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14 décembre 2025 7 14 /12 /décembre /2025 11:27
GENEALOGIE LE GAC - PECHEU : RETOUR VERS NOTRE COUSINAGE AVEC FRANCOIS RENE DE CHATEAUBRIAND

Dans ma liste de cousinages, je vous ai déjà présenté François René de Chateaubriand, illustre écrivain et homme politique, mais j'y reviens aujourd'hui afin d'apporter des précisions sur ses origines :

La famille de Chateaubriand (aussi orthographié Châteaubriant) est une famille de la haute noblesse bretonne, d’extraction chevaleresque. Éteinte en ligne masculine, elle subsiste par ses dernières femmes du nom.

L'histoire de Châteaubriant commence au début du XIe siècle quand Brient, fils de Dame Innogwen, (envoyé du comte de Rennes) édifia une forteresse sur une motte au bord de la Chère destinée à poursuivre la fortification de la frontière des Marches de Bretagne. Une cité s'est développée autour du château et fut appelée Châteaubriant. Il fonda plus tard le prieuré Saint-Sauveur de Béré, l'église Saint-Jean de Béré, et le premier château en 1015.

Premiers degrés

Branche de Beaufort

Rameau de La Guerrande

Les vicomtes de Châteaubriant sont issus de cette branche.

  • Gilles de Châteaubriant-Beaufort (né le à Plessis-Bertrand et mort le à Hénanbihen), seigneur de la Guerrande, marié vers 1595 (Château de Belestre) à Marguerite Rogon (morte en 1637), dame de Belestre et de la Guerrande

    • Christophe II de Châteaubriant-La Guerrande (né le à Ruca et mort le à Hénanbihen, inhumé dans l'église paroissiale de Hénanbihen), chevalier, seigneur de La Guerrande, marié en 1623 (Hénanbihen) à Jeanne Berthelot de La Houssauye (mort le à Hénanbihen), dame de La Guerrande, puis à Jacquemine Rogon, dame des Salles (morte en 1667) le (Hénanbihen)

      • Marguerite de Châteaubriant-La Guerrande (née le à Hénanbihen)

      • Renée de Châteaubriant-La Guerrande (née en 1628 à Saint-Denoual), dame du Plessix, mariée à Raoul Joubin, écuyer (mort avant 1677)

      • Louise de Châteaubriant-La Guerrande (née en 1629)

      • Jean de Châteaubriant-La Guerrande (né le à Hénanbihen et mort le à Hénanbihen), écuyer, seigneur de La Guerrande, marié le (Matignon) à Marguerite de La Chapelle (morte le à Hénanbihen), dame du Dresnay

        • Michel de Châteaubriant-La Guerrande (né en 1649 à Pléhérel et mort le à Mégrit), écuyer, seigneur de la Salle, marié le (Mégrit) à Renée Poilvé (née vers 1659 à Mégrit et morte le à Mégrit)

          • François de Châteaubriant-La Guerrande (né le à Mégrit et mort le à Mégrit)

          • Jean François de Châteaubriant-La Guerrande (né le à Saint-Ayde, Pléhérel et mort avant 1735), écuyer, marié le (Mégrit) à Charlotte Marie Le Limonier, dame de Verdun

            • Jane Marie de Châteaubriant-La Guerrande (née le à Mégrit)

            • Jan Gabriel de Châteaubriant-La Guerrande (né le à Mégrit)

            • Célestin Louis de Châteaubriant-La Guerrande (né le à Mégrit)

            • Renée Françoise de Châteaubriant-La Guerrande (née le à Mégrit et morte le à Mégrit)

            • Mathurin René de Châteaubriant-La Guerrande (né le à Saint-Ayde, Pléhérel et mort le à Meillac), marié le (Meillac) à Marguerite de France (fille de François Gilles de France, seigneur du dit lieu en Médréac)

              • Jean Baptiste Philippe Emmanuel de Châteaubriant-La Guerrande (né le à Meillac et mort le à Meillac),

              • Louis Henry Châteaubriant-La Guerrande (né le à Meillac)

              • Yvonne Marie de Châteaubriant-La Guerrande (née le à Meillac)

            • Gilles Amaury de Châteaubriant-La Guerrande (né le à Pléhérel et mort le à Saint-Pierre-de-Plesguen), écuyer, marié le (Saint-Pierre-de-Plesguen) à Anne Marie Rose Bezart (née le à Saint-Judoce et morte le à Saint-Pierre-de-Plesguen),

            • Monique Anne de Châteaubriant-La Guerrande (née le à Mégrit et morte le à Mégrit)

            • Jacquemine Rose de Châteaubriant-La Guerrande (née le - Mégrit - Mégrit),

          • Michel de Châteaubriant-La Guerrande (né le à Pléhérel et mort le à Hénanbihen), écuyer, seigneur de la Salle, marié à Marguerite de La Barre (morte en 1684) le (Plestan) (cinq enfants), puis à Renée Sauvaget en 1686 (Pluduno) (sans postérité)

            • Alexis de Châteaubriant-La Guerrande (né en 1671 à Hénanbihen et mort le à Hénanbihen), chevalier, seigneur de La Guerrande, marié à Jeanne Des Cognets (née le ) le (Maroué)

              • Simon Alexis François de Châteaubriant-La Guerrande (né le à Hénanbihen et mort le à Hénanbihen), seigneur de La Guerrande, marié en 1732 à Thérèse Jacquemine Gouyon de Thoumatz (née en 1707 et morte le à Hénanbihen)

                • Thérèse Julie de Châteaubriant-La Guerrande (née le à Hénanbihen - Hénanbihen),

                • Alexis François Urbain de Châteaubriant-La Guerrande, alias Alexis (né en 1734 et mort le ), écuyer, seigneur de La Guerrande, marié à Aimée Constance Félicité de Saint-Meloir le (Chapelle de la Ville-Robert à Pluduno)

                  • Aimée Thérèse Françoise de Châteaubriant-La Guerrande (née le à Hénanbihen et morte avant 1784)

                  • Sophie Angélique de Châteaubriant-La Guerrande (née le à Hénanbihen et morte le )

                  • Alexis Jean René de Châteaubriant-La Guerrande (né le à Hénanbihen et mort le à Hénanbihen)

                  • Sophie Angélique de Châteaubriant-La Guerrande (née le à Hénanbihen et morte après 1800), mariée Vincent Giles Jean Riou le (Hénanbihen)

                • René Eugène de Châteaubriant-La Guerrande (né en 1734 et mort en 1744)

                • Henri Allain de Châteaubriant-La Guerrande (né le à Hénanbihen et mort le à Hénanbihen)

                • Jean Gilles Jules Joseph de Châteaubriant-La Guerrande (né le à Hénanbihen et mort le à Saint-Lormel), seigneur de La Guerrande, marié à Eulalie Marie Reine de La Goublaye le (Pléboulle), sans postérité, puis à Reine Marguerite de Lesquen-Largentais (née le à Plédran et morte le à Plancoët) le (Saint-Malo), sans postérité

                • Casimir Ange François de Châteaubriant-La Guerrande (né le à Hénanbihen)

                • Louis Jean Joachim de Châteaubriant-La Guerrande (né le à Hénanbihen et mort le à Hénanbihen)

                • Thérèse Charlotte Renée de Châteaubriant-La Guerrande (née le à Hénanbihen et morte le à Hénanbihen)

                • Marie Alexis de Châteaubriant-La Guerrande (né le à Hénanbihen et mort le à Hénanbihen)

                • René Simon de Châteaubriant-La Guerrande (né le à Hénanbihen et mort le à Hénanbihen)

                • Thérèse Louise Charlotte de Châteaubriant-La Guerrande (née le à Hénanbihen), mariée le (Hénanbihen) à François Charles de Malterre (né vers 1735)

                • Marie Jacquemine de Châteaubriant-La Guerrande (née le à Hénanbihen)

            • François Pierre de Châteaubriant-La Guerrande (né le à Plestan et mort le à Carthagène)

            • Jean de Châteaubriant-La Guerrande (né le à Hénanbihen), Garde marine,

            • Renée de Châteaubriant-La Guerrande, dame de Kerléverien (née en 1678)

            • Un fils (né le à Pléhérel)

            • Claudine de Châteaubriant-La Guerrande (née en 1684 à Saint-Denoual et morte le ), Demoiselle de Belestre

          • Amaury de Châteaubriant-La Guerrande, seigneur de La Ville-André et de Vaurenier

Rameau des Touches

  • Amaury de Châteaubriant-La Guerrande, écuyer, seigneur de La Ville-André et de Vaurenier (né en 1652 et mort le à Plumaudan), marié à Marie Jeanne du Rocher du Quengo (morte le au manoir des Touches, Guitté), Demoiselle du Quengo le (Brusvily)

    • François de Châteaubriant (né le au Château du Quengo, Brusvily et mort le au manoir des Touches), écuyer, seigneur de la Villeneuve et des Touches, marié à Péronnelle Claude Lamour de Lanjegu (née le à Izé et morte le au château du Val au Guildo, Saint-Pôtan) le (Guenroc)

      • Céleste Mélanie de Châteaubriant (née le à Guitté)

      • Catherine Julienne de Châteaubriant (née le à Guitté)

      • Françoise de Châteaubriant (née le à Guitté et morte le (en nourrice, à Caulnes))

      • François Henry de Châteaubriant (né le à Guitté et mort le à Merdrignac), seigneur de la Villeneuve, il refusa de se marier et se fit prêtre, il fut successivement recteur de Saint-Launeuc et de Merdrignac

      • René-Auguste de Châteaubriand (né le au manoir des Touches, Guitté et mort le au château de Combourg), comte de Combourg, seigneur des Touches, du Plessis, de Gangres, de Godheu, de Boulet et de Malestroit à Dol, conseiller au Parlement de Bretagne. Sa réussite commerciale fit retrouver sa dignité d'antan à sa très vieille famille aristocratique ruinée de Saint-Malo, marié le (Bourseul) à Appoline Jeanne Suzanne de Bédée (née le à Bourseul et morte le au château de la Ballue, Saint-Servan-sur-Mer)

        • Bénigne Marie Angélique de Châteaubriand (née le à Bourseul)

        • Geoffroy René Marie de Châteaubriand (née le à Saint-Malo et morte le , chez sa nourrice à Plancoët)

        • Jean Baptiste Auguste de Châteaubriand (né le à Saint-Malo et mort le à Paris), comte de Combourg, conseiller au Parlement de Bretagne, marié à Thérèse Le Peletier, dame du Rosanbo (née en 1777 et morte le à Paris, inhumée le au Cimetière des Errancis), sans postérité, puis à Aline Thérèse Le Peletier de Rosanbo (née le à Paris et morte le ) en novembre 1787 (Paris)

          • Louis Geoffroy de Chateaubriand (né le à Paris et mort le au château de Malesherbes), comte de Chateaubriand et de Combourg, colonel des chasseurs à cheval, pair de France (héritier de la pairie de son oncle François-René de Chateaubriand par lettres patentes du ), marié le (Ménil-Jean) à Henriette Félicité Zélie d'Orglandes (morte en 1873)

            • Anne Louise Laure de Châteaubriand (née le à Paris et morte en juillet 1899), mariée avec Alfred Charles César de Baulny le

            • Louise Françoise de Châteaubriand (née le à Paris), mariée Alfred Charles César de Lunas le (Paris)

            • Antoinette Marie Clémentine de Châteaubriand (née le à Paris), mariée le (Paris) à Alfred Julien Philippe de Beaufort, marquis

            • Marie Adélaïde Louise Henriette de Châteaubriand (née le ), mariée le à Edmond de Carayon-Latour

            • Christian Marie Camille Geoffroy de Châteaubriand (né le à Paris et mort le au château de Combourg, inhumé dans l'église de Combourg), marié à Joséphine Marie Mélanie Rogniat (née en 1838) le (Paris) (un enfant), puis à Françoise Marie Antoinette Bernou de Rochetaillé (née en 1848 et morte le ) le (Saint-Pierre-de-Plesguen) (un enfant). Il est l'auteur d'une statue de saint Gilduin

              • Marie Louise Mélanie de Châteaubriand, mariée à Louis Marie Gérard de La Tour Du Pin-Verclause

              • Sybille de Châteaubriand (née le et morte le ), mariée à Jacques, comte de Durfort

            • Camille Adèle Pauline Félicie de Châteaubriand

          • Christian Antoine (né le à Paris et mort le à Chieri en Italie)

        • Marie Anne Françoise de Châteaubriand (née le à Saint-Malo et morte le aux Dames de la Sagesse à Dinan), comtesse de Marigny, mariée le (chapelle du château de Combourg) à Jean François Geffelot de Marigny (né le à Fougères et mort en 1793 à Fougères), comte de Marigny

        • Bénigne Jeanne de Châteaubriand, comtesse de Combourg (née le à Saint-Malo et morte le à Rennes), mariée à Jean François Xavier de Québriac (né le à Fougères et mort le au château de Combourg), chevalier, comte de Québriac, seigneur de Blossac, le (chapelle du Château de Combourg), puis à Paul François Marie de La Celle (né le à Rennes et mort en 1816 au château de Lascardais, Mézières-sur-Couesnon) le (Fougères)

        • Julie-Marie-Agathe de Chateaubriand (née le à Saint-Malo et morte le à Rennes), mariée le , (chapelle du château de Combourg) à Annibal Pierre François de Farcy (né le à Fougères et mort le ), chevalier, seigneur de Montavallon

        • Lucile Angélique Jeanne de Chateaubriand (née le à Saint-Malo et morte le à Paris), femme de lettres, mariée à Jacques Louis René de Caud (né le à Rennes et mort le à Rennes), marquis de Caud, le (Rennes)

        • Louis Auguste de Chateaubriand (né le à Saint-Malo et mort le à Saint-Malo)

        • Calixte Anne Marie de Chateaubriand (née le à Saint-Malo et morte le à Plancoët)

        • François-René (né le et mort le ), vicomte de Chateaubriand et pair de France, écrivain et homme politique, chevalier de l'ordre du Saint-Esprit, chevalier de l'ordre de la Toison d'or, chevalier de l'ordre de l'Annonciade, marié en 1792 (juste avant qu'il ne fuie les dangers de la Révolution en partant en exil à Londres) à Céleste Buisson de la Vigne (née en 1774 et morte en 1847)

GENEALOGIE LE GAC - PECHEU : RETOUR VERS NOTRE COUSINAGE AVEC FRANCOIS RENE DE CHATEAUBRIAND
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Fiche de voyage Marches de Bretagne n°11, François-René
de Chateaubriand et Combourg.
Nous avons donc dit que, par contrat du 3 mai 1761, la duchesse de Duras et son mari
vendirent le château et la seigneurie de Combourg à René-Auguste de Chateaubriand (1718-
1786) et à sa femme Apolline de Bedée. Ceux-ci eurent neuf enfants, dont François-René, le
cadet (3), qui a immortalisé le nom de Combourg et celui de sa famille "de Chateaubriand". Il
a lui-même dans ses "Mémoires d'Outre-Tombe" dépeint admirablement son château, où ils
s'installent en 1777, et la vie qu'on y menait durant son enfance, assez morne. Son père,
René-Auguste mourut à 69 ans au château de Combourg, le 8 septembre 1786; il fut inhumé
dans le chanceau de l'église paroissiale, sa veuve mourut à Saint Servant le 31 mai 1798. Leur
fils ainé, Jean-Baptiste de Chateaubriand, fut le dernier comte de Combourg, reçu conseiller
au Parlement de Bretagne en 1779, il épousa Thérèse Le Pelletier de Rosanbo. L'un et l'autre,
victimes de la Révolution Française, furent saisis à Paris, condamnés à mort et exécutés le 3
floréal, an II, Jean-Baptiste avait 34 ans et Thérèse 23 ans.
LE PERE: Celui qui acheta la seigneurie, le "père", René-Auguste, fut, à Saint-Malo, engagé
comme mousse dans la marine marchande, puis capitaine, enfin armateur enrichi par le
commerce des Îles et la Course. D'une vieille famlle de la noblesse bretonne désargentée,
René-Auguste s'engage dans la marine à l'age de 15 ans, il laisse son toit et sa famille pour
gagner sa vie sur l'eau. Il étudia l'hydrographie au milieu de jeunes malouins (1)et, à 22 ans,
en 1740, il était enseigne "à la part", c'est à dire participant aux bénéfices, avec trois voyages
à Terre-Neuve. Il participe à la guerre de Succession d'Autriche, comme lieutenant sur
l'"Assomption" en guerre et en marchandises, puis comme second du corsaire "Le Tigre", il
prend part à deux croisières, l'année suivante, mais il est fait prisonnier. Il devient capitaine
en 1747, il commande le "Blancfort" vers les Antilles pour le roi. Installé à Nantes entre 1748
et 1757, il réalise trois voyages vers Saint Domingue, puis une sur l'"Apollon" armé par
Mosneron. L'année de son mariage, en 1753, il se fait immatriculer à Nantes et pratique le
commerce "triangulaire" vers la Guinée, pour la "traite", puis, vers les Antilles pour en
rapporter le sucre et le café. En 1755, il débarque pour s'installer à Saint Malo comme
armateur, il a ses deux frères pour commander ses navires, il en aura jusqu'à six. En guerre, il
substitue la course au commerce. Il y gagne une fortune, qu'il place de façon avisée. C'es
ainsi qu'il acquiert le "très vénérable comté de Combourg" qu'il achète aux "avoués de Saint
Samson. (voir fiche précédente). A côté du marin, de l'aventurier, du négrier, du grand
trafiquant, apparait, alors le seigneur, noble. Mais là, il réagit différemment du comte de
Duras, qui était décrit comme seigneur débonnaire, il se comporte en administrateur sinon
impitoyable, du moins très averti de ses droits. Il mourra avant la Révolution qui abolira la
féodalité qu'il aura contribué à dévaluer par ses excès. Lui qui était sorti de l'ornière de la
misère, qui connaissait les pauvres et toutes les classes voisines du tiers-état, qui avait résidé
en ville la plus grande partie de sa vie active, ne percut pas les changements de son époque
et devint un seigneur "gothique". Il avait réalisé son rève de devenir un seigneur, un comte,mais sa femme n'avait jamais partagé ses ambitions, elle aurait a imé rester à Saint Malo,
avec son port animé. Elle se retrouvait enfermée dans cette forteresse du Moyen-Âge, le
rôle de chatelaine l'assommait. Ce père, ayant atteint son sommet, fut désenchanté dans sa
grosse batisse, il transmis à son fils, François-René ce complexe d'insatisfaction. Ce fils, fut,
lui, le cadet, comte de Chateaubriand, un grand seigneur libéral, et passa, comme son père,
des rèves les plus radieux aux réveils les plus désillusionnants. René-Auguste, meurt seul,
paralysé et frappé de congestion dans la tour de l'est et fut inhumé dans l'église du bourg.
Son fils ainé, Jean-Baptiste, hérite du château. Jean-Baptiste est guillotiné en 1794, le domaine confisqué, le château sera pillé et brûlé,
puis restitué en 1796 au fils de Jean-Baptiste, Louis-Geoffroy (1790-1873), agé de 7 ans qui
n'y viendra jamais, il vivait à Malesherbes. Le château est mis sous séquestre, son mobilier
vendu, puis recueilli par son oncle et tuteur, le comte de Tocqueville, père d'Alexis de
Tocqueville. La demeure restera dans cet état pendant quatre-vingt ans et, y passant,Gustave Flaubert en donnera une description impressionnante, et Maurice Barrès le qualifie
d'"épreuve de pierre d'un chef d'oeuvre verbal". Cette grande vétusté du château favorisera
sa transformation en deux campagnes de restauration par Ernest Thrile, élève de Viollet-le-
Duc, à qui fit appel Geoffroy de Chateaubriand,(1828-1889), fils de Louis-Geoffroy. Celui-ci
réaménagera le château sans respecter ses dispositions d'origine, dans le style neo-gothique
à la mode et crée un escalier monumental et fait redessiner le parc dans le goût anglais.
Cette quasi-reconstruction fit disparaitre le chapelle du More, les salles des gardes et la cour
intérieure, remplacée par un salon, une salle à manger, une cour aux ornements en pierre
blanche de style Renaissance et un grand escalier en bois sur rampe d'esprit XVIIè; siècle,
dont un des murs a conservé un grand cartouche peint d'une inscription en latin qui date les
travaux. Le domaine passera à sa fille cadette Sybille (1876-1961), comtesse de Durfort, qui
le transmettra à Geoffroy, comte de La Tour du Pin verclause (1914-1971), le petit-fils de sa
soeur aînée Marie (1858-1918). Il passera ensuite à son fils Géraud, comte de la Tour du Pin
Verclause (1942-1995), il appartient, aujourd'hui, à Sonia, comtesse de la Tour du Pin
Verclause (née en 1943), l'épouse de ce dernier (Geraud), et à son fils Guy, né en 1975.
LE FILS cadet:(3) François-René de Chateaubriand. On a compris que François-René n'a vécu
dans ce château de Combourg que pendant son enfance, et, encore qu'à partir de ses 7 ans.
Ce que je vous propose vient uniquement de son livre la plus célèbre,et encore je n'ai lu que
le premier tome. Ce n'est pas très gai, car dans l'introduction il dit:"La vie me sied mal, la
mort m'ira peut-être mieux." et cette mort il la prépare, quitte a se faire graisser la patte,
c'est lui qui le dit:"Les habitants de Saint Malo s'adressèrent à moi le 25 août 1828 (cette
année là il est nommé ambassadeur à Rome), par l'entremise de leur maire, au sujet d'un
bassin à flot qu'ils désiraient établir. Je m'empressai de répondre, sollicitant, en échange de
bienveillance, une concession de quelques pieds de terre, pour mon tombeau, sur le grand
Bé. Cela souffrit des difficultés à cause du génie militaire. Je reçus, enfin, le 27 octobre 1831,
une lettre du maire, M.Hovius...Je reposerais donc au bord de la mer que j'ai tant aimé."
" J'étais presque mort quand je vins au jour. Le mugissement des vagues, soulevées par
une bourrasque annonçant l'équinoxe d'automne, empêchait d'entendre mes cris: on m'a
souvent conté ces détails; leur tristesse ne s'est jamais effacée de ma mémoire. Il n'y a pas
de jour où, rèvant à ce que j'ai été, je ne revoie en pensée le rocher sur lequel je suis né, la
chambre où ma mère m'infligea la vie, la tempête dont le bruit berça mon premier sommeil,
le frère infortuné qui me donna un nom que j'ai presque toujours traîné dans le
malheur..."(il parle du premier fils de la lignée, Geoffroy-René-Marie). Il est mis en nourrice à
Plancoët, dans le château de Monchoix, (qu'il décrira comme plein de vie et de joie !),
appartenant au comte de Bedée, son oncle maternel. Sa première nourrisse est "stérile",
"une autre pauvre chrétienne me prit à son sein..." le Villeneuve. "Au bout de trois ans on
me ramena à Saint Malo; il y avait déjà sept ans que mon père avait recouvré la terre de
Combourg(4), il désirait rentrer dans ses biens où ses ancêtres avaient passé" et d'expliquer
que "plusieurs branches de ma famille l'avaient possédé par des mariages avec les
Coëtquen...le même maréchal de Duras, en qualité de notre allié, nous présenta dans la
suite de Louis XVI, mon frère et moi...".

François René de Chateaubriand

François René de Chateaubriand

LA MERE: "Quand je fut rapporté à Saint Malo, mon père était à Combourg, mon frère au
collège de Saint-Brieuc, mes quatre soeurs vivaient auprès de ma mère." On devine
qu'Appoline de Bedée ne vit pas à Combourg, sûrement à Saint Malo avec ses quatre filles,
qui, elles ne vont pas au collège (ce sont des filles), quant au fils ainé, il doit avoir 13 ans. Mais....
"Toutes les affections de celle-ci s'étaient concentrées dans son fils ainé; non qu'elle ne
chérit ses autres enfants, mais elle témoignait une confiance aveugle au jeune comte de
Combourg (Jean-Baptiste-Auguste). J'avais bien, il est vrai, comme garçon, comme le dernier venu,
comme le chevalier (ainsi m'appelait'on), quelques privilèges sur mes soeurs; mais, en
définitive,, j'étais abandonné aux mains des gens. Ma mère, d'ailleurs, pleine d'esprit et de
vertu, était préoccupée par les soins de la société et les devoirs de la religion...elle aimait la
politique, le bruit, le monde... elle ramenait chez elle une humeur grondeuse, une
imagination distraite, un esprit de parcimonie, qui nous empêchèrent d'abord de
reconnaître ses admirables qualités. Avec de l'ordre, ses enfants étaient tenus sans ordre;
avec de la générosité, elle avait l'apparence de l'avarice; avec de la douceur d'âme, elle
grondait toujours: mon père était la terreur des domestiques, ma mère le fléau.
De ce caractère de mes parents, sont nés les premiers sentiments de ma vie. je m'attachais
à la femme qui prit soin de moi, excellente créature appelée la Villeneuve, elle disait: "C'est
celui-là qui ne sera pas fier ! qui a bon coeur ! qui ne rebute pas les gens ! Tiens, petit
garçon! " et elle me bourrait de vin et de sucre."
LA SOEUR: "Mes sympathies d'enfant pour la Villeneuve furent bientôt dominées par une
amitié plus digne. Lucile, la quatrième de mes soeurs, avait deux ans de plus que moi;
cadette délaissée, sa parure ne se composait que de la dépouille de ses soeurs. Qu'on se
figure une petite fille maigre, trop grande pour son âge, bras dégingandés, air timide, parlant
avec timidité et ne pouvant rien apprendre; qu'on lui mette une robe empruntée à une autre
taille... et vous verrez la misérable créature qui me frappa en rentrant sous le toit paternel.
Personne n'aurait soupçonné dans la chétive Lucile les talents et la beauté qui devait un jour
briller en elle... Je devins son défenseur...." 

Livré à lui-même, François-René a une enfance oisive et fait bétises sur bétises sur le port
de Saint-Malo, souvent en compagnie d'un voisin, Gesril, qu'il retrouvera plus tard à Brest,
quand adolescent il attendra des papiers pour embarquer. Il doit se contenter d'un
éducation minimale, dispensée par un maître incompétent qui lui donne quelques notions
de dessin, d'anglais, d'hydrographie et de mathématiques. "Je commençais à passer pour un
vaurien, un âne enfin. Ces idées entraient dans la tête de mes parents: mon père disait que
tous les chevaliers de Chateaubriand avaient été des fouetteurs de lièvres, des ivrognes et
des querelleurs. Ma mère soupirait et grognait en voyant le désordre de ma jaquette.Tout
enfant que j'étais, le propos de mon père me révoltait; quand ma mère couronnait ses
remontrances par l'éloge de mon frère, qu'elle appelait un Caton, un héros, je me sentais
disposé à faire tout le mal qu'on semblait attendre de moi.
Il entre au collège de Dol, entre Saint Malo et Combourg."Pendant l'hiver très froid qui
précéda ma réclusion scolaire, le feu prit à l'hôtel où nous demeurions (à St.Malo); je fus
sauvé par ma soeur ainée, qui m'emporta à travers les flammes. M. de Chateaubriand, retiré
dans son château, appela sa femme près de lui: il le fallait rejoindre au printemps." En
pension, François-René va désormais rentrer à Combourg, ce sera désormais sa maison. "Je
devai suivre mes soeurs jusqu'à Combourg...tandis que ma mère soupirait, mes soeurs
parlaient à perdre haleine, je regardai de mes grands yeux, j'écoutai de mes deux oreilles, je
m'émerveillai à chaque tour de roue: premiers pas d'un Juif errant qui ne devait
arrêter....Enfin nous découvrîmes une vallée au fond de laquelle s'élevait, non loin d'un étang, la flèche de l'église d'une bourgade; les tours d'un château féodal montait dans les
arbres d'une futaie éclairée par le soleil couchant...Descendus de la colline, nous guéâme un
ruisseau, après avoir cheminé une demie-heure, nous quittâmes la grande route, et la
voiture roula au bord d'un quinconce, dans une allée de charmilles dont les cîmes
s'entrelaçaient au-dessus de nos têtes: je me souviens encore du moment où j'entrais sous
cet ombrage et de la joie effrayée que j'éprouvai." Je passe des descriptions du château,
mais je voulais vous faire lire ses impressions."Au fond de la cour (une avant-cour, la Cour
Verte)...le château se montrait entre deux groupes d'arbres. Sa triste et sévère facade
présentait une courtine portant une galerie à mâchicoulis, denticulée et couverte...." il
continue en décrivant le château.... "La voiture s'arrêta au pied du perron; mon père vint au-devant de nous. La réunion de
famille adoucit si fort son humeur pour le moment, qu'il nous fit la mine la plus gracieuse..."
Puis il décrit sa découverte du château. Un souper servi dans la salle des Gardes, "et où je
mangeai sans contrainte, termina pour moi la première journée heureuse de ma vie. Le vrai
bonheur coûte peu; s'il est cher il n'est pas d'une bonne espèce."Et il continue à décrire le
château, ses paysages, "en commençant à parler de Combourg, je chante les premiers
couplets d'une complainte qui ne charmera que moi..." Il ne reste que quinze jours, il lui faut
rentrer au collège de Dol, le Principal du collège, l'Abbé Porcher, vient le chercher:"je le
suivis malgré mes pleurs."
Il y devient bon élève, très bon élève même, avec une très bonne mémoire. Aux vacances,
il revient à Combourg. Il y vit la vie du noble qu'il est. "Je suis né gentilhomme. Selon moi, j'ai
profité du hasard de mon berceau. J'ai gardé cet amour plus ferme de la liberté qui
appartient à l'aristocratie dont la dernière heure a sonné. L'aristocratie a trois âges successifs: l'âge des supériorités, l'âge des privilèges, l'âge de vanités: sortie du premier, elle
dégénère dans le second et s'éteint dans le dernier."Son père a remis à l'honneur les anciens
droits féodaux: le saut des poissonniers, la quintaine et la foire Angevine dans la prairie de
l'étang."la foule vaguait dans les jardins et les bois, et, du moins une fois l'an, on voyait à
Combourg quelque chose qui ressemblait à de la joie... Je suis le dernier témoin des moeurs
féodales..." Et il découvre la vie d'un noble de province, visite des amis de son père et de la
société de Combourg, le garde-chasse qui fut tué par un braconnier...
Puis secondes vacances, son père héberge de officiers qui troublent la paix de ses bois mais
lui donnent envie de voyager. Il assiste à la parade des soldats dans la Cour Verte, devant la
château, visite même un camp de soldats à Saint Malo. Retourne à Dol.

GENEALOGIE LE GAC - PECHEU : RETOUR VERS NOTRE COUSINAGE AVEC FRANCOIS RENE DE CHATEAUBRIAND
GENEALOGIE LE GAC - PECHEU : RETOUR VERS NOTRE COUSINAGE AVEC FRANCOIS RENE DE CHATEAUBRIAND
GENEALOGIE LE GAC - PECHEU : RETOUR VERS NOTRE COUSINAGE AVEC FRANCOIS RENE DE CHATEAUBRIAND
GENEALOGIE LE GAC - PECHEU : RETOUR VERS NOTRE COUSINAGE AVEC FRANCOIS RENE DE CHATEAUBRIAND
GENEALOGIE LE GAC - PECHEU : RETOUR VERS NOTRE COUSINAGE AVEC FRANCOIS RENE DE CHATEAUBRIAND
GENEALOGIE LE GAC - PECHEU : RETOUR VERS NOTRE COUSINAGE AVEC FRANCOIS RENE DE CHATEAUBRIAND
GENEALOGIE LE GAC - PECHEU : RETOUR VERS NOTRE COUSINAGE AVEC FRANCOIS RENE DE CHATEAUBRIAND

Ses deux soeurs ainées se marient, il parle des larmes de la séparation et dit:"Après le
malheur de naître, je n'en connais pas de plus grand que celui de donner le jour à un
homme." Quel optimisme ! Il connait les affres de l'adolescence, à travers des livres tombés
entre ses mains, il en perd le sommeil !, il voit "des spectres traînant des chaînes et
vomissant des flammes (qui) m'annonçaient les supplices éternels pour un seul péché
dissimulé...la nuit je croyais voir, tour à tour, des mains noires et des mains blanches passer
à travers mes rideaux: je vins à me figurer que ces dernières mains étaient maudites par la
religion..." Puis il fait sa communion et se confesse "j'ose dire que c'est de ce jour que j'ai été
créé honnête homme; je sentis que je ne survivrais jamais à un remords: quel doit être donc
celui du crime, si j'ai pu tant souffrir pour avoir des faiblesses d'un enfant !" Il se confesse
donc et le prêtre lui dit, comme il devait bientôt entrer dans la Marine, au service "le temps
manque à votre pénitence; mais vous êtes lavé de vos péchés pour un aveux si courageux,
quoique tardif", il reçu l'absolution et courut se précipiter dans les bras de sa mère qui
l'attendait au pied de l'autel, et partit "dans le triomphe du repentir".
Il continue ses études à Rennes pour un cours de mathématiques "afin de subir ensuite à
Brest l'examen de garde-marine". Il y passe deux ans. Et revient à Combourg:"Cantonné dans
sa seigneurie, mon père n'en sortait plus, pas même pendant la tenue des Etats. Ma mère
allait tous les ans passer six semaines à Saint Malo, aux temps de Pâques; elle attendait ce
moment comme celui d'une délivrance, car elle détestait Combourg".Il "décide d'embrasser
l'état ecclésiastique", on l'envoie au collège de Dinan pour "achever des humanités", sait le latin mieux que ses maîtres, apprend l'hébreu. Il séjourne à Combourg, train-train de la vie
provinciale avec son père, sa mère et sa soeur Lucile. Il a sa chambre "dans une espèce de
cellule isolée, en haut de la tourelle de l'escalier qui communiquait de la cour intérieure aux
diverses parties du château. Il"n'avait aucune heure fixe, ni pour me lever, ni pour déjeuner;
j'étais censé étudier jusqu'à midi: la plupart du temps, je ne faisais rien....A onze heures et
demie, on sonnait le dîner que l'on servait à midi. La grande salle était, à la fois, salle à
manger et salon: on dînait et l'on soupait à l'une des extrémités, du côté de l'est; après les
repas on se venait placer à l'autre extrémité du côté de l'ouest, devant une énorme
cheminée...le diner fait, on restait ensemble, jusqu'à deux heures." "Alors, si l'été, mon père prenait le divertissement de la pêche, visitait ses potagers, se
promenait dans l'étendue du vol de chapon, l'hiver, il partait pour la chasse, ma mère se
retirait dans sa chapelle, où elle passait quelques heures en prières...Mon père parti et ma
mère en prières, Lucile s'enfermait dans sa chambre..." Il raconte ensuite les soirées d'hiver
où, lui et sa soeur restaient devant la cheminée et que son père vêtu d'une robe de ratine
blanche, sa tête couverte d'un grand bonnet blanc, marchait dans les couloirs, prenait les
escaliers avec un grand flambeau surmonté d'une grande bougie, comme un spectre. Toute
la famille était persuadée qu'un certain comte de Combourg, à la jambe de bois, mort depuis
trois siècles, apparaissait à certaines époques, seul ou avec un chat noir..."ces récits
occupaient tout le temps du coucher de ma mère et de ma soeur: elles se mettaient au lit
mourantes de peur; je me retirai au haut de ma tourelle....La fenêtre de mon donjon
s'ouvrait sur la cour intérieure;...La nuit, je n'apercevais qu'un petit morceau de ciel et
quelques étoiles. Lorsque la lune brillait et qu'elle s'abaissait à l'occident, j'en étais averti par
ses rayons, qui venaient à mon lit à travers les carreaux lozangés de la fenêtre. Des
chouettes, voletant d'une tour à l'autre, passant et repassant entre la lune et moi,
dessinaient sur mes rideaux l'ombre mobile de leurs ailes. Relégué dans l'endroit le plus
désert, à l'ouverture des galeries, je ne perdais pas un murmure des ténèbres. Quelques fois
le vent semblait courir à pas légers; quelques fois il laissait échapper des plaintes; tout à
coup ma porte était ébranlée avec violence, les souterrains poussaient des gémissements,
puis ces bruits expiraient pour recommencer encore...A quatre heures du matin, la voix du maître du château, appelant le valet de chambre à l'entrée des voûtes séculaires, se faisait
entendre comme la voix du dernier fantôme de la nuit...L'entêtement du comte de
Chateaubriand à faire coucher un enfant seul en haut d'une tour pouvait avoir quelque
inconvénient; mais il tourna à mon avantage. Cette manière violente de me traiter me laissa
le courage d'un homme, sans m'ôter cette sensibilité d'imagination dont on voudrait
aujourd'hui priver la jeunesse...Lorsque mon excellente mère me disait:"Mon enfant, tout
n'arrive que par la permission de Dieu; vous n'avez rien à craindre des mauvais esprits, tant
que vous serez un bon chrétien;" j'étais mieux rassuré que par tous les arguments de la
philosophie..." "A peine étais-je revenu de Brest à Combourg qu'il se fit dans mon existence une
révolution; l'enfant disparut et l'homme se montra avec ses joies qui passent et ses chagrins
qui restent. D'abord, tout devint passion chez moi, en attendant les passions mêmes.
Lorsque après un diner silencieux où je n'avais pas osé ni parler ni manger, je parvenais à
m'échapper, mes transports étaient incroyables; je ne pouvais descendre le perron d'une
seule traite: je me serais précipité. J'étais obligé de m'assoir sur une marche pour laisser se
calmer mon agitation; mais aussitôt que j'avais atteint la Cour Verte et les bois, je me
mettais à courir, à sauter, à bondir, à fringuer, à m'éjouir jusqu'à ce que je tombasse épuisé
de forces, palpitant, enivré de folâtreries et de liberté." Pariel pour la chasse "avec fureur",
pareil pour "l'amitié" pour sa soeur Lucile:"La vie que nous menions à Combourg, ma soeur
et moi, augmentait l'exaltation de notre âge et de notre caractère. Notre principale desennui
consistait à nous promener côte à côte dans le grand Mail, au printemps sur un tapis de
feuilles séchées, en hiver sur une nappe de neige que brodait la trace des oiseaux, des
écureuils et des hermines...Lucile...me dit"tu devrais peindre tout cela."..."jour et nuit je chantais mes plaisirs, c'est à dire, mes bois et mes vallons... J'ai longtemps écris en vers
avant d'écrire en prose...j'invitais Lucile à m'imiter...Les pensées de Lucile n'étaient que des
sentiments; elles sortaient avec difficulté de son âme; mais quand elles parvenait à les
exprimer, il n'y avait rien au-dessus. Elle a laissé une trentaine de pages manuscrites; il est
impossible de les lire sans être profondément ému..." et il cite des pages d'écriture de
Lucile....
Lucile après avoir été emprisonnée lors de la Révolution, en 1794 à Rennes, avec Julie, sa
soeur et Céleste Buisson, épouse de son frère ainé, est libérée et épouse Mr. de Caud, qui la
laissa veuve au bout d'un an (le jour du mariage Lucile avait 31 ans et M. de Caud avait 69 ans passés !). Sa
soeur mariée, François-René tombe amoureux de toutes les femmes, la femme idéale."Au
sortir de ces rèves, quand je me retrouvais un pauvre petit Breton obscur, sans gloire, sans
beauté, sans talents, qui n'attirait le regard de personne, qui paraissait ignoré, qu'aucune
femme n'aimerait jamais, le désespoir s'emparait de moi...Ce délire dura deux années
entières..." Deux ans de délires , de doutes, de désirs, d'amertumes, de courses sauvages
dans les bois, jusqu'à une tentative de suicide:"j'armais le fusil, introduisant le bout du canon
dans ma bouche, je frappais la crosse contre terre..... ...le coup ne partit pas; l'apparition d'un garde suspendit ma résolution..." Un médecin nommé
Cheffel l'examina, prescrivit des remèdes et déclara qu'il était surtout nécessaire de changer de vie.
Sa mère le verrais bien curé, Abbé il se parut ridicule, restait la carrière militaire, qu'il aimait mais ,
craignant de perdre son indépendance, il s'avisa d'une idée saugrenue: aller au Canada. Son père
voulut l'envoyer aux Indes, à Pondichery. En fait, malade, il l'envoya à Cambrai, avec cent louis.
"Depuis cette époque je n'ai revu Combourg que trois fois: après la mort de mon père, nous nous
retrouvâmes en deuil, pour partager notre héritage et nous dire adieu. Une autre fois,
j'accompagnais ma mère à Combourg...Enfin, je traversais une troisième fois Combourg en allant
m'embarquer à Saint Malo pour l'Amérique. Le château était abandonné, je fut obligé de descendre
chez le régisseur. Lorsque, en errant dans le grand Mail, j'aperçus du fond d'une allée obcure le
perron désert, la porte et les fenêtres fermées, je me trouvais mal. Je regagnai avec peine le village;
j'envoyai chercher mes chevaux et je partis au milieu de la nuit.... C'est dans les bois de Combourg
que je suis devenu ce que je suis, que j'ai commencé à sentir la première atteinte de cet ennui que
j'ai traîné toute ma vie, de cette tristesse qui a fait mon tourment et ma félicité. Là, j'ai cherché un coeur qui put entendre le mien; là, j'ai vu se réunir, puis se disperser ma famille. Mon père y rêva
son nom rétabli; la fortune de sa maison renouvelée: autre chimère que le temps et les révolutions
ont dissipée... Le berceau de mes songes a disparu comme ces songes. Demeuré seul debout sur son
rocher, l'antique donjon pleure ses chênes, vieux compagnons qui l'environnaient et le protégeaient
contre la tempête...
Puis il se retrouve dans une malle poste, très géné et rougissant avec, une voisine, Mme. Rose. Il y
retrouve son frère et sa soeur Lucie puis part à Cambrai où il prend l'habit de soldat. Commence une
autre vie....celle de GRAND HOMME ! Grande destinée: il se marie avec Céleste Buisson de la Vigne,
fin mars 1792.

GENEALOGIE LE GAC - PECHEU : RETOUR VERS NOTRE COUSINAGE AVEC FRANCOIS RENE DE CHATEAUBRIAND

La famille de Chateaubriand acquiert le château de Combourg en 1777 alors qu’il est âgé de neuf ans. Le château est sévère et triste, tout comme le père.

« Les soirées d’automne et d’hiver étaient d’une autre nature. Le souper fini et les quatre convives revenus de la table à la cheminée, ma mère se jetait, en soupirant, sur un vieux lit de jour de siamoise flambée ; on mettait devant elle un guéridon avec une bougie. Je m’asseyais auprès du feu avec Lucile ; les domestiques enlevaient le couvert et se retiraient. Mon père commençait alors une promenade qui ne cessait qu’à l’heure de son coucher. Il était vêtu d’une robe de ratine blanche, ou plutôt d’une espèce de manteau que je n’ai vu qu’à lui. Sa tête, demi-chauve, était couverte d’un grand bonnet blanc qui se tenait tout droit. Lorsqu’en se promenant il s’éloignait du foyer, la vaste salle était si peu éclairée par une seule bougie qu’on ne le voyait plus ; on l’entendait seulement encore marcher dans les ténèbres : puis il revenait lentement vers la lumière et émergeait peu à peu de l’obscurité, comme un spectre, avec sa robe blanche, son bonnet blanc, sa figure longue et pâle. Lucile et moi nous échangions quelques mots à voix basse quand il était à l’autre bout de la salle ; nous nous taisions quand il se rapprochait de nous. Il nous disait en passant : « De quoi parliez-vous ? » Saisis de terreur, nous ne répondions rien ; il continuait sa marche. Le reste de la soirée, l’oreille n’était plus frappée que du bruit mesuré de ses pas, des soupirs de ma mère et du murmure du vent. » (Mémoires d’outre-tombe, 1e partie, III)

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