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20 octobre 2022 4 20 /10 /octobre /2022 08:30

SAINT-MALO, la cité des corsaires où naquirent un grand nombre de personnages illustres...

Je vais, aujourd'hui, évoquer quelques personnages qui sont nos ancêtres ou nos cousins nés à Saint Malo ou dans la région malouine.

Le premier d'entr'eux sera François René de CHATEAUBRIAND fils cadetde René Auguste de Chateaubriand (1718 - 1786) et de Apolline de Bédée.

La convergence de nos généalogies se fait au niveau du couple :

Briant de Chateaubriant et Marie de Beaumanoir

 

GENEALOGIE : CES  BEAUX  MESSIEURS  ET  CES  BELLES  DAMES  DE  SAINT-MALO... NOS  COUSINS  ET  COUSINES.

François-René, vicomte de Chateaubriand, né le à Saint-Malo et mort le à Paris, est un écrivain, mémorialiste et homme politique français. Il est considéré comme l'un des précurseurs et pionniers du romantisme français et l'un des grands noms de la littérature française.

Issu de la noblesse bretonne, membre le plus célèbre de sa famille originaire de Saint-Malo, Chateaubriand s'inscrit politiquement dans la mouvance royaliste. Plusieurs fois ambassadeur auprès de souverains divers, il est nommé ministre des Affaires étrangères de 1822 à 1824 sous la Restauration et compte, sous le règne de Charles X, parmi les ultraroyalistes. Les nombreuses responsabilités politiques et diplomatiques qui jalonnent sa carrière ainsi que son goût pour le voyage, en Amérique puis dans le bassin méditerranéen, structurent une vie marquée par l'exil et la nostalgie de la stabilité.

Ses premières publications majeures, l'Essai sur les révolutions (1796) et le Génie du christianisme (1802), manifestent son engagement politique alors en faveur de la contre-révolution et en défense de la société d'Ancien Régime. Mais la question idéologique s'entremêle très rapidement à la promotion d'une esthétique originale qui remporte un grand succès populaire et littéraire : la description de la nature et l'analyse des sentiments du « Moi », qu'il met en œuvre dans les fictions Atala (1801) et René (1802). D'abord publiées comme illustrations des thèses du Génie puis rattachées au vaste cycle romanesque des Natchez (intégralement paru en 1826), elles sont un modèle pour la génération suivante des écrivains français. Sa propension au mystère, à l'amplitude, à l'emphase, à la grandeur mélancolique, sa tentative d'exprimer une souffrance indicible et sa soif d'exotisme, qu'il réaffirme dans le récit de son voyage en Méditerranée Itinéraire de Paris à Jérusalem (1811), lui ont valu d'être considéré a posteriori comme l'un des « préromantiques » les plus influents de sa génération. La sensibilité douloureuse de ce « vague des passions », illustré à travers le personnage de René, connaît une importante postérité dans le romantisme français : le « mal du siècle » de Musset ou le « spleen » de Baudelaire peuvent en être considérés, entre autres, comme de lointains avatars.

Néanmoins, l'œuvre monumentale de Chateaubriand réside dans les Mémoires d'outre-tombe, parus à titre posthume dès 1849, dont les premiers livres recréent son enfance et sa formation dans son milieu social de petite noblesse à Saint-Malo et à Combourg. Les livres suivants relèvent davantage du tableau historique des périodes dont il a été le témoin de 1789 à 1841. Ce texte, à la fois chef-d'œuvre autobiographique et témoignage historique de premier plan, manifeste une évolution de sa prose qui ne demeure pas moins influente sur la littérature française.

Le vicomte François-René de Chateaubriand est issu d'une famille noble ruinée de la Guérande à Hénanbihen et de Saint-Malo où la famille du Rocher du Quengo s'est établie au début du XVIIe siècle. Famille qui a retrouvé sa dignité d'antan grâce à la réussite commerciale du père de Chateaubriand, le comte René-Auguste de Chateaubriand (chevalier, comte de Combourg, seigneur de Gaugres, le Plessis l'Épine, Boulet, Malestroit en Dol et autres lieux) né le au manoir des Touches à Guitté (Côtes d'Armor). René Auguste de Chateaubriand et Apolline Jeanne Suzanne de Bédée, fille du seigneur de La Bouëtardaye et comte de Bédée, épousée en 1753 à Bourseul, eurent six enfants dont François-René. Cette réussite financière est fondée sur le commerce avec les colonies où il fut corsaire en temps de guerre, pêcheur de morue et négrier en temps de paix. Le jeune François-René doit d'abord vivre éloigné de ses parents, chez sa grand-mère maternelle Madame de Bédée, à Plancoët où il est placé en nourrice. Madame de Bédée l'amène souvent chez son oncle, au manoir de Monchoix. Il a trois ans lorsque son père, réussissant dans les affaires, peut acheter en 1761 le château de Combourg en Bretagne, où la famille Chateaubriand s'installe en 1777. François-René y passe une enfance qu'il décrira comme souvent morose auprès d'un père taciturne et d'une mère superstitieuse et maladive, mais gaie et cultivée.

Il fait successivement ses études aux collèges de Dol-de-Bretagne (1777 à 1781), de Rennes (1782) et de Dinan (1783).

GENEALOGIE : CES  BEAUX  MESSIEURS  ET  CES  BELLES  DAMES  DE  SAINT-MALO... NOS  COUSINS  ET  COUSINES.

Le tombeau de François René de Chateaubriand sur l'ilot du Grand Bé devant Saint-Malo.

GENEALOGIE : CES  BEAUX  MESSIEURS  ET  CES  BELLES  DAMES  DE  SAINT-MALO... NOS  COUSINS  ET  COUSINES.

Après de longues hésitations à propos de sa carrière, il obtient en 1786 un brevet de sous-lieutenant au régiment de Navarre à 17 ans, sous les ordres de son frère Jean-Baptiste (lequel le présentera à la Cour pour laquelle il ressent « un dégoût invincible »), puis est fait capitaine à 19 ans. Il vient à Paris en 1788, où il se lie avec Jean-François de La Harpe, et Louis de Fontanes qui sera son ami le plus cher et avec d'autres écrivains de l'époque. Nourri de Corneille et marqué par Rousseau, Chateaubriand fait ses débuts littéraires en écrivant des vers pour l’Almanach des Muses.

En , il participe aux États de Bretagne et, en de la même année, il assiste à la prise de la Bastille avec ses sœurs Julie et Lucile.

Fin , il se marie avec Céleste Buisson de la Vigne, descendante d'une famille d'armateurs de Saint-Malo, âgée de 17 ans. Ils n'auront pas de postérité. Le , accompagné de son frère, mais sans sa femme, il quitte la France pour Coblence. Il y rejoint l’armée des émigrés afin d'y combattre les armées de la République. Sa jeune femme Céleste, qui vit en Bretagne, délaissée par son mari qui ne lui donne pas de nouvelles, est arrêtée comme « femme d’émigré », emprisonnée à Rennes, où elle reste jusqu’au 9 thermidor (). François-René, blessé au siège de Thionville, se traîne jusqu'à Bruxelles, d'où il est transporté convalescent à Jersey. C'est la fin de sa carrière militaire.

Il va ensuite vivre à Londres, en 1793, dans un dénuement momentané, mais réel (il loge dans un grenier de Holborn) où il est réduit à donner des leçons de français et à faire des traductions pour les libraires. Il y publie en 1797 son premier ouvrage, l’Essai historique, politique et moral sur les révolutions anciennes et modernes, considérées dans leurs rapports avec la Révolution française, où il exprime des idées politiques et religieuses peu en harmonie avec celles qu’il professera plus tard, mais où se révèle déjà son talent d’écrivain. « Pour cet ouvrage il se nourrit de Rousseau, de Montesquieu, de Voltaire. » Cette œuvre passe inaperçue de la critique. Seul, Amable de Baudus s'en fait l'écho dans son journal, le Spectateur du Nord de .

En 1794, son frère Jean Baptiste, magistrat au Parlement de Paris, sa belle-sœur Aline Le Pelletier de Rosanbo (une petite-fille de Malesherbes, l'avocat de Louis XVI) et une partie de leur famille sont guillotinés à Paris. (Voir Combourg).

En 1798, sa mère et sa sœur Julie décèdent. Frappé par ces épreuves, François-René se tourne de nouveau vers la religion, et entreprend l'écriture du Génie du Christianisme. C'est, selon lui, une lettre de sa mère mourante qui le ramène à la religion. L'ouvrage est sur le point de paraître à Londres quand il décide de rentrer en France, en 1800.

De retour en France en 1800, il participe activement au Mercure de France avec Louis de Fontanes, puis le dirige pendant quelques années. C'est dans cette logique qu'il fait paraître, en 1801, Atala, création originale qui suscite une admiration controversée.

Il compose vers la même époque René, œuvre empreinte d'une mélancolie rêveuse, qui devient un modèle pour les futurs écrivains romantiques. Dans cette œuvre, il rapporte de manière à peine déguisée l'amour chaste, mais violent et passionné, qu'il a éprouvé pour sa sœur aînée Lucile, qui le surnommait « l'Enchanteur ». Sa femme Céleste vit alors avec Lucile dans leur château de Bretagne, mais elles ont cessé de parler de François-René, leur grand homme, qu'elles aiment toutes deux.

Il publie ensuite à Paris le le Génie du christianisme, en partie rédigé en Angleterre, et dont Atala et René, à l'origine, sont seulement des épisodes. Il s'est proposé d'y montrer que le christianisme, bien supérieur au paganisme par la pureté de sa morale, n'est pas moins favorable à l'art et à la poésie que les « fictions » de l'Antiquité. Il y célèbre la liberté, selon lui fille du christianisme, et non de la Révolution. Ce livre fait événement et donne le signal d'un retour du religieux après la Révolution.

Toujours sur la liste des émigrés dont il veut être radié, il plaide sa cause auprès d'Élisa Bonaparte, sœur du Premier Consul et dont Fontanes est l'amant. Elle intervient plusieurs fois auprès de son frère pour lui montrer le talent de l'écrivain, qui est rayé de cette liste le . Bonaparte le choisit en 1803 pour accompagner le cardinal Fesch à Rome comme premier secrétaire d'ambassade13. François-René reparaît alors au château, tout juste vingt-quatre heures, pour inviter sa femme Céleste à l'accompagner à Rome. Celle-ci, apprenant sa liaison avec la comtesse Pauline de Beaumont, refuse le ménage à trois21. Cet amour est pourtant proche de sa fin, puisque Pauline de Beaumont meurt à Rome, où il lui fait ériger un monument funéraire à l'église Saint-Louis des Français.

Multipliant les maladresses à Rome — il demande notamment au pape Pie VII d'abolir les lois organiques qui complètent le régime concordataire pour rétablir le culte catholique en France —, il exaspère l'ambassadeur Fesch qui obtient son départ au bout de six mois. Bonaparte le nomme le chargé d'affaires dans la République du Valais. Le , il apprend l'exécution du duc d'Enghien. Il donne immédiatement sa démission et passe dans l'opposition à l'Empire. Lors du sacre de l'empereur, il va chez son ami Joseph Joubert à Villeneuve-sur-Yonne où il écrit plusieurs chapitres des Martyrs et des passages des Mémoires d'outre-tombe.

De retour en France en 1800, il participe activement au Mercure de France avec Louis de Fontanes, puis le dirige pendant quelques années. C'est dans cette logique qu'il fait paraître, en 1801, Atala, création originale qui suscite une admiration controversée.

Il compose vers la même époque René, œuvre empreinte d'une mélancolie rêveuse, qui devient un modèle pour les futurs écrivains romantiques. Dans cette œuvre, il rapporte de manière à peine déguisée l'amour chaste, mais violent et passionné, qu'il a éprouvé pour sa sœur aînée Lucile, qui le surnommait « l'Enchanteur ». Sa femme Céleste vit alors avec Lucile dans leur château de Bretagne, mais elles ont cessé de parler de François-René, leur grand homme, qu'elles aiment toutes deux.

Il publie ensuite à Paris le le Génie du christianisme, en partie rédigé en Angleterre, et dont Atala et René, à l'origine, sont seulement des épisodes. Il s'est proposé d'y montrer que le christianisme, bien supérieur au paganisme par la pureté de sa morale, n'est pas moins favorable à l'art et à la poésie que les « fictions » de l'Antiquité. Il y célèbre la liberté, selon lui fille du christianisme, et non de la Révolution. Ce livre fait événement et donne le signal d'un retour du religieux après la Révolution.

Toujours sur la liste des émigrés dont il veut être radié, il plaide sa cause auprès d'Élisa Bonaparte, sœur du Premier Consul et dont Fontanes est l'amant. Elle intervient plusieurs fois auprès de son frère pour lui montrer le talent de l'écrivain, qui est rayé de cette liste le . Bonaparte le choisit en 1803 pour accompagner le cardinal Fesch à Rome comme premier secrétaire d'ambassade. François-René reparaît alors au château, tout juste vingt-quatre heures, pour inviter sa femme Céleste à l'accompagner à Rome. Celle-ci, apprenant sa liaison avec la comtesse Pauline de Beaumont, refuse le ménage à trois. Cet amour est pourtant proche de sa fin, puisque Pauline de Beaumont meurt à Rome, où il lui fait ériger un monument funéraire à l'église Saint-Louis des Français.

Multipliant les maladresses à Rome — il demande notamment au pape Pie VII d'abolir les lois organiques qui complètent le régime concordataire pour rétablir le culte catholique en France —, il exaspère l'ambassadeur Fesch qui obtient son départ au bout de six mois. Bonaparte le nomme le chargé d'affaires dans la République du Valais. Le , il apprend l'exécution du duc d'Enghien. Il donne immédiatement sa démission et passe dans l'opposition à l'Empire. Lors du sacre de l'empereur, il va chez son ami Joseph Joubert à Villeneuve-sur-Yonne où il écrit plusieurs chapitres des Martyrs et des passages des Mémoires d'outre-tombe.

Chateaubriand accueille avec transport le retour des Bourbons. Dès le , il publie contre l'empereur déchu un virulent pamphlet, De Buonaparte et des Bourbons, qui est diffusé à des milliers d'exemplaires et qui, comme il se plaît à le croire et le fait dire à Louis XVIII dans ses Mémoires, aurait autant servi le roi « que cent mille hommes ». Sa femme trouve à s'engager à ses côtés à Gand pendant les Cent-Jours, à Paris lors du retour des Bourbons. Avec un sens inattendu de la politique auquel elle mêle un bon sens naturel, Céleste devient la confidente de Chateaubriand et même son inspiratrice. Pendant toute la Restauration, elle joue auprès de lui un rôle de conseillère écoutée. Talleyrand, qui l'a dans le passé couvert et protégé, le nomme ambassadeur en Suède. Chateaubriand n'a pas encore quitté Paris quand Napoléon Ier revient en France en 1815. Il accompagne alors Louis XVIII à Gand, et devient un des membres de son cabinet. Il lui adresse le célèbre Rapport sur l'état de la France.

Après la défaite de l'Empereur, Chateaubriand vote la mort du maréchal Ney en à la Chambre des pairs. Il est nommé ministre d'État et pair de France. Mais ayant, dans La Monarchie selon la Charte, attaqué l'ordonnance du qui dissout la Chambre introuvable, il est disgracié et perd son poste de ministre d'État. Il se jette dès lors dans l'opposition ultraroyaliste, et devient l'un des principaux rédacteurs du Conservateur, le plus puissant organe de ce parti. D'après Pascal Melka, auteur de Victor Hugo, un combat pour les opprimés. Étude de son évolution politique, le Conservateur sera à l'origine du journal Le Conservateur Littéraire qui emploiera Victor Hugo.

Le meurtre du duc de Berry, en 1820, le rapproche de la Cour : il écrit à cette occasion des Mémoires sur la vie et la mort du duc.

En 1821, Il est nommé ministre de France à Berlin, puis ambassadeur à Londres (où son cuisinier, Montmireil, invente la cuisson de la pièce de bœuf qui porte son nom).

En 1822, il représente la France au congrès de Vérone. Le de la même année, il est nommé ministre des Affaires étrangères par Louis XVIII et reste à ce poste jusqu'au .

En 1823, il reçoit des mains de l'empereur Alexandre Ier de Russie l'ordre de Saint-André, et de Ferdinand VII le collier de l'ordre de la Toison d'Or (brevet no 919).

Cette même année, à 55 ans, il devient l'amant de Cordélia de Castellane qui en a 30, fille du banquier Louis Greffulhe, épouse du comte Boniface de Castellane futur maréchal de France, connue pour sa beauté et son esprit. Il la rencontre chez son ancien ami devenu son adversaire politique le comte Molé, qui est alors son amant, dans son domaine de Champlâtreux. Cette liaison s'achèvera l'année suivante. Les lettres à Mme de Castellane sont les seules lettres passionnées qui nous soient parvenues de Chateaubriand : « J'ai enfin saisi ce rêve de bonheur que j'ai tant poursuivi. C'est toi que j'ai adorée si longtemps sans te connaître... »

Il est l'un des plénipotentiaires au congrès de Vérone et fait décider l'expédition d'Espagne, malgré l'opposition apparente du Royaume-Uni (en réalité, ce dernier souhaitait une intervention). À son retour, il reçoit le portefeuille de ministre des Affaires étrangères. Il réussit l'aventure espagnole avec la prise de Cadix à la bataille du Trocadéro en 1823. Mais, n'ayant pu s'accorder avec Villèle, chef du gouvernement, il est brutalement congédié le . Il déclare à ce sujet :

«  Et pourtant qu’avais-je fait ? Où étaient mes intrigues et mon ambition ? Avais-je désiré la place de Monsieur de Villèle en allant seul et caché me promener au fond du Bois de Boulogne ? J’avais la simplicité de rester tel que le ciel m’avait fait, et, parce que je n’avais envie de rien, on crut que je voulais tout. Aujourd’hui, je conçois très bien que ma vie à part était une grande faute. Comment ! vous ne voulez rien être ! Allez-vous-en ! Nous ne voulons pas qu’un homme méprise ce que nous adorons, et qu’il se croie en droit d’insulter la médiocrité de notre vie. »

— Chateaubriand, Mémoires d'outre-tombe

De 1826 à 1828 il demeure à Paris.

Il rentre aussitôt dans l'opposition, mais pour s'unir cette fois au parti libéral, et combat à outrance le ministère Villèle, soit à la Chambre des pairs, soit dans le Journal des débats, où il donne le signal de la défection : il se montre alors le chevalier défenseur de la liberté de la presse et de l'indépendance de la Grèce, ce qui lui vaut une grande popularité.

À la chute de Villèle, il est nommé ambassadeur à Rome (1828), où Céleste l'accompagne cette fois et où elle tient son rang d'ambassadrice avec brio, mais il donne sa démission à l'avènement du ministère Polignac, ce qui signe son déclin politique.

Une série d'assiettes en porcelaine de Sèvres ornées d'un décor floral peint par Jacob-Ber (ou Sisson) dont il disposa dans cette fonction est conservée à la Banque de France (reproduction couleur dans Trésors de la Banque de France - Histoire et richesses de l'hôtel de Toulouse , 1993, p. 102 et 103)

Chateaubriand vit un dernier amour en 1828-1829 avec Léontine de Villeneuve, comtesse de Castelbajac : la jeune femme de 26 ans lui écrit d'abord des lettres enflammées, et ils se rencontrent uniquement en dans la station thermale de Cauterets dans les Hautes-Pyrénées. Cette rencontre, platonique ou non, Chateaubriand l'évoque dans un chapitre des Mémoires d'outre-tombe avec l'expression « la jeune amie de mes vieux ans ». Cet amour romantique a inspiré le film de Jean Périssé sorti en 2008 L'Occitanienne ou le Dernier Amour de Chateaubriand.

« Chateaubriand aurait pu être un grand ministre. Je l'explique non point seulement par son intelligence aiguë, mais par son sens et sa connaissance de l'histoire, et par son souci de la grandeur nationale. J'observe également combien il est rare qu'un grand artiste possède des dons politiques à ce degré. »

Charles de Gaulle cité par Philippe de Saint Robert (op. cit., p. 28 et 29).

De plus en plus opposé aux partis conservateurs, désabusé sur l'avenir de la monarchie, il se retire des affaires, après la Révolution de 1830, quittant même la Chambre des Pairs. Il ne signale plus son existence politique que par des critiques acerbes contre le nouveau gouvernement (De la Restauration et de la Monarchie élective, 1831), par des voyages auprès de la famille déchue, et par la publication d'un Mémoire sur la captivité de la duchesse de Berry (1833), mémoire pour lequel il est poursuivi, mais acquitté. Il publie également en 1831 des Études historiques (4 vol. in-8º), résumé d'histoire universelle où il veut montrer le christianisme réformant la société. Cet ouvrage aurait dû être le frontispice d'une Histoire de France, méditée depuis longtemps mais abandonnée. À la fin de 1831 il prend le temps d'honorer la Révolte des canuts toute récente, disant que cette révolte ouvrière annonce un temps nouveau.

Ses dernières années se passent dans une profonde retraite, en compagnie de son épouse. Il ne quitte guère sa demeure, un appartement au rez-de-chaussée de l'hôtel des Missions-Étrangères, au no 120 rue du Bac à Paris, que pour aller à l'abbaye-aux-Bois toute proche, chez Juliette Récamier, dont il est l'ami constant et dont le salon réunit l'élite du monde littéraire.

Il reçoit de son côté de nombreuses visites, tant de la jeunesse romantique que de la jeunesse libérale, et se consacre à l'achèvement de ses mémoires commencés en 1811.

Ce vaste projet autobiographique, ces Mémoires d'outre-tombe, ne devra paraître, selon le vœu de l'auteur, que cinquante ans après sa mort.

Il en sera finalement autrement puisque, pressé par ses problèmes financiers, Chateaubriand cède les droits d'exploitation de l'ouvrage à une « Société propriétaire des Mémoires d'outre-tombe », constituée le , qui exigera que l'œuvre soit publiée dès le décès de son auteur, et y pratiquera des coupes franches, afin de ne pas heurter le public, ce qui inspirera d'amers commentaires à Chateaubriand :

« La triste nécessité qui m'a toujours tenu le pied sur la gorge, m'a forcé de vendre mes Mémoires. Personne ne peut savoir ce que j'ai souffert d'avoir été obligé d'hypothéquer ma tombe [...] mon dessein était de les laisser à madame de Chateaubriand : elle les eût fait connaître à sa volonté, ou les aurait supprimés, ce que je désirerais plus que jamais aujourd'hui.
Ah ! si, avant de quitter la terre, j'avais pu trouver quelqu'un d'assez riche, d'assez confiant pour racheter les actions de la Société, et n'étant pas, comme cette Société, dans la nécessité de mettre l'ouvrage sous presse sitôt que tintera mon glas ! »

— Chateaubriand, Avant-Propos aux Mémoires d'outre-tombe, 1846

Son dernier ouvrage, une « commande » de son confesseur, sera la Vie de Rancé, une biographie d'Armand Jean Le Bouthillier de Rancé (1626-1700), abbé mondain, propriétaire du château de Véretz en Touraine, et réformateur rigoureux de la Trappe, qu'il publie en 1844. Dans cette biographie, Chateaubriand égratigne une autre personnalité de Véretz, son contemporain Paul-Louis Courier, le redoutable pamphlétaire qui avait critiqué mortellement le régime de la Restauration soutenu par le vicomte, et brocardé celui-ci dans plusieurs de ses écrits.

Le , Céleste meurt : « Je dois une tendre et éternelle reconnaissance à ma femme dont l'attachement a été aussi touchant que profond et sincère. Elle a rendu ma vie plus grave, plus noble, plus honorable, en m'inspirant toujours le respect, sinon toujours la force des devoirs. »

Victor Hugo rapporte que « M. de Chateaubriand, au commencement de 1847, était paralytique ; Mme Récamier était aveugle. Tous les jours, à trois heures, on portait M. de Chateaubriand près du lit de Mme Récamier. [...] La femme qui ne voyait plus cherchait l'homme qui ne sentait plus. »

L'ancien secrétaire de Chateaubriand, un certain Pilorge, confia à Victor Hugo que dans les derniers temps de sa vie Chateaubriand était presque tombé en enfance et n'avait plus que deux à trois heures de lucidité par jour.

Chateaubriand meurt à Paris le au 120 rue du Bac.

Ses restes sont transportés à Saint-Malo et déposés face à la mer, selon son vœu, sur le rocher du Grand Bé, un îlot dans la rade de sa ville natale, auquel on accède à pied depuis Saint-Malo lorsque la mer s'est retirée.

Chateaubriand , extraits choisis de Wikipédia.

GENEALOGIE : CES  BEAUX  MESSIEURS  ET  CES  BELLES  DAMES  DE  SAINT-MALO... NOS  COUSINS  ET  COUSINES.
GENEALOGIE : CES  BEAUX  MESSIEURS  ET  CES  BELLES  DAMES  DE  SAINT-MALO... NOS  COUSINS  ET  COUSINES.

Le château de Combourg en Ille et Vilaine où vécut Chateaubriand dans sa jeunesse (de 1777 à 1789).

Après la mort de leur père René Auguste de Chateaubriand en 1786, c'est son frère Jean Baptiste marié à Aline Le Peletier de Rosanbo qui hérita du domaine. Aline était une petite fille de Malesherbes.

Jean Baptiste, son épouse Aline et Malesherbes furent guillotinés le 22 avril 1794 et le domaine fut confisqué, pillé, brulé...

GENEALOGIE : CES  BEAUX  MESSIEURS  ET  CES  BELLES  DAMES  DE  SAINT-MALO... NOS  COUSINS  ET  COUSINES.
GENEALOGIE : CES  BEAUX  MESSIEURS  ET  CES  BELLES  DAMES  DE  SAINT-MALO... NOS  COUSINS  ET  COUSINES.

L'écrivain François-René de Chateaubriand parlait dans ses mémoires des fantômes qui hanteraient le château de Combourg.

Selon lui, les habitants du lieu laissaient entendre « qu'un certain comte de Combourg à jambe de bois mort depuis trois siècles revenait à certaines époques ». La pièce qui serait l'épicentre de ce phénomène paranormal est la "chambre rouge" (qui était la chambre à coucher où dormait René-Auguste de Chateaubriand, père de l'écrivain).

On raconte que l'un des seigneurs de Combourg, Malo-Auguste de Coëtquen (1679-1727) qui y serait mort dans son lit, aurait porté une jambe de bois après avoir perdu sa jambe droite à la bataille de Malplaquet (1709) et hanterait depuis les escaliers du château et serait parfois accompagné d'un chat noir dont on pourrait entendre les miaulements près de la « Tour du Chat » où Chateaubriand avait sa chambre.

Au cours de la restauration du château les ouvriers découvrirent le cadavre desséché d'un chat, emmuré derrière une poutre maîtresse datant du XVIe siècle. Cette découverte fut immédiatement reliée à "la légende du chat fantôme" ; il existait en effet au Moyen Age une tradition consistant à emmurer vivant un chat noir dans les fondations d'un bâtiment afin de conjurer le mauvais sort.

L'animal momifié est exposé sous vitrine dans la chambre occupée par Chateaubriand enfant.

GENEALOGIE : CES  BEAUX  MESSIEURS  ET  CES  BELLES  DAMES  DE  SAINT-MALO... NOS  COUSINS  ET  COUSINES.
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Portrait de Chrétien Guillaume de Lamoignon de Malesherbes en costume de Président de la Cour de l'Aides. (il avait succédé en 1751 à son père, le Chancelier Guillaume de Lamoignon)

Chrétien Guillaume de Lamoignon de Malesherbes succède à son père comme premier président de la Cour des aides, en 1750, sous le règne de Louis XV. Il est également nommé directeur de la Librairie, avec la responsabilité d'octroyer les autorisations d'imprimer. À ce poste, jusqu'en 1768, il protège les philosophes et soutient la publication de l'Encyclopédie. Mais quand le garde des sceaux Maupeou fait arrêter et exiler les parlementaires, il prend le parti de ceux-ci, ce qui lui vaut d'être disgrâcié et contraint de se retirer sur ses terres, à Pithiviers.

Malesherbes est rappelé par Louis XVI pour s'occuper de la Maison du roi et de la police du royaume dans le gouvernement de Maurepas et Turgot. Il tente en vain de restreindre la pratique des lettres de cachet (détentions arbitraires sur ordre du roi). Nommé en 1787 au Conseil d'En-haut (ou Conseil d'État), en charge de conseiller le roi, il fait adopter l'édit de tolérance du 29 janvier 1788, ou « Édit de Versailles », qui accorde l'état civil aux protestants et met fin à deux siècles de discriminations religieuses. Il convainc aussi le roi Louis XVI d'abolir la torture en 1788. Ses initiatives témoignent de l'évolution des esprits et des mentalités vers davantage d'humanité dès avant la Révolution.

Sous la Révolution, à 71 ans, Malesherbes demande courageusement à prendre la défense de Louis XVI, aux côtés des avocats Denis Tronchet et Raymond de Sèze. Cela lui vaudra d'être à son tour guillotiné. Le 22 avril 1794, traversant la cour de la Conciergerie pour monter dans la charrette qui doit le conduire à l'échafaud, il trébuche sur une pierre. « Oh, dit-il, voilà qui s'appelle un mauvais présage ; un Romain, à ma place, serait rentré ».

Voilà pour CHATEAUBRIAND... Reste à évoquer nos nouveaux cousins, suite à la récente découverte de la généalogie de François Morin époux de Jeanne Blanchet à Quessoy (22).

GENEALOGIE : CES  BEAUX  MESSIEURS  ET  CES  BELLES  DAMES  DE  SAINT-MALO... NOS  COUSINS  ET  COUSINES.

Dans cette généalogie, nous allons découvrir des personnages importants de la cité malouine comme les MAINGARD, les PICOT, les de PORCON, les des GRANGES et les BOULAIN...

GENEALOGIE : CES  BEAUX  MESSIEURS  ET  CES  BELLES  DAMES  DE  SAINT-MALO... NOS  COUSINS  ET  COUSINES.
GENEALOGIE : CES  BEAUX  MESSIEURS  ET  CES  BELLES  DAMES  DE  SAINT-MALO... NOS  COUSINS  ET  COUSINES.
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Généalogie descendante du couple Perrin Guyon des Granges - Denise Gosselin d'où (entre autres) :

Jacques des Granges marié à Françoise du Matz (vers 1460)

d'où :

    Guyon des Granges marié à Gillette Chatton vers 1517. De ce couple descendra  Julienne des Granges mariée à Guillaume Picot

GENEALOGIE : CES  BEAUX  MESSIEURS  ET  CES  BELLES  DAMES  DE  SAINT-MALO... NOS  COUSINS  ET  COUSINES.
GENEALOGIE : CES  BEAUX  MESSIEURS  ET  CES  BELLES  DAMES  DE  SAINT-MALO... NOS  COUSINS  ET  COUSINES.

Pour arriver à Marc Joseph Marion du Fresne (1724 - 1772) marié à Julie Bernadine Guilmaut de Beaulieu et fils de Julien Marion Seigneur du Fresne, armateur, corsaire et négociant et de Marie Séraphique Le Fer de La Lande, descendante des couples Guillaume Picot et Julienne des Granges.

GENEALOGIE : CES  BEAUX  MESSIEURS  ET  CES  BELLES  DAMES  DE  SAINT-MALO... NOS  COUSINS  ET  COUSINES.

Né à Saint-Malo et baptisé le 22 mai 1724, Marc Marion du Fresne était le dernier des huit enfants de Julien Marion, seigneur du Fresne, armateur, corsaire et négociant, et de sa femme Marie Séraphique, née Le Fer de la Lande. Embarquant pour la première fois en 1735, en tant qu’enseigne sur un navire de la Compagnie des Indes, c’est dix ans plus tard qu’il obtint à 21 ans son brevet de capitaine.

Participant, à bord de l’Invincible, à la guerre de Succession d’Autriche en 1747, il entra ensuite comme second capitaine à la Compagnie des Indes en 1750, nommé capitaine six ans plus tard et participant à la guerre de Sept Ans. Fait chevalier de Saint-Louis en 1761, il conduisit la même année le bâtiment qui transporta le père Alexandre Pingré à l’île Rodrigues, pour l’observation du passage de Vénus sur le disque du soleil.

Continuellement à la piste des moindres événements, espérant toujours qu’une occasion viendrait en aide à l’accomplissement de ses projets, Marc Marion du Fresne avait longtemps caressé l’espoir de mener une grande expédition. L’occasion se présenta enfin. Dans le cours de son voyage autour du monde, Bougainville avait pris à son bord, pour le conduire en France, un naturel de Tahiti, nommé Aoutourou et qui, après avoir demeuré onze mois à Paris et quoique s’accoutumant parfaitement à nos mœurs, désira cependant revoir les parages éloignés de sa patrie afin, sans doute, de raconter aux hommes de sa tribu les merveilles des nations civilisées. Pierre Poivre, intendant de l’île de France (île Maurice), fut chargé de cette tâche, et Aoutourou partit de la capitale, au mois de mars 1770, pour aller s’embarquer à La Rochelle, sur le navire le Brisson, chargé de le conduire à l’île de France. Une fois là, c’était sur un autre bâtiment qu’il devait achever sa traversée.

Se trouvant précisément sur cette île, Marc Marion du Fresne n’eut pas plus tôt eu connaissance de ce qui se passait, qu’il sollicita de Pierre Poivre et de l’administration coloniale la faveur de transporter l’Indien — à cette époque, on donnait le nom d’Indiens à tous les autochtones des différents pays — dans son île. Son désir était si profond qu’il offrit de supporter lui-même toutes les dépenses de la campagne, à la condition seulement qu’on joindrait une flûte de l’État au bâtiment qu’il commandait et dont il était propriétaire.

Sa proposition fut agréée et il appareilla le 18 octobre 1771. Il avait deux navires sous ses ordres, le Mascarin, qu’il montait avec son lieutenant Julien Crozet, et le Marquis de Castries, commandé par le capitaine Ambroise du Clesmeur. L’expédition toucha d’abord à l’île Bourbon (Réunion), puis à Madagascar le 6 novembre 1771 pour compléter leurs provisions, où l’infortuné Aoutourou mourut de la petite vérole. Mais, quoique par sa mort, le but principal du voyage n’existât plus, le capitaine Marion, zélé pour les progrès nautiques, et animé par l’espoir de faire des découvertes importantes dans l’océan austral, n’en crut pas moins devoir continuer sa campagne.

La Compagnie des Indes, depuis le voyage de Bouvet, avait toujours vivement désiré la découverte de ce continent méridional, dont on ne cessait de s’occuper ; elle imaginait par là s’ouvrir une nouvelle route pour un commerce lucratif. Marion, pour seconder ses vues, voulut donc commencer par la recherche de cette contrée, objet de tant de rêves et de fausses spéculations. On cingla vers le cap de Bonne-Espérance om l’on se ravitailla le 28 décembre 1771, après quoi l’on découvrit le 13 janvier 1772 par 46° de latitude astrale une terre trop embrumée pour savoir si elle était habitée, qui fut nommée Terre de l’Espérance. On découvrit également l’île de la Caverne.

C’est en raison de la brume que l’étrave du Mascarin aborda le Marquis de Castries, qui fut ainsi démâté de son beaupré et de son mât de misaine, avaries majeures qui déterminèrent Marion du Fresne à quitter ces parages pour aller au plus tôt chercher un lieu de relâche. Les 22 et 24 janvier 1772, il découvrit un archipel que Cook appellera quelques années après du nom de Crozet, ainsi que l’île de la Possession, et plus à l’est les îles Froides et l’île Aride. Atteignant la Terre de Van Diemen (aujourd’hui Tasmanie), il mouilla dans la baie Frédéric-Henri le 3 mars 1772, mais n’y trouvant pas le bois nécessaire à la réparation du Castries, il n’y séjourna pas longtemps et gagna la Nouvelle-Zélande, mouillant dans la baie des Îles le 4 mai 1772.

Le capitaine Crozet, dont le voyage fut rédigé par l’abbé Rochon, livre un récit des événements qui se déroulèrent à l’approche de la baie des Îles. « Lorsque-nous fûmes à deux lieues de distance du cap Bret, nous aperçûmes trois pirogues qui venaient à nous ; il ventait peu, et la mer était belle. Une des pirogues s’approcha de notre vaisseau ; elle contenait neuf hommes. On les engagea par signes à venir à bord ; on leur envoya diverses bagatelles pour les y déterminer. Ils y vinrent avec un peu de difficulté, et parurent, en entrant dans le vaisseau, n’être pas sans crainte. M. Marion les fit entrer dans la chambre du conseil, et leur offrit du pain. Il mangea le premier, et ils en mangèrent aussi. On leur présenta de la liqueur, ils en burent avec répugnance. On les engagea à se dépouiller de leurs pagnes et on leur fit présent de chemises et de caleçons, dont ils parurent se laisser habiller avec plaisir. On leur fit voir différents outils tels que haches, ciseaux et herminettes. Ils se montrèrent extrêmement empressés de les avoir et s’en servirent aussitôt pour nous faire voir qu’ils en connaissaient l’usage. On leur en fit présent ; ils s’en allèrent peu de temps après, très satisfaits de notre réception.

« Dès qu’ils furent un peu éloignés du vaisseau, nous les vîmes quitter leurs chemises et leurs caleçons, pour prendre leurs premiers vêtements et cacher ceux qu’ils avaient reçus de nous. Ils abordèrent ensuite les deux autres pirogues dont les sauvages n’avaient pas osé s’approcher du vaisseau : ils parurent les rassurer et les engager à venir aussi nous voir. Ils vinrent effectivement, et montèrent sur le vaisseau, sans témoigner ni crainte ni défiance, Il y avait parmi eux des femmes ; on leur donna du biscuit et quelques autres bagatelles.

« Le soir, le vent étant augmenté, les pirogues se retirèrent a terre. Cinq ou six de ces sauvages restèrent de leur bonne volonté à bord du vaisseau. On leur fit donner à boire et à manger ; ils soupèrent même avec nous et mangèrent de tous nos mets avec beaucoup d’appétit. Ils ne voulurent boire ni vin ni liqueur. Ils couchèrent dans le vaisseau. On leur arrangea des lits dans la grande chambre ; ils dormirent bien, sans marquer la moindre défiance. Cependant on les surveilla toute la nuit. Parmi ces sauvages était le nommé Takouri, un de leurs chefs dont on aura occasion de parier dans la suite, lequel témoignait beaucoup d’inquiétude toutes les fois que le vaisseau s’éloignait un peu de la côte pour courir des bordées en attendant le bateau que nous avions envoyé le matin à terre.

« Ce bateau revint vers les onze heures du soir. L’officier nous rapporta avoir trouvé une baie dans laquelle il y avait un village considérable et un enfoncement très étendu où il paraissait y avoir un beau port, des terres cultivées, des ruisseaux et des bois. Le 4 mai, nous mouillâmes entre des îles, et nous y restâmes à l’ancre jusqu’au 11 du dit mois, que nous mîmes de nouveau sous voiles pour entrer dans un port plus assuré ; c’est celui que M. Cook avait nomme baie des Îles.

« Le 12 mai, le temps étant fort beau, et les vaisseaux en sûreté, M. Marion envoya établir des tentes sur une île qui était dans l’enceinte du port, où il y avait de l’eau et du bois, et qui présentait une anse très abordable vis-à-vis des vaisseaux ; il y établit un corps de garde, et y fit transporter les malades. Les naturels nomment cette île Motou-Aro.

« À peine fûmes-nous mouillés, qu’il nous vint à bord une quantité de pirogues, qui nous apportèrent du poisson, et nous témoignèrent l’avoir péché exprès pour nous. Nous ne savions quel langage parler à ces sauvages. J’imaginai par hasard de prendre le vocabulaire de l’île de Tahiti, que nous avait remis l’intendant de l’île de France. Je lus quelques mots de ce vocabulaire, et je vis avec la plus grande surprise que les sauvages m’entendaient parfaitement. Je reconnus bientôt que la langue du pays où nous étions était absolument la même que celle de l’île de Tahiti, éloignée de plus de six cents lieues de la Nouvelle-Zélande. À l’approche de la nuit, les pirogues se retirèrent, et nous laissèrent à bord huit ou dix sauvages, qui passèrent la nuit avec nous, comme si nous étions leurs camarades et que nous fussions connus d’eux de tout temps.

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« Le lendemain, le temps étant très beau, il nous vint beaucoup de pirogues remplies de sauvages, qui nous amenaient leurs enfants et leurs filles ; ils vinrent sans armes et avec la plus grande confiance. En arrivant dans le vaisseau, ils commençaient par crier taro ; c’est le nom qu’ils donnent au biscuit de mer. On leur en donnait à tous de petits morceaux, et avec une certaine économie ; car ils étaient grands mangeurs, et en si grand nombre, que, si on leur en eût donné suivant leur appétit, ils eussent bientôt achevé nos provisions. Ils nous apportaient du poisson en très grande quantité, et nous le donnaient en troc de quelques verroteries et de morceaux de fer.

« Dans ces premiers jours, ils se contentaient de vieux clous de deux à trois pouces ; par la suite, ils devinrent plus difficiles, et demandaient, en échange de leurs poissons, des clous de quatre ou cinq pouces : leur objet, en demandant ces clous, était d’en faire de petits ciseaux pour travailler le bois. Dès qu’ils avaient obtenu un petit morceau de fer, ils allaient aussitôt le porter à quelque matelot, et l’engageaient par signes à le leur aiguiser sur la meule ; ils avaient toujours soin de ménager quelques poissons pour payer à ce matelot le service qu’il leur rendait.

« Les deux vaisseaux étaient pleins de ces sauvages ; ils avaient un air fort doux et même caressant. Peu à peu, ils connurent tous les officiers des vaisseaux, et les appelaient par leurs noms. Nous faisions entrer dans la chambre du conseil seulement les chefs, les femmes et les filles. Les femmes étaient distinguées par des plumes d’aigrette, ou d’autres oiseaux aquatiques, plantées dans leurs cheveux, au sommet de la tête.

« Les femmes mariées se reconnaissaient à une espèce de tresse de jonc qui leur liait les cheveux au sommet de la tête. Les filles n’avaient point cette marque distinctive ; leurs cheveux tombaient naturellement sur le cou, sans aucune tresse pour les attacher. C’étaient les sauvages eux-mêmes qui nous avaient fait connaître cette distinction en nous faisant entendre par signes qu’il ne fallait pas toucher aux femmes mariées, mais que nous pouvions en toute liberté nous adresser aux filles. Il n’était pas possible, en effet, d’en trouver de plus faciles.

« Dès que nous eûmes connaissance de ces distinctions, on en fit passer l’avis dans les deux vaisseaux, afin que chacun fût circonspect à t’égard des femmes mariées, pour conserver la bonne intelligence avec des sauvages qui nous paraissaient si aimables, et ne pas les indisposer contre nous. La facilité d’avoir des filles fit que nous n’eûmes jamais le moindre reproche de la part des sauvages, au sujet de leurs femmes, pendant tout le temps que nous vécûmes avec ces peuples.

« Lorsque nous eûmes bien fait connaissance avec eux, ils nous invitèrent à descendre à terre, et à venir les visiter dans leurs villages. Nous nous rendîmes à leur invitation. Je m’embarquai, avec M. Marion, dans notre chaloupe bien armée, avec un détachement de soldats. Nous parcourûmes d’abord une partie de la baie, où nous comptâmes vingt villages, composés d’un nombre suffisant de maisons pour loger quatre cents personnes. Les plus petits pouvaient en contenir deux cents.

« Nous abordâmes à plusieurs de ces villages. Dès que nous mettions pied à terre, les sauvages venaient au-devant de nous sans armes, avec leurs femmes et leurs enfants. Nous nous fîmes des amitiés réciproques ; nous leur offrîmes de petits présents, auxquels ils parurent très sensibles. Des chefs de quelques-uns de ces villages nous firent des instances très pressantes pour nous engager à monter avec eux. Nous les suivîmes.

« Peu de jours après notre arrivée dans la baie des Îles, M. Marion fit diverses courses le long des côtes, et même dans l’intérieur du pays, pour chercher des arbres propres à faire des mâts pour le vaisseau le Castries. Les sauvages l’accompagnaient partout. Le 23 mai, M. Marion trouva une forêt de cèdres magnifiques, à deux lieues dans l’intérieur des terres, et à portée d’une baie éloignée d’environ une lieue et demie de nos vaisseaux. Là on forma un établissement dans lequel furent placés les deux tiers des équipages, avec les haches, les outils, et tous les appareils nécessaires pour abattre les arbres et faire les mâts, et pour aplanir les chemins sur trois petites montagnes et un marais qu’il fallait traverser pour amener les mâts au bord de la mer.

 
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« Les Français avaient trois postes à terre : l’un sur l’île Motou-Aro, au milieu du port, où étaient les malades sous des tentes, notre forge où l’on forgeait les cercles de fer destinés à la nouvelle mâture du vaisseau le Castries, et toutes les futailles vides, avec les tonneliers pour faire leur eau. Ce poste était gardé par dix hommes, avec un officier et les chirurgiens destinés au service des malades. Un second poste était sur la grande terre, au bord de la mer, à une lieue et demie des vaisseaux ; il servait d’entrepôt et de point de communication avec le troisième poste, qui consistait en un atelier de charpentiers établi a deux lieues plus loin, dans le milieu des bois. Ces deux derniers postes étaient également commandés par des officiers ayant sous eux des hommes armés pour la garde des effets. »

Crozet explique qu’en dépit des témoignages d’affection et de bonté, « les Français se tinrent longtemps sur leurs gardes ; leurs bateaux n’allaient jamais à terre que bien armés, et on ne permettait pas aux indigènes d’aborder les vaisseaux avec leurs armes ; enfin, la confiance s’établit au point que Marion ordonna de désarmer les chaloupes et les canots lorsqu’ils iraient à terre. » Hostile à cette idée, Crozet voulait faire rétracter cet ordre, car il n’oubliait pas qu’un siècle plus tôt Tasman avait nommé baie des Meurtriers celle où il l’expédition de Marion du Fresne se trouvait actuellement.

En effet, en 1642, le Hollandais Tasman, qui reconnut le premier les côtes de la Nouvelle-Zélande, avait rencontré tout d’abord l’hostilité des naturelle de cette grande île. Il naviguait alors avec un autre bâtiment hollandais. Les deux navires furent l’objet de la surveillance des insulaires qui, dans leurs doubles pirogues, étudiaient de très près leurs mouvements avec de mauvaises intentions, comme on s’en aperçut vite : un canot monté par un quartier maître et six matelots, se détachant d’un des navires pour porter des ordres à l’autre, les pirogues des sauvages coururent dessus avec une telle impétuosité que, sous le choc, le canot hollandais se remplit d’eau et faillit chavirer.

Les insulaires attaquèrent aussitôt. « Le premier de ces traîtres, raconte Tasman dans son livre de bord, armé d’une pique grossièrement aiguisée, donna au quartier maître Cornélius Joppe un coup violent dans la gorge, qui le fit tomber dans la mer. Alors les autres naturels attaquèrent le reste de l’équipage du canot avec leurs pagaies et de courtes et épaisses massues. Dans cet engagement, trois de nos hommes furent tués, un quatrième blessé à mort. Le quartier maître et deux matelots se mirent à nager vers notre navire, et nous envoyâmes un canot qui ut les recueillir. »

Le navigateur hollandais, constatant l’impossibilité de se procurer de l’eau et des vivres chez les Maori qui avaient répondu par le meurtre aux avances amicales qu’on leur avait adressées de loin, fit appareiller ses navires. Quand on fut sous voiles, vingt-deux pirogues des insulaires partirent de terre et s’avancèrent vers les vaisseaux, avec le désir sans doute de ne pas laisser échapper une si belle proie. Mais on les tint à distance par quelque coups de canon chargé à mitraille.

Quelques années avant Marion du Fresne, l’explorateur Jean-François de Surville avait également atteint cette baie, lorsque le capitaine Cook y passa tandis qu’il côtoyait la Nouvelle-Zélande sans se douter de la présence du capitaine français. C’était en décembre 1769. Surville éprouva une tempête qui lui fit perdre ses ancres et dont il est fait mention dans le Journal de Cook, et son vaisseau courut de grands dangers. Mais cet habile marin savait, dans ces grandes circonstances, déployer, avec un sang-froid imperturbable, toutes les ressources de son art. Aussi avait-il la confiance de son équipage à tel point qu’il n’était pas intimidé à la vue des plus imminents dangers.

Au commencement de la tempête, la chaloupe où étaient les malades tenta inutilement de gagner le vaisseau. Elle ne put pas même revenir au village ; elle fut jetée dans une anse qu’on nomma, pour cette cause, anse du Refuge. Elle fut obligée d’y rester tout le temps de la durée du coup de vent ; Nagui-Nouï, chef de ce village, accueillit et reçut les malades dans sa maison. Il leur prodigua tous les rafraîchissements qu’il fut en son pouvoir de leur procurer, sans vouloir accepter aucun salaire de ses soins généreux.

Ce ne fut que le 29 décembre que la chaloupe put se rendre à bord ; la tempête avait fait perdre à Surville le canot qui était amarré derrière le vaisseau ; il le vit échoué sur le rivage de l’anse du Refuge. Ce célèbre marin l’envoya chercher ; mais les indigènes, plus alertes, s’en emparèrent, et le cachèrent si bien, que toutes les perquisitions furent inutiles ; on soupçonna qu’ils avaient coulé ce canot dans une petite rivière que l’on remonta et que l’on descendit à diverses reprises.

Surville, irrité de la perte de son canot, fit signe à quelques insulaires qui étaient auprès de leurs pirogues de s’approcher. Un d’entre eux accourut ; il fut arrêté et conduit à bord ; les autres, moins confiants, prirent la fuite. On poursuivit cette hostilité en s’emparant d’une pirogue, et en brûlant toutes celles qui étaient sur le rivage. On incendia tout te village ;et, après avoir ainsi porté l’effroi et la désolation dans ces contrées, Surville quitta la Nouvelle-Zélande.

L’expédition du capitaine Marion jouissait donc d’un accueil particulièrement favorable, malgré les deux épisodes que nous venons de narrer, et il y avait trente-trois jours que l’équipage séjournait dans la baie des Îles, lorsque, conte Crozet, « le 12 juin [1772], à deux heures de l’après midi le commandant Marion descendit à terre dans son canot armé de douze hommes, emmenant avec lui deux jeunes officiers, MM. de Vaudricourt et Lehoux, un volontaire et le capitaine d’armes du vaisseau. Le nommé Takouri, chef du plus grand village, un autre chef, et cinq ou six sauvages qui étaient sur le vaisseau, accompagnèrent M. Marion, dont le projet était d’aller manger des huîtres, et de donner un coup de filet au pied du village de Tahouri.

« Le soir, M. Marion ne vint point, comme à son ordinaire, coucher à bord du vaisseau. On ne vit revenir personne du canot, mais on n’en fut pas inquiet ; la confiance dans l’hospitalité des sauvages était si bien établie parmi nous, qu’on ne se défiait plus d’eux. On crut seulement que M. Marion et sa suite avaient couché à terre dans une de nos cabanes, pour être plus à portée le lendemain de voir les travaux de l’atelier, qui était à deux lieues dans l’intérieur du pays, occupé la mâture du vaisseau le Castries. Cette mâture était fort avancée, et une partie des matériaux se trouvait transportée déjà assez près du rivage. Les sauvages nous aidaient tous les jours à ces transports très-fatigants.

« Le lendemain 13 juin, à cinq heures du matin, le vaisseau le Castries envoya sa chaloupe faire de l’eau et du bois pour la consommation journalière, suivant l’usage établi entre les deux bâtiments, qui envoyaient ainsi alternativement tous les jours pour les provisions communes. À neuf heures, on aperçut à la mer un homme qui nageait vers les vaisseaux : on lui envoya aussitôt un bateau pour le secourir et l’amener à bord. Cet homme était un chaloupier, qui s’était seul sauvé du massacre de tous ses camarades, assommés par les sauvages. Il avait deux coups de tance dans le côté, et se trouvait fort maltraité.

Il raconta que, lorsque la chaloupe avait abordé la terre, sur les sept heures du matin, les sauvages s’étaient présentés au rivage, sans armes, avec leurs démonstrations ordinaires d’amitié ; qu’ils avaient, suivant leur coutume, porté sur leurs épaules, de la chaloupe au rivage, les matelots qui craignaient de se mouiller ; qu’ils s’étaient montrés enfin, comme à l’ordinaire, bons camarades ; mais que les matelots s’étant séparés les uns des autres pour ramasser chacun leur paquet de bois, alors les sauvages, armés de casse-tête, de massues et de lances, s’étaient jetés avec fureur, par troupes de huit ou dix, sur chaque matelot, et Ies avaient massacrés ; que lui, n’ayant affaire qu’à deux ou trois sauvages, s’était d’abord défendu, et avait reçu deux coups de lance mais que, voyant venir à lui d’autres sauvages, et se voyant plus près du bord de la mer, il s’était enfui et caché dans les broussailles, et que de là il avait vu tuer ses camarades ; que les sauvages, après les avoir tués, les avaient dépouillés, leur avaient ouvert le ventre, et commençaient à les hacher en morceaux, lorsqu’il avait pris le parti de gagner un des vaisseaux à la nage.

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« Après un rapport aussi affreux, poursuit Crozet, on ne douta plus que M. Marion et les seize hommes du canot, dont on n’avait aucune nouvelle, n’eussent éprouvé la même fin que les hommes de la chaloupe. Les officiers qui restaient à bord des deux vaisseaux s’assemblèrent pour aviser aux moyens de sauver les trois postes que nous avions à terre. On expédia aussitôt la chaloupe du Mascarin, bien armée, avec un officier et un détachement de soldats commandé par un sergent. L’officier avait ordre d’examiner le long de la côte s’il ne découvrirait pas le canot de M. Marion et la chaloupe ; mais il lui était surtout commandé d’avertir tous les postes, et d’aller d’abord au débarquement le plus voisin de l’atelier des mâts, pour porter promptement à ce poste, le premier et le plus important, l’avis de ce qui venait de se passer.

« L’officier découvrit, en passant, la chaloupe du Castries et le canot de M. Marion, échoués ensemble dans le village de Takouri, et entourés de sauvages armés de haches, sabres et fusils, qu’ils avaient pris dans les deux bateaux après avoir égorgé nos gens. L’officier, pour ne rien compromettre, ne s’arrêta point en cet endroit, où il aurait pu facilement dissiper les sauvages et reprendre les embarcations. Il craignait de ne pas arriver à temps au poste de la mâture. Il se conforma donc à l’ordre qu’il avait reçu d’y porter promptement secours, avec l’avis des événements tragiques de la veille et du matin.

« Je me trouvais heureusement au poste ; j’y avais passé la nuit, et, sans rien savoir du massacre de M. Marion, j’y avais fait bonne garde. J’étais sur une petite montagne, occupé à diriger le transport de nos mâts, lorsque, vers les deux heures de l’après-midi, je vis paraître un détachement marchant en bon ordre avec des fusils armés de baïonnettes, que je reconnus de loin, à leur éclat, pour n’être pas les armes ordinaires du vaisseau.

« Je compris aussitôt que ce détachement venait m’annoncer quelque événement fâcheux. Pour ne point effrayer nos gens, dès que le sergent, qui marchait à la tête, fut à la portée de ma voix, je lui criai d’arrêter, et je m’approchai pour apprendre seul ce dont il pourrait être question. Lorsque j’eus entendu ce rapport, je défendis au détachement de parler, et je me rendis avec lui au poste. Je fis aussitôt cesser les travaux, rassembler les outils et les armes ; je fis charger les fusils, et partager entre les matelots tout ce qu’ils pouvaient emporter. Je fis faire un trou dans une de nos baraques pour enterrer le reste ; je fis ensuite abattre la baraque, et donnai l’ordre d’y mettre le feu, pour cacher sous les cendres le peu d’outils et d’ustensiles que j’avais fait enterrer, faute de pouvoir les emporter.

En gardant le silence sur le massacre, le capitaine agissait avec prudence. Les hommes avaient besoin de tout leur sang-froid pour se défendre s’il en était besoin : Crozet se voyait entouré de tous côtés par les naturels, qui se rassemblaient par troupes sur les hauteurs environnantes. Enfin la petite troupe de soixante hommes, bien armés, se mit en marche, Crozet formant l’arrière-garde, et traversant de nombreux groupes de sauvages. Quelques chefs, en les voyant passer, leur criaient comme une menace du sort qui les attendait : Takouri maté Marion, Takouri a tué Marion.

Deux lieues se firent ainsi jusqu’au bord de la mer où les chaloupes attendaient ; les Maoris marchaient toujours sur les flancs de la colonne, de plus en plus hardis et menaçants, ne cessant de répéter que Marion avait été tué et mangé. Quelques marins, ayant fini par comprendre que leur commandant était tombé victime d’une trahison, voulaient combattre et tirer une vengeance immédiate, et ce ne fut qu’à grand’peine que Crozet parvint à les maintenir, sachant très bien que le premier coup de feu donnerait le signal d’un massacre général : jamais alors aucun des hommes des deux vaisseaux n’eût rapporté la nouvelle de la mort de ses compagnons. D’ailleurs, il fallait songer au troisième poste — celui des malades —, à mettre en sûreté.

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Cependant, comme les marins arrivaient à la chaloupe, les Maoris les serrèrent de plus près ; Crozet donna l’ordre aux matelots chargés d’outils de s’embarquer les premiers ; puis plantant un piquet à terre à dix pas de lui et s’adressant au chef, il lui dit : « Si un seul des tiens dépasse ce piquet, je le tue avec ma carabine. » Le chef répéta à ceux qui l’entouraient les paroles du capitaine, et aussitôt les insulaires s’assirent à terre. Mais quand le dernier homme eut embarqué, ils se levèrent d’un seul mouvement, en poussant leur cri de guerre, lancèrent des javelots et des pierres, et pour assouvir leur haine brûlèrent les cabanes qui étaient sur le rivage.

Dès que le capitaine Crozet arriva à bord du Mascarin, il expédia la chaloupe pour aller dégager le poste des malades. Ils furent heureusement ramenés sur les vaisseaux à onze heures de la nuit. Autour du poste, les naturels hurlaient et criaient ; mais ils n’osèrent rien entreprendre. Cependant le vaisseau le Castries n’avait ni beaupré, ni mât de misaine. On fit des mâts avec un assemblage de petites pièces de bois recueillies dans les deux vaisseaux. D’autre part, on manquait d’eau et de bois pour continuer le voyage. L’île Motou-Aro, placée au milieu de la baie, à portée des deux vaisseaux, offrait du bois à discrétion et de l’eau douce ; mais sur l’île il y avait un village qu’il fallait observer. En envoyant un détachement dans l’île Motou-Aro, le capitaine Crozet ordonna de faire feu au premier signe d’hostilité.

Heureux de pouvoir enfin venger la mort de leurs officiers et de tant de braves compagnons, les marins n’y manquèrent pas. Dès qu’ils se virent menacés, ils entamèrent une fusillade qui jeta bas six chefs et nombre d’insulaires. Les guerriers, dirigeant leur fuite vers leurs pirogues, furent poursuivis la baïonnette dans les reins ; plus de cinquante furent tués ou culbutés dans la mer. On enterra les autochtones tués dans le combat, en leur laissant à tous une main hors de terre, pour bien faire voir que les Français ne mangent point leurs ennemis.

Il fallait, pour appareiller, sept cents barriques d’eau et soixante-dix cordes de bois à feu, à partager entre les deux bâtiments, Pour les réunir, cela demanda un mois : tous les jours la chaloupe était envoyée dans l’île, les travailleurs escortés de marins armés. Avant de quitter la Nouvelle-Zélande, les officiers du Mascarin et du Castries envoyèrent en expédition un fort détachement afin d’avoir quelque renseignement sur le sort du capitaine Marion et de ses compagnons. L’officier qui commandait fit des perquisitions minutieuses, d’abord à l’endroit où l’on avait vu les deux chaloupes échouées, puis au village de Takouri, où l’on fouilla toutes les cases vides.

Les sauvages s’étaient retirés ; on vit de loin Takouri, portant sur ses épaules le manteau écarlate et bleu de l’infortuné Marion. Dans ce village abandonné, il ne restait que quelques vieux Maoris assis tranquillement devant leurs huttes. Dans la demeure de Takouri, on trouva le crâne d’un homme qui avait été cuit depuis peu de jours ; on y voyait encore quelques parties charnues, et même les marques des dents des cannibales ; on découvrit aussi un morceau de cuisse, passé à une broche de bois.

On réunit quelques pièces de vêtements et des armes provenant des marins massacrés, et une fois en possession de ces preuves, aucun doute ne pouvant plus d’ailleurs subsister sur le sort du commandant Marion du Fresne et des hommes de sa suite, on mit le feu à deux villages. Le 14 juillet 1772, les vaisseaux le Castries et le Mascarin, commandés par Du Clesmeur et Crozet, quittèrent enfin la Nouvelle-Zélande pour continuer leur voyage dans les mers du Sud.

L’année suivante, l’illustre Cook, qui dans un premier voyage avait dû tenir en respect les Néo-Zélandais en les menaçant de ses canons, revint encore reconnaître le littoral de la plus grande île de la Polynésie. Dans ce second voyage, un des canots du vaisseau l’Adventure, commandé par Furneaux, compagnon de Cook, fut enlevé par les Maoris, qui massacrèrent et mangèrent les marins qui le montaient.

Grandes dates d’une courte vie

1724 : naissance à Saint Malo de Marc-Joseph Marion du Fresne (qui sera orthographié, plus tard, Marion-Dufresne, ou Marion Dufresne)
1735 : âgé de 11 ans, Marc-Joseph effectue son premier embarquement sur “Le Duc de Bourbon”, navire de la Compagnie des Indes, voguant pour Pondichéry.
1725 : Marion du Fresne décroche son brevet de capitaine. Il commande alors le navire corsaire “La Catin” et capture un navire anglais dans la Caraïbe.
21 octobre 1746 : obtention du brevet de lieutenant de frégate dans la Royale après avoir réussi à exfiltrer Charles Edouard Stuart d’Ecosse.
1760 : entrée dans la Compagnie des Indes comme premier lieutenant.
1756 : devient capitaine au sein de la Compagnie des Indes
1761 : fait chevalier de Saint-Louis. Part pour l’île Rodrigues, puis aux Seychelles avant de s’établir à l’île Maurice (ex Isle de France).
1771 : dissolution de la Compagnie des Indes, Marion du Fresne reste à Maurice où Pierre Poivre, intendant de la colonie, le charge de ramener Aoutourou à Tahiti.
18 octobre 1771 : l’expédition de Marion du Fresne quitte Port-Louis à Maurice.
13 janvier 1772 : le navigateur découvre les îles Marion et Prince-Edouard par 46° de latitude sud.
24 janvier 1772 : découverte de l’archipel de Crozet.

GENEALOGIE : CES  BEAUX  MESSIEURS  ET  CES  BELLES  DAMES  DE  SAINT-MALO... NOS  COUSINS  ET  COUSINES.

Nous venons de retracer la vie de notre cousin Marc Joseph Marion du Fresne auquel nous sommes arrivés par le couple Guyon des Granges et Gillette Chatton.

Guyon des Granges était le fils de Jacques des Granges et Françoise du Matz.

Guyon, comme on le voit sur la généalogie ci-dessus a deux soeurs :

- Catherine des Granges qui épouse Jacques CARTIER.

- Colette des Granges qui épouse Alain MAINGARD bougeois de Saint Malo et sieur de la Ville ès chats, d'où :

       Jacques MAINGARD marié en 1517 à Gillette Eberard, c'est donc le neveu par alliance de Jacques Cartier...

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Jacques MAINGARD sera du second voyage de Jacques Cartier au Canada et il est le maître d'Equipage de l'Emerillon en 1535, le 3ème navire de l'expédition de Jacques Cartier avec la grande et la petite Hermine.

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Jacques Cartier est un navigateur, explorateur français et écrivain par ses récits de voyage. Né en 1491 à Saint-Malo, il y meurt le .

Mandaté par le roi de France François Ier, il aborde en 1534 le golfe du Saint-Laurent et explore le territoire alentour qu'il nomme Canada (de l'iroquoien kanata, village).

Auteur de cartes, Cartier, par ses Relations, est le premier Européen à décrire et nommer ces eaux, leurs rives et leurs habitants. Il effectue un second voyage en 1535-1536 et un troisième en 1541-1542.

Jacques Cartier est né dans l'une des trois anciennes communes qui forment actuellement Saint-Malo. C'est ainsi que Saint-Servan, Saint-Malo et Paramé se disputent l'honneur de l'avoir vu naître, mais le lieu exact de sa naissance ne peut donc être établi avec certitude. L'hypothèse d'une naissance intra-muros semble écartée actuellement ; certains arguments font pencher la balance du côté de Saint-Servan, d'autres du côté de Paramé. Le seul document indubitable que nous possédions sur Jacques Cartier est la publication des bans de son mariage avec Catherine des Granges (Granches), en .

Jacques Cartier aurait eu pour parrain un certain Guillaume MAINGARD.

Depuis la seconde moitié du XIXe siècle, les historiens considèrent Jacques Cartier comme le fils de Jamet Cartier et de Jesseline (ou Geseline) Jansart, bien qu'aucun document d'archive ne l'atteste. S'il est bien le fils de ces derniers, il aurait eu pour frères Lucas et un enfant non nommé, né en 1494, ainsi qu'une sœur ayant pour nom Berteline. Ce qui est certain, c'est qu'il a eu une sœur nommée Jehanne, puisqu'elle apparaît dans le testament du pilote et explorateur malouin daté du . Selon Frédéric Joüon des Longrais, il faudrait ajouter à la liste de la fratrie de l'explorateur le nom de Jehan puisque Cartier a été le parrain de deux de ses enfants.

Jacques Cartier épouse, au début d', Catherine, fille de Jacques des Granges, connétable de la ville de Saint-Malo, et de Françoise Du Mast : un mariage qui améliore grandement la condition sociale de l'époux, car la famille des Granges était une des plus considérables de la ville.

De cette union ne naîtra aucune descendance

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Sculptures de Jacques Cartier et de son épouse dans le centre ville de Saint-Malo.

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Jacques Cartier effectue son premier voyage officiel pour le roi de France François 1er en 1534. On ne connaît pas sa carrière de marin avant cette date. Il est possible qu'il soit allé pêcher la morue dans le nord de l'Atlantique comme de nombreux jeunes malouins de son époque. Il est possible aussi qu'il soit allé au Brésil auparavant, car il parlait très bien portugais et décrivait souvent les Indiens d'Amazonie dans ses lettres.

Présenté au Roi par l'Abbé du mont Saint-Michel, Cartier effectue trois voyages en Amérique entre 1534 et 1542. Le Roi lui demande de trouver une route vers l'Asie et de ramener des richesses en France.

Lors de son premier voyage, Cartier part avec 61 hommes et deux bateaux. Ils mettent vingt jours à traverser l'Atlantique. Ils arrivent au Canada et rencontrent les Indiens Micmac avec qui ils échangent des couteaux et des tissus contre des peaux d'animaux.

Quand Cartier arrive à Gaspé au Québec, au Canada, il descend de son bateau et plante une croix chrétienne dans le sol. Il déclare que dorénavant cette terre appartient au roi François 1er. Cartier rencontre les Indiens Iroquois et leur chef Donnacona. Jacques rentre à Saint-Malo avec deux princes amérindiens !

Cartier repart en Amérique en 1535. Il repart avec trois bateaux, la petite,  la grande Hermine et l'Emérillon et les deux princes indiens qui parlent maintenant français et qui vont pouvoir servir de guides. Cartier commence à dessiner les cartes du fleuve Saint-Laurent. Il construit un petit village de cabanes en bois, ce que les Iroquois appellent un « Canada ».

Il remonte le fleuve et traverse des villages iroquois où l'on cultive du tabac et une céréale inconnue : le maïs ! Il nomme une colline « Mont Royal », village qui deviendra la ville de Montréal.

Cartier retourne en France : il lui manque 25 marins, morts du scorbut, mais grâce aux indiens et à leur maîtrise des plantes il pourra sauver certain des hommes. Il repart avec Donnacona et neuf indiens. Il aura passé l'hiver au Canada.

En 1541, Cartier repart pour son troisième voyage. François 1er, qui est brouillé avec Charles Quint, lui demande de ramener de l'or et d'installer des Français au Canada. François 1er veut que le Canada devienne une terre de chrétiens. Donnacona et ses amis Indiens ne sont pas du voyage : ils restent en France où certains se sont mariés.

Jacques Cartier revint en France avec de l'or et des diamants. Après expertise, Cartier vit que les Indiens l'ont arnaqué : ses pierres sont en fait de simples pierres, du quartz et de la pyrite...

Jacques meurt à Saint-Malo en 1557 alors qu'une épidémie de peste ravage la ville.

C'est lui qui a cartographié les rives du fleuve Saint-Laurent et a permis à la France de conquérir le Canada et le Québec.

Plus de 460 ans après sa mort, on parle toujours français à Montréal.

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commentaires

C
C’est intéressant! Merci pour cet article:)
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