesclin, qui commande l'avant-garde, se trouve à Brandivy. Le 28, du Guesclin vient s'installer sur la rive gauche du Loc'h, en vue du château. Pour éviter de se trouver entre le château et l'armée française, Jean IV évacue Auray et se place face à l'ennemi, sur le coteau de la rive droite.

Le 29, des tentatives d'accord ont lieu, sans succès et Charles de Blois ordonne l'attaque. Son armée passe la rivière et se range face au sud. Jean IV suit le mouvement et se range face au nord.

Armée franco-bretonne de Charles de Blois

À gauche le comte d'Auxerre, à droite du Guesclin, au centre Charles de Blois. Une faible réserve qui ne sera pas utilisée.

Armée anglo-bretonne de Jean IV de Bretagne

À droite Clisson, à gauche l'Anglais Robert Knolles, au centre Jean IV et l'Anglais Chandos. Une réserve importante prête à intervenir.

Une première courte escarmouche oppose les arbalétriers français et les archers anglais. Puis les hommes d'armes se précipitent sans chercher à manœuvrer.

Le combat est acharné, car tous veulent que cette bataille soit décisive et mette fin à cette guerre longue et cruelle. De plus la consigne a été donnée de part et d'autre de ne pas faire de quartier à celui des deux prétendants qui viendrait à tomber aux mains de ses ennemis.

Chaque corps anglo-breton est enfoncé, l'un après l'autre, mais les réserves rétablissent la situation. Par contre l'aile droite franco-bretonne plie et, n'étant pas soutenue par les réserves, se replie vers le centre. L'aile gauche plie à son tour et les troupes de Charles de Blois lâchent pied. Pierre de Boisboissel, chevalier banneret sous les ordres de son ami Du Guesclin, et membre du conseil de Charles de Blois, tombe à ses pieds et expire. Charles, renversé d'un coup de lance, est achevé par un soldat anglais obéissant à la consigne donnée. Du Guesclin, ayant brisé toutes ses armes, est obligé de se rendre à John Chandos.

Cette victoire met fin à la guerre de Succession de Bretagne et par le traité de Guérande, en 1365, le roi de France reconnaît Jean IV de Bretagne comme duc de Bretagne.

La tradition rapporte que le duc de Bretagne Jean IV attribua la victoire du parti des Montfort sur les Blois, lors de la guerre de succession du duché, au cours de la bataille d'Auray, à l'intercession de la Vierge Marie. Il fonda en 1368 le couvent dominicain de Rennes qui prit rapidement le nom de couvent de Bonne-Nouvelle, un tableau peint sur bois de la Vierge à l'Enfant devenant au cours du XVe siècle l'objet de la vénération des fidèles rennais.

Une légende dont certains l'attribuent à une prophétie de Merlin, voudrait qu'en 1341, Jean III le Bon, duc de Bretagne de l'époque, sauva une sorcière du lynchage. Celle-ci, pour le remercier, lui offrit un jeune lévrier nommé Yoland dont elle déclara qu'il ne serait jamais fidèle qu'au duc de Bretagne. C'est la même année que va s'éteindre Jean le Bon, dont l'héritage revient à Jeanne de Penthièvre, épouse de Charles de Blois depuis 1337; ce qui provoque la colère de Jean de Montfort, frère du défunt Jean III, et se considérant donc comme héritier légitime. C'est alors que va débuter la guerre de Succession de Bretagne. Au cours de celle-ci, Jean de Montfort tombe aux mains des adversaires français et meurt lors du second siège d'Hennebont. Sa femme, Jeanne de Flandre, continue alors à mener le combat et envoie leur fils, Jean IV, âgé de 5 ans, auprès d'Édouard III à Londres, afin de le protéger. Au bout de quelques années, Jean IV de Montfort, ayant épousé la fille d'Édouard III, vient continuer le combat face à Charles de Blois, jusqu'à la fameuse bataille d'Auray. Rappelons que Charles de Blois, duc de Bretagne, est donc maître du fidèle Yoland, toujours fringant vingt trois ans après la mort de Jean III. Les troupes de Charles de Blois sont alors à un jet de pierre de celles de Jean IV. Charles jette un regard à son lévrier fétiche, et Yoland lui rend son regard, d'un air mélancolique. Puis, tout à coup, l'animal se précipite vers les rangs ennemis. Les capitaines de Charles de Blois ne savent que faire. Est-ce un signal d'attaque? Le chien de la sorcière leur indique-t-il la victoire, ou au contraire la défaite? Dans le camp de Jean IV on est tout aussi perplexe. Le chien vient-il sauter à la gorge du meneur? Dans le camp des Bretons bretonnants, on se souvient également de la prophétie voulant que Yoland n'appartienne qu'au duc de Bretagne. Le lévrier s'approche alors de Jean IV, se dresse sur ses pattes arrière, et vient lécher la main du cavalier : Yoland vient de faire allégeance. Et le soir même, Charles de Blois, n'était plus duc de Bretagne, périt au combat, tandis que le traité de Guérande, signé l'année suivante, fera de Jean IV de Montfort le légitime duc de Bretagne, comme l'avait supposé l'intervention surnaturelle de Yoland. Après le combat, on retrouva le corps de l'animal inanimé, non pas qu'un soldat ait osé porter atteinte à cet être sacré, mais le lévrier ayant rempli sa mission, son cœur avait simplement cessé de battre.

Pierre de Boisboissel né vers 1320 à Saint-Brieuc et mort le à la bataille d'Auray est un noble breton.

Chevalier banneret, seigneur de Boisboissel, prévôt féodé de l'évêque de Saint-Brieuc, il est une personnalité de la première partie de la guerre de Cent Ans et de celle de la Succession de Bretagne.

L'origine de son nom vient du bois de Boissel situé dans la partie nord de la ville de Saint-Brieuc. Ce nom était celui de la seigneurie du fief Boisboissel, qui s'étendait du bois Boissel dans sa totalité jusqu'au cœur de la ville qu'elle coupait en deux. Elle englobait les paroisses de Saint Michel de Saint Brieuc, de Plérin, de Trégueux, de Ploufragan, ainsi qu'en la possession de temps immémorial de prééminences en l'église paroissiale de Trégomeur.

La famille de Boisboissel avait à l'origine une charge de prévôté d'où elle tira son nom originel : Le Prévost. Ce nom primitif fut par la suite remplacé par celui de la seigneurie qu'elle possédait. De Le Prévost, on passa à Le Prévost, seigneur du Boisboissel, et enfin à du ou de Boisboissel au début XIVe siècle. Les Boisboissel étaient quant à eux fortement liés aux Penthièvre (et féodés), se rangeant du côté Blois. L'évêque Yves de Boisboissel (1280-1348) avait été accompagné jusqu'à Rome par Guy de Penthièvre, frère du duc de Bretagne Jean III et père de Jeanne de Penthièvre, pour porter la cause de canonisation de saint Yves.

Pierre de Boisboissel est le fils de Chenin II de Boisboissel. Il voit le jour à Saint-Brieuc, probablement dans le manoir paternel. Il a un frère religieux, Chenin III de Boisboissel, et une sœur qui épousa N. de Mutelien du Rouvre, héritier de la seigneurie de Boisboissel à la mort de Pierre.

Pierre de Boisboissel est le plus illustre représentant de la famille. Il a laissé la trace d'un haut et puissant seigneur, mort au combat pour la cause du bienheureux Charles de Blois, après avoir légué des reliques de la Vraie Croix, du Saint Sang et de la Sainte Couronne à l'évêché de Saint-Brieuc.

Il participe aux côtés de son père qui y trouva la mort à la bataille de la Roche-Derrien le . Le combat aurait opposé 3 000 hommes de Charles de Blois à 2 000 Anglais et Bretons. Le parti de Charles de Blois compte 700 morts dont des représentants des plus grandes familles de l'aristocratie bretonne : Geoffroy IX de Châteaubriant, Payen IV de Malestroit, Guy X de Laval, Rohan, Guillaume Ier de Rougé, seigneur de Derval, son fils Jean Ier de Rougé, et le petit-fils Jean [II] de Rougé, Guillaume III de Rochefort, Raoul VII de Montfort, Geoffroi II Botherel de Quintin, Jean de Machecoul de Vieillevigne du ramage de Retz, Guillaume III de Rieux, Jean de Lohéac, Pierre V de Rostrenen, Boisboissel… Charles de Blois restera prisonnier des Anglais jusqu'en 1356. Pendant cette longue lutte, dans laquelle le roi de France soutient Blois, tandis que l'Angleterre appuie son rival, on voit briller plusieurs guerriers célèbres comme Bonabes IV de Rougé, Gautier de Mauni, Jean III de Beaumanoir, Olivier V de Clisson, Bertrand Du Guesclin, Guillaume Boitel, John Chandos, et Pierre de Boisboissel.

En 1349, la peste noire atteint la Bretagne. Boisboissel y échappe et commence à se signaler par sa bravoure dans les guerres que se livrent Charles de Blois et les comtes de Montfort, Jean II et son fils Jean III, pour l'héritage du duché de Bretagne. Soutenant Charles de Blois, époux de Jeanne de Penthièvre (vers 1324-1384), prétendante à la couronne ducale, c'est en guerroyant avec son ami Bertrand du Guesclin (vers 1320-1380) dit le « Dogue noir de Brocéliande », compagnon d'armes de son père et d'autres seigneurs bretons et ce pendant plusieurs années dans la forêt de Paimpont et ses alentours qu'ils deviennent ceux que les Anglais vont craindre. Il était l'ami de Bertrand du Guesclin qui avait toujours avec lui une troupe de braves formant une espèce de compagnie comptant jusqu'à 52 gentils-hommes.

Lorsque les deux hommes ne guerroyaient pas, Boisboissel invitait son ami en son manoir de Qui-Qu'en-Grogne qui reçut sa visite à plusieurs reprises.

Ayant été choisi pour voir Charles de Blois exilé en Angleterre, il fut désigné par lui au roi Edouard III d'Angleterre pour jouter à la célèbre passe d'armes des Dix en 1351.

Le , une ordonnance de Jean II le Bon (1319-1364), qui règne depuis le , augmente les soldes contre l'institution de revues (la montre) contrôlant les troupes. Chaque combattant doit faire partie d’une compagnie sous l’ordre d’un capitaine, le , la compagnie de Jean Ier de Rohan (1324-1396) est passée en revue par le roi Jean II le Bon, dans laquelle se trouve le chevalier Pierre de Boisboissel, qui reçoit 60 livres de gages par le roi.

En 1353, va renaître un différend familial entre Pierre de Boisboissel et Henri de Plédran, capitaines briochins tous les deux pourtant du parti de Blois. Leurs ancêtres, à la suite d'injures respectifs en 1311, se provoquent en duel. Il fallut l'intervention de Charles IV le Bel pour éviter le pire. La raison en était que Guy de Montfort (mort en 1357), évêque de Saint-Brieuc, nomma Henry de Plédran capitaine de la tour et manoir et forteresse de Saint-Brieuc. Vexé par cette nomination qui allait à contre-sens des fonctions traditionnelles familiales, Pierre de Boisboissel et ses partisans se rendirent maîtres des lieux. Plédran contre-attaqua et, pendant le combat, le feu prit à la tour ainsi qu'à l'église et au manoir épiscopal, Henry de Plédran pilla les biens des chanoines et maltraita les habitants, selon l'abbé Ruffelet, et il fut excommunié. Charles de Blois, dont les deux chevaliers tenaient le parti, vint régler le différend par une injonction écrite le .

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