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17 janvier 2023 2 17 /01 /janvier /2023 10:42
GENEALOGIE  LE GAC - PECHEU :  DE ALAIN IX DE ROHAN ET MARGUERITE DE BRETAGNE A HENRI IV... LOUIS III ET LOUIS XIV.

Portrait de Marguerite d'Angoulême et de Navarre attribué à Jean Clouet.

GENEALOGIE  LE GAC - PECHEU :  DE ALAIN IX DE ROHAN ET MARGUERITE DE BRETAGNE A HENRI IV... LOUIS III ET LOUIS XIV.

Portrait de Henri II d'Albret.

Des "cousins"... Henri II d'Albret est né le 28 avril 1503 à Sanguesa en Navarre et meurt le 4 juin 1555 à Hagetmau dans les Landes.

Il se marie le 24 janvier 1527 au château de Saint Germain en Laye avec Marguerite d'Angoulême qui deviendra Marguerite de Navarre, elle est veuve de Charles IV d'Alençon.

Elle est née le 20 avril 1492 à Angoulême et meurt le 21 décembre 1549 à Odos (65), elle est la soeur de François 1er.

Henri II d'Albret est l'arrière petit fils de Jean 1er d'Albret et de Catherine de Rohan, elle même, fille de Alain IX de Rohan et de Marguerite de Dreux ou de Bretagne.

Marguerite d'Angoulême est la petite fille de Jean le Bon d'Orléans d'Angoulême et de Marguerite de Rohan, elle aussi, fille de Alain IX de Rohan et de Marguerite de Dreux ou de Bretagne.

Voir les extraits d'arbres généalogiques ci-dessous :

GENEALOGIE  LE GAC - PECHEU :  DE ALAIN IX DE ROHAN ET MARGUERITE DE BRETAGNE A HENRI IV... LOUIS III ET LOUIS XIV.
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Marguerite de Rohan (morte en 1496 au château de Cognac) est une aristocrate française, fille d'Alain IX, vicomte de Rohan et de Marguerite de Bretagne, et épouse de Jean d'Orléans, comte d’Angoulême. Elle est la grand-mère paternelle de François Ier, roi de France et de Marguerite d'Angoulême.

Jean d'Orléans ou Jean d'Angoulême est le fils de Louis, duc d'Orléans, de Valois, comte de Blois, et de nombreux autres lieux, et de Valentine Visconti, héritière présomptive du duché de Milan. Il est également le frère du célèbre poète Charles Ier d'Orléans, le demi-frère de Jean de Dunois (dit le bâtard d'Orléans avant l'obtention de son titre comtal), l'oncle du roi Louis XII et le grand-père du roi François Ier.

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Marie-Philippe Coupin de La Couperie, Valentine de Milan pleurant son époux, Louis d'Orléans, 1822 (château de Blois).

Valentine Visconti, aussi appelée Valentine de Milan, est une princesse milanaise née en 1366 ou 1368 à Pavie, et morte le à Blois. Elle devient duchesse d'Orléans par son mariage avec Louis d'Orléans, frère du roi de France Charles VI, et mère du poète Charles Ier d'Orléans.

 

 

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Généalogie des Visconti, permettant, par rapport à nos généalogies de situer Bonne ou Bona Visconti (mariée à Guillaume de Montauban en août 1411) et Valentine Visconti mariée à Louis 1er d'Orléans en 1389 .

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Je passe vite fait et bien fait sur la vie du bon roi Henri IV puisque j'ai publié un article sur lui, sa vie et ses maitresses et de plus dans cet article, j'ai publié de nombreuses publicités anciennes utilisant Henri IV...

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Louis XIII...

 

Louis XIII, dit « le Juste », fils d'Henri IV et de Marie de Médicis, né le au château de Fontainebleau et mort le au château neuf de Saint-Germain-en-Laye, est roi de France et de Navarre de 1610 à 1643.

Son règne, dominé par la personnalité du cardinal de Richelieu, principal ministre d'État, est marqué par l'affaiblissement des grands et des protestants, la lutte contre la maison d'Autriche et l'affirmation de la domination militaire française en Europe pendant la guerre de Trente Ans. De son mariage avec l'infante Anne d'Autriche, il a tardivement deux fils : le futur Louis XIV, et Philippe, duc d'Anjou fondateur de la maison Orléans. La naissance tardive de son premier fils est considérée par le couple comme « un don du Ciel », et amène le roi à signer le vœu de Louis XIII (consacrant le royaume de France à la Vierge Marie), avant même la naissance de l'enfant.

Louis XIII, premier fils du roi Henri IV et de la reine Marie de Médicis, naît au château de Fontainebleau. L'enfance du dauphin Louis nous est assez bien connue grâce au journal laissé par son médecin, Jean Héroard, qui y a consigné tous les détails de son alimentation, de sa santé et de sa vie intime. Le futur roi est installé dès le mois de au château de Saint-Germain-en-Laye, où il retrouve les enfants illégitimes de son père et est rejoint, plus tard, par ses frères et sœurs. Il est baptisé le à Fontainebleau ; son parrain est, comme il est d'usage, le pape (Paul V), représenté par le cardinal de Joyeuse, sa marraine est sa tante, Éléonore de Médicis, duchesse de Mantoue, sœur de la reine Marie.

Du château de Saint-Germain, le jeune Louis XIII sort peu, sa mère Marie n'appréciant pas que son fils entre en contact avec les habitants. Le dauphin est rapidement attiré par la musique et reçoit souvent des musiciens dans ses appartements3. Il joue lui aussi de certains instruments et chante. La danse, la peinture et le dessin constituent aussi des distractions pour le futur souverain ; les armes et le domaine militaire demeurent cependant son domaine de prédilection4.

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Du château de Saint-Germain, le jeune Louis XIII sort peu, sa mère Marie n'appréciant pas que son fils entre en contact avec les habitants. Le dauphin est rapidement attiré par la musique et reçoit souvent des musiciens dans ses appartements. Il joue lui aussi de certains instruments et chante. La danse, la peinture et le dessin constituent aussi des distractions pour le futur souverain ; les armes et le domaine militaire demeurent cependant son domaine de prédilection.

Très tôt, il se découvre une passion pour les armées et les chevaux, tout en parlant souvent de guerre. Il s'exerce très jeune à l'arc et à l'arquebuse et aime faire appliquer les obligations cérémoniales à ses gardes. Il reçoit sa première leçon à l'âge de sept ans de la part de son précepteur, le poète Nicolas Vauquelin des Yveteaux ; il ne montre pas un grand intérêt pour les lettres, que ce soit en français ou en latin, pour la géométrie, les mathématiques. Seule l'Histoire semble l'intéresser un peu, en dehors des activités artistiques et militaires. Jugé insuffisant, des Yveteaux est remplacé en 1611 par le philosophe Nicolas Le Fèvre, qui meurt en , rapidement remplacé par M. de Fleurence. Il a pour gouverneur le militaire Gilles de Courtenvaux de Souvré.

Selon Daniel Fabre (Une enfance de roi), le jeune Louis XIII a une passion d'oiseleur (dessins, volière, chasse).

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Louis, enfant roi, 1611 par Frans Pourbus le Jeune, Palais Pitti

Le futur Louis XIII a une profonde adoration pour son père, bien que ce dernier n'hésite pas à le fouetter dès son plus jeune âge et à l'humilier moralement selon un ancien usage qui veut que le dauphin soit dressé pour servir le Roi et la Reine. Son père montre toutefois des signes d'affection, demandant à ses enfants de l'appeler papa et non Monsieur comme le veut l'usage. Ses relations avec sa mère sont différentes. Il n'est jamais ravi de la voir et refuse plusieurs fois de la servir, contrairement à son père, avec lequel il n'hésite pas à jouer le rôle de valet de chambre.

Il a huit ans et demi quand son père est assassiné, ce qui le marque durablement.

Louis XIII monte alors sur le trône, à 8 ans et demi. Il est sacré le à Reims par le cardinal François de Joyeuse. Le pouvoir est alors assuré par sa mère, Marie de Médicis, qui gouverne le Royaume comme régente. La majorité du roi est proclamée en 1614, mais Marie déclare que Louis est « trop faible de corps et d'esprit » pour assumer les devoirs de sa charge ; elle l'écarte du Conseil et laisse gouverner ses favoris Concino Concini et Léonora Galigaï, qui accaparent les plus hautes charges de l'État.

Traumatisé par la mort brutale d'un père qu'il chérissait, le jeune roi n'a pas une enfance joyeuse. Il ne trouve aucun substitut à l'amour paternel auprès de sa mère, Marie de Médicis, qui le considère comme quantité négligeable. Louis se renferme assez vite sur lui-même, il a des troubles d'élocution, voire de bégaiement, et souffre d'un manque d'affection.

Par ailleurs, le mépris des favoris italiens à son égard accroît son mal-être. En grandissant, Louis XIII, devenant taciturne et ombrageux, aspire à être digne de son père, Henri IV. Il s'indigne de voir Concini, un étranger incapable selon lui, usurper le gouvernement de son État, tandis qu'on le relègue, lui, roi, dans un coin du Louvre.

De plus, la régence de Marie de Médicis est très difficile : la gestion des affaires par son gouvernement est mauvaise, et les forces du Royaume, hostiles à la centralisation du pouvoir qu'avait initiée Henri IV, profitent de la régence. De graves troubles éclatent dans le Royaume (religieux, nobiliaires, sociaux), entraînant une convocation des états généraux et une instabilité politique. La politique pro-italienne et pro-espagnole de la Reine fait naître chez le roi un très lourd sentiment d'amertume. Alors qu'Henri IV avait songé à marier son héritier avec la princesse Nicole de Lorraine, héritière des duchés de Lorraine et de Bar (ce qui aurait porté pacifiquement la frontière française jusqu'aux Vosges), Marie de Médicis marie le jeune roi, le à Bordeaux, à Anne d'Autriche, infante d'Espagne. Pour Louis, c'est une humiliation de plus, car, conformément à la mémoire des choix de son père, il ne voit en Anne qu'une Espagnole et par conséquent une ennemie. Louis XIII, qui n'a que quatorze ans, est obligé, pour éviter toute demande de divorce par l'Espagne, de consommer le mariage, comme en témoigne son médecin dans ses notes personnelles, prises heure par heure, et qui relatent avec précision la vie du jeune Louis XIII. Le roi est traumatisé par ce rapport obligatoire, au point qu'il attendra quatre ans avant de regagner, poussé par le duc de Luynes, le lit de la reine, son épouse.

Après la régence mouvementée et pro-espagnole de sa mère, Louis XIII rétablit progressivement l'autorité royale en brisant les privilèges des protestants, ceux des « Grands », et l'encerclement des Habsbourg par une politique conflictuelle conduite par son ministre Richelieu.

C'est par un coup de force, le , que Louis XIII accède au pouvoir. Il ordonne l'assassinat du favori de sa mère, Concino Concini, et fait exécuter la Galigai, femme de celui-ci, dame de compagnie et confidente de sa mère. Il exile Marie de Médicis à Blois et prend enfin sa place de roi. Louis XIII remplace Concini par son propre favori, Charles d'Albert, duc de Luynes. Très rapidement, Luynes accumule les titres et les fortunes. Son avancement crée des mécontentements, d'autant que le favori du roi est un très mauvais homme d'État.

En 1619, la reine mère s'échappe du château de Blois et lève une armée contre son fils, qui choisit de se réconcilier avec elle. Par le traité d'Angoulême, le , il lui cède les villes d'Angers et de Chinon, mais lui interdit de revenir au Conseil. En 1620, Marie de Médicis déclenche une guerre civile, qui se conclut par sa défaite totale, le 7 avril, à la bataille des Ponts-de-Cé, où le roi commande personnellement. Par crainte de voir sa mère poursuivre des complots, le roi accepte son retour à la cour de France et se réconcilie avec elle sous l’influence de Richelieu. En 1622, Louis XIII crée la Compagnie des Mousquetaires du Roi.

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Marie de Médicis soumise aux volontés du couple Concini. Gravure d'après un dessin d'Alphonse de Neuville, XIXe siècle.

Louis XIII prend ombrage de l'arrogance de Concini. Celui-ci s'attire également l'hostilité des autres courtisans, notamment le duc de Luynes, maître de fauconnerie et favori du roi.

Afin de mettre fin à la régence de sa mère, Louis XIII effectue un coup de majesté, aidé du duc de Luynes et de quelques fidèles. Concini ne pouvant être arrêté (il dispose d’une armée personnelle de plus de 7 000 soldats sans compter ses partisans), il est envisagé de le faire assassiner. D'après La Relation exacte de tout ce qui s'est passé à la mort du Marechal d'Ancre, au moment où Concini franchit seul la porte d'accès du château du Louvre le , il est encerclé par les hommes du baron de Vitry, capitaine des gardes. Celui-ci lui saisit le bras et l'apostrophe de la sorte : « De par le roi, je vous arrête ! ». Il n'est pas certain que le maréchal d'Ancre tente, instinctivement ou non, de dégainer son épée mais en tout état de cause, Vitry décharge son pistolet sur Concini, geste aussitôt imité par ses fidèles. Trois coups atteignent le favori de la régente au visage et à la gorge, les gardes l'achevant à coups d'épée. Louis XIII remercie les meurtriers : « Grand merci à vous, à cette heure, je suis roi ! ».

Enterré discrètement dans l'église Saint-Germain-l'Auxerrois, le corps de Concini est exhumé par la populace parisienne, et traîné dans les rues de Paris, puis profané. Après avoir été lapidé et bâtonné, il est pendu par les pieds à l’une des potences qu’il avait fait élever sur le pont Neuf, puis dépecé et ses restes brûlés. Sa femme est jugée pour trahison, sorcellerie, juiverie, pratique de la magie réprouvée et de l'astrologie judiciaire. Condamnée pour crime de « lèze-majesté divine et humaine », elle est exécutée en place de Grève à Paris le . Leurs biens, notamment le château de Lésigny et l’hôtel parisien de la rue de Tournon, sont confisqués et attribués au duc de Luynes

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L'assassinat du marquis d'Ancre (Concini).

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Le roi se rend à Pau en Béarn, dont il est le souverain, pour y rétablir la religion catholique comme religion officielle. Dès lors, il entend mettre fin aux privilèges politiques et militaires dont bénéficient les protestants depuis l'édit de Nantes et imposer le catholicisme d'État à tous ses sujets. De 1620 à 1628 (siège de La Rochelle mené par Richelieu et, en grande partie, par Antoine Coëffier de Ruzé d'Effiat), il combat les protestants puis détruit les fortifications de leurs places-fortes.

Il mène une première campagne contre les protestants en 1621 et permet la prise de Saint-Jean-d'Angély, mais échoue devant Montauban en grande partie du fait de l'incompétence du duc de Luynes.

Malgré la promulgation de l'édit de Nantes en 1598 par son père Henri IV, le jeune monarque de vingt ans décide le de mettre fin à la fronde montalbanaise. Le , le roi s'installe au château de Piquecos et entame le siège de la ville défendue par son cousin le duc de Rohan. Le roi catholique tentera en vain de venir à bout de la ville huguenote et le siège ne cessera que quatre mois plus tard avec la victoire des Montalbanais.

Les hostilités reprennent en 1622. Le , par une habile manœuvre, le roi écrase Benjamin de Rohan, seigneur de Soubise, réfugié dans l'île de Riez. Puis il attaque son frère le duc de Rohan retranché dans Montpellier. Finalement, un accord est conclu entre les deux parties, le au bout de deux mois de siège. Louis XIII signe l'édit de Montpellier confirmant l'édit de Nantes avec l'extension de la liberté d'exercice de culte des catholiques et protestants, et la limitation à deux du nombre de leur places de sûreté (La Rochelle et Montauban). La fin de sa reconquête du Royaume est conclue par la signature de l'édit de la paix d'Alès, le , cette ville étant la dernière place forte des huguenots à s'être rendue au roi après La Rochelle. L'édit d'Alès (ou édit de grâce), bien que laissant la liberté de conscience aux protestants, leur abroge toute autorité militaire et politique : leurs places fortes sont détruites, leurs assemblées définitivement interdites. Ainsi, la souveraineté de Louis XIII se renforce, comme s'en félicite Richelieu : « autrefois, on faisait des traités avec les huguenots, maintenant le roi accorde sa grâce. »

Louis XIII, décidé à participer davantage aux affaires de l’État et de se lier à un seul ministre, gouverne avec Brulart de Sillery et son fils, le marquis de Puisieux, ainsi qu’avec La Vieuville qui sont vite disgraciés pour incompétence.

En 1624, Marie de Médicis parvient à faire entrer au conseil du roi le cardinal de Richelieu, prélat qui a été le représentant du clergé aux états généraux de 1614 et ministre du gouvernement Concini. La plupart des historiens mettent en évidence l'étroitesse des relations entre Louis XIII et Richelieu qui écrit : « Je soumets cette pensée comme toutes les autres à votre majesté » pour signifier au roi qu'il ne tentera jamais de gouverner à sa place. La relation du Roi avec Richelieu est assez complexe et a sans doute évolué avec le temps vers une affection réelle. Il est l'auteur de cet éloge sur le cardinal : « Le cardinal de Richelieu est le plus grand serviteur que la France ait eu ».

Les deux hommes partagent une même conception de la grandeur de la France et des priorités qui s’imposent dans le domaine politique. Mais le Cardinal, beaucoup plus posé et responsable, semble respecter beaucoup plus la fonction que l'homme. Le programme politique de Richelieu se décline de plusieurs manières : l'abaissement des grands féodaux, la rationalisation du système administratif et la lutte contre la maison de Habsbourg à l'extérieur (guerre de Succession de Mantoue, guerre franco-espagnole, guerre de Trente Ans).

Richelieu combat les protestants moins d'une façon planifiée que pour assurer l'autorité de l'État. Toutes les guerres contre les huguenots sont déclenchées par le soulèvement d'un de leurs chefs (duc de Rohan, Benjamin de Rohan). Même le siège de La Rochelle n'est sans doute pas souhaité jusqu’à ce que Rohan déclenche les hostilités. La reddition de cette dernière ville, après un très long siège qui s'achève en 1628, est suivie de la promulgation de l’édit de grâce d’Alès (), interdisant les assemblées politiques et supprimant les places de sûreté protestantes, mais maintenant la liberté de culte dans tout le Royaume sauf à Paris.

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Le cardinal de Richelieu, principal ministre d'État, portraituré par Philippe de Champaigne en 1633.

Louis XIII doit faire face à l’hostilité d’une partie de la famille royale à l'égard de Richelieu et de sa politique anti-espagnole.

Il se brouille avec sa femme. Après 11 ans de mariage, le couple, qui s'entend mal, n'a toujours pas donné d'héritier à la couronne. En 1626, la reine, poussée par la duchesse de Chevreuse, participe au complot de Chalais, ayant pour but de destituer le roi et mettre son frère et héritier, le duc Gaston d'Orléans, sur le trône. À partir de cette date, le couple vit séparé.

Dès le début de l'implication de la France dans la guerre de Trente Ans (1635), Anne d'Autriche tente de renseigner secrètement l'Espagne sur les dispositions militaires et politiques françaises (bien qu'elle soit tenue à l'écart de toutes les décisions du roi). La trahison est découverte mais l'affaire est finalement étouffée par le roi lui-même, qui est trop pieux pour penser sérieusement à un divorce de répudiation, qui provoquerait en outre des difficultés avec le Saint-Siège.

Il écarte également définitivement sa mère lors de la « journée des Dupes » (), pendant laquelle la cour croit le cardinal congédié, à la suite d’une violente altercation entre le roi et la reine mère. Cette journée se termine par l'exil de la reine mère à Moulins (le roi ne la revit plus jamais), l'emprisonnement du chancelier Michel de Marillac et l'exécution du frère de celui-ci, le maréchal de Marillac, pour des motifs fallacieux, le procès étant dirigé par des hommes du cardinal.

Le choix de Richelieu est fondamental pour comprendre la politique de Louis XIII. Deux partis s'affrontent : celui de la raison d'État de Richelieu ; celui des dévots de Médicis. Ces derniers réclament une politique en faveur des Habsbourg pour faire triompher le catholicisme en Europe. Faire le choix du cardinal, c'est faire le choix de placer les intérêts de l'État au-dessus de la religion.

Louis XIII doit mater plusieurs révoltes organisées par son frère et héritier, Gaston d'Orléans, et faire enfermer nombre de ses demi-frères comme le duc de Vendôme. Conscient des dilemmes qui agitent le roi, Pierre Corneille lui dédie plusieurs répliques du Cid.

Le roi veut aussi rabaisser l'orgueil des Grands du Royaume et se montre inflexible à plusieurs reprises, ordonnant l'exécution du comte de Montmorency-Bouteville pour avoir violé l'interdiction des duels et celle du duc de Montmorency pour révolte. La légende qui fait de Louis XIII un fantoche soumis à Richelieu a pour origine le refus de nombre de contemporains de donner au roi le crédit des nombreuses exécutions qui eurent lieu sous son règne.

Louis XIII veut que les enfants de la noblesse, trop souvent rebelles, soient réunis non loin de Paris et crée en 1638 le collège de Juilly pour leur inculquer l'amour de leur roi dans un lieu où il pourra leur rendre visite régulièrement.

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Louis XIII en costume de sacre, par Philippe de Champaigne, Royal Collection.

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Anne d'Autriche en costume de sacre (portrait des années 1620).

Anne d'Autriche (en espagnol Ana María Mauricia de Austria y Austria), infante d’Espagne, infante du Portugal, archiduchesse d’Autriche, princesse de Bourgogne et princesse des Pays-Bas, née le à Valladolid en Espagne et morte le à Paris d’un cancer du sein, est reine de France et de Navarre de 1615 à 1643 en tant qu’épouse de Louis XIII, puis régente de ces deux royaumes pendant la minorité de son fils Louis XIV (de 1643 à 1651). Fille du roi Philippe III (1578-1621), roi d’Espagne (1598-1621), et de l’archiduchesse Marguerite d'Autriche-Styrie (1584-1611), Anne d'Autriche est la mère de Louis XIV, le « roi Soleil », et de Philippe, duc d’Orléans.

Anne est l’aînée du couple royal espagnol. Contrairement à l’usage du temps qui prônait une séparation des enfants de leurs parents, Anne mène une vie calme et ordonnée, entourée de l’affection de sa famille1. Elle reçoit le prénom Anne en souvenir de sa grand-mère, la reine Anne d'Autriche, quatrième épouse du roi Philippe II, ceux de Marie en l'honneur de la Vierge et Mauricia car elle est née le jour de la saint Maurice. Elle est baptisée le par l'archevêque de Tolède, Bernardo de Sandoval y Rojas. Son parrain est Ranuce Ier Farnèse, duc de Parme et sa marraine est Catalina de la Cerda, épouse du duc de Lerma, favori du roi Philipe III. Elle grandit au palais royal de l’Alcázar à Madrid où ses parents, très pieux, lui donnent une forte éducation religieuse. La jeune Anne visite des couvents et passe des journées entières penchée sur des reliques. Elle s’attache à ses frères et sœurs et plus particulièrement à Philippe (futur Philippe IV d’Espagne) et à Marie-Anne. Mais la famille royale espagnole subit un drame en 1611 : la reine Marguerite meurt subitement à l’âge de 26 ans en mettant au monde son huitième enfant. Malgré son chagrin, la jeune infante s’occupe de ses frères et sœurs, qui l’appellent « Maman ». Elle peut tout de même se reposer sur l’attention que lui porte le roi, son père.

La Cour espagnole prend l'initiative de proposer le double mariage franco-espagnol. Henri IV, considérant les Habsbourg comme les ennemis héréditaires du royaume de France, tergiverse et songe plutôt à marier son héritier à Nicole de Lorraine, héritière des duchés de Lorraine et de Bar, ce qui donnerait naturellement pour frontières à la France le massif vosgien (sans parler de la riche production de sel). Mais à sa mort, sa veuve, Marie de Médicis, soutenue par le parti dévot, assume un retournement de politique, faisant de l'alliance espagnole un gage de paix entre les deux grandes puissances catholiques. De son côté Philippe III espère que la présence de sa fille à la Cour de France peut constituer un atout pour soutenir les intérêts de l'Espagne et donne à sa fille des instructions secrètes.

Fiancée à l'âge de dix ans, Anne épouse par procuration, le à Burgos, Louis XIII, roi de France et de Navarre ; lors de cette cérémonie, Louis XIII est représenté par le duc de Lerme. Le même jour, à Bordeaux, Élisabeth, sœur de Louis XIII, épouse par procuration l'infant Philippe, représenté par le duc de Guise. Les princesses ont ensuite été « échangées » à côté de l'île des Faisans, située sur la Bidassoa, près d'Hendaye. Le mariage en France d'Anne d'Autriche et Louis XIII est célébré à Bordeaux le 21 novembre suivant.

Bien que les jeunes mariés n'aient que quatorze ans, Marie de Médicis, alors régente, ne veut pas qu'on puisse remettre en question cette union et s'ingénie à ce que ce mariage soit immédiatement consommé, pour des raisons politiques. Cependant, du fait de l'inexpérience des mariés, la nuit de noces semble s'être assez mal passée.

Le jeune roi, ayant vécu cette nuit comme une véritable humiliation, en garda longtemps rancune à sa mère, et n'entretint plus avec son épouse de rapports charnels pendant les quatre années suivantes, lui rendant néanmoins visite matin et soir, comme le voulait la coutume de l'époque.

Installée dans les appartements du Louvre avec sa suite, Anne d'Autriche, délaissée, reçoit cependant tous les égards dus à son rang. D'une part, Marie de Médicis continue à porter avec hauteur le titre de reine de France, sans la moindre déférence à l'égard de sa belle-fille8. D'autre part, Louis XIII continue de se désintéresser d'elle, bien qu'elle soit considérée comme une belle femme. Le roi, de nature complexe, est timide, ce qui l'empêche de s'accorder avec elle. Entourée par une petite cour peuplée d'une centaine de dames espagnoles, elle continue à vivre à la mode espagnole et son français est encore très hésitant. Anne éprouve ainsi des difficultés à communiquer avec sa nouvelle famille. Enfin, Anne d'Autriche partage avec son époux une timidité et une inexpérience qui n'arrangent pas la situation.

L'assassinat de Concini et le coup d'État de Louis XIII contre sa mère en 1617 font évoluer cette situation. Conscient du problème diplomatique et dynastique que cause l'indifférence du roi à l'égard de la reine, le duc de Luynes, nouveau favori, tente d'y remédier. Tout d'abord, il fait chasser la cour espagnole d'Anne d'Autriche et remplacer les dames d'atours espagnoles par des françaises. La comtesse Inés de la Torre, Première dame d'honneur, est remplacée par Marie de Rohan, la propre femme du duc de Luynes (la future duchesse de Chevreuse), surintendante de la maison de la Reine. On trouve également dans son entourage la princesse de Conti, Madame du Vernet (une sœur de Luynes) et Gabrielle-Angélique de Verneuil, la fille d'Henri IV et d'Henriette d'Entragues). Le duc organise des rendez-vous intimes entre Anne et le roi. Sous l'influence de Mme de Luynes, la reine commence à s'habiller et à se comporter comme une française. On lui fait porter des décolletés. Elle ne portait jusque-là que des robes espagnoles ne laissant voir aucune partie du corps. On considérait d'ailleurs Anne comme trop rigide et trop prude. Au printemps 1619, Luynes finit par forcer le roi à coucher avec la reine. À partir de ce moment, les relations entre Anne et Louis XIII ne cessent de s'améliorer et Louis reste longuement à son chevet lors de sa grave maladie en . Toutefois, Anne n'est pas admise au Conseil, alors que la reine mère y siège, la privant de tout rôle politique, contrariant les volontés de son père.

 

Le roi ne trouve pas le bonheur dans son mariage avec Anne d'Autriche. Avant de lui donner deux enfants, Louis XIII a entretenu avec son épouse une relation tendue. L'indifférence voire la méfiance que le roi éprouvait pour elle, ont conduit les historiens à s'interroger sur sa sexualité. Selon certains d'entre eux, le roi aurait pu avoir des « tendances homosexuelles », mais il n'existe pas de preuve qu'il se soit engagé dans des relations charnelles avec des favoris masculins. Les deux plus célèbres sont le duc de Luynes, et le marquis de Cinq-Mars. Louis XIII est également lié à deux femmes : Louise Angélique de La Fayette et Marie de Hautefort.

GENEALOGIE  LE GAC - PECHEU :  DE ALAIN IX DE ROHAN ET MARGUERITE DE BRETAGNE A HENRI IV... LOUIS III ET LOUIS XIV.
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La lune de miel dure peu. La mésentente s'installe à nouveau entre les souverains. Tout d'abord, Anne fait plusieurs fausses couches, mécontentant le roi. Le , enceinte sans le savoir, alors qu'elle joue avec ses dames d'atours dans les galeries du Louvre mal éclairées, Anne bute contre une estrade. Le soir, un médecin lui annonce qu’elle a accouché d’un embryon de quarante à quarante-deux jours. Louis XIII est furieux contre elle, mais plus encore contre Mme de Luynes, impardonnable à ses yeux d'avoir entraîné la reine enceinte dans une telle imprudence. À partir de cette époque, le roi supporte de plus en plus mal l'influence déplorable que Mme de Luynes exerce sur son épouse. L'antipathie de la duchesse pour le roi est réciproque et lourde de conséquences pour le couple royal. La situation se détériore d'autant plus que le duc de Luynes, responsable de l'entente conjugale, est mort l'année précédente et que le roi est accaparé par la guerre contre les protestants.

Le roi écarte pour un temps Marie de Rohan en lui retirant les fonctions de surintendante auprès de la reine. Mais son remariage avec le duc de Chevreuse, un membre de la puissante Maison de Lorraine, la rend intouchable. Anne continue de fréquenter la duchesse ou à correspondre avec elle lorsqu'elle en est réduite à l'exil. La duchesse qui n'aime pas le roi exerce une influence pernicieuse sur Anne.

En 1625, une alliance matrimoniale est conclue entre la France et l'Angleterre. Le Madame de France, sœur de Louis XIII, épouse par procuration le nouveau roi d'Angleterre Charles Ier. Le duc de Buckingham, favori du feu roi, est chargé d'escorter la princesse. Selon l'usage, la Cour de France accompagne Henriette jusqu'à la frontière. Anne d'Autriche est du voyage ainsi que la reine mère (Louis XIII est resté à Paris). C'est au cours de ce voyage que Buckingham fait une cour pressante à Anne. À l'étape d'Amiens, le , l'amie de la reine, la duchesse de Chevreuse, s'arrange pour isoler dans le jardin de l'archevêché Anne et Buckingham du reste de la Cour. Selon les Mémoires de Pierre de La Porte, valet de chambre de la reine, le duc se montre entreprenant, Anne pousse un cri. Selon les Historiettes de Tallemant des Réaux, le duc « culbuta la reine et lui écorcha les cuisses ». La suite royale accourt alors que Buckingham s'éclipse. Finalement le , le duc de Buckingham embarque à Boulogne avec la jeune épouse du roi Charles.

L'incident d'Amiens fait le tour des Cours européennes et touche fatalement l'amour-propre de Louis XIII, alors que les relations conjugales du couple sont déjà tendues. Buckingham se voit interdire le sol français. Plus tard, La Rochefoucauld invente dans ses mémoires cette histoire de ferrets offerts au duc, laquelle sera reprise par Alexandre Dumas dans Les Trois Mousquetaires.

La mésentente perdure entre les souverains. En effet, l'absence d'héritier direct après seize ans de mariage constitue la première des raisons de mésentente et fragilise la dynastie, car la reine mère Marie de Médicis ou le frère du roi Gaston de France, héritier présomptif, échafaudent des intrigues à l'intérieur ou à l'extérieur du royaume. De plus, la présence, au plus près du roi, de son ministre Richelieu, acteur de la lutte contre la maison d'Autriche, constitue une autre raison. Or si la Reine n'a pas d'influence politique (elle ne participe pas au Grand Conseil), elle n'en reste pas moins proche de sa famille espagnole et ressent vis-à-vis du ministre une hostilité qu'elle partage avec le parti dévot et les Grands du royaume.

Toujours sous l'influence de la duchesse de Chevreuse, la reine se laisse entraîner dans l'opposition, défiant la politique absolutiste du cardinal de Richelieu, nouveau Premier ministre du roi à partir de 1624. La duchesse de Chevreuse la compromet dans plusieurs complots contre celui-ci. Plusieurs rumeurs de trahison visent la reine, mais sans réel élément à charge, notamment concernant sa participation aux conspirations de Chalais, puis de Cinq-Mars.

En 1635, la France déclare la guerre à l'Espagne, plaçant Anne d'Autriche dans une position encore plus délicate. En effet, la correspondance secrète qu'elle entretient avec le roi d'Espagne Philippe IV, son frère, va au-delà des nécessités de la simple affection fraternelle. Deux ans plus tard, en août 1637, Anne est suspectée. Sur l'ordre de Louis XIII, une enquête policière est menée sur les activités de la Reine. On perquisitionne l'abbaye du Val-de-Grâce où Anne a l'habitude de se réfugier. Comble de l'humiliation, Louis XIII l'oblige à signer des aveux concernant cette correspondance, et son courrier est désormais ouvert. Son entourage est épuré (la trop remuante duchesse de Chevreuse doit s'enfuir en Espagne) et ses sorties surveillées.

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Anne d'Autriche montant à cheval, par Jean de Saint-Igny, Versailles.

Malgré ce climat de méfiance, la reine est enceinte peu après. Plusieurs mémorialistes attribuent ce rapprochement inespéré des deux époux à un orage providentiel qui, empêchant Louis XIII de rejoindre Saint-Maur, l'aurait forcé à passer la nuit chez la reine, au Louvre. Si certains placent la semaine « présumée de conception » de Louis XIV au , semaine où le couple royal séjournait à Saint-Germain (ce qui démentirait cette tradition), d'autres affirment que le futur souverain a été conçu le , pile neuf mois avant sa naissance (le ).

Certains attribuent cette naissance aux nombreux pèlerinages que la souveraine effectua à l'église Notre-Dame-de-Bonne-Nouvelle dont elle avait elle-même posé la première pierre en avril 1628, sur l'emplacement d'une ancienne chapelle de l'Annonciation détruite par la Ligue en 1591.
Pour le roi Louis XIII, pour la reine, et le futur souverain Louis XIV, cette naissance tant attendue est le fruit de l'intercession par le frère Fiacre auprès de Notre-Dame de Grâces auprès de laquelle il termine trois neuvaines de prières afin d'obtenir « un héritier pour la couronne de France ». Les neuvaines sont dites par le religieux du 8 novembre au

En janvier 1638, la reine prend conscience qu'elle est à nouveau enceinte. Le la reine ceint la relique de la ceinture de la Vierge du Puy-Notre-Dame. Le lendemain, le roi et la reine reçoivent officiellement le frère Fiacre pour s'entretenir avec lui sur les visions qu'il dit avoir eues de la Vierge Marie et de la promesse d'un héritier pour la couronne. À l'issue de l'entretien, le roi missionne officiellement le religieux pour aller à l'église Notre-Dame-de-Grâces de Cotignac, en son nom, faire une neuvaine de messes pour la bonne naissance du dauphin.

Le 10 février, en remerciements à la Vierge pour cet enfant à naître, le roi signe le Vœu de Louis XIII, consacrant le royaume de France à la Vierge Marie, et faisant du 15 août un jour férié dans tout le royaume. En 1644, la reine faisant venir auprès d'elle le frère Fiacre lui dira : « Je n'ai pas perdu de vue la grâce signalée que vous m'avez obtenue de la Sainte Vierge, qui m'a obtenu un fils ». Et à cette occasion, elle lui confie une mission personnelle : porter un présent à la Vierge Marie dans l’église Notre-Dame-de-Grâces de Cotignac, en remerciement de la naissance de son fils. En 1660, Louis XIV et sa mère se rendront en personne à Cotignac pour y prier et remercier la Vierge, puis en 1661 et 1667, le roi fera porter des présents au sanctuaire de Cotignac par le frère Fiacre, en son nom.

Après deux (ou quatre) fausses couches, Louis Dieudonné naît le , à Saint-Germain-en-Laye. Cependant, cette naissance, suivie de celle de son frère Philippe, ne suffit pas à rétablir la confiance entre les deux époux.

Richelieu meurt le , suivi par Louis XIII le . Selon la tradition, Anne d'Autriche est nommée régente du royaume (le ). Pourtant, Louis XIII, qui n'avait aucune confiance en la reine et en son frère, a préalablement organisé auprès d'elle un Conseil de régence comprenant Monsieur, Gaston de France, et Henri de Condé en tant que premier prince de sang, assistés des ministres de Richelieu, Mazarin, Le Bouthiller, Chavigny et le chancelier Séguier. Les décisions doivent être prises à la pluralité des votes. Cinq jours après la mort de son mari, et avec l'aide du chancelier, Anne convoque le Parlement de Paris en lit de justice et fait casser le testament de Louis XIII, qui limitait ses prérogatives. Les membres du Parlement en profitent pour stigmatiser l'absolutisme du règne précédent, augurant des révoltes futures de l'Institution.

La régente quitte alors les appartements incommodes du Louvre et s'installe au Palais-Cardinal, légué par Richelieu à Louis XIII, pour profiter du jardin où peuvent jouer le jeune Louis XIV et son frère. Le Palais-Cardinal devient le Palais-Royal.

À la stupéfaction générale, elle nomme le cardinal Mazarin, déjà présent dans le Conseil de régence, comme son principal ministre. On la soupçonne d'ailleurs d'avoir ultérieurement contracté un mariage secret avec lui, sans qu'aucun élément probant ne soit jamais apporté. Anne écarte Le Bouthillier et son fils Chavigny, mais garde Séguier. La faveur de Mazarin et la poursuite de la guerre contre l'Espagne engendrent des déceptions parmi les Grands du royaume. Anne marque aussi une distance vis-à-vis de ses amies (la duchesse de Chevreuse, Marie de Hautefort) rentrées d'exil.

Une première cabale menée par le duc de Beaufort est matée par Mazarin. Beaufort est envoyé en prison et ses comparses sont réduits à l'exil.

Inexpérimentée, la Régente a l'intelligence de s'appuyer sur les avis de son ministre et de le soutenir. Prenant conscience qu'elle se doit de laisser à son fils un royaume fort, elle adhère à la politique d'abaissement de la Maison d'Autriche que Mazarin poursuit sur les traces de Richelieu. Mazarin prend également en charge l'éducation politique et militaire du jeune roi, Anne se réservant l'éducation religieuse et morale.

Face à la révolte du Parlement, Anne d'Autriche est tentée d'employer la force, mais Mazarin lui conseille la modération. En , la reine mère et son fils, âgé de 11 ans, quittent le palais du Louvre, par la porte de la Conférence, pour Saint-Germain et laissent Condé investir la capitale. L'apaisement obtenu par le traité de Saint-Germain est fragile et n'évite pas la révolte des princes, puis l'alliance des deux Frondes déclenchant une guerre civile perdurant jusqu'en 1652.

Durant ce long conflit, Anne d'Autriche accompagne son fils dans une vie itinérante, laissée aux hasards des campagnes. Elle s'appuie sur Mazarin qu'elle soutient, y compris pendant les deux exils volontaires de ce dernier, et ceci malgré les humiliations et les pamphlets perfides qui l'atteignent personnellement.

Le , Louis XIV atteint la majorité fixée à treize ans. Deux jours plus tard, devant le Parlement, Anne d'Autriche transmet officiellement les pouvoirs régaliens à son fils qui lui répond :

« Madame, je vous remercie du soin qu'il vous a plu de prendre de mon éducation et de l'administration de mon royaume. Je vous prie de continuer à me donner vos bons avis, et je désire qu'après moi vous soyez le chef de mon Conseil »

Anne continue à siéger auprès du roi jusqu'à la mort de Mazarin en 1661.

En 1661, après le décès de Mazarin, elle s'affirme comme le principal soutien de la Compagnie du Saint-Sacrement, et se retire régulièrement dans l'abbaye du Val-de-Grâce et ne participe pas à la politique.

Anne, qui a toujours joui d'une bonne santé, est atteinte d'un cancer du sein à 64 ans et s'éteint le . Le roi, qui attendait dans l'antichambre pendant l'agonie de sa mère, s'évanouit en l'apprenant.

Alors qu'un conseiller tente de réconforter Louis XIV en lui disant « Ce fut une grande Reine ! », Louis répond solennellement : « Non monsieur, plus qu'une grande Reine, elle fut un grand Roi ».

Les contemporains expriment également leur admiration, comme Mlle de Scudéry, auteur des vers suivants :

Elle sut mépriser les caprices du sort,
Regarder sans horreur les horreurs de la mort,
Affermir un grand trône et le quitter sans peine ;
Et pour tout dire enfin, vivre et mourir en reine.

Peu avant de mourir, elle demande expressément à ne se faire retirer que le cœur, qui est porté à la chapelle Sainte-Anne (nommée la « chapelle des cœurs » renfermant les cœurs embaumés de 45 rois et reines de France) de l'église Notre-Dame du Val-de-Grâce. En 1793, lors de la profanation de cette chapelle, l'architecte Louis François Petit-Radel s'empare de l'urne reliquaire en vermeil contenant notamment le cœur d'Anne d'Autriche, le vend ou l'échange contre des tableaux à des peintres qui recherchaient la substance issue de l'embaumement ou « mummie » — très rare et hors de prix — alors réputée, une fois mêlée à de l'huile, pour donner un glacis incomparable aux tableaux. Son Oraison funèbre fut prononcée par Cosme Roger, prêtre et moine feuillant.

Après vingt-deux ans de stérilité, Anne donne un héritier au royaume de France puis un second enfant à Louis XIII dont la santé fragile et la religiosité expliquent une entente conjugale difficile :

  1. Louis Dieudonné (1638-1715), roi de France et de Navarre (1643-1715) sous le nom de Louis XIV, épouse en 1660 sa cousine Marie-Thérèse d'Autriche, infante d'Espagne (1638-1683), d'où six enfants, puis secrètement Françoise d'Aubigné, veuve Scarron, marquise de Maintenon (1635-1719) ;
  2. Philippe de France (1640-1701), duc d'Anjou, puis duc d'Orléans, Monsieur, épouse en 1661 sa cousine la princesse Henriette d'Angleterre (1644-1670) d'où six enfants, puis en 1671 Élisabeth-Charlotte du Palatinat (Liselotte) (1652-1722) d'où trois enfants

Depuis François Ier, le royaume de France est encerclé par les possessions des Habsbourg (Espagne, Saint-Empire, Pays-Bas, influence en Italie, colonies…). Plusieurs guerres ou complots ont opposé les Habsbourg aux Valois, en particulier au moment des guerres de religion. Henri IV au moment de son assassinat en 1610 était sur le point de faire alliance avec les protestants pour relancer la guerre contre la très catholique Espagne. Pendant la régence, à cause de la peur d'une nouvelle guerre, sa veuve Marie de Médicis se rapproche du parti pro-espagnol et conclut deux alliances matrimoniales avec les enfants de Philippe III (1612). En 1615, Louis XIII épouse Anne d'Autriche, et Élisabeth le dauphin Philippe, prince des Asturies.

Mais la France redoute toujours la politique impérialiste des Habsbourg, notamment en Allemagne, et se fait défenseur des « libertés germaniques ». Sur les conseils de Richelieu, Louis XIII attend l'occasion favorable pour desserrer la domination diplomatique et reprendre le projet de son père, la guerre contre l'Espagne plusieurs fois reportée. Or, les Habsbourg sont en difficulté dans l'Empire face aux protestants lors de la guerre de Trente Ans. De plus, le redressement de la France par Richelieu amène l'accroissement des tensions franco-espagnoles.

À partir de 1631, la diplomatie française se rapproche des ennemis de l'Espagne, et particulièrement des puissances protestantes qu'elle finance. D'abord, les deux pays se contentent d'une guerre froide (passage du pas de Suse et guerre de Succession de Mantoue). L'année 1635 marque un véritable tournant : la France déclare la guerre ouverte à l'Espagne. Le roi est dans une position délicate, d'un point de vue politique comme religieux, puisqu'il se retrouve en conflit avec deux souverains catholiques Habsbourg : le roi Philippe IV d'Espagne ainsi que Ferdinand III, roi de Hongrie et de Bohême, puis empereur en 1637. L'allié du monarque Bourbon est le protestant Gustave II, roi de Suède.

Militairement, jusqu’à la fin de son règne, Louis XIII est engagé dans une terrible guerre durant laquelle il commande plusieurs fois personnellement (siège de Corbie). Il occupe ainsi la Catalogne révoltée dans la guerre des faucheurs (1641). Après ces quelques années difficiles, l'armée française vient peu à peu à bout de l'armée espagnole.

Le souci majeur de Louis XIII, durant son règne, est d'être de nombreuses années sans héritier mâle. D'une santé médiocre, secoué par de violentes maladies, le roi manque à maintes reprises de mourir subitement sans héritier : cela entretient chez les prétendants au trône de grandes espérances (Gaston d'Orléans, le comte de Soissons, le comte de Moret…). La très difficile relation qu'entretient le roi avec la reine augmente les espoirs de ces princes, qui, toujours mêlés à des complots (notamment la conspiration de Chalais), espèrent bien que le roi n'ait jamais d'héritier.

Après presque vingt-trois ans de mariage stérile ponctués de plusieurs fausses couches, la naissance inattendue de l'héritier du trône est considérée comme un don du ciel, ce qui lui vaut d'être aussi prénommé Louis-Dieudonné. Si l'historien Jean-Christian Petitfils propose la date du 23 ou du , semaine où le couple royal séjournait à Saint-Germain, comme date de la « conception du dauphin », d'autres auteurs affirment que le dauphin a été conçu le , dans le palais du Louvre (le tombe d'ailleurs exactement neuf mois avant sa naissance, le ).

Pour le roi Louis XIII comme pour la reine (et plus tard le futur souverain Louis XIV), cette naissance tant attendue est le fruit de l'intercession faite par le frère Fiacre auprès de Notre-Dame de Grâces auprès de laquelle le religieux réalise trois neuvaines de prières afin d'obtenir « un héritier pour la couronne de France ». Les neuvaines sont dites par le frère Fiacre du au .

En , la reine prend conscience qu'elle est à nouveau enceinte. Le , le roi et la reine reçoivent officiellement le frère Fiacre pour s'entretenir avec lui sur les visions qu'il dit avoir eu de la Vierge Marie et de la promesse mariale d'un héritier pour la couronne. À l'issue de l'entretien, le roi missionne officiellement le religieux pour aller à l'église Notre-Dame-de-Grâces de Cotignac, en son nom, faire une neuvaine de messes pour la bonne naissance du dauphin.

Le , en remerciement à la Vierge pour cet enfant à naître, le roi signe le « Vœu de Louis XIII », consacrant le royaume de France à la Vierge Marie, et faisant du 15 août un jour férié dans tout le royaume. En 1644, la reine faisant venir auprès d'elle le frère Fiacre lui dira : « Je n'ai pas perdu de vue la grâce signalée que vous m'avez obtenue de la Sainte Vierge, qui m'a obtenue un fils ». Et à cette occasion, elle lui confie une mission personnelle : porter un présent (à la Vierge Marie) dans le sanctuaire de Cotignac, en remerciement de la naissance de son fils. En 1660, Louis XIV et sa mère se rendront en personne à Cotignac pour y prier et remercier la Vierge, puis en 1661 et 1667, le roi fera porter des présents à l'église de Cotignac, par le frère Fiacre, en son nom.

L'attitude du roi, à la naissance de Louis le , diffère selon les mémorialistes : Tallemant des Réaux dit que le roi considéra son fils d'un œil froid, puis se retira. Tous les autres mémorialistes, dont l'ambassadeur de Venise Contarini qui était présent, disent que le roi tomba à genoux devant son fils et l'embrassa. Louis XIII et Anne d'Autriche ont en 1640 un second fils, Philippe, le futur duc d'Orléans. Ces deux naissances écartent du trône le comploteur impénitent qu'était Gaston d'Orléans, le frère du roi, et limitent les complots à ceux qui veulent prendre la place du Cardinal, malade (conspiration de Cinq-Mars).

GENEALOGIE  LE GAC - PECHEU :  DE ALAIN IX DE ROHAN ET MARGUERITE DE BRETAGNE A HENRI IV... LOUIS III ET LOUIS XIV.

Le Vœu de Louis XIII, par Philippe de Champaigne (1638)

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Portrait du cardinal Mazarin, par l’atelier de Pierre Mignard, 1658-1660, Chantilly, musée Condé.

Après la mort du cardinal, en , le roi décide de se réconcilier avec certains des anciens conspirateurs comme son demi-frère, César de Vendôme et ses fils, le duc de Mercœur et le duc de Beaufort. Toutefois, il poursuit la même politique. Il fait entrer au conseil d'État un des proches collaborateurs de Richelieu, le Cardinal Mazarin, qui devient vite premier ministre de fait.

Après six semaines de terribles coliques et vomissements, Louis XIII meurt le , soit 33 ans jour pour jour après son père Henri IV (assassiné le ) et son accession au trône. Le roi meurt à 41 ans, des conséquences d'un mal aujourd'hui identifié comme la maladie de Crohn. Il est toutefois probable que cette maladie chronique n'ait fait que l'affaiblir et que le coup de grâce lui ait été donné par son médecin, Bouvard, qui laisse le bilan de trente-quatre saignées, mille deux cents lavements et deux cent cinquante purges pratiqués sur le roi dans les deux dernières années de sa vie. Son corps est porté à la basilique Saint-Denis sans aucune cérémonie, selon son propre désir pour ne pas accabler son peuple d'une dépense excessive et inutile. Juste avant de mourir, Louis XIII rédige un testament visant à limiter les prérogatives de sa femme, la nouvelle Régente. Anne d'Autriche n'en tient pas compte et le fait casser dès qu'elle en a connaissance.

La vie conjugale de Louis XIII est alternée de plusieurs phases. Anne d'Autriche, son épouse, est délaissée après la nuit de noces ; le jeune Louis XIII éprouve « de la honte et une haute crainte », selon les mots d'Héroard, à aller voir la reine, contrairement à beaucoup de ses prédécesseurs. Son jeune âge (14 ans) peut justifier ses appréhensions. Il faut attendre 1619 pour que le mariage soit vraiment consommé. Toutefois, la plupart des historiens et des romanciers qui soutiennent la thèse d'une non consommation du mariage de Louis XIII et Anne d'Autriche avant la naissance de Louis XIV oublient que la reine fit trois fausses couches, dont l'une consécutive à une chute accidentelle dans un escalier. Des études génétiques récentes prouvent que Louis XIV descendait bien d'Henri IV, garantissant ainsi qu'un fils d'Henri IV est bien le père de Louis XIV.

Sa santé fragile et sa religiosité peuvent expliquer pour partie cette distance vis-à-vis d'une épouse imposée par sa mère. Sa méfiance politique (justifiée) joue un rôle au moins aussi important. Autre raison, le souvenir de la mésentente politique et conjugale entre ses parents : outre sa position anti-espagnole, Marie de Médicis reprochait à Henri IV ses infidélités ouvertes (Louis avait été élevé avec ses demi-frères). Le roi est réputé austère. Son rejet des vanités entraîne chez lui une grande méfiance vis-à-vis des courtisans et de sa femme.

Toutefois, on connaît du roi deux liaisons féminines, toutes deux platoniques il est vrai : l'une avec Marie de Hautefort, future duchesse d'Halluin, l'autre avec Louise de La Fayette, avec laquelle il voulut se retirer à Versailles.

Durant son règne, Louis XIII entretient plusieurs favoris successifs qu'il comble de bienfaits (titres, charges et pensions). Les plus importants sont Luynes (1617-1621), Toiras (1624), Barradas (1625-1626), Saint-Simon (1626-1636) et Cinq-Mars (1639-1642).

Ces hommes partagent le goût du roi pour la chasse ; le roi se lie d'amitié avec eux alors qu'ils ne sont au départ que de simples pages servant dans ses écuries (Barradas, Saint-Simon), ou remplissant un office important dans sa vénerie (Luynes, Toiras). Leur élévation à la cour est rapide, mais ne dure généralement qu'un temps. Après les avoir couverts de bénéfices, le roi finit par se lasser d'eux. Les plus jeunes, comme Barradas et Cinq-Mars, se montrant particulièrement exigeants et irrévérencieux, manipulent le roi, profitent de son aveuglement pour le faire chanter. Cinq-Mars est ainsi décapité en 1642 après avoir comploté contre le cardinal de Richelieu.

L'attachement du roi pour ses favoris a poussé les historiens à s’interroger sur la nature exacte de ces relations. Pierre Chevallier, qui a par ailleurs douté de l'homosexualité d'Henri III, a mis en avant les tendances homosexuelles de Louis XIII ; il évoque le témoignage en , du Vénitien Morosini, qui définit le rôle du maréchal de Toiras : « Non pour les affaires de l’État mais pour la chasse et les inclinations particulières du roi ». Parmi les autres sources, il cite le journal de Jean Héroard, le médecin du roi, dans lequel il relève les inclinations du jeune roi pour les domestiques qui travaillent à son service : il y a Saint-Amour son cocher, Haran son valet de chiens, ou encore Descluseaux, un soldat sous les ordres duquel le jeune roi joue les sentinelles durant la nuit et monte la garde de sa propre chambre, avant d'être fait prisonnier et conduit par lui dans son lit.

De son côté, le sexologue et psychiatre américain Fritz Klein, spécialiste de l'étude de la bisexualité et militant bisexuel, voit le roi Louis XIII comme bisexuel. En revanche, l'historien Jean-Christian Petitfils observe à propos du souverain que « sa psychologie, sa sexualité, son besoin d'affection (…), son attrait pour des écuyers ou des fauconniers plus âgés, ont intéressé quelques psychanalystes, mais les résultats restent décevants, voire problématiques. Faut-il parler d'homosexualité, de déséquilibre psychique, entés sur une enfance malheureuse ? Il n'est pas facile de débusquer Louis le Juste derrière sa timidité et la complexité de son caractère ». En tout état de cause, il n'existe aucun témoignage qui va dans le sens d'une consommation charnelle. La seule source qui existe à cet égard est l'écrivain Tallemant des Réaux qui raconte deux anecdotes dans ses Historiettes. Mais il est impossible de savoir si ce sont des inventions calomnieuses car Tallemant ne cache pas d'utiliser des témoignages de troisième main, en sus d'être un chroniqueur assez hostile à Richelieu. Pour expliquer la non-consommation charnelle, les historiens font valoir les convictions catholiques du monarque, son horreur du péché. À ce sujet, Pierre Chevallier écrit : « Il est possible qu'entre les partisans de la chasteté absolue du roi et ceux qui accordent créance aux anecdotes rapportées par Tallemant, puisse se faire une interprétation plus nuancée et une conclusion intermédiaire ».

Descendance

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Voici, à nouveau, un nouveau personnage de la familles des "ROHAN"...

Marie Aimée de Rohan, plus connue sous son titre de duchesse de Chevreuse (-), fille d'Hercule de Rohan, duc de Montbazon et de Madeleine de Lenoncourt, est une femme de la noblesse française réputée surtout pour son grand charme et ses nombreuses intrigues politiques.

Née en au château de Coupvray, Marie de Rohan est un membre de la famille de Rohan, qui par elle-même et ses branches diverses, posséda longtemps une partie considérable de la Bretagne et de l'Anjou.

Le , Marie de Rohan épouse en premières noces à Paris, Charles, marquis d'Albert, favori de Louis XIII, nommé duc de Luynes en 1619, puis élevé à la dignité de connétable en 1620. Le premier intérêt du favori de Louis XIII est de garder le cœur du roi pour lui et les siens, et de s'emparer aussi de la confiance de la reine Anne d'Autriche, afin d'être maître assuré de toute la cour. Il y introduit donc sa jeune femme en lui donnant pour instruction de s'appliquer à gagner les bonnes grâces de la reine et du roi. Elle y réussit à merveille, et en , Louis XIII, lui-même séduit par la grâce de Marie, la nomme surintendante de la maison de la reine à la place de la connétable de Montmorency. À 18 ans, vive, enjouée et espiègle, elle exerce une forte influence sur la reine, jeune femme brillante mais épouse délaissée qui, à 17 ans et après trois ans de mariage, n'a toujours pas donné d'enfant au roi ni d'héritier à la couronne.

Le naît Louis-Charles d'Albert dont Louis XIII est le parrain. Le couple s'installe près du Palais Cardinal (dont la construction commencera, à la demande de Richelieu en 1622) à l'hôtel de la Vieuville, aujourd'hui disparu . Elle y habitera pendant 37 ans, entrecoupés par les seules périodes d'exil.

Le connétable meurt de « fièvre pourpre », le lors de la campagne menée dans le Sud-Ouest. Marie de Rohan n'avait pas attendu ce décès pour prendre comme amant le duc de Chevreuse, Claude de Lorraine, son aîné de 22 ans. Le a lieu un incident qui lui coûte une demi-disgrâce : entraînée à courir dans une salle du Louvre par Marie et Mlle de Verneuil, fille légitimée de Henri IV, Anne d'Autriche chute et fait une fausse couche. Louis XIII, furieux, l'éloigne de la Cour.

Devenue veuve à 21 ans, et décidée à rétablir sa position, elle se remarie avec son amant dès le , à Paris. Claude de Lorraine a 42 ans mais appartient à une bien plus haute lignée que les Luynes. En effet, devenue membre de la Maison de Lorraine, une maison souveraine, Marie-Aimée de Rohan est intouchable. Le duc de Chevreuse use alors de cette position auprès du roi pour lui faire réintégrer la Cour, chose acquise dès septembre de la même année.

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En 1623, elle devient la maîtresse du comte de Holland venu à Paris pour négocier les fiançailles d'Henriette-Marie de France, sœur de Louis XIII avec l'héritier de la couronne d'Angleterre, Charles. Les deux amants montent une intrigue visant à rapprocher Anne d'Autriche du duc de Buckingham envoyé à Paris en 1625 pour escorter la mariée. À l'étape d'Amiens, la duchesse de Chevreuse s'arrange pour isoler Anne et Buckingham du reste de la Cour. Ce dernier se montre entreprenant, elle s’exclame, la suite royale accourt alors que Buckingham s'éclipse.

La grande affaire de l'année 1626 tourne autour du projet de mariage de Gaston, frère du roi avec la duchesse de Montpensier. Un parti de l'« aversion au mariage » se forme avec quelques grands du royaume qui se transforme en lutte ouverte contre la politique de Richelieu. Simple inspiratrice ou devenue maîtresse du comte de Chalais, Marie de Rohan est éclaboussée par la conspiration montée par ce dernier. En dépit des déclarations de Chalais disculpant la duchesse, Louis XIII exige son renvoi dans le Poitou. Marie, humiliée, se réfugie en Lorraine, le jeune duc Charles IV étant un cousin de son mari et le chef de sa Maison dont elle devient bientôt la maîtresse.

Le séjour de Marie en Lorraine dure un peu plus d'un an au cours duquel elle essaie de renouer les cabales aristocratiques contre Richelieu. Elle mêle intrigues politiques et aventures amoureuses accueillant dans son lit son hôte du moment, puis l'ambassadeur secret de l'Angleterre, lord Walter Montaigu. Elle continue à correspondre en secret avec Anne d'Autriche. Cette agitation n'empêche pas Louis XIII d'élever son mari Claude, resté à la Cour, à la pairie. Les négociations de paix avec l'Angleterre autorisent le retour de la duchesse à Paris fin 1628. Elle y retrouve sa nouvelle et toute jeune belle-mère Marie d'Avaugour que son père vient d'épouser. Les deux femmes ne tardent pas à former avec Anne de Rohan, belle-sœur et cousine de Marie, le clan Rohan, né pour l'intrigue.

Pendant quelques années, la duchesse de Chevreuse se montre cordiale vis-à-vis de Richelieu et peut exercer son influence sur Anne d'Autriche. Après la journée des dupes, le marquis de Châteauneuf est nommé garde des Sceaux. Marie, toujours tentée de jouer un rôle politique, se rapproche de lui et devient sa maîtresse. Châteauneuf intrigue pour remplacer Richelieu. Le , Louis XIII le fait arrêter pour trahison et relègue Marie en Touraine d'où elle continue à correspondre avec la Reine, lui servant à l'occasion de relais avec la Cour d'Espagne. À Tours, elle organise de grandes fêtes dans l'hôtel de la Massetière qu'elle occupe.

Le , Louis XIII déclare la guerre à Philippe IV. Dès lors, les correspondances entre les deux capitales pouvaient apparaître comme une déloyauté. En , Louis XIII et Richelieu découvrent la correspondance secrète d'Anne d'Autriche qui doit s'humilier. Craignant d'être arrêtée, Marie de Rohan quitte Tours déguisée en homme le pour l'Espagne.

Peu à l'aise à la Cour du Roi d'Espagne, Marie décide de se rendre en Angleterre où elle aborde le . Elle y retrouve ses anciens amants, Holland et Montaigu. Elle y fréquente aussi un groupe d'aristocrates français mécontents et comploteurs tout en essayant de retrouver son crédit auprès d'Anne d'Autriche et même de Richelieu. Pour fuir son mari venu la chercher à Londres, elle se réfugie en Flandre espagnole le , donc en pays ennemi. Là, elle a sans doute soutenu le complot du comte de Soissons et trempe peut-être dans la conspiration de Cinq-Mars. Les morts successives de Richelieu, puis de Louis XIII donnent la Régence à Anne d'Autriche qui autorise la duchesse de Chevreuse à rentrer à Paris.

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Le , Marie de Rohan arrive à Paris qu'elle avait quitté dix ans plus tôt. Anne d'Autriche a confié le pouvoir à Mazarin qui, avec plus de souplesse dans la forme, poursuit la politique de Richelieu : guerre contre les Habsbourg à l'extérieur et limitation du pouvoir des Grands à l'intérieur. Inconsciente de l'évolution psychologique de la régente qui soutient désormais Mazarin, soucieuse de conserver pour son fils un État fort, elle intrigue pour écarter le cardinal et mettre à sa place son vieil ami Châteauneuf.

Un complot, connu sous le nom de cabale des Importants, monté par un groupe d'aristocrates mené par le duc de Beaufort visait à éliminer Mazarin. Il échoue le et le lendemain le duc de Beaufort est arrêté, Châteauneuf et d'autres comparses supposés sont exilés en province. Faute de preuve contre son ancienne amie, Anne d'Autriche attend cinq semaines avant de prier la duchesse de Chevreuse de quitter la Cour.

Retirée avec sa fille Charlotte dans son château de Couzières en Touraine, Marie de Rohan continue à y recevoir ses amis suspects aux yeux du cardinal. Anne d'Autriche ayant décidé en de l'éloigner davantage, Marie de Rohan s'enfuit à Saint-Malo puis s'embarque pour l'Angleterre où elle espère être bien accueillie par le roi Charles Ier. Mais ce dernier est en lutte contre les « Têtes rondes » et elle est bloquée avec sa fille pendant deux mois dans l'île de Wight. L'intervention de l'ambassadeur d'Espagne lui permet de rallier les Pays-Bas espagnols où elle s'installe à Bruxelles.

Marie de Rohan est encore à Bruxelles lors du déclenchement de la Fronde parlementaire. Mais elle est encore populaire chez les aristocrates ralliés comme le soulignent les libelles L'Amazone française au secours des Parisiens ou l'approche des troupes de Mme de Chevreuse ou L'Illustre Conquérente ou la Généreuse Constance de Mme de Chevreuse. Le parti des frondeurs lui envoie un petit gentilhomme, marquis de Laigues, proche du coadjuteur de Paris Gondi que la duchesse met dans son lit et qui devient son ultime amant.

Après la paix de Saint-Germain et alors que la Cour séjourne à Compiègne, la duchesse rallie Paris le , sans même attendre la permission de la régente qu'elle obtiendra ultérieurement. De retour à la Cour, elle soutient le parti de Gondi qui devient l'amant de sa fille Charlotte contre les Condé. Marie et sa fille œuvrent au rapprochement de Gondi avec la Cour, ce qui conduit à l'arrestation le de Condé, de son frère Conti et de son beau-frère le duc de Longueville. Marie obtient le retour comme garde des Sceaux de son ancien amant Châteauneuf.

Au début de 1651 l'alliance des deux frondes conduit à l'exil de Mazarin et la libération des princes. L'idée d'un mariage entre Mademoiselle de Chevreuse et le prince de Conti doit sceller le rapprochement des deux familles, mais la duchesse de Longueville fait échouer le projet. L'alliance ne dure pas et Condé se rend odieux. Anne d'Autriche, conseillée à distance par Mazarin, s'entend à détacher Gondi et les dames de Chevreuse de la coalition. Condé entre en dissidence, ce qui entraîne le retour de Mazarin le . Désormais, Marie de Rohan va se tenir à l'écart des derniers soubresauts de la Fronde, effectuant même à la demande de Mazarin quelques négociations secrètes, ce qui lui vaut à son tour quelques mazarinades et la mansuétude d'Anne d'Autriche. Elle a la douleur de perdre sa fille Charlotte en .

Après la Fronde, elle partage son temps entre la Cour où elle tient son rang de duchesse et le château de Dampierre, demeure familiale des Chevreuse. Avec son frère, elle doit se débattre dans des problèmes de succession à la mort de son père, le duché étant menacé d'être mis sous séquestre. Au décès du duc de Chevreuse en 1657, Marie devient veuve pour la seconde fois. Selon Saint-Simon elle épousera secrètement le marquis de Laigues qui ne l'a pas quittée depuis 1649.

L'une de ses dernières initiatives publiques en 1667 l'amène à favoriser le mariage de son petit-fils Charles-Honoré avec une des filles de Jean-Baptiste Colbert, l'homme le plus influent de l'époque après Louis XIV.

Après la mort en 1674 de son vieux compagnon Geoffroy de Laigues, elle se retire au château de Maison-Rouge à Gagny. Elle y meurt le et est enterrée dans l'église paroissiale. Cet édifice sera détruit au milieu du XIXe siècle.

De son premier mariage avec le duc de Luynes, Marie de Rohan eut trois enfants :

De son second mariage avec Claude de Lorraine (1578-1657), 2e duc de Chevreuse, elle eut trois filles, parmi lesquelles deux furent religieuses :

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 Marie de Bretagne d'Avaugour, Duchesse de Montbazon, par un artiste francais, vers 1630]; sur bois, 35 x 27 cm

Marie d'Avaugour, duchesse de Montbazon, née en 1610 et morte le , est une dame de la noblesse bretonne connue pour ses intrigues politiques et galantes.

Marie d'Avaugour est la fille de Claude d'Avaugour et de Catherine Fouquet de La Varenne. Elle est issue de la seconde maison d'Avaugour : elle descend par son père de François d'Avaugour, comte de Vertus, fils bâtard du duc François II de Bretagne.

Elle est la sœur aînée de Mlle de Vertus qu'elle introduit dans le monde, avant que celle-ci ne se voue au jansénisme.

Le , elle se marie avec Hercule de Rohan, duc de Montbazon dont elle a trois enfants :

Hercule de Rohan est gouverneur de Paris ; il est veuf et âgé de 60 ans lorsqu'il épouse la fille du comte de Vertus qui en a alors 18. Il a plusieurs enfants d'un précédent lit, dont Marie, épouse en secondes noces le duc de Chevreuse, de sorte que Mme la duchesse de Montbazon, quoique de dix ans plus jeune que sa belle-fille, était belle-mère de la duchesse de Chevreuse et la maîtresse du duc de Chevreuse, vieil époux de celle-ci.

Belle-mère et belle-fille s'entendent pour lutter contre le cardinal Mazarin, premier ministre pendant la minorité de Louis XIV et, toutes deux ayant intrigué contre le roi, elles sont exilées lors de la Fronde.

La duchesse de Montbazon est connue pour son avarice mais aussi pour sa beauté éblouissante. Ses contemporains comparent sa beauté à celle des statues antiques. Elle est l'objet des commentaires de tous les mémorialistes de son époque :

  • « Elle défaisoit toutes les autres au bal », dit Tallemant des Réaux.
  • Le cardinal de Retz l'a jugée bien sévèrement ; « Mme de Montbazon était d'une très grande beauté. La modestie manquait à son air. Sa morgue et son jargon eussent suppléé, dans un temps calme, à son peu d'esprit. Elle eut peu de foi dans la galanterie, nulle dans les affaires. Elle n'aimait rien que son plaisir et, au-dessus de son plaisir, son intérêt. Je n'ai jamais vu personne qui eût conservé dans le vice si peu de respect pour la vertu. ».
  • « La vie de la duchesse de Montbazon fut obscure, et ses mœurs et sa tête mal timbrée avaient beaucoup fait parler d'elle », Saint-Simon, 260, 109.

La duchesse de Montbazon est évoquée dans une chanson populaire, Y avait dix filles dans un pré (voir aussi la Du Maine).

Elle est notamment la maîtresse de l'abbé de Rancé qui, profondément marqué par la mort de sa sublime maîtresse, se retire du monde puis entre à la Trappe qu'il réforme durablement.

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LOUIS XIV :
Louis XIV par Hyacinthe Rigaud (musée du Louvre)

Louis XIV par Hyacinthe Rigaud (musée du Louvre)

Louis XIV, dit « le Grand » ou « le Roi-Soleil », né le au château Neuf de Saint-Germain-en-Laye et mort le à Versailles, est un roi de France et de Navarre. Son règne s'étend du — sous la régence de sa mère Anne d'Autriche jusqu'au  — à sa mort en . Son règne d’une durée de 72 ans est l'un des plus longs de l'histoire d'Europe et le plus long de l'histoire de France.

Né Louis, surnommé Dieudonné, il monte sur le trône de France au décès de son père, Louis XIII, quelques mois avant son cinquième anniversaire, ce qui fait de lui l'un des plus jeunes rois de France. Il devient ainsi le 64e roi de France, le 44e roi de Navarre et le troisième roi de France issu de la dynastie des Bourbons.

S'il n'aime guère que son principal ministre d'État, Colbert, fasse référence à Richelieu, ministre de Louis XIII et partisan intransigeant de l'autorité royale, il s'inscrit néanmoins dans son projet de construction séculaire d'un absolutisme de droit divin. Usuellement, son règne est divisé en trois parties : la période de sa minorité, troublée par la Fronde, de à , durant laquelle sa mère et le cardinal Mazarin gouvernent ; la période allant de la mort de Mazarin, en , au début des années 1680, pendant laquelle le roi gouverne en arbitrant entre les grands ministres ; la période allant du début des années à sa mort, où le roi gouverne de plus en plus seul, notamment après la mort de Colbert, en , puis de Louvois, en . Cette période est aussi marquée par un retour du roi à la religion, notamment sous l'influence de sa seconde épouse, Madame de Maintenon. Son règne voit la fin des grandes révoltes nobiliaires, parlementaires, protestantes et paysannes qui avaient marqué les décennies précédentes. Le monarque impose l'obéissance à tous les ordres et contrôle les courants d'opinion (y compris littéraires ou religieux) de façon plus prudente que Richelieu.

La France est, pendant son règne, le pays le plus peuplé d'Europe, ce qui lui confère une certaine puissance d'autant que, jusque dans les années 1670, l'économie se porte bien grâce notamment au dynamisme économique du pays et à des finances publiques en ordre. Par la diplomatie et la guerre, Louis XIV affirme sa puissance en particulier contre la maison de Habsbourg, dont les possessions encerclent la France. Sa politique du « pré carré » cherche à agrandir et rationaliser les frontières du pays, protégées par la « ceinture de fer » de Vauban, qui fortifie les villes conquises. Cette action lui permet de donner à la France des frontières approchant celles de l'ère contemporaine, avec l'annexion du Roussillon, de la Franche-Comté, de Lille, de l'Alsace et de Strasbourg. Toutefois, les guerres pèsent sur les finances publiques et Louis XIV s'attire la méfiance des autres pays européens, qui s'allient souvent à la fin de son règne pour contrer sa puissance. C'est aussi le moment où, après la Glorieuse Révolution, l'Angleterre commence à affirmer sa puissance, notamment maritime et économique, sous le règne d'un adversaire déterminé de Louis XIV, Guillaume d'Orange.

D'un point de vue religieux, le XVIIe siècle est complexe et ne se limite pas à l'opposition entre catholiques et protestants. Parmi les catholiques, la question de la grâce suscite une forte opposition entre les jésuites et les jansénistes. Louis XIV doit trancher entre les divers courants de pensée religieuse en tenant compte non seulement de ses propres convictions, mais aussi de considérations politiques. Ainsi, s'il fait condamner les jansénistes, c'est aussi parce qu'il se méfie de leur anti-absolutisme. Concernant les protestants, si la révocation de l'édit de Nantes en est généralement bien accueillie en France, les réactions en Europe et à Rome sont plus défavorables. Les relations avec les papes sont en général mauvaises, particulièrement avec Innocent XI. En effet, le roi entend préserver son indépendance et celle de son clergé face à Rome, ce qui ne l'empêche pas de se méfier des gallicans, souvent imprégnés par le jansénisme. À la fin du règne, la querelle du quiétisme entraîne également des tensions avec Rome.

À partir de , Louis XIV dirige son royaume depuis le vaste château de Versailles, dont il a supervisé la construction et dont le style architectural a inspiré d'autres châteaux européens. Sa cour soumet la noblesse, étroitement surveillée, à une étiquette très élaborée. Le prestige culturel s'y affirme grâce au mécénat royal en faveur d'artistes tels que Molière, Racine, Boileau, Lully, Le Brun et Le Nôtre, ce qui favorise l'apogée du classicisme français, qualifié, dès son vivant, de « Grand Siècle », voire de « siècle de Louis XIV ».

Sa fin de règne, difficile, est marquée par l'exode des protestants persécutés, par des revers militaires, par les famines de et de , qui font près de deux millions de morts, par la révolte des Camisards et par les nombreux décès de ses héritiers royaux. Tous ses enfants et petits-enfants dynastes sont morts avant lui, et son successeur, son arrière-petit-fils Louis XV, n'a que 5 ans lorsqu'il meurt. Pourtant, même après la régence assez libérale de Philippe d'Orléans, l'absolutisme perdure, attestant ainsi de la solidité du régime construit.

Après la disparition de Louis XIV, Voltaire s'inspire en partie de lui pour élaborer le concept de despotisme éclairé. Au XIXe siècle, Jules Michelet lui est hostile et insiste sur le côté sombre de son règne (dragonnades, galères, disettesetc.). Ernest Lavisse sera plus modéré, même si ses manuels scolaires insistent sur le despotisme du roi, et sur certaines décisions tyranniques. Dans la seconde moitié du XXe siècle, Marc Fumaroli considère Louis XIV comme le « saint patron » de la politique culturelle de la Cinquième République en France. Michel de Grèce pointe ses insuffisances, tandis que François Bluche et Jean-Christian Petitfils le réhabilitent.

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Fils de Louis XIII et d'Anne d'Autriche, Louis est le fruit de l'union des deux dynasties les plus puissantes de ce temps : la maison capétienne de Bourbon et la maison de Habsbourg.

Au traditionnel titre de Dauphin de Viennois est ajouté à sa naissance celui de Premier fils de France. Intervenue après presque vingt-trois ans de mariage stérile ponctués de plusieurs fausses couches, la naissance inattendue de l'héritier du trône est considérée comme un don du ciel, ce qui lui vaut d'être aussi prénommé Louis-Dieudonné (et non pas -Désiré). Si certains historiens ont avancé que le véritable père est Mazarin, cette hypothèse a été infirmée par un examen ADN. Si l'historien Jean-Christian Petitfils propose la date du 23 ou du , semaine où le couple royal séjournait à Saint-Germain, comme date de la « conception du dauphin », d'autres auteurs affirment que le dauphin a été conçu le , dans le palais du Louvre (le tombe d'ailleurs pile neuf mois avant sa naissance, le ).

Pour le roi Louis XIII comme pour la reine (et plus tard leur fils lui-même), cette naissance tant attendue est le fruit de l'intercession faite par le frère Fiacre auprès de Notre-Dame de Grâces auprès de laquelle le religieux réalise trois neuvaines de prières afin d'obtenir « un héritier pour la couronne de France ». Les neuvaines sont dites, par le frère Fiacre du au .

En , la reine prend conscience qu'elle est à nouveau enceinte. Le , le roi et la reine reçoivent officiellement le frère Fiacre pour s'entretenir avec lui sur les visions qu'il dit avoir eu de la Vierge Marie et de la promesse mariale d'un héritier pour la couronne. À l'issue de l'entretien, le roi missionne officiellement le religieux pour aller à l'église Notre-Dame-de-Grâces de Cotignac, en son nom, faire une neuvaine de messes pour la bonne naissance du dauphin.

Le , en remerciement à la Vierge pour cet enfant à naître, le roi signe le Vœu de Louis XIII, consacrant le royaume de France à la Vierge Marie, et faisant du un jour férié dans tout le royaume. En 1644, la reine faisant venir auprès d'elle le frère Fiacre lui dira : « Je n'ai pas perdu de vue la grâce signalée que vous m'avez obtenue de la Sainte Vierge, qui m'a obtenu un fils ». Et à cette occasion, elle lui confie une mission personnelle : porter un présent (à la Vierge Marie) dans le sanctuaire de Cotignac, en remerciement de la naissance de son fils. En 1660, Louis XIV et sa mère se rendront en personne à Cotignac pour y prier et remercier la Vierge, puis en 1661 et 1667, le roi fera porter des présents à l'église de Cotignac, par le frère Fiacre, en son nom. À l'occasion de son passage en Provence (en 1660), le roi et sa mère se rendent en pèlerinage à la grotte de la Sainte-Baume, sur les pas de sainte Marie-Madeleine.

La naissance de Louis, le , est suivie deux ans plus tard par celle de Philippe. La naissance tant espérée d'un dauphin écarte du trône le comploteur impénitent qu'était Gaston d'Orléans, le frère du roi.

En plus de ses fonctions ministérielles, Mazarin, parrain de Louis XIV (choisi comme tel par Louis XIII à la mort de Richelieu, le ), se voit attribuer par la reine, en , la responsabilité de l'éducation du jeune monarque et celle de son frère le duc Philippe d'Orléans (dit « le Petit Monsieur »). L'usage est que les princes élevés par des gouvernantes « passent aux hommes » à l'âge de 7 ans (l'âge de raison à l'époque), pour être confiés aux soins d'un gouverneur assisté d'un sous-gouverneur. Mazarin devient donc « surintendant au gouvernement et à la conduite de la personne du roi ainsi que de celle de M. le duc d'Anjou », et confie la tâche de gouverneur au maréchal de Villeroy. Le roi et son frère vont souvent à l'hôtel de Villeroy, non loin du Palais-Royal. C'est alors que Louis XIV se lie d'une amitié à vie avec le fils du maréchal, François de Villeroy. Le roi a eu différents précepteurs, notamment l'abbé Péréfixe de Beaumont en et François de La Mothe Le Vayer. À partir de , son meilleur éducateur est sans doute Pierre de La Porte, son premier valet de chambre et celui qui lui fait lecture de récits historiques. Malgré leurs efforts pour lui prodiguer des cours de latin, d'histoire, de mathématiques, d'italien et de dessin, Louis n'est pas un élève très travailleur. Par contre, suivant l'exemple du grand collectionneur d'art qu'est Mazarin, il se montre très sensible à la peinture, à l'architecture, à la musique et surtout à la danse qui est, à l'époque, une composante essentielle de l'éducation d'un gentilhomme. Le jeune roi apprend aussi à jouer de la guitare auprès de Francesco Corbetta.

Louis aurait bénéficié également d'une éducation sexuelle particulière, sa mère ayant demandé à la baronne de Beauvais, surnommée « Cateau la Borgnesse », de le « déniaiser » à sa majorité sexuelle.

L’anecdote croustillante : comment Cateau la Borgnesse dépucèle Louis XIV ?

Alors âgé de 14 ans, Louis se fait un surprendre par Cateau la Borgnesse un matin lorsqu’il se trouve à l’écart dans le Louvre. La Borgnesse aurait « violé » le Roi afin de parvenir à ses fins. Tout cela, avec la bénédiction de la Reine-Mère. Une fois l’affaire conclue, Cateau vient informer Anne d’Autriche et lui dit « rassurez-vous ça se passe très bien et vous aurez très certainement de nombreux petits enfants ! ». Et l’Histoire confirme ses dires. Quant au Roi de France, on peut dire qu’il a apprécié cette première expérience. Il n’a pas tardé à retourner auprès de Catherine, pour parfaire ses connaissances dit-on. De 14 à 16 ans, le futur Roi-Soleil se rendra régulièrement auprès de sa première amante. Cateau la Borgnesse devient en quelque sorte la première maîtresse de Louis XIV. La première d’une longue liste.

Dans son enfance, Louis XIV échappe à plusieurs reprises à la mort. À 5 ans, il manque de se noyer dans un des bassins du jardin du Palais-Royal. Il est sauvé in extremis. À 9 ans, le , il est atteint de la variole. Dix jours plus tard, les médecins n'ont plus aucun espoir, mais le jeune Louis se remet « miraculeusement ». À 15 ans, il a une tumeur au sein. À 17 ans, il souffre de blennoragie.

L'alerte la plus sérieuse pour le Royaume a lieu le  : le roi, à 19 ans, est victime d'une grave intoxication alimentaire (à cause de l'infection des eaux) et de fièvre typhoïde, diagnostiquée comme un typhus exanthématique, lors de la prise de Bergues dans le Nord. Le , il reçoit les derniers sacrements et la cour commence à préparer la succession. Mais François Guénaut, le médecin d'Anne d'Autriche, lui donne un émétique à base d'antimoine et de vin, qui guérit encore une fois « miraculeusement » le roi. Selon son secrétaire Toussaint Rose, c'est à cette occasion qu'il perd une bonne partie de ses cheveux et se met à porter temporairement la « perruque à fenêtre », dont les ouvertures laissent passer les quelques mèches qui lui restent.

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À la mort de son père, Louis-Dieudonné, qui a 4 ans et demi, devient roi sous le nom de Louis XIV. Son père Louis XIII, qui se méfie d'Anne d'Autriche et de son frère le duc d'Orléans — notamment pour avoir participé à des complots contre Richelieu — établit un conseil de régence comprenant, en sus des deux personnes citées, des fidèles de Richelieu, dont Mazarin. Le texte y afférent est enregistré le par le Parlement mais, dès le , Anne d'Autriche se rend avec son fils au Parlement, pour faire casser cette disposition et se faire confier « l'administration, libre, absolue et entière du royaume pendant sa minorité », en bref la régence pleine et entière. Elle maintient contre toute attente le cardinal Mazarin en qualité de Premier ministre, en dépit de la désapprobation des cercles politiques français de l'époque, dont beaucoup n'apprécient pas qu'un Italien, fidèle de Richelieu, dirige la France.

La Régente quitte alors les appartements incommodes du Louvre et s'installe au Palais-Cardinal, légué par Richelieu à Louis XIII, pour profiter du jardin où peuvent jouer le jeune Louis XIV et son frère. Le Palais-Cardinal devient alors le Palais-Royal, où des gouvernantes abandonnent le jeune Louis à leurs femmes de chambre qui cèdent à tous ses caprices, ce qui fera naître la légende, colportée par les Mémoires de Saint-Simon, d'une éducation négligée.

En 1648, commence une période de forte contestation de l'autorité royale par les parlements et la noblesse, qu'on appelle la Fronde. Un épisode qui marque durablement le monarque. En réaction à ces événements, il s'applique à continuer le travail commencé par Richelieu, qui consiste à affaiblir les membres de la noblesse d'épée en les obligeant à servir comme membres de sa cour et en transférant la réalité du pouvoir à une administration très centralisée dirigée par la noblesse de robe. Tout commence quand, en , le Parlement de Paris s'oppose aux impôts que veut lever Mazarin. La Journée des barricades contraint la régente et le roi à s'installer à Rueil-Malmaison. Si la cour revient assez vite dans la capitale, les exigences des parlementaires, appuyés par le très populaire coadjuteur de Paris, Jean-François Paul de Gondi, obligent Mazarin à envisager un coup de force. En pleine nuit, au début de l'année , la régente et la cour quittent la capitale dans le but de revenir l'assiéger et la remettre à obéissance. L'affaire se complique quand des personnalités de la haute noblesse apportent leur soutien à la Fronde : le prince de Conti, frère du prince de Condé, Beaufort, petit-fils d'Henri IV et quelques autres veulent renverser Mazarin. Après quelques mois de siège conduit par Condé, un accord de paix (paix de Rueil) est trouvé, qui voit le triomphe du Parlement de Paris et la défaite de la cour. Toutefois, il s'agit d'une trêve plutôt que d'une paix.

En -, un renversement d'alliance intervient, Mazarin et la régente se rapprochent du Parlement et des chefs des Grands de la première Fronde et font enfermer Condé, leur ancien allié, et le prince de Conti. Le , le roi fait sa première communion en l'église Saint-Eustache et entre, alors qu'il n'a que douze ans, au conseil, en 1650. À partir de , se développe la révolte princière, qui oblige Mazarin et la cour à se déplacer en province pour mener des expéditions militaires. En , Gondi et Beaufort, chefs des Grands de la première Fronde, s'allient au Parlement pour renverser Mazarin, qu'une émeute oblige à s'exiler le . La reine et le jeune Louis essaient de s'enfuir de la capitale mais, alarmés, les Parisiens envahissent le Palais-Royal où loge le roi, désormais prisonnier de la Fronde. Le coadjuteur et le duc d'Orléans vont alors faire subir au roi une humiliation qu'il n'oubliera jamais : en pleine nuit, ils confient au capitaine des Gardes suisses du duc de vérifier de visu qu'il est bien là.

Le , un lit de justice déclare la majorité du roi (la majorité royale est à treize ans). Tous les Grands du royaume viennent lui rendre hommage, sauf Condé qui, de Guyenne, lève une armée pour marcher sur Paris. Le , pour éviter d'être à nouveau prisonnière dans Paris, la cour quitte la capitale pour Fontainebleau, puis Bourges, où sont stationnés les quatre mille hommes du maréchal d'Estrée. Commence alors une guerre civile qui « va contribuer à clarifier les choses ». Le , Louis XIV autorise Mazarin à revenir en France ; en réaction, le Parlement de Paris, qui a banni le cardinal, met sa tête à prix pour 150 000 livres.

Début , trois camps se font face : la cour, libérée de la tutelle instaurée par le Parlement en , le Parlement et enfin Condé et les Grands. Condé va dominer Paris durant la première partie de l'année , en s'appuyant notamment sur le peuple qu'il manipule en partie. Mais il perd des positions en province, tandis que Paris, qui supporte de moins en moins sa tyrannie, le contraint à quitter la ville le avec ses troupes. Le , Anne d'Autriche et son fils Louis XIV, accompagnés du roi déchu Charles II d'Angleterre, rentrent dans la capitale. L'absolutisme de droit divin commence à se mettre en place. Une lettre que le roi adresse au Parlement permet d'en percevoir la substance :

« Toute autorité Nous appartient. Nous la tenons de Dieu seul sans qu'aucune personne, de quelque condition qu'elle soit, puisse y prétendre […] Les fonctions de justice, des armes, des finances doivent toujours être séparées ; les officiers du Parlement n'ont d'autre pouvoir que celui que Nous avons daigné leur confier pour rendre la justice […] La postérité pourra-t-elle croire que ces officiers ont prétendu présider au gouvernement du royaume, former des conseils et percevoir des impôts, s'arroger enfin la plénitude d'un pouvoir qui n'est due qu'à Nous »

Le , Louis XIV, alors âgé de quinze ans, convoque un lit de justice où, rompant avec la tradition, il apparaît en chef militaire avec gardes et tambours. À cette occasion, il proclame une amnistie générale, tout en bannissant de Paris des Grands, des parlementaires ainsi que des serviteurs de la maison de Condé. Quant au Parlement, il lui interdit « de prendre à l'avenir aucune connaissance des affaires de l'État et des finances ».

Louis XIV est sacré le en la cathédrale de Reims par Simon Legras, évêque de Soissons. Il laisse les affaires politiques à Mazarin, tandis qu'il continue sa formation militaire auprès de Turenne.

Louis XIV par Juste d'Egmont en 1654

Louis XIV par Juste d'Egmont en 1654

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Entrevue de Louis XIV et de Philippe IV dans l'île des Faisans en 1659. On distingue la fille de Philippe IV, future reine de France, derrière lui.

Le , les Espagnols acceptent de signer le traité des Pyrénées, qui fixe les frontières entre la France et l'Espagne. De son côté, Louis XIV consent, bon gré mal gré, à respecter une des clauses du traité : épouser l'infante Marie-Thérèse d'Autriche, fille de Philippe IV, roi d'Espagne, et d'Élisabeth de France. Les époux sont doublement cousins germains : la reine mère Anne d'Autriche étant la sœur de Philippe IV et Élisabeth de France la sœur de Louis XIII. Ce mariage a cependant pour but de rapprocher la France de l'Espagne. Il a lieu le en l'église Saint-Jean-Baptiste de Saint-Jean-de-Luz. Louis ne connaît sa femme que depuis trois jours, celle-ci ne parle pas un mot de français, mais le roi « l'honore » fougueusement devant témoins dès la nuit de noces. Selon d'autres sources, cette nuit de noces, contrairement à l'usage, n'aurait pas eu de témoin.

Notons qu'à l'occasion de ce mariage, Marie-Thèrèse doit renoncer à ses droits sur le trône d'Espagne et que Philippe IV d'Espagne, en contrepartie, s'engage à verser « 500 000 écus d'or payables en trois versements ». Il est convenu que si ce paiement n'est pas effectué, la renonciation devient caduque.

À la mort de Mazarin, le , la première décision de Louis XIV est de supprimer la fonction de ministre principal et de prendre personnellement le contrôle du gouvernement, dès le , par un « coup de majesté ».

À la mort de Mazarin, le , la première décision de Louis XIV est de supprimer la fonction de ministre principal et de prendre personnellement le contrôle du gouvernement, dès le , par un « coup de majesté ».

La situation financière dégradée, dont l'informe Jean-Baptiste Colbert, et le fort mécontentement des provinces contre la pression sont préoccupants. Les causes en sont la guerre ruineuse contre la maison d'Espagne et les cinq années de Fronde, mais aussi l'enrichissement personnel effréné de Mazarin, dont Colbert lui-même a profité, et celui du surintendant Fouquet. Le , jour de ses 23 ans, le roi fait arrêter Fouquet au grand jour, par d'Artagnan. Il supprime, par la même occasion, le poste de surintendant des finances.

Les raisons de l'incarcération de Nicolas Fouquet sont nombreuses et vont au-delà d'un problème d'enrichissement. Pour comprendre le problème, il convient de noter que Louis XIV, après la mort de Mazarin, n'est pas pris au sérieux et a besoin de s'affirmer. Or, précisément, Nicolas Fouquet peut être perçu comme une menace politique : il fait fortifier sa possession de Belle-Île-en-Mer, il cherche à se constituer un réseau de fidèles et n'hésite pas à faire pression sur la mère du roi en soudoyant son confesseur. Il tente même de corrompre l'amie de Louis XIV, Mademoiselle de La Vallière, pour qu'elle le soutienne, ce qui la choque profondément. Par ailleurs, il est proche des dévots, à un moment où le roi n'adhère pas à cette doctrine. Enfin pour Jean-Christian Petitfils, il convient de prendre en compte la jalousie de Colbert vis-à-vis de Fouquet. Le premier nommé, s'il est un ministre de qualité que les historiens radicaux de la Troisième République ont honoré, est aussi « un homme brutal... d'une froideur glaciale », à qui Madame de Sévigné a donné le sobriquet « Le Nord » et, partant, un adversaire redoutable.

Louis XIV crée une chambre de justice pour examiner les comptes des financiers, dont ceux de Fouquet. En , les juges condamnent Fouquet au bannissement, sentence que le roi commue en emprisonnement à vie à Pignerol. En juillet , les juges renoncent à poursuivre les fermiers et les traitants (financiers participants à la collecte des impôts) amis de Fouquet, moyennant le versement d'une taxe forfaitaire. Tout cela permet à l'État de récupérer une centaine de millions de livres.

Nicolas Fouquet surintendant des finances.

Nicolas Fouquet surintendant des finances.

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Jean-Baptiste Colbert succède à Fouquet après avoir organisé son « élimination ».

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Le roi gouverne avec divers ministres de confiance : la chancellerie est occupée par Pierre Séguier, puis par Michel Le Tellier, la surintendance des finances est entre les mains de Colbert, le secrétariat d'État à la guerre est confié à Michel Le Tellier, puis à son fils le marquis de Louvois, le secrétariat d'État à la maison royale et au clergé passe aux mains de Henri du Plessis-Guénégaud, jusqu'à la destitution de ce dernier.

Le roi a plusieurs maîtresses, dont les plus notables sont Louise de La Vallière et Madame de Montespan. Cette dernière, qui a en commun avec le roi « le goût du faste et de la grandeur », le conseille dans le domaine artistique. Elle soutient Jean-Baptiste Lully, Racine et Boileau. Louis XIV, alors dans la quarantaine, semble pris d'une frénésie sensuelle intense et mène une vie sentimentale peu chrétienne. Les choses changent au début des années , quand, après la mort de Madame de Fontanges, sous l'influence de Madame de Maintenon, le roi se rapproche de la reine puis, après la mort de sa femme, épouse secrètement Madame de Maintenon. L'affaire des poisons contribue également à cette conversion.

Les jésuites se succèdent au poste de confesseur royal. Il est d'abord occupé de à par le père Annat, un anti-janséniste farouche attaqué par Pascal dans Les Provinciales, puis par le père Ferrier de à , auquel succède le père de la Chaize de à et enfin par le père Le Tellier.

Durant cette période, Louis XIV mène deux guerres. D'abord la guerre de Dévolution (-), provoquée par le non-paiement des sommes dues pour le renoncement de la reine au trône d'Espagne, puis la guerre de Hollande (-). La première se conclut par le traité d'Aix-la-Chapelle (1668), par lequel le royaume de France conserve les places fortes occupées ou fortifiées par les armées françaises pendant la campagne de Flandre, ainsi que leurs dépendances : des villes du comté de Hainaut et la forteresse de Charleroi dans le comté de Namur. En contrepartie, la France rend à l'Espagne la Franche-Comté, territoire qui lui reviendra dix ans plus tard par le traité de Nimègue (), qui conclut la guerre de Hollande.

Louis XIV pratique une politique répressive forte envers les Bohémiens. Dans la droite ligne du décret du roi de , l'ordonnance du confirme et ordonne que tous les Bohémiens mâles, dans toutes les provinces du royaume où ils vivent, soient condamnés aux galères à perpétuité, leurs femmes rasées et leurs enfants enfermés dans des hospices. Les nobles qui leur donnaient asile dans leurs châteaux voient leurs fiefs frappés de confiscation. Ces mesures visent aussi à lutter contre le vagabondage transfrontalier et l'utilisation de mercenaires par certains nobles.

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Vers , le roi revient à une vie privée décente, sous l'influence conjuguée de ses confesseurs, de l'affaire des poisons et de Madame de Maintenon. L'année est marquée par la mort de Colbert, un de ses principaux ministres et l'« agent de cet absolutisme rationnel qui se développe alors, fruit de la révolution intellectuelle de la première moitié du siècle ». La reine Marie-Thérèse meurt la même année, ce qui permet au roi d'épouser secrètement Madame de Maintenon, lors d'une cérémonie intime qui eut lieu vraisemblablement en (les dates de ou ont aussi été avancées). En , la dévotion s'installe en force à la cour, qui a emménagé à Versailles depuis . En , la révocation de l'édit de Nantes, qui octroyait la liberté religieuse aux protestants français, redore le prestige de Louis XIV vis-à-vis des princes catholiques et lui restitue « sa place parmi les grands chefs de la chrétienté ».

Pendant trente ans, jusque vers , le roi gouverne en arbitrant entre ses principaux ministres : Colbert, Le Tellier et Louvois. Leur mort (le dernier, Louvois, décède en ) change la donne. Elle permet au roi de répartir le secrétariat d'État à la guerre entre plusieurs mains, ce qui lui permet de s'impliquer davantage dans le gouvernement quotidien. Saint-Simon note que le roi prend alors plaisir « à s'entourer de « fort jeunes gens » ou d'obscurs commis peu expérimentés, afin de mettre en relief ses capacités personnelles ». À partir de cette date, il devient à la fois chef d'État et de gouvernement.

 

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Si Louis XIV a régner le plus longtemps, ce n'est pas lui que la publicité a utilisé le plus !.

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La guerre des Réunions qui, entre et , oppose la France et l'Espagne, se termine par la trêve de Ratisbonne, signée pour permettre à l'empereur Léopold Ier de combattre les Ottomans. De à , la guerre de la Ligue d'Augsbourg oppose Louis XIV, alors allié à l'Empire ottoman et aux jacobites irlandais et écossais, à une large coalition européenne, la ligue d'Augsbourg menée par l'Anglo-Néerlandais Guillaume III, l'empereur du Saint-Empire romain germanique Léopold Ier, le roi d'Espagne Charles II, Victor-Amédée II de Savoie et de nombreux princes du Saint-Empire romain germanique. Ce conflit se déroule principalement en Europe continentale et dans les mers voisines. En , l'armée française, menée par Villeroy, procède au bombardement de Bruxelles, opération qui suscite l'indignation des capitales européennes.

Le conflit n'épargne pas le territoire irlandais, où Guillaume III et Jacques II se disputent le contrôle des îles Britanniques. Enfin, ce conflit donne lieu à la première guerre intercoloniale, opposant les colonies anglaises et françaises et leurs alliés amérindiens en Amérique du Nord. Finalement, la guerre aboutit au traité de Ryswick (1697), par lequel la France reconnaît la légitimité de Guillaume d'Orange au trône anglais. Si le souverain anglais sort renforcé de l'épreuve, la France, surveillée par ses voisins de la ligue d'Augsbourg, n'est plus en mesure de dicter sa loi. Globalement, ce traité est mal accueilli en France. La guerre de Succession d'Espagne, quant à elle, oppose encore la France à quasiment tous ses voisins, à l'exception de l'Espagne. Elle se conclut par les traités d'Utrecht (1713) et le traité de Rastatt (). Ces traités sont écrits en français, qui devient langue diplomatique, situation qui perdurera jusqu'en .

La fin du règne est assombrie par la perte, entre et , de presque tous ses héritiers légitimes et par une santé déclinante. En 1711, le Grand Dauphin, seul fils légitime survivant, décède de la variole à 49 ans. En 1712, une épidémie de rougeole prive la famille de l'aîné de ses trois petits-fils. Le nouveau dauphin, l'ex-duc de Bourgogne, meurt à 29 ans avec son épouse et son fils de 5 ans (un premier enfant était déjà mort en bas âge en ). Ne survit qu'un petit garçon de deux ans, Louis, sauvé de l'épidémie (et des médecins) par sa gouvernante, mais qui reste affaibli : il est le dernier arrière-petit-fils légitime du roi régnant, d'autant plus isolé qu'en 1714, son oncle, le duc de Berry, le plus jeune des petits-fils du roi, meurt sans héritier, des suites d'une chute de cheval. Pour tenter de faire face à un manque d'héritier légitime, Louis XIV décide de renforcer la maison royale en accordant, par un édit du , le droit de succession, « à défaut de tous les princes de sang royal », au duc du Maine et au comte de Toulouse, deux fils bâtards légitimés qu'il avait eus de Madame de Montespan. Cette décision viole les lois fondamentales du Royaume, qui ont toujours écarté du trône les enfants bâtards et se heurte à une forte incompréhension. Il semble que le roi soit prêt à renier les vieilles lois de succession pour écarter du trône et de la régence son neveu Philippe d'Orléans, son successeur potentiel, qu'il trouve paresseux et débauché.

 

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Louis XIV et sa famille, par Nicolas de Largillierre.

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Le , aux alentours de h 15 du matin, le roi meurt d'une ischémie aiguë du membre inférieur, causée par une embolie liée à une arythmie complète, compliquée de gangrène, à l'âge de 76 ans. Il est entouré de ses courtisans. L'agonie a duré plusieurs jours. Sa mort met un terme à un règne de soixante-douze années et cent jours dont cinquante-quatre années de règne effectif.

Le Parlement de Paris casse son testament dès le , ouvrant une ère de retour en force des nobles et des parlementaires. Pour la plupart de ses sujets, le souverain vieillissant est devenu une figure de plus en plus lointaine. Le cortège funéraire est même hué ou raillé sur la route de Saint-Denis. Cependant, de nombreuses cours étrangères, même traditionnellement ennemies de la France, ont conscience de la disparition d'un monarque d'exception ; ainsi Frédéric-Guillaume Ier de Prusse n'a besoin de donner aucune précision de nom lorsqu'il annonce solennellement à son entourage : « Messieurs, le roi est mort ».

Le corps de Louis XIV est déposé dans le caveau des Bourbons, dans la crypte de la basilique Saint-Denis. Son cercueil est profané le et son corps jeté dans une fosse commune attenante à la basilique, vers le nord.

Au XIXe siècle, Louis-Philippe Ier commande un monument dans la chapelle commémorative des Bourbons à Saint-Denis, en -. L'architecte François Debret est chargé de concevoir un cénotaphe, en remployant plusieurs sculptures d'origines diverses : un médaillon central représentant un portrait du roi de profil, réalisé par l'atelier du sculpteur Girardon au XVIIe siècle, mais dont l'auteur précis n'est pas connu, entouré de deux figures de Vertus sculptées par Le Sueur et provenant du tombeau de Guillaume du Vair, évêque-comte de Lisieux, et surmonté d'un ange sculpté par Jacques Bousseau au XVIIIe siècle, provenant de l'église de Picpus. De part et d'autre de cet ensemble de sculptures sont placées quatre colonnes en marbre rouge provenant de l'église Saint-Landry, et des bas-reliefs provenant du tombeau de Louis de Cossé à l'église du couvent des Célestins de Paris (les génies funéraires provenant du même tombeau ont été déplacés par Viollet-le-Duc au musée du Louvre).

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Maîtresses et favorites
portrait de femme en pied
 

Louis XIV a de très nombreuses maîtresses dont Louise de La Vallière, Athénaïs de Montespan, Marie-Élisabeth de Ludres, Marie Angélique de Fontanges, et Madame de Maintenon (qu'il épouse secrètement après la mort de la Reine, sans doute dans la nuit du 9 au , en présence du Père de La Chaise qui donne la bénédiction nuptiale).

Le roi adolescent fait, à 18 ans, la rencontre d'une nièce du cardinal Mazarin, Marie Mancini. S'ensuit entre eux une grande passion, qui mène le jeune roi à envisager un mariage, que ni sa mère, ni le cardinal ne consentent à accepter. Le monarque menace alors d’abandonner la couronne pour cette Italienne, française dans sa culture. Il s'effondre en sanglots lorsqu’elle est contrainte de quitter la cour, en raison de l’insistance de l’oncle de la jeune fille, qui est aussi parrain du roi, Premier ministre du royaume et prince de l'Église. Le primat préfère faire épouser au roi sa pupille, l'infante d'Espagne. En , Jean Racine s'inspire de l'histoire du roi et de Marie Mancini pour écrire Bérénice.

Plus tard, le roi fait aménager des escaliers secrets dans Versailles pour rejoindre ses différentes maîtresses. Ces liaisons irritent la compagnie du Saint-Sacrement, un parti de dévots. Bossuet, comme Madame de Maintenon, tentent de ramener le roi à plus de vertu.

Louis XIV, s'il aime les femmes, est conscient qu'il doit d'abord veiller aux affaires de l'État. Il note dans ses mémoires « il faut que le temps que nous donnons à nos amours ne soit jamais pris au préjudice de nos affaires ». Il a une certaine méfiance vis-à-vis de l'influence que les femmes peuvent exercer sur lui. C'est ainsi qu'il refuse un bénéfice à une personne soutenue par Mme de Maintenon en disant « je ne veux absolument pas qu'elle s'en mêle ».

On dénombre au moins quinze favorites et maîtresses supposées du roi, avant son mariage avec Madame de Maintenon :

Voir mes publications sur la Montespan, Louise de La Vallière et d'autres maîtresses de Louis XIV...

À propos des maîtresses du roi, Voltaire remarque, dans Le Siècle de Louis XIV : « C'est une chose très remarquable que le public, qui lui pardonna toutes ses maîtresses, ne lui pardonna pas son confesseur ». Par là, il fait allusion au dernier confesseur du roi, Michel Le Tellier, auquel une chanson satirique attribue la bulle Unigenitus.

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Louis XIV a de nombreux enfants légitimes et illégitimes.

De la reine, Marie-Thérèse d'Autriche, le roi a six enfants (trois filles et trois garçons) dont un seul, Louis de France, le « Grand Dauphin », survécut à l'enfance :

Nom

Naissance

Décès

Louis de France, fils de France, le Grand Dauphin

Anne-Élisabeth de France, fille de France

Marie-Anne de France, fille de France

Marie-Thérèse de France, fille de France, la Petite Madame

Philippe-Charles de France, fils de France, duc d'Anjou

Louis-François de France, fils de France, duc d'Anjou

De ses deux principales maîtresses, il eut 10 enfants légitimés dont 5 seulement survivent à l'enfance :

De l'union du roi avec Louise de La Vallière naissent cinq ou six enfants dont deux survivent à l'enfance.

Nom

Naissance

Décès

Charles de La Baume Le Blanc, mort sans être légitimé

Philippe de La Baume Le Blanc, mort sans être légitimé

Louis de La Baume Le Blanc, mort sans être légitimé

Marie-Anne, mademoiselle de Blois (1666-1739), mariée au prince de Conti

Louis de Bourbon, comte de Vermandois. Mort à seize ans lors de sa première campagne

De Madame de Montespan naissent :

 

Nom

Naissance

Décès

Louis-Auguste, duc du Maine

Louis-César, comte de Vexin

Louise-Françoise de Bourbon, « Mademoiselle de Nantes », mariée au prince de Condé

Louise-Marie-Anne, mademoiselle de Tours

Françoise-Marie, Mademoiselle de Blois (-), mariée au duc d'Orléans ;

Louis-Alexandre, comte de Toulouse (-)

En , l'affaire des poisons consomme la disgrâce dans laquelle Madame de Montespan, ex-favorite du roi était tombée quelques mois auparavant.

Le roi aurait eu d'autres enfants, mais qu'il n'a pas reconnus, comme Louise de Maisonblanche (1676-1718), avec Claude de Vin des Œillets. Il est également possible de noter le cas mystérieux des origines de Louise Marie Thérèse, dite la Mauresse de Moret. Trois hypothèses sont avancées, ayant pour point commun de voir en elle « la fille du couple royal ». Il pourrait s'agir de la fille adultérine de la reine Marie-Thérèse, d'un enfant caché du roi Louis XIV avec une comédienne ou plus simplement d'une jeune femme baptisée et parrainée par le roi et la reine.

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