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7 décembre 2022 3 07 /12 /décembre /2022 16:25
GENEALOGIE  LE GAC - PECHEU:  LOUISE DE LA BERAUDIERE, UNE AUTRE FIGURE DE L'ESCADRON VOLANT DE CATHERINE DE MEDICIS...

Biographie sur Wikipédia au 17/01/2013

D'une grande beauté, Louise de La Béraudière séduisit le roi de Navarre Antoine de Bourbon dont elle devint la maîtresse. On prétend qu'elle fut encouragée par Catherine de Médicis qui espérait ainsi faire passer ses exigences auprès d'Antoine de Bourbon par son intermédiaire. C'est ainsi qu'Antoine délaissa peu à peu l'affection de Jeanne d'Albret, sa femme, et finit par se convertir à la religion catholique. Jean Calvin, affolé de cette conversion écrivit même :

« Il est tout à Vénus, […] la matrone, qui est expérimentée en cet art, a extrait de son harem ce qui pouvait attraper l'âme de notre homme en ses filets2. »

Louise donna à Antoine en 1554 un fils, Charles de Bourbon, qui entra dans les ordres et devint archevêque de Rouen en 1594, avant d'être délaissée par lui pour la maréchale de Saint-André.

Elle quitte la cour pour le château de Coulonges-les-Royaux, dans le Poitou, où elle donne naissance à un fils, Charles, et en 1564 à une fille, Claude, qui épouse le 27 mars 1587 François IV de La Rochefoucauld. Dans sa demeure poitevine, elle reçoit plusieurs personnalités importantes tels Catherine de Médicis, Marguerite de France, Michel de Montaigne et François Rabelais. Après la mort de son mari en 1565, elle est courtisée par Brantôme, qui lui adressera quelques vers passionnés : Je n'ai jamais, Rouet, souffert douleur pareille Et si ai de mon sang vu la terre vermeille De lance, arquebusade et épée en maints lieux, Crois donc que l'on n'éprouve en guerre plaie telle Que celle qui nous vient au cœur par les beaux yeux d'une chaste beauté humainement cruelle

Néanmoins, elle préfèrera accorder ses faveurs au célèbre Michel de Montaigne. La rumeur et la propagande protestante puritaine prétend que Louise de La Béraudière aurait servi à déniaiser Charles IX, mais l’historien Simonin rappelle que le retard sexuel de l'enfant roi rend impossible leur relation3. Plus sérieusement, elle aurait également été la maîtresse passagère du fougeux duc d'Anjou, au point d'en être enceinte4. Toute sa vie durant, Louise aura de nombreux soupirants, dont Claude de Clermont, vicomte de Tallard. Une nuit que Louise était las des mots d'amours répétitifs du vicomte, elle lui aurai déclamé :

« Si vous m'aimez tant et que vous soyez si courageux que vous dites, donner vous de votre dague dans votre bras pour l'amour de moi. »

Enfin, en 1580, elle rencontre Robert de Combault, seigneur d'Arcis-sur-Aube et maître d'hotel du roi, capitaine des garde de la reine, dont elle a deux filles: Claude et Louise. Mais après la mort de son fils lors d'un duel en 1586, elle disparait dans la solitude et le repentir. Louise de la Béraudière est l'unique fille de René de la Béraudière, seigneur de l'Isle Jourdain, et de son épouse Madeleine du Fou. Elle et son frère François ont été élevés dans le Périgord, pays cher à l'écrivain Brantome : ce dernier, dans ses « Dames galantes », parlera longuement de celle qu'on appellera à la Cour de Catherine de Médicis « la belle Rouet », de même qu'il parlera longuement de sa compatriote, « la belle Limeuil ». Toutes deux belles et blondes, toutes deux périgourdines et filles d'honneur de la reine, elles allaient faire parler d'elles en participant à « l'Escadron Volant » de Catherine de Médicis, si célèbre pour ses exploits amoureux.

Brantome (qui tombera amoureux à intervalles réguliers des filles d'honneur de la reine) décrit cet Escadron comme « une belle troupe de dames et damoiselles, créatures plutôt divines qu'humaines, qui brillaient aux entrées de Paris et d'autres villes, aux sacrées et superlatives noces des rois de France et de leurs sœurs, à l'entrevue de Bayonne et ailleurs, toutes plus belles les unes que les autres et ornées en de telles fêtes de livrées, toutes plus gentilles les unes que les autres. On les voyait reluire dans une salle de bal, au Palais ou au Louvre, comme étoiles en ciel en temps serein, et qu'il faisait beau les regarder aussi, quand la reine allait par pays, en sa litière étant grosse, ou qu'elle allât à cheval en l'assemblée ! Elles la suivaient à quarante ou cinquante, sur de blanches haquenées bien harnachées, merveilleuses sous leurs chapeaux garnis de plumes qui demandaient l'amour ou la guerre. Elles étaient religieuses de Vénus et de Diane, il fallait qu'elles eussent bien de la sagesse et bien de l'habileté pour se garder de l'enflure du ventre ! »Si Isabelle de la Tour d'Auvergne (Melle de Limeuil) est arrivée à la cour en tant que fille d'honneur de la reine grâce à sa parenté avec celle-ci, Louise de la Béraudière y parvint grâce à ses relations féminines. En effet sa mère, Madeleine du Fou, a été dans sa jeunesse amenée à la cour du roi François 1er pour devenir fille d'honneur de la seconde épouse de celui-ci, Eléonore d'Autriche, en 1532. La mère de Madeleine du Fou, Louise de Polignac, dame de Vigean, était alors dame d'honneur de la reine. Rien d'étonnant à ce que la petite-fille de Louise de Polignac arrive à la cour à l'âge de quatorze ans pour devenir une des filles d'honneur de Catherine de Médicis, en 1552. A ses côtés, il y a les toutes premières filles d'honneur de la reine qui deviendront célèbres par leur galanterie ou leur sagesse : Isabelle de la Tour d'Auvergne (Melle de Limeuil), Melle de Bourdeille (sœur aînée de Brantome), Melle de Fosseuse, Melle de Châteauneuf, Mademoiselle de Rebours, Mademoiselle de Rohan, Mademoiselle de Ribérac, etc.

Pendant dix ans, Louise de la Béraudière va servir la reine Catherine et devenir l'une de ses filles d'honneur préférées. Elle entendra et verra bien des choses, surprendra des secrets, approchera tous les princes du sang, tous les courtisans attitrés, assistera à toutes les réceptions, à toutes les fêtes, figurera dans tous les ballets. Elle apparaîtra dans les comédies jouées à la cour, déguisée en nymphe ou en héroïne, elle chantera, dansera, déclamera, jouera du luth... C'était une fille sensuelle, dont le « visage angélique et l'or radieux de sa chevelure » firent chavirer encore une fois le très sensible Brantome, qui lui écrira un sonnet amoureux :

Je n'ai eu nul repos depuis que j'eus au coeur les beaux traits de vos yeux qui me firent malade, car, soit que seul je sois aux champs, à la bourgade j'ai toujours le front bas, abattu de langueur

j'ai voulu éprouver si de Mars la fureur alentirait mon mal ; mais soit qu'à l'embuscade je fusse tout nuit transi dans ma salade, moins je trouvais la paix en tant âpre douleur

je n'ai jamais, Rouet, souffert douleur pareille et si, ai de mon sang vu la terre vermeille de lance, arquebusade, et d'épée en maints lieux !

Crois donc que l'on n'éprouve en guerre plaie telle que celle qui nous vient au coeur par les beaux yeux d'une chaste beauté humainement cruelle.

Or la belle Rouet, comme on commence à l'appeler à la cour, ne cède pas à Brantome, ni à Claude de Clermont vicomte de Tallard (neveu de Diane de Poitiers) qui la poursuit de ses assiduités et l'exaspère au plus haut point. Un jour qu'il lui déclame son amour en la poursuivant dans les couloirs du Louvre, elle lui lance : « si vous m'aimez tant et que vous soyez si courageux que vous dites, donnez-vous de votre dague dans votre bras pour l'amour de moi ! » On ne sait s'il suivit son conseil, mais il cessa de l'importuner et mourra en héros à la bataille de Moncontour en 1569. Consciente du potentiel de séduction de la belle Rouet, Catherine de Médicis décide alors de l'employer à bon escient. Elle souhaite ramener dans le clan catholique Antoine de Bourbon, duc de Bourbon, marié à la farouche protestante Jeanne d'Albret, reine de Navarre. En tant que chef de la maison de Bourbon, il est le premier prince du sang ; il a d'ailleurs guerroyé toute sa vie pour le roi de France, mais l'influence de sa femme (qui est protestante) risque de perturber cet équilibre et de le faire basculer dans le camp de la Réforme. Or Antoine de Bourbon entretient des rapports conflictuels avec son épouse : il la trompe abondamment avec de nombreuses maîtresses, il suffit donc de lui en trouver une suffisamment intelligente et influente pour le faire pencher vers les catholiques, et donc le parti de la reine. C'est ainsi qu'au début de 1560, Catherine de Médicis donne pour mission à Louise de la Béraudière de séduire le duc de Bourbon et de le ramener au Louvre, tout en le poussant à choisir une fois pour toutes le parti catholique.

Il est connu pour sa bravoure, c'est un bel homme, un athlète, et il est âgé de quarante-deux ans. Il est père d'un petit garçon de sept ans, Henri, qui deviendra plus tard notre bon roi Henri IV (et héritera aussi de la galanterie de son père). La mission n'effraie pas la belle Rouet, elle aime les militaires et Antoine de Bourbon possède cet attrait suprême du conquérant auquel rien ne résiste. D'ailleurs il ne lui résiste pas ! Tout au long de l'année 1561 elle est sa maîtresse : ils ne peuvent se passer l'un de l'autre et, pour une fois, Antoine de Bourbon lui reste fidèle pendant toute une année.

Au lit les arguments de la jeune femme font hésiter l'homme de guerre. Même s'il est proche de la Réforme (et des idées des protestants), la perspective d'une carrière militaire prestigieuse a vite raison de ses doutes. Il décide de se rallier ouvertement au catholicisme (au vif désespoir de Calvin), et Catherine de Médicis (alors Régente) le récompense en le nommant lieutenant général du royaume. La belle Rouet est remplie de joie de voir son amant recevoir ce titre glorieux, et d'autant plus ravie qu'elle est tombée follement amoureuse d'Antoine de Bourbon. De plus, malgré les précautions prises pour se garder de « l'enflure de ventre », elle attend son enfant. Elle sait que la reine Catherine désapprouve que ses filles d'honneur tombent enceintes, mais sa mission étant une réussite, s'inquiète peu de la réaction de la reine. C'est celle de son amant qui la surprend et la blesse : Antoine de Bourbon a déjà plusieurs bâtards à son actif, et l'idée que sa blonde maîtresse va bientôt enfanter le pousse à porter ses yeux ailleurs. A la cour, il tombe sous le charme de Marguerite de Lustrac, la belle Maréchale de Saint André, qui n’a jamais caché qu'elle souhaitait avoir le duc de Bourbon dans son lit. Incapable de rester fidèle à Louise de la Béraudière, il devient l'amant peu discret de la belle Saint André. Cette dernière vit dans le luxe, dans ses châteaux de Coutras et de Valéry, en terre picarde, et la belle Rouet ne peut, financièrement, entrer en compétition avec elle. Elle fond en larmes amères lorsqu'elle apprend la trahison de son amant. Il faut dire que la technique de séduction de la maréchale de Saint André était efficace : elle aimait apparaître nue, allongée sur son lit, parée de ses seuls bijoux lorsqu'elle convoquait ses amants dans sa chambre.

La reine, pour une fois, pardonna à sa fille d'honneur sa grossesse malheureuse et lui permit d'accoucher dans la sérénité et, le 30 mars 1562, Louise de la Béraudière donnera le jour à un garçon de sept livres qu'elle prénommera Charles. Ce gros bébé joufflu devait devenir plus tard archevêque de Rouen, évêque de Comminges et de Lectoure ! Il devait demeurer toute sa vie fidèle à son demi-frère, le futur Henri IV. Alors qu'elle se remet de ses couches, Louise de la Béraudière apprend qu'Antoine de Bourbon a délaissé la maréchale de Saint André et qu'il s'est replongé dans la guerre contre les protestants. Il n'a pas cherché à la revoir, mais exprime quand même le désir de voir son fils nouveau né. Elle comprend alors que leur liaison est bel et bien finie. Cet incorrigible séducteur est déjà à la recherche d'une nouvelle maîtresse. Mais alors qu'il assiste au siège de Rouen (tenue par les protestants), il est tué d'un coup d'arquebuse qui lui brise les reins, alors qu'il se soulageait sur un parapet en face de la ville assiégée. Il meurt à l'âge de quarante-quatre ans, le 17 novembre 1562, dans d'horribles souffrances, sur la barge qui le ramène à la ville des Andelys. C'est son frère cadet, Louis de Bourbon Condé, prince de Condé, qui reprendra le flambeau des protestants et obligera la reine Catherine de Médicis à dépêcher une autre de ses filles d'honneur, Isabelle de la Tour d'Auvergne, dans le but de le séduire. Quant à Louise de la Béraudière, devenue mère célibataire, elle ne peut plus rester à la cour en tant que fille d'honneur de la reine. Cette dernière lui propose alors de lui trouver un mari. Son choix se porte sur Louis de Madaillan d'Estissac, grand seigneur du Périgord et du Poitou, gouverneur de La Rochelle et de l'Aunis, qui a de plus été fait chevalier de l'ordre de Saint Michel en 1552. Le seul obstacle qui fait grimacer Louise est l'âge de son futur époux : il a soixante ans et déjà trois filles d'un premier mariage (plus âgées que la belle Rouet et toutes déjà mariées). Mais le choix est restreint et elle finit par accepter le parti proposé par la reine.

Elle épouse Louis de Madaillan d'Estissac à la fin de l'année 1562 et part vivre en Poitou, au château de Coulonges les Royaux, ciselé comme un bijou et meublé avec grâce. Là, la nouvelle Mme d'Estissac va s'installer dans une existence de province et trouver en son mari un compagnon attentif à ses désirs. La vie maritale assagira l'ancienne fille d'honneur, qui va donner deux enfants à son époux en l'espace de trois ans : un fils, Charles, en 1563 et une fille, Claude, en 1564. Louis accepte d'élever dans sa maison le petit bâtard du duc de Bourbon, qui grandira dans la religion catholique.

Elle aurait sans doute continué à donner des enfants à son époux si celui-ci n'était mort brusquement en 1565, laissant une jeune veuve de vingt-sept ans. Cette même année, elle reçoit en son château de Coulonges la reine Catherine de Médicis et le jeune roi Charles IX, revenant de Bayonne. Elle retrouve aussi Brantome, qui la déclare plus belle que jamais, embellie par les maternités. Mme d'Estissac, dans ses voiles de veuve, va donc faire face à la horde de deux mille personnes, piétons et cavaliers avec chariots et bagages, chiens de meutes, valets de toute sorte, tapisseries et mobilier, plus les fourgons de cuisine qui, par un beau soir d'été, envahissent son paisible domaine de Coulonges. Elle suscite de nouveau l'admiration et les prétendants se pressent auprès d'elle, mais la belle Mme d'Estissac les repousse tous, peu pressée de se remarier. Elle est encore jeune et belle, et entend bien profiter de sa liberté et de ses enfants, qu'elle va élever avec panache. Ce qui ne l'empêche pas de trouver l'un de ses voisins bien attirant, et le sentiment est réciproque. Il s'agit de Michel Eyquem de Montaigne (le célèbre auteur des « Essais ») qui n'a pu s'empêcher de tomber sous le charme de cette blonde veuve, qui se révèle aussi être une femme érudite.

Les deux correspondent énormément et se voient aussi beaucoup (150 km les séparent quand même), déclenchant bientôt les rumeurs (Montaigne est marié à une femme acariâtre et infidèle). Brantome est le premier à en prendre ombrage, il n'aime pas Montaigne (qui vient d'une noblesse de robe) et se désole que la belle Rouet le rejette (lui !) pour un écrivaillon : tant qu'à tomber amoureuse d'un voisin, elle aurait dû le choisir lui (ne sont-ils pas tous deux périgourdins ?). Mais celle dont il a vanté jadis « le teint vermeil, la grande grâce, et l'angélique feu» aime la compagnie de Montaigne, et suit souvent ses avis et ses conseils avisés.

Or les finances de Mme d'Estissac ne s'arrangent pas avec les années. D'abord elle doit, à la mort de son mari, faire les comptes et partager son patrimoine avec les filles de ce dernier, nées de son premier mariage : Mme de Lauzun et Mme de Vendôme. Puis il lui faut mettre de côté le patrimoine de son fils et de sa fille.

Tant et si bien qu'elle en vient à la conclusion qu'il lui faut impérativement se remarier, et si possible avec un homme riche. Montaigne ne peut être pris en compte (il est marié, même s'il est mal marié !), Brantome ne l'attire pas, et les prétendants se sont faits plus rares au fil des années (elle est maintenant âgée de trente-cinq ans). Aussi se décide-t-elle à demander l'avis de Catherine de Médicis, qui l'a toujours tenue en haute estime. La reine, qui a toujours aimé organiser le mariage de ses filles d'honneur, lui déniche la perle rare : Robert de Combaud, seigneur d'Arcis-sur-Aube, premier maître d'hôtel du roi. Il a été fait chevalier de Saint Michel par Charles IX et du Saint Esprit par Henri III. Il met à la disposition de Louise de la Béraudière, à titre de douaire et de dot, la promesse royale de cession du revenu de l'évêché de Cornouailles, soit 20 000 écus.

Les noces sont prévues pour le début de l'année 1580 : elles déclenchent les libelles et les sarcasmes, on appelle le futur mari le «cornu de Cornouailles» et Pierre de l'Estoile, dans son journal de Paris, ironise sur la dot promise par le futur.

Pour épouser Rouet avoir un évêché n'est ce pas à Combaud sacrilège péché dont le peuple murmure et l'église soupire ? Mais quand de Cornouaille on oiy dire le nom digne du mariage on estime le don et au lieu d'en pleurer, chacun n'en fait que rire.

Robert de Combault a le même âge que Louise, il est même fort vraisemblable qu’elle l'ait connu lorsqu'elle était demoiselle à la Cour. En fait ce mariage s'avérera extrêmement heureux. Dans les premières semaines, Montaigne réapparaît auprès de Louise et lui propose d'emmener avec lui son fils, Charles d'Estissac, dans le long voyage qu'il va entreprendre en Italie, en passant par la Suisse et l'Allemagne. Le jeune garçon n'a que dix ans, mais Louise s'enthousiasme pour le projet et demande à la reine mère de le nantir de lettres du roi accréditant le jeune d'Estissac auprès du Saint Père et de l'ambassadeur de France à Rome. Une fois arrivé à Rome, le jeune garçon fut le premier à être autorisé à baiser la mule du pape ! Il fréquentera les écoles et se perfectionnera en escrime avec des maîtres italiens, ce qui devait lui être fatal quelques années plus tard...

Les années passant, la belle Rouet s'installe avec bonheur dans ce deuxième mariage, et elle réside le plus souvent à Paris, auprès de ce mari qu'elle apprend à aimer. Elle va lui donner deux filles : d'abord Claude en 1574, puis Louise en 1575. Elle reprend contact aussi avec son fils bâtard, né de sa liaison avec Antoine de Bourbon : il est entré dans les ordres et va gravir les échelons de la carrière religieuse avec brio.

Après la naissance de sa deuxième fille, Mme de Combault est choisie par Henri III pour devenir dame d'atour de son épouse, Louise de Lorraine, poste qu'elle tiendra jusqu'en 1590. A la mort tragique d'Henri III, assassiné, Louise et son époux apporteront leur appui au jeune Henri de Navarre qui, devenu le roi Henri IV, saura se montrer reconnaissant envers l'ancienne fille d'honneur de Catherine de Médicis. Les dernières années de Louise seront assombries par la mort de son fils tant aimé, Charles d'Estissac, à l'occasion d'un duel à l'âge de vingt-trois ans, en 1586. Il était le second témoin du prince de Carency, provoqué en duel par le comte de Biron, car tous les deux se disputaient la main d'Anne de Caumont (fille de la maréchale de Saint André, l'ancienne rivale de Louise de la Béraudière). Ainsi le fils de Louise mourra stupidement pour défendre l'honneur de la fille de l'ancienne rivale de sa mère... Dans ce duel Carency mourra, ainsi que ses deux témoins, d'Estissac et d'Abadie : l'ironie voudra que la fiancée tant disputée épouse plus tard le frère cadet du prince de Carency, et Biron finira sur l'échafaud, condamné par Henri IV à avoir la tête tranchée pour trahison (il avait conspiré contre le roi avec les Espagnols).

Un an plus tard, Mme de Combault mariait sa fille, Claude d'Estissac, au jeune François de la Rochefoucauld, le 27 mars 1587 : par ce mariage la jeune fille, héritière de son frère décédé, amènerait la seigneurie et les titres d'Estissac dans la maison de la Rochefoucauld.

En 1592, Louise apprend la mort de son ami Montaigne, à l'âge de cinquante-neuf ans. En 1595, elle marie sa fille Claude de Combault (devenue baronne d'Arcis-sur-Aube) à un seigneur normand, Charles baron de Clère (qui se substituera à son frère aîné, fiancé à Claude, mais tué quelques mois plus tôt à la guerre). Quant à sa dernière fille, Louise de Combault, elle épousera un an plus tard René de Maricourt, baron de Mouchy le Châtel.

C'est son mari qui meurt le premier en 1601 : son éternel soupirant, Brantome, ne disparaitra qu'en 1614, laissant à la postérité dans ses «Dames galantes» la description de la belle Rouet, qu'il comparait aux beaux feux de l'aurore : Il verra donc, Rouet, que maintenant j'adore, paraître dans le ciel avec un trait d'amour Celle qui avait connu un amour trahi, un mariage arrangé et un mariage heureux devait s'éteindre, paisiblement, à l'âge de soixante-dix ans, en 1608.

GENEALOGIE  LE GAC - PECHEU:  LOUISE DE LA BERAUDIERE, UNE AUTRE FIGURE DE L'ESCADRON VOLANT DE CATHERINE DE MEDICIS...

Antoine de Bourbon, par François Clouet, 1560, château de Pau.

Antoine de Bourbon, né le au château de La Fère et mort le aux Andelys, est un prince du sang de la maison capétienne de Bourbon, membre de la branche cadette de Bourbon-Vendôme, qui vécut sous les règnes des rois François Ier, Henri II, François II et Charles IX. Descendant du roi Saint-Louis à la 9e génération en lignée masculine, il est le Premier prince du sang et second pair de France et le père du roi Henri IV, fondateur de la dynastie royale des Bourbons.

Duc de Vendôme, roi de Navarre par son mariage avec Jeanne d'Albret, sa vie est marquée par son oscillation entre le catholicisme et la réforme protestante. Finalement, il se décide pour la religion catholique, tandis que sa femme, Jeanne d'Albret, devient une huguenote convaincue, et il participe aux affrontements durant la première guerre de religion, en tant que chef de l'armée royale. Il trouve la mort au siège de Rouen en 1562.

Antoine est né au château de La Fère. Il est le fils de Charles, duc de Vendôme et de Françoise d'Alençon. Antoine de Bourbon porte d'abord les titres de comte de Marle puis de duc de Beaumont. Le , à la mort de son père il lui succède comme duc de Vendôme.

Il épouse à Moulins le Jeanne d'Albret, fille du roi de Navarre Henri II de Navarre et de Marguerite d'Angoulême, elle-même sœur du roi de France François Ier. Ils ont cinq enfants dont seuls deux survivent : Catherine et le futur roi Henri IV.

À la mort de son beau-père le , il devient, du fait de sa femme, roi de Navarre. Après l'extinction de toutes les branches collatérales de la maison de Valois entre 1477 et 1526, sa position d'aîné des Bourbons (acquise dès son père Charles à la mort du connétable duc de Bourbon en 1527) font de lui le premier prince de sang. À ces deux titres, il a donc une position éminente à la cour de France. Il passe sa vie à guerroyer pour le roi de France. Pierre de Ronsard, dans Les Hymnes (Hymne de Henri II, v. 427) le cite parmi les « Mars » qui sont au service d’Henri II.

Afin d'obtenir de Philippe II d'Espagne la restitution de la Haute-Navarre, il envoie comme ambassadeur auprès du pape Pierre d'Albret, qu'il parvient à faire nommer évêque de Comminges en 1561 pour le récompenser, puis François de Pérusse des Cars.

Proche de la Réforme, il favorise l'introduction du calvinisme dans son gouvernement et participe lui-même aux prêches protestants, mais sans jamais abandonner la messe. Sans véritables convictions religieuses, il oscille plusieurs fois entre catholicisme et protestantisme. L'appel du pouvoir à la cour de France devait progressivement l'amener à choisir le camp catholique (1561) et à entrer en conflit avec sa propre épouse Jeanne d'Albret, devenue une fidèle huguenote, convaincue de la religion réformée. Il intrigue alors pour répudier sa femme sous prétexte d'hérésie tout en conservant la principauté du Béarn, et espère que Philippe II lui permettra de réunifier la Haute-Navarre et la Basse-Navarre2

Son frère cadet Louis de Bourbon, prince de Condé devient le chef du parti protestant, tandis que Catherine de Médicis, régente au nom de son fils Charles IX, le nomme lieutenant général du royaume (1561) et gouverneur du Dauphiné.

En 1562, durant la première guerre de religion, il participe, dans le rang des catholiques, au siège de Rouen, ville tenue par les protestants. Le , il profite d'une tournée d'inspection pour aller uriner contre les remparts de la ville. Un coup d'arquebuse le blesse. La blessure ne paraissant pas si grave, seul un médecin lui prédit une fin sinistre : le chirurgien du roi, Ambroise Paré4. Antoine de Bourbon meurt peu après, le , aux Andelys, des suites de cette blessure.

Ce fait inspira à Voltaire cette épitaphe : « Ami François, le prince ici gisant vécut sans gloire, et mourut en pissant. »

Source Wikipédia

Louise de la Béraudière du Rouhet, ayant vécu dans ledit château de notre commune, fut la maîtresse de nombreux membres de la famille royale ainsi que d’hommes de lettres du 16e siècle. Qui l’eut cru ? Aux origines controversées de Louise Louise de la Béraudière du Rouhet, née en 1530, a des origines controversées. Il est attesté sur la majorité des sources internet actuelles qu’elle serait la fille de René de la Béraudière et de Madeleine du Fou. Ces assertions, issues notamment de l’Histoire généalogique des grands officiers de la couronne, du Père Anselme ont été remises en question avec la mémoire de la famille relatée dans le Dictionnaire historique et généalogique des familles de l’Ancien Poitou, d’Henri Beauchet-Filleau.

D’après ce dictionnaire, Louise de la Béraudière serait bel et bien la fille de Louis de la Béraudière, seigneur de Sourches et de Rouhet, Marquis de l’Isle Jourdain… et de Louise de Guiche (tante d’Henriette de la Guiche, femme de Louis de Valois, duc d’Angoulême). A l’appui de l’arbre généalogique, deux raisons permettent de pencher vers la seconde affirmation : • Louise de la Béraudière est communément nommée avec l’appellation « du Rouhet » complétant son nom. Cela ne semble possible que parce qu’elle est descendante des aînés de la famille de la Béraudière depuis le mariage avec les Combarel (propriétaires du Château de Rouhet). • Ensuite, il est naturellement plus logique de penser que Louise est l’unique fille de Louis et d’une autre Louise que celle d’un René et d’une Marguerite. Pendant de nombreuses générations, les prénoms donnés aux enfants étaient souvent ceux des parents. Arbre généalogique de Louise de la Béraudière de Rouhet Louise au service de Catherine de Médicis à des fins politiques

Élevée dans le Poitou, Louise devient fille d’honneur à la cour de Catherine de Médicis à l’âge de douze ans en 1552, et ce pendant près de 10 ans. Catherine de Médicis, reine de France, est très rapidement confrontée au problème religieux pendant le règne de François II. Dans un premier temps intransigeante face aux protestants, elle se positionnera plus tard pour la liberté d’expression de ceux-ci après les guerres de religion. Mais, elle va se servir de son influence sur Louise de la Béraudière pour lui demander de séduire Antoine de Bourbon, prince de sang de la maison capétienne des Bourbons et futur père du roi Henri IV. Celui-ci, marié à Jeanne d’Albret, protestante calviniste convaincue, choisira le catholicisme en 1561 grâce au travail de séduction de Louise de la Béraudière. Cette dernière, attirée par les militaires et les conquérants, restera même un an avec le roi de Navarre. Un enfant non légitime va naître de cette rencontre. Catherine de Médicis, pour remercier Louise, lui accorde ce droit, alors qu’elle est très hostile à ce que ses filles d’honneur aient des enfants. Elle accouche en 1554 de Charles de Bourbon, futur archevêque de Rouen, évêque de Comminges et de Lectoure et surtout…propriétaire du Château de Rouhet !

Le site « Favorites Royales » note la reconnaissance des Médicis envers Louise : « Pendant dix ans, Louise de la Béraudière va servir la reine Catherine et devenir l’une de ses filles d’honneur préférées. Elle entendra et verra bien des choses, surprendra des secrets, approchera tous les princes du sang, tous les courtisans attitrés, assistera à toutes les réceptions, à toutes les fêtes, figurera dans tous les ballets. Elle apparaîtra dans les comédies jouées à la cour, déguisée en nymphe ou en héroïne, elle chantera, dansera, déclamera, jouera du luth… ». Jean Calvin, étonné par le travail de « la belle Rouet », dira même « Il est tout à Vénus, […] la matrone, qui est expérimentée en cet art, a extrait de son harem ce qui pouvait attraper l’âme de notre homme en ses filets». Pour remercier Antoine de Bourbon de son choix, Catherine de Médicis le nomme Lieutenant Général du Royaume. Au début des guerres de religion, Antoine de Bourbon sera amené à diriger les troupes catholiques lors du siège de Rouen en 1562, ville alors protestante. L’escadron volant, tel décrit par Brantôme, est « une belle troupe de dames et damoiselles, créatures plutôt divines qu’humaines, qui brillaient aux entrées de Paris et d’autres villes, aux sacrées et superlatives noces des rois de France et de leurs sœurs, à l’entrevue de Bayonne et ailleurs, toutes plus belles les unes que les autres et ornées en de telles fêtes de livrées, toutes plus gentilles les unes que les autres. On les voyait reluire dans une salle de bal, au Palais ou au Louvre, comme étoiles en ciel en temps serein, et qu’il faisait beau les regarder aussi, quand la reine allait par pays, en sa litière étant grosse, ou qu’elle allât à cheval en l’assemblée ! Elles la suivaient à quarante ou cinquante, sur de blanches haquenées bien harnachées, merveilleuses sous leurs chapeaux garnis de plumes qui demandaient l’amour ou la guerre. Elles étaient religieuses de Vénus et de Diane, il fallait qu’elles eussent bien de la sagesse et bien de l’habileté pour se garder de l’enflure du ventre ! ». Par leur légèreté et leur beauté, ces demoiselles réussissaient à obtenir ce qu’elles voulaient de leurs amants, comme ce fut le cas pour « la belle Rouet ». On peut aussi citer Charlotte de Sauve, qui fut maîtresse de Henri de Navarre, futur Henri IV. . Mais la relation entre le nouveau lieutenant Général et Louise va se glacer : Marguerite de Lustrac, surnommée « la belle maréchale de Saint-André », charme Antoine de Bourbon. Il faut dire que ses châteaux et sa beauté l’attirent, lui qui ne veut plus entendre parler de « La belle Rouet » et de son enfant bâtard. Il est dit que Louise pleurera longtemps, ce qui prouve son attachement à Antoine de Bourbon. Charles III de Bourbon, ecclésiastique, fils de Louise de La Béraudière, fut propriétaire du Château de Rouhet et fit construire la tour à créneaux et l’escalier actuels bien conservés et classés aux Monuments Historiques. Ces éléments sont inspirés du Château de Pau, où il fut élevé avec Henri de Navarre (futur roi de France).

BOURBON (Charles de), fils naturel d’Antoine de Bourbon, roi de Navarre, né le 30 mars 1562, fut nommé archevêque de Rouen en 159, en remplacement de Charles III, cardinal de Bourbon. Par la suite, il fut pourvu d’un certain nombre de bénéfices très importants, notamment des abbayes de Marmoutier (1604), de Bourgueil, de Saint-Denis, de Saint-Ouen, de Saint-Germain-des-Prés et d’Orcamp. Il mourut à Rougemont le 15 juin 1610, et fut inhumé dans le chœur de l’église abbatiale de Marmoutier. Dictionnaire géographique, historique et biographique d’Indre-et-Loire et de l’Ancienne province de Touraine, Jacques Xavier Carré de Busserolle, 1878 Deux mariages très vite détournés Serait-ce pour se venger de son enfant bâtard que Catherine de Médicis aurait renvoyé Louise de la Béraudière de son « escadron volant » ? La question reste en suspens. En tout cas, une fille d’honneur à la cour de la reine ne peut rester si elle est enceinte. Catherine de Médicis trouve pour son ancienne fille d’honneur Louis de Madaillan d’Estissac, grand seigneur du Périgord et du Poitou, gouverneur de La Rochelle et de l’Aunis, qui a de plus été fait chevalier de l’ordre de Saint Michel en 1552. Louise part vivre au château de Coulonges-sur-l’Autize et elle y élève Charles en 1563 et Claude en 1564, deux enfants nés de l’union avec Louis de Madaillan d’Estissac ainsi que Charles III de Bourbon, enfant bâtard d’Antoine de Bourbon. Son mari, beaucoup plus âgé qu’elle, meurt en 1565. Veuve, celle que l’on nomme désormais Madame d’Estissac reçoit dans sa propriété de nombreuses personnalités de haut rang comme Catherine de Médicis, Marguerite de France (fille de la précédente et d’Henri II) ou Michel de Montaigne, qui la flattera dans ses écrits… La régente lui propose alors une alliance avec Robert de Combault, seigneur d’Arcis-sur-Aube, grand maître d’hôtel du Roi, chevalier de Saint Michel par Charles IX et du Saint Esprit par Henri III. Il met à la disposition de Louise de la Béraudière la cession du revenu de l’évêché de Cornouailles, soit 20 000 écus, qui sera récupéré par son premier enfant, Charles III de Bourbon. Pierre de l’Estoile, collectionneur et mémorialiste du temps d’Henri III et d’Henri IV se moque de la somme accordée à la promise lors de leurs noces en 1580 :

Pour épouser Rouhet avoir un évêché n’est-ce pas à Combaud sacrilège péché dont le peuple murmure et l’église soupire ? Mais quand de Cornouaille on oiy dire le nom digne du mariage on estime le don et au lieu d’en pleurer, chacun n’en fait que rire. Il est dit que cette union leur apportera bonheur et tranquillité, peut-être parce que « la belle Rouet » et son nouveau mari sont tous deux au service de seigneurs et de rois, l’un en tant que maitre d’hôtel, l’autre en tant que fille d’honneur et dame de compagnie. Deux enfants naissent de cette union : Claude en 1574 et Louise en 1575. Louise de la Béraudière est aussi choisie par le nouveau roi Henri III pour tenir compagnie à sa femme, Louise de Lorraine et notamment lors de ses nombreuses fausses couches. En 1589, lors de l’assassinat d’Henri III par le dominicain Jacques Clément, celui-ci le déclarant comme ennemi juré des catholiques, Louise de la Béraudière délaisse la « dame blanche », la reine se recouvrait désormais d’un voile blanc pour faire le deuil de son mari.

Sa seconde union sera délaissée à la fin de sa vie à cause de nombreuses déceptions. La première, c’est le décès de Charles d’Estissac, son fils en 1586, lors d’un duel contre le comte de Biron. Ensuite, Claude d’Estissac est marié en 1587 à François de la Rochefoucauld, le titre d’Estissac passe dans les mains d’une autre famille, ce qui est difficile à accepter pour Louise de la Béraudière. Michel de Montaigne décède aussi en 1592, ce qui est une grande tristesse pour elle. Claude de Combault, baronne d’Arcis-sur-Aube est mariée à Charles, baron de Clère (1575-1626), et sa dernière fille, Louise, est mariée à René de Maricourt, baron de Mouchy le Châtel. Aucun enfant ne naîtra de cette dernière union. Enfin, la tristesse achevant sa vie sera celle du décès de son mari Robert de Combault, en 1601. Louise de la Béraudière finira sa vie dans le repentir et la solitude. La date de sa mort se situe entre celle de son défunt mari et celle de Brantôme l’écrivain, en 1614. Une nébuleuse autour d’hommes de lettres Ce qui est en revanche sûr, c’est que Louise de la Béraudière a toujours attiré les hommes de lettres, dont Brantôme et Montaigne.

Brantôme, tout au long de sa vie, fut intéressé par Louise de la Béraudière, mais ce sentiment n’était pas réciproque pour « la belle Rouet ». Cette appellation est d’ailleurs due à Brantôme. Il fit la connaissance de Louise à la cour de Catherine de Médicis, car sa sœur Madame de Bourdeille, était aussi fille d’honneur de la régente. Dans ses écrits, Brantôme s’est intéressé à la vie de cet escadron volant. On l’appelle souvent « le valet de chambre de l’histoire », pour la précision dans ses écrits. Son ouvrage La vie des dames galantes lui vaudra une citation : « Toute belle femme s’estant une fois essayée au jeu d’amour ne le désapprend jamais ».

Quant à Louise de la Béraudière, il la flatte avec un sonnet (deux quatrains suivis de deux tercets en alexandrins) : Je n’ai eu nul repos depuis que j’eus au cœur les beaux traits de vos yeux qui me firent malade, car, soit que seul je sois aux champs, à la bourgade j’ai toujours le front bas, abattu de langueur

j’ai voulu éprouver si de Mars la fureur alentirait mon mal ; mais soit qu’à l’embuscade je fusse tout nuit transi dans ma salade, moins je trouvais la paix en tant âpre douleur

je n’ai jamais, Rouet, souffert douleur pareille et si, ai de mon sang vu la terre vermeille de lance, arquebusade, et d’épée en maints lieux !

Crois donc que l’on n’éprouve en guerre plaie telle que celle qui nous vient au cœur par les beaux yeux d’une chaste beauté humainement cruelle.

A cet homme, elle répond : «si vous m’aimez tant et que vous soyez si courageux que vous dites, donnez-vous de votre dague dans votre bras pour l’amour de moi ! ». Elle le reçoit dans son château, alors mariée à Louis d’Estissac et va le refuser en tant que second mari. Pendant toute sa vie, il essaiera de se faire le plus visible possible auprès de Louise, au détriment de Michel de Montaigne, qu’il n’aime pas ! Pourtant, Montaigne est apparemment plus apprécié par « la belle Rouet » que Brantôme.

Lors de son second mariage, Louise pense à Montaigne. Mais celui-ci est marié à Françoise de la Chassaigne, femme pour laquelle il n’éprouve rien en particulier. Ainsi, les amants feraient leur vie de leur côté. Il ne la cite qu’une fois dans ses Essais par rapport à Mme D’Estissac pour laquelle est consacrée le chapitre VIII dans son tome II (en ligne ici). Montaigne occupe aussi une place importante pour Louise car c’est lui qui lui propose d’emmener son fils Charles d’Estissac, excellent en escrime, en Suisse, Allemagne et Italie pour se perfectionner dans sa discipline auprès de maîtres italiens. Il n’avait alors que dix ans. D’une beauté incomparable, les mots de Brantôme et de Montaigne ne pouvait que renforcer le « visage angélique et l’or radieux de sa chevelure », pour celle qui fut propriétaire du Château de Rouhet pendant toute une vie.

Sources : Louise de la BÉRAUDIÈRE (1530-) – Patrimoine Culture et Traditions (beaumont-patrimoine.com)

 

 

GENEALOGIE  LE GAC - PECHEU:  LOUISE DE LA BERAUDIERE, UNE AUTRE FIGURE DE L'ESCADRON VOLANT DE CATHERINE DE MEDICIS...

Brantôme, écrivain et poète, tout au long de sa vie, fut intéressé par Louise de la Béraudière, mais ce sentiment n’était pas réciproque pour « la belle Rouet ». Cette appellation est d’ailleurs due à Brantôme. Il fit la connaissance de Louise à la cour de Catherine de Médicis, car sa sœur Madame de Bourdeille, était aussi fille d’honneur de la régente.
Dans ses écrits, Brantôme s’est intéressé à la vie de cet escadron volant. On l’appelle souvent « le valet de chambre de l’histoire », pour la précision dans ses écrits. Son ouvrage La vie des dames galantes lui vaudra une citation : « Toute belle femme s’estant une fois essayée au jeu d’amour ne le désapprend jamais ».

Quant à Louise de la Béraudière, il la flatte avec un sonnet (deux quatrains suivis de deux tercets en alexandrins) : 

Je n’ai eu nul repos depuis que j’eus au cœur
les beaux traits de vos yeux qui me firent malade,
car, soit que seul je sois aux champs, à la bourgade
j’ai toujours le front bas, abattu de langueur


j’ai voulu éprouver si de Mars la fureur
alentirait mon mal ; mais soit qu’à l’embuscade
je fusse tout nuit transi dans ma salade,
moins je trouvais la paix en tant âpre douleur


je n’ai jamais, Rouet, souffert douleur pareille
et si, ai de mon sang vu la terre vermeille
de lance, arquebusade, et d’épée en maints lieux !


Crois donc que l’on n’éprouve en guerre plaie telle
que celle qui nous vient au cœur par les beaux yeux
d’une chaste beauté humainement cruelle.

A cet homme, elle répond : «si vous m’aimez tant et que vous soyez si courageux que vous dites, donnez-vous de votre dague dans votre bras pour l’amour de moi ! ».

Elle le reçoit dans son château, alors mariée à Louis d’Estissac et va le refuser en tant que second mari. Pendant toute sa vie, il essaiera de se faire le plus visible possible auprès de Louise, au détriment de Michel de Montaigne, qu’il n’aime pas !

GENEALOGIE  LE GAC - PECHEU:  LOUISE DE LA BERAUDIERE, UNE AUTRE FIGURE DE L'ESCADRON VOLANT DE CATHERINE DE MEDICIS...

Pourtant, Montaigne est apparemment plus apprécié par « la belle Rouet » que Brantôme. 

Michel Eyquem de Montaigne, seigneur de Montaigne et écrivain

Lors de son second mariage, Louise pense à Montaigne. Mais celui-ci est marié à Françoise de la Chassaigne, femme pour laquelle il n’éprouve rien en particulier. Ainsi, les amants feraient leur vie de leur côté. Il ne la cite qu’une fois dans ses Essais par rapport à Mme D’Estissac pour laquelle est consacrée le chapitre VIII dans son tome II . 

Montaigne occupe aussi une place importante pour Louise car c’est lui qui lui propose d’emmener son fils Charles d’Estissac, excellent en escrime, en Suisse, Allemagne et Italie pour se perfectionner dans sa discipline auprès de maîtres italiens. Il n’avait alors que dix ans. 

D’une beauté incomparable, les mots de Brantôme et de Montaigne ne pouvait que renforcer le « visage angélique et l’or radieux de sa chevelure », pour celle qui fut propriétaire du Château de Rouhet pendant toute une vie. 

GENEALOGIE  LE GAC - PECHEU:  LOUISE DE LA BERAUDIERE, UNE AUTRE FIGURE DE L'ESCADRON VOLANT DE CATHERINE DE MEDICIS...

Henri III de France, qui fut un temps l'amant de la Belle Rouhet

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Marguerite de Lustrac dite la belle Maréchale de Saint André... qui va ravir Antoine de Bourbon à Louise de La Béraudière.

 

Fille d’Antoine de Lustrac (v.1490-1556) et de Françoise de Pompadour (1496-1548), elle épouse à 17 ans le 27 mai 1544 Jacques d’Albon, maréchal de Saint-André (1513-1562). Elle lui apporte la vicomté de Fronsac qui deviendra un marquisat en décembre 1566 et une dot de 1 000 livres. Il est catholique, elle est protestante. Ce mariage lui permet de devenir peu de temps après la dame d’honneur de Catherine de Médicis, charge qu’elle exerce pendant seize ans.

Elle deviendra ensuite en 1560, la 1ère dame d’honneur de Marie Stuart devenue reine de France jusqu’à la mort de l’époux de celle-ci, François II. Elle n’eut qu’une fille en 1546 de son premier mariage, Catherine d’Albon, morte jeune en 1564, à 18 ans, et demeurée obstinément catholique au désespoir de sa mère. Le maréchal de Saint André en avait fait son unique héritière. En 1562, après la mort de son époux, elle devient la maitresse du roi de Navarre, Antoine de Bourbon (qui ira mourir au siège de Rouen). A cette occasion, le roi de Navarre délaisse sa maitresse d’alors, Louise de La Béraudière du Rouhet. Après sa liaison passagère avec le roi de Navarre, elle devient la maitresse du cousin de ce dernier, Louis de Bourbon, prince de Condé.

Au plus fort de sa romance avec le prince de Condé, Joachim du Bellay rédigea sa « Chanson pour la maréchale de Saint-André »

"...Je ne puis dissimuler
L’amitié que tant je prise
Aussi ne veux je celer
Qu’en prenant je ne sois prise
Puisqu’amour m’a fait connaître
Que l’honneur en est le maitre,
Je n’ai crainte qu’on la voie,
 Car ce qui est louable à le penser
Ne doit point l’œil ni l’oreille offenser
Ce n’est folle affection
Qui me tient en servitude
Mais une obligation
Pour fuir ingratitude
Ne pensez donc que je l’offense
Ni moi ni ma conscience
Quand un tel ami j’honore
Ou plutot quand je l’adore
Car sa vertu ne se doit moins aimer
Qu’ingratitude accuser ou blamer
Je laisserai donc parler
Ceux qui font de moi leur conte
Un point me peut consoler
Que ne puis recevoir honte
De leurs langues ne me garde
Ayant l’honneur sous ma garde
Celui qui aimer me daigne
Me conduit sous son enseigne
Et à bon droit celui qui garde honneur
Car il est peint au vif dedans mon cœur..."

A la mort de son premier époux, Marguerite avait dans l’espoir (étant devenue protestante) d’épouser le prince de Condé, devenu veuf en 1564. Elle devint sa maitresse et lui donna sa terre de Valéry et le château, mais il en épousa une autre en 1565, après l’avoir trompée avec Isabeau de la Tour d’Auvergne (la belle Limeuil), une des demoiselles de l’Escadron Volant de la reine Catherine.

Marguerite de Lustrac épousa en deuxièmes noces le 10 août 1568, Geoffroy (v.1525-1574) baron de Caumont, seigneur de Castelnau, ex-abbé (de Clairac et d’Uzerche) qui avait quitté l’habit pour recueillir la succession de son frère mort sans enfant, et embrassa la foi protestante. Marguerite de Lustrac eut en 1570 un fils Jean qui meurt encore enfant en 1577, et une fille posthume de ce second mariage, Anne de Caumont qui naquit à Castelnau le 19 juin 1574, trois mois après la mort de son père.

La mort de son frère aîné en 1577 en fit une riche héritière : elle hériterait des biens de son père, de sa mère et de sa demi-sœur. Plusieurs familles approchèrent Marguerite de Lustrac pour conclure une alliance avec sa fille. A l’âge de sept ans, son tuteur Jacques d’Escars, seigneur de la Vauguyon enleva Anne de Caumont à sa mère et la maria, contre la volonté de sa mère, à son fils ainé, Claude d’Escars prince de Carency. Anne de Caumont n’avait que douze ans. Un prétendant jaloux, Charles de Biron, tua Claude d’Escars en duel en février 1586. Son tuteur lui fit alors épouser son fils cadet, Henri d’Escars, qui mourut en 1590 sans postérité. Anne de Caumont était au château de la Vauguyon lorsque le duc de Mayenne, enleva la jeune veuve dans le but de la marier à son fils ainé. Il l’emmena sous bonne escorte à Soissons. Mais Anne de Caumont était protestante et le roi Henri III refusa cette alliance. En 1587, Anne de Caumont se convertit au catholicisme à la demande du duc de Mayenne qui l’avait emmené auprès de son épouse. Les guerres de la Ligue le contraignirent à changer d’avis sur la jeune marquise de Fronsac et il donna une autre épouse à son fils ainé. Anne de Caumont fut enfin rendu à sa mère et deux ans avant la mort de sa mère, Anne de Caumont épouse en 1595 François d’Orléans Longueville, et lui apporte le marquisat de Fronsac qui sera érigé en duché pairie par Henri IV le 14 février 1608.

Pendant la période où elle se trouvait sans sa fille, Marguerite de Lustrac exerça pleine autorité sur le marquisat de Fronsac. Le 8 octobre 1592, elle donne des lettres de pouvoir à Pierre de Boumard pour bâtir une maison avec tours, fossés, guérite, à Pinault sur la Lary près de Guitres : « ...nous, marguerite de Lustrac, dame dudit lieu Caumont, Gavauduy, Castelnau en Périgord, et autres terres et siries, marquise de Fronsac. Pour la bonne affection que nous portons, et bien que nous désirons à Mr Pierre de Boumard, conseiller du roi et magistrat en la sénéchaussée de Guyenne et aultres bonnes considérations, lui avons permis et permettons par ces présentes, et à ses successeurs qui auront droit de lui, batir une maison avec tours, fosses, garites et fuye en un bien que le dit conseiller de Boumard a sur la rivière de Lary près Guistres au lieu appelé Pynault. En foy de quoi avons signé les présentes en nostre château des Millandes le 8 jour d’octobre 1592... »

Marguerite de Lustrac, marquise de Fronsac connue sous le nom de « la belle maréchale de Saint-André » décède peu après le 17 juin 1597.

GENEALOGIE  LE GAC - PECHEU:  LOUISE DE LA BERAUDIERE, UNE AUTRE FIGURE DE L'ESCADRON VOLANT DE CATHERINE DE MEDICIS...
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