Overblog Tous les blogs Top blogs Mode, Art & Design Tous les blogs Mode, Art & Design
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
14 mai 2026 4 14 /05 /mai /2026 09:34
GENEALOGIE  LE GAC -  PECHEU :   LES  DESCENDANTS  DES  VISCONTI  DE  MILAN, NOS  COUSINAGES  AVEC  FRANCOIS 1er, EDOUARD VIII  D'ANGLETTERRE,  CHARLES QUINT  ET  MADAME  DE  MONTESPAN.
GENEALOGIE  LE GAC -  PECHEU :   LES  DESCENDANTS  DES  VISCONTI  DE  MILAN, NOS  COUSINAGES  AVEC  FRANCOIS 1er, EDOUARD VIII  D'ANGLETTERRE,  CHARLES QUINT  ET  MADAME  DE  MONTESPAN.
GENEALOGIE  LE GAC -  PECHEU :   LES  DESCENDANTS  DES  VISCONTI  DE  MILAN, NOS  COUSINAGES  AVEC  FRANCOIS 1er, EDOUARD VIII  D'ANGLETTERRE,  CHARLES QUINT  ET  MADAME  DE  MONTESPAN.

Généalogie montrant les liens entre François 1er, Edouard VII d'Angleterre et Charles Quint à partir D'hélène de Rohan Guéméné et François 1er de Maure (donateurs de la verrière de l'église de Montrelais) et descendants des Visconti de Milan.

GENEALOGIE  LE GAC -  PECHEU :   LES  DESCENDANTS  DES  VISCONTI  DE  MILAN, NOS  COUSINAGES  AVEC  FRANCOIS 1er, EDOUARD VIII  D'ANGLETTERRE,  CHARLES QUINT  ET  MADAME  DE  MONTESPAN.
GENEALOGIE  LE GAC -  PECHEU :   LES  DESCENDANTS  DES  VISCONTI  DE  MILAN, NOS  COUSINAGES  AVEC  FRANCOIS 1er, EDOUARD VIII  D'ANGLETTERRE,  CHARLES QUINT  ET  MADAME  DE  MONTESPAN.
GENEALOGIE  LE GAC -  PECHEU :   LES  DESCENDANTS  DES  VISCONTI  DE  MILAN, NOS  COUSINAGES  AVEC  FRANCOIS 1er, EDOUARD VIII  D'ANGLETTERRE,  CHARLES QUINT  ET  MADAME  DE  MONTESPAN.
GENEALOGIE  LE GAC -  PECHEU :   LES  DESCENDANTS  DES  VISCONTI  DE  MILAN, NOS  COUSINAGES  AVEC  FRANCOIS 1er, EDOUARD VIII  D'ANGLETTERRE,  CHARLES QUINT  ET  MADAME  DE  MONTESPAN.

La maitresse vitre et gros plan sur la représentation de François 1er.

GENEALOGIE  LE GAC -  PECHEU :   LES  DESCENDANTS  DES  VISCONTI  DE  MILAN, NOS  COUSINAGES  AVEC  FRANCOIS 1er, EDOUARD VIII  D'ANGLETTERRE,  CHARLES QUINT  ET  MADAME  DE  MONTESPAN.
GENEALOGIE  LE GAC -  PECHEU :   LES  DESCENDANTS  DES  VISCONTI  DE  MILAN, NOS  COUSINAGES  AVEC  FRANCOIS 1er, EDOUARD VIII  D'ANGLETTERRE,  CHARLES QUINT  ET  MADAME  DE  MONTESPAN.

Enluminure représentant un dauphin bleu à côté du futur François Ier. L'enfant est guidé par sa mère, Louise de Savoie, jeune veuve vêtue de noir. Accompagnée de ses dames d'honneur, elle tient un compas, allégorie de la prudence. Louise entend que son « César » devienne le dauphin en titre, héritier du trône de France, conformément à une prophétie de François de Paule.
Maître de Philippe de Gueldre, « Le Compas du Dauphin », vers 1505, Paris, BnF, Ms. Français 2285, fo 5 ro.

GENEALOGIE  LE GAC -  PECHEU :   LES  DESCENDANTS  DES  VISCONTI  DE  MILAN, NOS  COUSINAGES  AVEC  FRANCOIS 1er, EDOUARD VIII  D'ANGLETTERRE,  CHARLES QUINT  ET  MADAME  DE  MONTESPAN.

Maître de Philippe de Gueldre, « Antoine Vérard présente son livre au jeune François, en présence de Louise de Savoie et de Marguerite d'Angoulême  » (Mère et soeur de François), dans Octavien de Saint-Gelais, Le Séjour d'honneur, Paris, BnF, Vélins 2239, fo 1, 1503 (enluminé vers 1506).

 

GENEALOGIE  LE GAC -  PECHEU :   LES  DESCENDANTS  DES  VISCONTI  DE  MILAN, NOS  COUSINAGES  AVEC  FRANCOIS 1er, EDOUARD VIII  D'ANGLETTERRE,  CHARLES QUINT  ET  MADAME  DE  MONTESPAN.
GENEALOGIE  LE GAC -  PECHEU :   LES  DESCENDANTS  DES  VISCONTI  DE  MILAN, NOS  COUSINAGES  AVEC  FRANCOIS 1er, EDOUARD VIII  D'ANGLETTERRE,  CHARLES QUINT  ET  MADAME  DE  MONTESPAN.

François Ier, né sous le nom de François d’Angoulême le à Cognac et mort le à Rambouillet, est un roi de France ayant régné de 1515, jusqu’à sa mort en 1547. Fils de Charles d'Orléans et de Louise de Savoie, il appartient à la branche de Valois-Angoulême de la dynastie capétienne.

François Ier est considéré comme le roi emblématique de la période de la Renaissance française. Son règne, ponctué de guerres et d’importants faits diplomatiques, permet néanmoins un développement important des arts et des lettres en France.

Il possède un puissant rival en la personne de l'empereur Charles Quint et doit compter sur les intérêts diplomatiques du roi Henri VIII d'Angleterre, toujours désireux de se placer en allié de l’un ou l’autre camp. François Ier enregistre succès et défaites mais interdit à son ennemi impérial de concrétiser ses rêves, dont la réalisation toucherait l’intégrité du royaume de France. L'antagonisme des deux souverains catholiques entraîne de lourdes conséquences pour l’Occident chrétien : il facilite la diffusion des idées de la Réforme naissante et surtout permet à l'Empire ottoman de s'installer aux portes de Vienne en s'emparant de la quasi-totalité du royaume de Hongrie.

La constitution de ce qui deviendra sous les Bourbons la monarchie absolue et les besoins financiers liés à la guerre et au développement des arts induisent la nécessité de contrôler et optimiser la gestion de l'État et du territoire. François Ier introduit une série de réformes touchant à l'administration du pouvoir et en particulier à l'amélioration du rendement de l'impôt, réformes mises en œuvre et poursuivies sous le règne de son fils et successeur, Henri II.

François d’Angoulême naît le au château de Cognac, en Angoumois. Il est le fils de Charles d'Orléans, comte d'Angoulême, et de la princesse Louise de Savoie, le petit-fils de Jean d'Orléans (oncle du futur roi Louis XII), comte d'Angoulême, et de Marguerite de Rohan, l'arrière-petit-fils du duc Louis Ier d'Orléans (frère cadet du roi Charles VI), et de la fille du duc de Milan Valentine Visconti. Il descend directement du roi Charles V par la branche cadette de Valois, dite d'Angoulême.

Son nom lui vient du nom de François de Paule, lequel aurait prédit à sa mère la mise au monde d’un enfant-roi qui, à sa naissance, prendrait le nom de François.

François appartient à la branche cadette de la maison royale de Valois, et n'est donc pas destiné à régner bien qu’en bonne position dans l’ordre de succession. En 1496, son père meurt et François, âgé de deux ans, devient comte d'Angoulême. Sa mère, veuve à dix-neuf ans, se consacre à l'éducation de ses deux enfants. Le testament de son mari lui en confie la tutelle, mais le futur roi Louis XII estime qu'elle n'a pas la majorité requise pour l'assumer seule et décide de partager cette tutelle.

Pour son sacre, Louis XII fait venir à la cour, en avril 1498, son jeune cousin François, accompagné de sa sœur aînée, Marguerite, et de leur mère, Louise de Savoie. François est fait duc de Valois l'année suivante. Il est, en vertu de la loi salique, l'héritier présomptif de la couronne, en qualité d'aîné de la maison de Valois dans l'ordre de primogéniture (aucun des fils que Louis XII aura avec son épouse Anne de Bretagne n'a survécu plus de quelques jours).

François grandit au château d'Amboise, sur les bords de la Loire. Adoré par sa mère et sa sœur, François grandit au sein de ce trio très soudé, comme le relatent le journal de Louise et les écrits de Marguerite, qui parle même de « trinité ». Le , François fait une chute de cheval et se retrouve dans un état critique. Sa mère en tombe malade et ne vit que pour la guérison de celui qu’elle appelle son « César ».

Louise doit composer avec le maréchal de Gié, gouverneur du jeune comte d'Angoulême et commandant du château, qui exerce un grand pouvoir sur ses enfants. Il a comme précepteurs Artus Gouffier et François de Moulins de Rochefort, son professeur de latin (langue que François assimilera avec beaucoup de peine), que François nommera plus tard grand aumônier du roi. Vers 1519-1520, François de Moulins rédige pour lui des Commentaires de la guerre gallique, une adaptation des Commentaires sur la Guerre des Gaules dans lequel il imagine un dialogue entre le jeune roi et Jules César lui racontant ses campagnes militaires.

Le contact entre les cultures italienne et française pendant la longue période des guerres d'Italie, menées par ses deux prédécesseurs Charles VIII et Louis XII, introduit les nouvelles idées de la Renaissance en France au moment où François reçoit son éducation. Nombre de ses précepteurs, notamment l’Italien Giovanni Francesco Conti et Christophe de Longueil, inculquent au jeune François un enseignement inspiré de la pensée italienne.

La mère de François s’intéresse également de près à l’art de la Renaissance et transmet cette passion à son fils qui, durant son règne, maîtrise la langue italienne à la perfection. On ne peut affirmer que François ait reçu une éducation humaniste ; en revanche, plus que tout autre de ses prédécesseurs, il a bénéficié d'une éducation qui le sensibilise à ce mouvement intellectuel.

Le jeune François s’entoure de compagnons qui resteront influents à l'âge adulte, tels Anne de Montmorency, Marin de Montchenu, Philippe de Brion et Robert de La Marck, à qui on doit une description de leurs jeux et exercices physiques en alternance avec l'apprentissage des humanités.

François gouverne le comté d'Angoulême lorsqu'il devient majeur en 1512. Avant cette date, c'est sa mère Louise de Savoie qui le gérait depuis la mort de son mari Charles d'Orléans en 1496. Ils y effectuent de fréquents séjours. Lorsque François devient roi en 1515, Louise gouverne à nouveau le comté d'Angoulême devenu duché, jusqu'à sa mort en 1531.

En , Anne de Bretagne, très affaiblie par une dizaine de couches en une vingtaine d'années, accouche à nouveau d'un fils mort-né. Louis XII va alors se résoudre à traiter François en prince héritier, le fait entrer au Conseil du Roi et le nomme commandant en chef de l'armée de Guyenne le .

Louis XII n'ayant pas d'héritier mâle, la question du mariage de sa fille aînée Claude est de première importance et semble faire hésiter le roi. Il décrète d'abord, en 1501 (traité de Lyon) et 1504 (traité de Blois), vouloir la marier à Charles de Habsbourg, futur Charles Quint. Sa santé se détériorant, il décide finalement, dans son testament du , de marier sa fille à François d'Angoulême. La cérémonie de fiançailles a lieu le 1506 dans le château de Plessis-lèz-Tours, clôturant la session des états généraux de Tours. Dès lors, François s'installe au château de Blois. Le mariage est célébré le dans la chapelle royale de Saint-Germain-en-Laye. Les noces sont fastes mais marquées par le deuil d'Anne de Bretagne, morte quatre mois plus tôt.

la mort du roi Louis XII, le , il devient roi de France sous le nom de François Ier, à l'âge de vingt ans. Il est sacré à la cathédrale de Reims le , date retenue à cause de sa guérison jugée miraculeuse survenue treize ans plus tôt, le même jour que la conversion de Paul].

Son emblème personnel représente une salamandre, animal légendaire réputé se nourrir du feu selon les auteurs antiques. Jadis utilisé brièvement par son aïeul Jean d'Angoulême, cet emblème reptilien figure dès 1504 sur une médaille frappée pour le jeune comte François d'Angoulême, avec l'inscription latine « Notrisco al buono, stingo el reo » signifiant que la salamandre possède la double faculté d'entretenir le « bon feu » divin de la Charité et d'éteindre le « mauvais feu » infernal de la division et de la guerre.

L'entrée royale dans Paris le (rite politique majeur au cours duquel il accorde des grâces), donne le ton de son règne. Vêtu d’un costume en toile d’argent incrusté de joyaux, il fait cabrer son cheval et jette des pièces de monnaie à la foule. Il participe avec fougue et éclat à un pas d'armes (joute à cheval avec lances selon un scénario élaboré)

François Ier à la bataille de Marignan. Miniature de Noël Bellemare en frontispice d'un manuscrit du XVIe siècle

François Ier à la bataille de Marignan. Miniature de Noël Bellemare en frontispice d'un manuscrit du XVIe siècle

Conquête du Milanais (1515-1516)

Par son arrière-grand-mère Valentine Visconti, François Ier détient des droits dynastiques sur le duché de Milan. Dès la première année de son règne, il décide de faire valoir ses droits et monte une expédition pour prendre possession de ce duché. Pour lui, c'est aussi l'occasion de venger les défaites françaises de la précédente guerre italienne : deux ans avant son avènement, tous les territoires occupés par ses prédécesseurs en Italie avaient été perdus. La conquête du Milanais par François Ier s'inscrit totalement dans la continuité des guerres d'Italie commencées vingt ans plus tôt par le roi Charles VIII.

Par plusieurs traités signés au printemps 1515, François Ier parvient à obtenir la neutralité de ses puissants voisins. L’opposition à ses visées se limite au duc de Milan Maximilien Sforza, officiellement mais faiblement soutenu par le pape Léon X et son allié le cardinal Matthieu Schiner, artisan de l’alliance entre les cantons suisses et le pape, et futur conseiller de Charles Quint.

Au printemps 1515, François Ier ordonne la concentration des troupes à Grenoble et une armée de 30 000 hommes marche sur l’Italie. Cependant, solidement établis à Suse, les Suisses tiennent la route habituelle du Mont-Cenis. Avec l’aide technique de l’officier et ingénieur militaire Pedro Navarro, l’armée, y compris les chevaux et l’artillerie (soixante canons de bronze), franchit les Alpes par une route secondaire plus au sud, par les deux cols, Vars (vallée de l'Ubaye) et Larche, puis débouche dans la vallée de la Stura. C'est au prix d'efforts très importants qu'ils élargissent les chemins correspondants pour y passer l'artillerie. Ces efforts rapides sont récompensés, car ils provoquent une grande surprise. Dans la plaine du Piémont, une partie de l’armée suisse prend peur et propose, le à Gallarate, de passer au service de la France. Schiner réussit à regagner les dissidents à sa cause et s’avance à leur tête jusqu’au village de Melegnano (en français, Marignan), à seize kilomètres de Milan. La bataille qui s’engage reste longtemps indécise, mais l’artillerie française, efficace contre les fantassins suisses, les forces d’appoint vénitiennes et la furia francese finissent par faire pencher la balance du côté de François Ier qui emporte cet affrontement décisif.

En 1525, plusieurs auteurs évoquent l'adoubement du roi par Bayard sur le champ de bataille de Marignan. Cette histoire est considérée désormais comme un mythe : elle aurait été montée à la demande royale, afin notamment de faire oublier que celui qui a adoubé François Ier lors de son sacre, le connétable de Bourbon, s'est rangé en 1523 du côté de Charles Quint. Pire, le connétable serait l'artisan de la future défaite de Pavie, et donc de l'emprisonnement de François Ier. La légende a donc été inventée afin de faire oublier les liens « filiaux » qui liaient le roi et son traîtreux sujet, tandis qu'elle aurait renforcé un lien, inexistant au départ, entre le souverain et le symbole du courage et de la vaillance, mort en 1524. Cette invention pourrait également être liée à la volonté du roi de France de se montrer le parfait exemple, chevaleresque entre tous, alors qu'il était prisonnier.

Cette victoire apporte renommée au roi de France dès le début de son règne. Les conséquences diplomatiques sont nombreuses :

Portrait du jeune Charles de Habsbourg futur empereur Charles Quint vers 1515, l’éternel rival de François Ier ; peint par Bernard van Orley, Paris, musée du Louvre.

Portrait du jeune Charles de Habsbourg futur empereur Charles Quint vers 1515, l’éternel rival de François Ier ; peint par Bernard van Orley, Paris, musée du Louvre.

Rivalité avec l'empire des Habsbourg

Charles de Habsbourg

Charles de Habsbourg est à la tête d’un véritable empire. Par son père Philippe le Beau, il possède les pays héréditaires de Habsbourg et les États bourguignons. Par sa mère Jeanne la Folle, fille des « rois catholiques », il hérite des Espagnes (union dynastique de la couronne de Castille et de la couronne d'Aragon), ainsi que de leurs dépendances en Italie (Naples, Sicile, Sardaigne) et aux Amériques. À la mort de son grand-père Maximilien Ier en 1519, Charles est empereur des Romains. En vertu d'une convention passée entre Maximilien et Vladislas Jagellon, il reste, en outre, avec son frère Ferdinand, un des deux seuls héritiers de son beau-frère, Louis II Jagellon, roi de Bohême et de Hongrie, tant que celui-ci n'a pas d'enfants.

Une fois empereur, Charles s'anime de deux ambitions complémentaires :

  • une ambition dynastique lui tient particulièrement à cœur depuis sa jeunesse flamande, la récupération du duché de Bourgogne, possession de son arrière-grand-père Charles le Téméraire. Il n'en obtiendra jamais satisfaction pour des raisons de réalisme politique : si l'annexion de la Bourgogne par le roi de France à la mort du Téméraire était indiscutablement un coup de force peu fondé en droit, cet état de fait s'était suffisamment installé pour qu'en 1526, malgré la promesse de restitution du duché, les États de la province s'opposent au changement de suzeraineté ;

  • une ambition impériale et chevaleresque de paix entre les chrétiens autour de l'empereur et du pape afin de mener la réforme de l’Église romaine et la croisade contre les Turcs, héritée à la fois de la tradition impériale allemande, du messianisme monarchique castillan et du rêve de croisade bourguignon.

Ces deux ambitions ne pouvaient que se heurter à l’hostilité de François Ier, qui nourrit très exactement le même type d'aspirations. Réformateur de l’Église dans son royaume avec le concordat de Bologne, le roi de France doit s'allier aux luthériens et aux Turcs pour contrer l'empereur et retarder autant que possible la tenue d'un concile universel. Le roi de France convoite en outre des droits lointains au royaume de Naples, appartenant à l'empereur comme roi d'Aragon, et au duché de Milan, fief d'Empire vital à Charles Quint pour des raisons géopolitiques. Continuant la politique italienne de Charles VIII et Louis XII, François Ier ne cesse de tenter de garder pied en Italie au prix de l'occupation indue des États de son propre oncle, le duc de Savoie, par ailleurs beau-frère de l'empereur, ce qui exacerbe encore leur rivalité.

La compétition pour la couronne impériale (1519)

Le , la mort de Maximilien Ier ouvre la succession à la couronne impériale. Cette couronne, si elle n’ajoute aucun contrôle territorial, apporte en revanche à son titulaire un surcroît de prestige et un poids diplomatique certain. Charles, élevé dans cette perspective, s'avère le candidat naturel à la succession de son grand-père et doit affronter le roi Henri VIII d'Angleterre, le duc Georges de Saxe, dit « le Barbu », et François Ier. La candidature de ce dernier répond à une double ambition :

  • éviter que le souverain qui contrôle déjà plus de la moitié de l’Europe et le Nouveau Monde ibérique se voie auréolé d’un prestige diplomatique supplémentaire et parvienne à réaliser son rêve avoué de constituer un nouvel empire de Charlemagne ;

  • revendiquer ce surcroît de prestige pour lui-même, comme l’ont tenté avant lui Philippe le Hardi et Charles de Valois.

La compétition se résume vite à un duel entre François et Charles. Pour convaincre les sept princes-électeurs allemands, les rivaux vont user tour à tour de la propagande et d’arguments sonnants et trébuchants. Le parti autrichien présente le roi d’Espagne comme issu du véritable « estoc » (lignage), mais la clef de l’élection réside essentiellement dans la capacité des candidats à acheter les princes-électeurs. Les écus d'or français s’opposent aux florins et ducats allemands et espagnols mais Charles bénéficie de l’appui déterminant de Jakob Fugger, richissime banquier d’Augsbourg, qui émet des lettres de change payables après l’élection et « pourvu que soit élu Charles d’Espagne ». Pour tenir les engagements de ses ambassadeurs qui promettent des millions d'écus, François aliène une partie du domaine royal, augmente la taille, émet des emprunts accumulés en promettant des intérêts toujours plus forts.

Charles qui a massé ses troupes près du lieu de l'élection à Francfort, est finalement élu à l'unanimité à 19 ans « Roi des Romains » le et sacré empereur à Aix-la-Chapelle le . Sa devise « Toujours plus oultre » correspond à son ambition de monarchie universelle d’inspiration carolingienne alors qu’il est déjà à la tête d’un empire « sur lequel le soleil ne se couche jamais » mais néanmoins, pour son malheur, très hétérogène.

Camp du Drap d’Or (1520)

Bien entendu, l’élection impériale n'apaise en rien les tensions continuelles entre François Ier et Charles Quint. D’importants efforts diplomatiques sont déployés pour constituer ou consolider le réseau d’alliances de chacun.

En , François Ier organise la rencontre du camp du Drap d'Or avec Henri VIII mais échoue, vraisemblablement par excès de faste et manque de subtilité diplomatique, à concrétiser un traité d’alliance avec l’Angleterre. De son côté, Charles Quint, neveu de la reine d’Angleterre, avec l’aide du cardinal Thomas Wolsey à qui il fait miroiter l’élévation au pontificat, obtient la signature d’un accord secret contre la France au traité de Bruges ; comme aime à le souligner Henri VIII, « Qui je défends est maître ».

Premier conflit avec l'Empire (1521-1526)

Les premiers affrontements éclatent en 1521. Au nord, une attaque est dirigée par Robert III de La Marck sur la Meuse. Simultanément une armée d'Henri II de Navarre, commandée par André de Foix, tente de récupérer la Navarre, au sud. Du côté impérial, Franz von Sickingen et le comte Philippe Ier de Nassau obligent Bayard à s’enfermer dans Mézières assiégée qu’il défend sans capituler malgré les canonnades et les assauts. Le sort des armes se montre moins favorable aux français sur le front italien où les troupes du maréchal Odet de Foix sont décimées par l’armée commandée par François II Sforza et Prospero Colonna lors de la bataille de la Bicoque. Toute la province se soulève alors en réaction au gouvernement oppressif du maréchal : la France perd le Milanais en .

L’année 1523 est également le théâtre d'une affaire initialement franco-française mais dont les conséquences dépassent les frontières du royaume. Le connétable Charles de Bourbon, en butte depuis son veuvage (1521) aux manœuvres de François Ier pour satisfaire les revendications de Louise de Savoie sur le Bourbonnais et la vicomté de Châtellerault, et s'estimant mal récompensé par François Ier, s’accorde avec Charles Quint au service duquel il passe, pour devenir lieutenant général de ses armées.

Cette défection retarde la contre-offensive de François Ier sur Milan. En 1524, Guillaume Gouffier de Bonnivet prend la tête de l’armée qui doit reconquérir Milan mais trouve Charles de Bourbon sur son chemin, et doit se retirer sur la Sesia. Blessé, il confie son arrière-garde à Bayard, qui succombe lui-même le . La voie est ouverte aux armées impériales pour une invasion par la route de Lyon, offensive préconisée par Charles de Bourbon. Charles Quint préfère attaquer par la Provence et, en août et , fait mettre le siège devant Marseille, qu’il échoue à prendre. François Ier en profite pour reprendre l’initiative et conduit lui-même son armée au-delà des Alpes pour arriver le sous les murs de Pavie. La ville défendue par Antonio de Leiva, reçoit les renforts du vice-roi de Naples, Charles de Lannoy. Mal conseillé par Bonnivet et malgré l’avis de Louis de la Trémoille, François Ier engage la bataille dans la hâte. L’artillerie, mal placée, doit cesser le feu sous peine de tirer dans les rangs français. L’armée ne peut résister aux troupes impériales ; Bonnivet, La Palice et La Trémoille sont tués. La défaite de Pavie, le , s'avère grave pour François Ier qui, blessé au visage et à la jambe, remet son épée à Charles de Lannoy et se voit retenu prisonnierdans la forteresse de Pizzighettone puis transféré à Gênes et à partir de dans différentes résidences espagnoles, Barcelone, Valence et enfin l'alcazar de Madrid. François Ier est le troisième souverain français capturé sur un champ de bataille.

Sous l'égide du pape Paul III, la paix de Nice entre François Ier et Charles Quint met un terme à la huitième guerre d'Italie en 1538. Toile de Taddeo Zuccari, XVIe siècle

Sous l'égide du pape Paul III, la paix de Nice entre François Ier et Charles Quint met un terme à la huitième guerre d'Italie en 1538. Toile de Taddeo Zuccari, XVIe siècle

GENEALOGIE  LE GAC -  PECHEU :   LES  DESCENDANTS  DES  VISCONTI  DE  MILAN, NOS  COUSINAGES  AVEC  FRANCOIS 1er, EDOUARD VIII  D'ANGLETTERRE,  CHARLES QUINT  ET  MADAME  DE  MONTESPAN.

Au centre de l'image, le cavalier avec sa lance n'est autre que Charles QUINT. Le personnage entre François 1er et Charles Quint serait Jean de Maure, recteur de Maure et de Guipry et oncle paternel du donateur François de Maure.

 

GENEALOGIE  LE GAC -  PECHEU :   LES  DESCENDANTS  DES  VISCONTI  DE  MILAN, NOS  COUSINAGES  AVEC  FRANCOIS 1er, EDOUARD VIII  D'ANGLETTERRE,  CHARLES QUINT  ET  MADAME  DE  MONTESPAN.

Henri VIII d'Angleterre

De Henri VIII d'Angleterre aux Visconti...

De Henri VIII d'Angleterre aux Visconti...

Henri VIII par Hans Holbein

Henri VIII par Hans Holbein

Henri VIII  d'Angleterre, né le et mort le , est roi d'Angleterre et d'Irlande de 1509 à sa mort.

La controverse juridique et théologique relative à la validité de son premier mariage avec Catherine d'Aragon et à sa reconnaissance de nullité fut l'une des principales causes du schisme en 1534 de l'Église d'Angleterre avec Rome et de la Réforme anglaise. Henri VIII supervise cette séparation avec notamment la dissolution des monastères et est pour cela excommunié ; il reste néanmoins un défenseur des fondamentaux de la théologie catholique. Cependant, l'anglicanisme henricien n'est pas la forme anglaise du luthéranisme. Henri VIII n'est pas d'accord avec toutes les idées luthériennes ni avec tous les rites luthériens. La doctrine et les rites anglicans mêlent des éléments catholiques et luthériens. Henri VIII se marie à six reprises et fait exécuter deux de ses épouses, Anne Boleyn accusée d'inceste, de sorcellerie, et d'adultère et Catherine Howard accusée de traîtrise et d'adultère.

En politique étrangère, Henri VIII participe notamment aux guerres d'Italie contre la France de François Ier en s'alliant fréquemment à Charles Quint. Ses succès sur le continent sont cependant limités. Dans les îles Britanniques, il s'oppose à plusieurs reprises à l'Écosse alors alliée à la France tandis que son règne marque le début d'une plus grande influence anglaise en Irlande. Ces guerres et les dépenses fastueuses du roi affectent profondément les finances du royaume, et les mesures prises pour équilibrer le budget ne font qu'aggraver la situation économique de l'Angleterre.

Humaniste de la Renaissance, athlétique et cultivé, il s'exerce à l'écriture et à la musique. Néanmoins, un accident de tournoi et l'usure du temps affectent la santé physique et mentale du roi, qui devient obèse et est considéré à la fin de sa vie comme un tyran égoïste. Au fil de ses mariages, il a écarté de sa succession ses deux filles aînées Marie et Élisabeth au profit de son fils Édouard. Tous ses enfants légitimes montent néanmoins sur le trône mais en l'absence de descendance, ses filles sont les dernières souveraines de la dynastie Tudor.

Henri VIII (à gauche) avec Charles Quint (à droite) et le pape Léon X (au centre), vers 1520.

Henri VIII (à gauche) avec Charles Quint (à droite) et le pape Léon X (au centre), vers 1520.

Né au palais de Placentia, le , Henri Tudor est le troisième enfant et le second fils du roi Henri VII et d'Élisabeth d'York. Sur les six frères et sœurs d'Henri, seuls trois (Arthur de Galles, Marguerite et Marie) atteignent l'âge adulte. Il est baptisé par l'évêque d'Exeter Richard Fox dans une église franciscaine non loin du palais. En 1493, à l'âge de deux ans, il est fait connétable du château de Douvres et gouverneur des Cinq-Ports. L'année suivante, il devient comte maréchal d'Angleterre, lord-lieutenant d'Irlande, duc d'York, gardien des Marches et il intègre l'ordre du Bain. En , il est nommé à l'ordre de la Jarretière.

Henri reçoit une éducation très soignée, il parle couramment l'anglais, le latin et le français et a quelques notions d'italien. On ne sait que peu de choses de son enfance car n'étant pas prince de Galles, il n'est pas destiné à devenir roi. En , il joue un rôle important dans les cérémonies entourant le mariage de son frère Arthur avec Catherine d'Aragon, la plus jeune fille du roi Ferdinand II d'Aragon et de la reine Isabelle Ire de Castille, et donc la tante maternelle de Charles Quint.

Arthur meurt soudainement, peut-être de la suette ou de la tuberculose, à 15 ans, en , après 20 semaines de mariage avec Catherine. D'autres suppositions laissent penser qu'il était touché par la peste bubonique ou encore par un cancer des testicules. Toutes ses prérogatives et tous ses titres sont ainsi transmis à Henri, âgé de dix ans, qui devient duc de Cornouailles en octobre, puis prince de Galles et comte de Chester en . Henri VII ne délègue que quelques missions à son nouvel héritier. Les actes du jeune Henri sont également étroitement encadrés et il accède au trône « sans entraînement à l'art exigeant de la royauté ».

La mort d'Arthur est suivie de très près par celle de la mère d'Henri VIII, Élisabeth d'York, lors de la naissance d'une fille qui meurt elle aussi. Cette mort a visiblement affecté Henri VIII, suffisamment pour qu'il appelle sa propre fille Élisabeth et qu'à la mort de son père, il fasse revenir à la cour sa cousine, Lady Margaret Pole. Il semblerait aussi que la mort de sa mère ait été un traumatisme et que, plus tard, il recherchera à retrouver toutes les qualités de sa mère avec ses épouses. Il fera exécuter deux d'entre elles et annuler les trois autres mariages.

À la mort de son fils ainé, Arthur, Henri VII poursuit ses tentatives diplomatiques afin de sceller une alliance entre l'Angleterre et l'Espagne en proposant de marier Henri à la veuve de son frère, Catherine. L'idée avait germé immédiatement après la mort d'Arthur. Un accord en vue d'un mariage est signé le  et ils se marient dans la chapelle de la reine de Greenwich, cérémonie qui sera célébrée par William Warham. Lors de ce mariage, le futur Henri VIII n'a que douze ans tandis que Catherine d'Aragon est son ainée de cinq ans et demi. De fait, contrairement à Catherine, majeure depuis ses douze ans, Henri ne l'est pas puisque la majorité des jeunes garçons est fixée à quatorze ans. Son mariage est ainsi validé en 1505, à l'atteinte de sa majorité : manière de renouer avec la réussite diplomatique de son père.

Toutefois, Catherine d'Aragon, en vertu de son précédent mariage, est considérée par l'Église comme la sœur du futur roi. L'Église interdisant le mariage entre membres de la même famille, cette union est l'objet de nombreux débats juridiques. Deux solutions se présentent à Henri : prouver que le mariage n'a pas été consommé, auquel cas il doit rendre la dot de Catherine ou bien demander une dispense papale.

Cette autorisation pontificale est demandée par Henri VII et l'ambassadeur espagnol. Celle-ci n'est nécessaire que si l'union a été consommée, ce qui n'était pas arrivé, selon Catherine et sa chaperonne, la duègne Dona Elvire. Mais des divergences apparaissent sur cette question. Contrairement aux Espagnols, les Anglais défendent l'idée que le mariage a été consommé. Malgré tout, en , Ferdinand d'Aragon juge bon, dans une lettre adressée à son ambassadeur de Rome, de considérer que le mariage a été consommé afin de pérenniser les relations diplomatiques avec l'Angleterre :

« Comme les Anglais sont particulièrement disposés à chicaner, il nous a semblé plus prudent, pour faire avancer le cas en question, de considérer que le mariage a bien été consommé. »

Le pape Jules II accorde donc la dispense Le jeune âge d'Henri empêche toute cohabitation tandis que la mort d'Isabelle Ire en 1504 et la crise de succession qui suit compliquent la question. Son père préfère qu'elle reste en Angleterre, mais les relations entre Henri VII et Ferdinand II se détériorent, et la perspective d'un mariage semble s'éloigner. Catherine vit donc relativement recluse, et elle est nommée ambassadeur par son père pour lui permettre de rester indéfiniment en Angleterre.

Henri VII meurt de la tuberculose le , et le jeune Henri lui succède sous le nom d'Henri VIII. Peu après l'enterrement de son père, le , Henri VIII déclare qu'il épousera Catherine même si les questions entourant la dispense pontificale restent irrésolues,. La cérémonie de mariage est sobre et organisée à l'église franciscaine de Greenwich. Le , Henri VIII mène Catherine de la tour de Londres à l'abbaye de Westminster pour leur couronnement qui a lieu le lendemain. Le trajet du couple royal est décoré de tapisseries et un luxueux banquet dans la grande salle du palais de Westminster suit la cérémonie.

Deux jours après son couronnement, Henri VIII fait arrêter deux des ministres les plus impopulaires de son père : Richard Empson et Edmund Dudley. Ils sont condamnés pour haute trahison et exécutés en 1510. L'historien Ian Crofton considère que de telles exécutions ont été largement utilisées par Henri VIII pour éliminer ceux qui s'opposaient à son autorité. À l'inverse, il est beaucoup plus modéré que son père envers la maison d'York qui a des revendications sur la Couronne d'Angleterre. Plusieurs nobles emprisonnés par Henri VII, comme Thomas Grey, sont amnistiés mais certains sont exécutés ; Edmond de la Pole est ainsi décapité en 1513, après que son frère Richard eut rejoint les adversaires de l'Angleterre durant la guerre de la Ligue de Cambrai.

Catherine d'Aragon, enceinte peu après le mariage, accouche d'une fille mort-née le . À nouveau enceinte peu après, elle donne naissance à un fils appelé Henri, le . Après le chagrin causé par la perte de leur premier enfant, le couple se réjouit de cette naissance et de nombreuses célébrations, dont un tournoi de joute, sont organisées ; l'enfant meurt cependant au bout de sept semaines. Il est révélé en 1510 qu'Henri VIII a une liaison extra-conjugale avec l'une des sœurs d'Edward Stafford (le duc de Buckingham, exécuté pour trahison en 1521), Anne ou Elizabeth[22]. Catherine fait une nouvelle fausse couche en 1514 puis accouche d'une fille, Marie, en . Les relations au sein du couple royal s'améliorent après cette naissance et rien n'indique que le mariage ait été autre chose qu'« exceptionnellement bon » pour la période.

Elizabeth Blount, la cousine de lord Mountjoy, est la principale maîtresse d'Henri VIII pendant trois ans à partir de 1516. Elle est l'une des deux seules femmes dont le statut de maîtresse est incontesté, ce qui est peu pour un jeune roi de l'époque, comparativement à François Ier et Charles Quint par exemple. Leur nombre exact fait l'objet de débats : David Loades estime qu'Henri VIII n'en avait « qu'un nombre très limité » tandis qu'Alison Weir considère qu'elles furent nombreuses. Il convient toutefois de faire la distinction entre les maîtresses régulières et les rencontres d'un soir, puisqu'on reconnaît généralement que le roi n'a eu que trois ou quatre « régulières » pendant toute sa vie. Catherine d'Aragon ne proteste pas et accouche d'une fille mort-née en 1518. En , Blount donne naissance à un fils illégitime appelé Henry Fitzroy (qui signifie « fils du roi »). Le garçon est fait duc de Richmond en , dans ce que certains estimèrent être un premier pas vers une éventuelle légitimation. En 1533, FitzRoy est marié à Marie Howard, la fille du duc de Norfolk Thomas Howard. Il meurt le de la tuberculose. Au moment de sa mort, le Parlement adopte le Second Acte de Succession qui lui aurait permis de devenir roi si Henri VIII mourait sans héritier légitime.

En 1510, la France a formé une alliance fragile avec le Saint-Empire romain germanique au sein de la ligue de Cambrai contre Venise. Henri VIII maintient les bonnes relations de son père avec le roi Louis XII de France, mais cette question divise ses conseillers et, peu après, il signe un pacte contradictoire avec Ferdinand II d'Aragon contre la France. Le problème est résolu par la formation, en , de la Ligue catholique dirigée contre la France par le pape Jules II. Henri VIII rejoint cette coalition peu après et prépare une attaque anglo-espagnole en Aquitaine, visant à reprendre les territoires perdus durant la guerre de Cent Ans. L'offensive est un désastre qui détériore les relations entre les deux pays, mais le retrait français d'Italie apaise les tensions. Henri VIII remporte ensuite un grand succès diplomatique en convainquant l'empereur Maximilien Ier de rejoindre la coalition. Il obtient également du pape d'être couronné roi de France si Louis XII est vaincu.

Catherine d'Aragon, qui fut la première épouse d'Henri VIII, vers 1525.

Catherine d'Aragon, qui fut la première épouse d'Henri VIII, vers 1525.

Le , les troupes d'Henri VIII battent une armée française à Guinegatte en Artois et s'emparent de Tournai lors de la célèbre bataille des Éperons. Le roi mène personnellement ses troupes et son absence pousse son beau-frère Jacques IV d'Écosse (qui a épousé sa sœur aînée Margaret en 1503) à envahir l'Angleterre pour soutenir Louis XII. Les Écossais sont néanmoins écrasés lors de la bataille de Flodden Field, le , et la mort du roi entraîne la fin de la brève participation de l'Écosse au conflit. Henri VIII a apprécié son expérience militaire mais il décide de ne pas mener une nouvelle campagne en 1514. Il a soutenu financièrement Ferdinand II et Maximilien Ier mais a peu obtenu en retour, aussi les coffres anglais sont à présent vides. Le nouveau pape Léon X étant favorable à une paix avec la France, Henri VIII signe son propre traité avec Louis XII : sa sœur Marie épousera le roi de France et une trêve est signée pour huit ans, une durée particulièrement longue pour l'époque. Parmi les demoiselles d'honneur de la nouvelle reine, figurent deux femmes qui allaient jouer un rôle capital dans les événements qui vont suivre : Anne Boleyn et sa sœur aînée Marie.

Louis XII décède le . François Ier, le gendre de Louis XII, lui succède, tandis qu'après la mort respective de ses grands-pères Ferdinand II et Maximilien Ier en 1516 et 1519, Charles d'Autriche (Charles Quint) devient roi d'Espagne et empereur germanique. La reine Marie, qui ne peut gouverner elle-même en France en raison de la loi salique, retourne en Angleterre où elle épouse l'ami intime d'Henri, Charles Brandon, qui vient d'être nommé duc de Suffolk. La diplomatie prudente du lord chancelier, le cardinal Thomas Wolsey, permet la signature du traité de Londres de 1518 qui vise à créer une paix permanente en Europe occidentale et à se prémunir contre la menace grandissante de l'Empire ottoman. Le , Henri VIII et François Ier se rencontrent au camp du Drap d'Or près de Calais pour deux semaines de somptueuses festivités. Les deux hommes espèrent mettre en place des relations amicales après les affrontements de la décennie passée, mais les tensions restent élevées et un nouveau conflit inévitable. Le roi anglais se sent plus proche de Charles Quint, qu'il a rencontré à Londres à l'automne 1519 avant sa rencontre avec François Ier.

GENEALOGIE  LE GAC -  PECHEU :   LES  DESCENDANTS  DES  VISCONTI  DE  MILAN, NOS  COUSINAGES  AVEC  FRANCOIS 1er, EDOUARD VIII  D'ANGLETTERRE,  CHARLES QUINT  ET  MADAME  DE  MONTESPAN.

Le camp du Drap d'Or est le nom donné à la rencontre diplomatique qui se déroula entre le roi François Ier de France et Henri VIII d'Angleterre du 7 au , dans un lieu situé dans le Nord de la France, à Balinghem près de Calais, entre Ardres, appartenant à la France, et Guînes, anglaise à l'époque.

Représentation fictive d'un moment de l'évènement. Henry VIII, sur un cheval en bas à la gauche, se dirige vers site, en haut à la droite. La peinture ayant été réalisée vingt ans après les faits, les habits des personnages sont anachroniques. Huile sur toile de 1545, auteur inconnu

Portrait d'Henri VIII par Joos van Cleve, vers 1531.

Portrait d'Henri VIII par Joos van Cleve, vers 1531.

Une nouvelle guerre éclate entre l'Empire et la France en 1521 et Henri VIII propose sans grand succès sa médiation. Toujours désireux de reprendre les anciens territoires anglais en France, il se rapproche de la Bourgogne, alors terre d'Empire, et apporte son soutien à Charles Quint. Une armée anglaise mène une offensive dans le nord de la France à partir de 1522 avec des résultats mitigés. Le tournant du conflit est la capture du roi de France à Pavie, en , par les forces de Charles Quint qui peut, à présent, dicter ses conditions de paix, et estime qu'il ne doit rien à Henri VIII. Charles Quint décide donc de négocier une paix séparée qui est signée le et ramène quasiment les belligérants à la situation d'avant-guerre.

Séparation avec Catherine d'Aragon et schisme avec Rome

Au début des années 1520, Henri VIII entretient une relation avec Mary Boleyn, devenue une des dames de compagnie de Catherine d'Aragon. Il a été avancé qu'il était le père de ses deux enfants, Catherine et Henry, mais cela n'a jamais été prouvé et le roi ne les a pas reconnus comme il l'avait fait pour Henry FitzRoy. Une autre rumeur non corroborée affirme qu'Henri avait également eu une liaison avec la mère de Marie, Elizabeth Howard. Alors qu'Henri VIII se désespère de l'incapacité de Catherine à lui donner l'héritier mâle qu'il désire, il se rapproche de la sœur de Mary, Anne Boleyn, une jeune femme qui est aussi une des demoiselles d'honneur de la reine. Elle résiste néanmoins à ses avances et refuse de devenir sa maîtresse comme l'est sa sœur. C'est dans ce contexte que Henri VIII évalue ses trois options pour obtenir un héritier et ainsi résoudre ce que la cour qualifie de « grand dilemme » ou la Grande Affaire du roi. Il peut légitimer Henry FitzRoy, ce qui nécessiterait l'intervention du pape et pourrait être contesté ; fiancer sa fille Marie le plus vite possible et espérer un petit-fils qui pourrait hériter directement — mais elle n'a qu'une dizaine d'années et peut ne produire un héritier qu'après sa mort ; ou se séparer d'une façon ou d'une autre de Catherine et épouser une femme capable de lui donner un fils. Cette dernière possibilité et la perspective d'épouser Anne semblent les plus désirables pour Henri VIII et sa volonté d'obtenir l'annulation de son mariage devient rapidement évidente.

Les motivations et les intentions précises d'Henri VIII dans les années qui suivent ne font pas l'unanimité. Du moins dans la première partie de son règne, Henri VIII est un catholique pieux et instruit dont le traité théologique qu'il rédigea en 1521 contre les attaques de Martin Luther lui vaut de recevoir le titre de Défenseur de la Foi par le pape Léon X. Vers 1527, il est persuadé qu'en épousant Catherine, l'épouse de son frère, il a violé la loi divine (Lévitique 20,21) et que même une dispense papale ne pouvait rendre cette union valide. En réalité, un autre extrait de la Bible, dans le Deutéronome, autorise le frère du défunt, qui n'a pas eu de progéniture, à épouser sa belle-sœur, le lévirat. Catherine est invitée à se retirer discrètement dans un couvent mais elle refuse en déclarant qu'elle est la « seule et véritable épouse du roi ». Henri VIII dépêche donc des émissaires auprès du Saint-Siège pour demander l'annulation du mariage, mais le pape refuse car il ne veut pas désavouer son prédécesseur et irriter Charles Quint, le neveu de Catherine, dont les troupes se trouvent à proximité du Vatican et ont pillé Rome en .

Il est alors décidé d'organiser, en , un tribunal ecclésiastique chargé de se prononcer sur la validité du mariage en Angleterre, en présence d'un représentant du pape. Même si Clément VII approuve la constitution d'une telle cour, il n'a pas l'intention de déléguer à son émissaire Lorenzo Campeggio l'autorité pour accepter la demande d'Henri VIII. Après deux mois de discussions, Clément VII demande, en , que l'affaire soit jugée à Rome, où il est certain que la validité du mariage sera confirmée. Cette incapacité à obtenir l'annulation désirée entraîne la chute « soudaine et totale » de Thomas Wolsey qui est accusé de trahison en octobre, et meurt ruiné et malade sur la route de Leicester le . Thomas More le remplace au poste de lord chancelier et de principal conseiller du roi. Intelligent et capable mais également catholique fervent et opposant au divorce, More soutient initialement le roi devant le Parlement.

En 1531, Catherine d'Aragon est expulsée de la cour et ses appartements sont attribués à Anne Boleyn. Cette dernière, femme particulièrement intelligente et cultivée pour l'époque (elle a été demoiselle d'honneur en France et en Autriche), s'intéresse grandement aux idées des réformateurs protestants, même si son degré d'adhésion au protestantisme reste débattu. Lorsque l'archevêque de Cantorbéry William Warham meurt en 1532, l'influence d'Anne et le besoin de trouver un ecclésiastique favorable au divorce entraînent la nomination de Thomas Cranmer. Ce choix est approuvé par le pape, qui ignore les plans du roi d'Angleterre.

Anne Boleyn, deuxième épouse d'Henri VIII. Copie d'un portrait de 1534.

Anne Boleyn, deuxième épouse d'Henri VIII. Copie d'un portrait de 1534.

Mariage avec Anne Boleyn

Durant l'hiver 1532, Henri VIII et Anne Boleyn rencontrent François Ier à Calais et obtiennent le soutien du roi de France pour le mariage. Immédiatement après son retour à Douvres, Henri VIII et Anne se marient en secret. Elle tombe rapidement enceinte, et une deuxième cérémonie est organisée à Londres le . Le , Cranmer préside un tribunal spécial et annule le mariage d'Henri VIII et de Catherine ; cinq jours plus tard, il officialise le mariage d'Henri VIII et d'Anne. Catherine perd formellement son titre de reine et devient « princesse douairière » en tant que veuve d'Arthur, et Anne est couronnée reine consort le . Elle accouche, le , d'une fille nommée Élisabeth en l'honneur de la mère du roi, Élisabeth d'York.

À la suite du mariage, plusieurs législations sont adoptées pour régler les problèmes causés par cette union. Les changements au droit canon sont supervisés par Cranmer tandis que les réformes présentées au Parlement sont soutenues par Thomas Cromwell, Thomas Audley et Thomas Howard ainsi que par Henri VIII. Mécontent de cette évolution et plus particulièrement de la création d'une église anglicane indépendante de Rome, Thomas More démissionne et Cromwell devient le principal conseiller du roi. Le Premier Acte de Succession de 1534 exclut Marie, fille de Catherine, de la succession au trône, légitime le mariage d'Henri VIII avec Anne, et spécifie que les enfants qu'il aura avec elle deviendront ses héritiers. L'Acte de suprématie (1534) et la loi sur la restriction de l'appel (en) font d'Henri VIII le chef suprême de l'Église en Angleterre, ce qui fait que toute obéissance au pape sera considérée comme une trahison dirigée contre le roi et l'Angleterre. Ces décisions poussent Paul III à excommunier le roi et l'archevêque de Cantorbéry T homas Cranmer, même si cela n'a été rendu public que plus tard.

Le roi et la reine ne sont pas satisfaits de leur vie de couple, notamment parce qu'Anne refuse d'être la femme soumise qu'il attend d'elle. La vivacité d'esprit qui l'a rendue si attirante est désormais incompatible avec le rôle largement cérémoniel d'une reine, et cela lui vaut de nombreuses inimitiés, particulièrement celle de Cromwell. De son côté, Henri VIII apprécie peu l'irritabilité d'Anne et, après une grossesse nerveuse ou une fausse couche en 1534, il voit son incapacité à lui donner un fils comme une trahison. Dès Noël 1534, Henri VIII discute avec Cranmer et Cromwell de la possibilité de quitter Anne sans avoir à revenir auprès de Catherine. L'année suivante, il entame une relation avec Margaret Shelton.

L'opposition aux politiques religieuses d'Henri VIII est rapidement réprimée en Angleterre. De nombreux moines sont exécutés et beaucoup d'autres sont cloués au pilori. Les plus importants opposants sont l'évêque de Rochester, John Fisher, et Thomas More qui refusent de prêter allégeance au roi. Henri VIII et Cromwell ne souhaitent pas leur mort et ils espèrent qu'ils changeront d'avis. Ce n'est pas le cas, et les deux hommes sont condamnés pour haute trahison et exécutés à l'été 1535. Cette répression, associée à la dissolution des monastères de 1536, accroît le mécontentement populaire, et un large soulèvement appelé pèlerinage de Grâce comprenant entre 20 000 et 40 000 rebelles menés par Robert Aske éclate dans le Nord de l'Angleterre en octobre. Henri VIII promet de prendre en compte leurs revendications et décrète une amnistie ; confiant dans la parole du roi, le meneur renvoie ses disciples ; le monarque considère néanmoins les rebelles comme des traîtres et environ 200 d'entre eux, dont Aske, sont exécutés. Le roi confisque les terres des religieux, il en distribue environ un quart à ses proches, et revend le reste à des nobles pour renflouer les caisses du royaume, presque complètement vides en raison des guerres et de son mode de vie somptueux.

Exécution d'Anne Boleyn

Le , le couple royal apprend la mort de Catherine d'Aragon et la reine est à nouveau enceinte, consciente des conséquences si elle ne donne pas naissance à un fils. Le , le roi, désarçonné, est gravement blessé lors d'une joute, et sa vie semble temporairement en danger. Choquée par la nouvelle, la reine accouche d'un garçon mort-né, d'une quinzaine de semaines, le jour des funérailles de Catherine le . Pour la plupart des commentateurs, cette tragédie personnelle marque le début de la fin du mariage royal. Étant donné le fort désir du roi d'avoir un fils, la série de grossesses d'Anne attire largement l'attention. L'historien Mike Ashley avance qu'Anne a fait deux fausses couches entre la naissance d'Élisabeth et l'accouchement du fils mort-né en 1536. La plupart des sources parlent de la naissance d'Élisabeth en , d'une possible fausse couche à l'été 1534, et de la fausse couche d'un garçon à environ quatre mois de grossesse en .

Même si la famille Boleyn occupe encore d'importantes positions au sein du Conseil privé, Anne s'est fait de nombreux ennemis, dont le général Charles Brandon, duc de Suffolk. Les Boleyn privilégient une alliance avec la France tandis que le roi, sous l'influence de Cromwell, est plus favorable au rapprochement avec le Saint-Empire et cela affecte l'influence de la famille. Les opposants d'Anne sont également les partisans d'une réconciliation avec la princesse Marie, devenue majeure, dont les anciens soutiens de Catherine. Un second divorce est devenu une réelle possibilité mais il est largement considéré, peut-être à tort, que Cromwell cherche un moyen de se débarrasser physiquement de la reine.

La chute d'Anne a lieu peu après les relevailles de sa dernière fausse couche. Les premiers signes de cette disgrâce sont l'octroi de logements prestigieux à la nouvelle maîtresse du roi, Jeanne Seymour, et le refus de l'ordre de la Jarretière au frère d'Anne, George Boleyn ; le titre est accordé, à la place, au frère de Jeanne, Édouard, qui devient marquis d'Hertford.

Entre le et le 1536, cinq hommes (dont le frère d'Anne, George) et elle-même sont arrêtés pour adultère et inceste. Même si les preuves sont peu convaincantes, les accusés sont reconnus coupables et condamnés à mort. George Boleyn, accusé d'être l'amant de sa propre sœur, et les autres hommes (Francis Weston, William Brereton, Henry Norris et le musicien Mark Smeaton) sont exécutés le  et le à h, Anne est décapitée dans l'enceinte de la tour de Londres, l'exécution ayant été décalée à la suite du retard du bourreau de Saint-Omer qui avait été mandé en raison de sa dextérité dans la décapitation à l'épée.

 

Jeanne Seymour est la troisième épouse d'Henri VIII ; portrait réalisé par Hans Holbein le Jeune en 1536.

Jeanne Seymour est la troisième épouse d'Henri VIII ; portrait réalisé par Hans Holbein le Jeune en 1536.

Mariage avec Jeanne Seymour

Le lendemain de l'exécution d'Anne Boleyn, Henri VIII se fiance à Jeanne Seymour, qui a été l'une des dames de compagnie de la reine, et ils se marient dix jours plus tard. Le , Jeanne donne naissance à un fils, Édouard, mais l'accouchement est difficile et la fièvre puerpérale emporte la reine, le . L'euphorie qui a entouré la naissance d'Édouard laisse place à la tristesse, et si Henri VIII semble rapidement surmonter sa mort, il semble que ce soit d'elle qu'il gardera les souvenirs les plus tendres en demandant à être inhumé avec elle. La recherche d'une nouvelle épouse reprend immédiatement, même si le roi a porté le deuil pendant trois mois.

Comme Charles Quint est occupé par les tensions politiques et religieuses au sein de ses nombreux royaumes et qu'Henri VIII et François Ier sont en bons termes, le roi d'Angleterre délaisse la politique étrangère au début des années 1530 pour se concentrer sur les questions intérieures. En 1536, il approuve l'acte d'union qui unit formellement le pays de Galles à l'Angleterre. La même année, le Second Acte de Succession écarte Marie et Élisabeth de la succession au trône et mettra Édouard à la première place ; la législation autorise également le souverain à préciser l'ordre de succession dans son testament. Charles Quint et François Ier font la paix en 1538 et Henri VIII devient de plus en plus inquiet. Enrichi par la dissolution des monastères, il fait construire des défenses côtières et se prépare financièrement à une attaque franco-germanique.

Anne de Clèves est la quatrième épouse d'Henri VIII ; portrait réalisé par Hans Holbein le Jeune en 1539.

Anne de Clèves est la quatrième épouse d'Henri VIII ; portrait réalisé par Hans Holbein le Jeune en 1539.

Mariage avec Anne de Clèves

À la fin des années 1530, Henri VIII, obsédé par sa succession, veut à nouveau se marier. Cromwell, fait comte d'Essex trois mois avant son exécution pour trahison le , suggère le choix d'Anne de Clèves, la sœur du duc de Clèves, considéré comme un allié important dans le cas d'une attaque catholique contre l'Angleterre car il dispute le contrôle du duché de Gueldre à Charles Quint. Anne de Clèves est alors fiancée avec le marquis de Pont-à-Mousson, François Ier de Lorraine, fils d'Antoine de Lorraine, duc de Lorraine et de Bar. Hans Holbein le Jeune, qui est alors le peintre régulier de la cour, est envoyé à Clèves pour réaliser un portrait d'Anne destiné au roi, comme il l'a fait à Bruxelles pour la nièce de Charles Quint, la belle Christine de Danemark, duchesse douairière de Milan et future épouse de François. Même si Holbein a enjolivé son œuvre, il est probable que le portrait soit ressemblant ; Holbein resta d'ailleurs en faveur à la cour. Après avoir vu le tableau et entendu ses courtisans réaliser des descriptions flatteuses de la princesse, le roi accepte d'épouser Anne. Henri VIII est toutefois déçu de son apparence lors de leur première rencontre à Rochester le , mais le mariage est néanmoins célébré trois jours plus tard. Il est pourtant rapidement décidé d'annuler cette union et Anne ne s'y oppose pas ; peut-être en récompense de sa docilité, elle reçoit le titre de « sœur aimée du roi » ainsi que plusieurs résidences royales et une généreuse pension. La nièce de Thomas Howard, 3e duc de Norfolk, Catherine, l'une des dames de compagnie d'Anne de Clèves, attire rapidement l'attention du roi, ce qui inquiète Cromwell car le catholique Howard est l'un de ses principaux opposants.

Peu après, les réformateurs et protégés de Cromwell, Robert Barnes (en), William Jerome et Thomas Garret, sont brûlés comme hérétiques. Dans le même temps, Cromwell perd la faveur d'Henri VIII lorsque ce dernier se persuade que son vice-régent protège les Protestants à Calais ; ses idées en politique intérieure et étrangère diffèrent peu de celles du roi et malgré son rôle dans l'affaire, il n'est pas officiellement tenu pour responsable de l'échec du mariage avec Anne de Clèves. Il est néanmoins isolé à la cour tandis que Howard peut s'appuyer sur la position de sa nièce. Cromwell accusé de trahison, d'hérésie et de corruption est exécuté le .

Catherine Howard est la cinquième épouse d'Henri VIII ; miniature réalisée par Hans Holbein le Jeune.

Catherine Howard est la cinquième épouse d'Henri VIII ; miniature réalisée par Hans Holbein le Jeune.

Catherine Parr est la sixième épouse d'Henri VIII ; portrait attribué à William Scrots, vers 1545.

Catherine Parr est la sixième épouse d'Henri VIII ; portrait attribué à William Scrots, vers 1545.

Mariage avec Catherine Howard

Le , le jour de l'exécution de Cromwell, Henri VIII épouse la jeune Catherine Howard, de 30 ans sa cadette. Ravi de sa nouvelle reine, il lui accorda les propriétés de Cromwell et de nombreux joyaux. Peu après le mariage, Catherine a néanmoins une aventure avec le courtisan Thomas Culpeper et elle emploie comme secrétaire personnel Francis Dereham, avec qui elle a été informellement fiancée avant son union avec le roi. Les rumeurs deviennent pressantes en 1541, et Henri VIII, qui ne se trouve pas à la cour, charge Thomas Cranmer d'enquêter. Le souverain refuse un temps de croire ces allégations malgré les preuves avancées par l'archevêque et les aveux de Catherine ; lorsqu'il les admet enfin, Henri VIII éclate de rage et blâme le Conseil privé avant de se consoler en allant chasser. La reine aurait pu mentionner l'existence de fiançailles informelles avec Dereham, ce qui aurait invalidé son mariage avec le roi mais elle avance que Dereham l'a violée. De son côté, ce dernier révèle la relation de la reine avec Culpeper qui est condamné pour trahison. Il est décapité le , tandis que Dereham est pendu, éviscéré et démembré le même jour. Catherine connaît le même sort que Culpeper le .

La paix entre Charles Quint et François Ier est rompue et les hostilités reprennent dès 1542. Irrité par l'influence française en Écosse, Henri VIII se rapproche de l'empereur, même si ce dernier lui reproche son éloignement du catholicisme. Une invasion de la France est planifiée pour 1543 mais Henri VIII décide au préalable d'éliminer la potentielle menace écossaise. Cela lui permettrait également d'imposer la réforme protestante dans une région encore largement catholique et d'unifier les deux couronnes en mariant son fils Édouard à Marie, la fille du roi d'Écosse Jacques V, la future Marie Stuart qui vient à peine de naître. Cette campagne, qui se poursuit sous le règne d'Édouard VI (qui est placé sous la protection d'Edward Seymour, 1er comte d'Hertford) est surnommée le Rough Wooing (« rude séduction »). Les Écossais sont battus lors de la bataille de Solway Moss le  et Jacques V meurt le des suites de la bataille. Le régent d'Écosse James Hamilton signe le traité de Greenwich prévoyant le mariage mais l'accord est rejeté, en , par le Parlement écossais qui renouvelle de plus son alliance avec la France. Henri VIII organise une nouvelle offensive et ses troupes, dirigées de façon particulièrement impitoyable par Hertford, incendient Édimbourg, en , avant d'être battues à Ancrum Moor, en . Les hostilités se prolongent après la mort d'Henri VIII jusqu'en 1551.

Malgré ses succès en Écosse, Henri VIII hésite à attaquer la France, avant d'ordonner une double invasion en . La première, menée par Thomas Howard, attaque sans succès Montreuil tandis que la seconde commandée par le duc de Suffolk Charles Brandon assiège Boulogne-sur-Mer. Henri VIII prend personnellement le contrôle de ses troupes et Boulogne tombe le . La campagne de Charles Quint est cependant dans l'impasse et il décide unilatéralement de signer une trêve avec François Ier le jour de la chute de Boulogne, à la grande colère d'Henri VIII. L'Angleterre étant à présent seule contre la France, les gains anglais sont rapidement repris mais une tentative d'invasion française est repoussée à l'été 1545. L'épuisement des deux belligérants entraîne la signature du traité d'Ardres, le , qui prévoit que l'Angleterre restituerait Boulogne dans dix ans, contre le versement d'importantes compensations financières.

Mariage avec Catherine Parr

Henri VIII épouse sa sixième et dernière épouse, la riche veuve Catherine Parr, en . Réformatrice convaincue, elle débat beaucoup avec le roi au sujet de la religion, mais ce dernier reste fidèle à une idiosyncrasie catholique et protestante. Catherine Parr contribue à réconcilier Henri VIII avec ses filles et le Troisième Acte de Succession de 1543 ramène Marie et Élisabeth dans l'ordre de succession, même si elles se trouvent après Édouard. Elles restent néanmoins juridiquement illégitimes, et le texte leur interdit de se marier sans l'accord du Conseil privé. En 1547, il protégera le Troisième Acte de Succession par la loi de Trahison de 1547, stipulant que toute violation de l'Acte de Succession caractérise un acte de trahison et entraîne la peine capitale. Tout Anglais ayant des idées hostiles à l'anglicanisme pourra donc être exécuté.

Dernières années de règne

Henri VIII est devenu obèse avec un tour de taille de 53 pouces (135 cm) et un poids de 28 stones (178 kg). Il souffre probablement de la goutte et présente de nombreux furoncles douloureux. Son obésité et ses autres problèmes médicaux sont certainement liés à la blessure à la jambe qu'il a subie lors du tournoi de joute de 1536. L'incident a aggravé un ancien traumatisme et ses médecins sont incapables de traiter la blessure qui a suppuré et s'est ulcérée jusqu'à sa mort. En plus de l'empêcher de maintenir son niveau d'activité antérieur, on considère que cet accident est la cause de ses sautes d'humeur qui ont eu une profonde influence sur sa personnalité.

La théorie selon laquelle il a souffert de syphilis est rejetée par la plupart des historiens. Une étude plus récente suggère que ses symptômes étaient caractéristiques d'un diabète de type 2 non traité ou du scorbut. Certains ont avancé que les fausses couches de ses épouses et la détérioration de son état mental pouvaient laisser penser qu'il souffrait du syndrome de McLeod. Selon une autre étude, l'évolution morphologique d'Henri VIII fut causée par un traumatisme crânien reçu lors de l'accident de joute de 1536 qui a affecté son système endocrinien. Une déficience en hormones de croissance est peut-être la cause de sa prise de poids et de ses changements de comportement dans ses dernières années dont ses multiples mariages.

Mort et succession

L'obésité d'Henri VIII s'aggrave dans les dernières années de sa vie. Il meurt le , à l'âge de 55 ans, au palais de Whitehall, après plus de 37 ans de règne. Ses derniers mots auraient été Monks! Monks! Monks! (« Moines ! Moines ! Moines ! ») sans doute une allusion à ceux qu'il avait chassés lors de la dissolution de leurs monastères. Il est enterré dans le chœur de la chapelle Saint-George du château de Windsor dans le caveau où repose Jeanne Seymour Plus d'un siècle plus tard, Charles Ier est inhumé dans le même caveau. Une rumeur a longtemps prétendu que sa fille Marie avait fait brûler le corps du vieux roi schismatique, mais on ne découvrit jamais aucune preuve de cette assertion.

Après sa mort, son seul fils légitime, Édouard, devient roi sous le nom d'Édouard VI. Comme il n'a que neuf ans, il ne peut gouverner et le testament d'Henri VIII désignait seize exécuteurs testamentaires pour former un conseil de régence jusqu'à ce qu'il ait 18 ans. Les exécuteurs, en fait, choisissent Edward Seymour, le frère aîné de Jeanne Seymour, pour devenir lord-protecteur du royaume. Édouard VI meurt sans enfants en 1553 à 15 ans et sa demi-sœur Marie devient reine sous le nom de Marie Ire après une brève crise de succession (élimination de l'éphémère reine Jane Grey). Elle n'a pas eu non plus de descendance et, à sa mort en 1558, la fille d'Henri VIII et d'Anne Boleyn devint Élisabeth Ire. Le testament d'Henri VIII prévoyait que si la lignée de cette dernière s'éteignait, la couronne serait transmise aux descendants de la sœur d'Henri VIII, Marie Tudor (les Grey, issus du mariage avec Charles Brandon, 1er duc de Suffolk), tandis que ceux de son autre sœur Marguerite Tudor (les Stuart) étaient exclus de la succession. Cette dernière disposition ne sera pas respectée quand l'arrière-petit-fils de Marguerite, Jacques VI d'Écosse, devient Jacques Ier d'Angleterre à la mort d'Élisabeth Ire en 1603. La dynastie Tudor disparaîtra donc au profit de la dynastie Stuart et l'union des Couronnes rapprochera les deux pays, qui fusionneront en 1707 pour former le royaume de Grande-Bretagne.

GENEALOGIE  LE GAC -  PECHEU :   LES  DESCENDANTS  DES  VISCONTI  DE  MILAN, NOS  COUSINAGES  AVEC  FRANCOIS 1er, EDOUARD VIII  D'ANGLETTERRE,  CHARLES QUINT  ET  MADAME  DE  MONTESPAN.
GENEALOGIE  LE GAC -  PECHEU :   LES  DESCENDANTS  DES  VISCONTI  DE  MILAN, NOS  COUSINAGES  AVEC  FRANCOIS 1er, EDOUARD VIII  D'ANGLETTERRE,  CHARLES QUINT  ET  MADAME  DE  MONTESPAN.
GENEALOGIE  LE GAC -  PECHEU :   LES  DESCENDANTS  DES  VISCONTI  DE  MILAN, NOS  COUSINAGES  AVEC  FRANCOIS 1er, EDOUARD VIII  D'ANGLETTERRE,  CHARLES QUINT  ET  MADAME  DE  MONTESPAN.
GENEALOGIE  LE GAC -  PECHEU :   LES  DESCENDANTS  DES  VISCONTI  DE  MILAN, NOS  COUSINAGES  AVEC  FRANCOIS 1er, EDOUARD VIII  D'ANGLETTERRE,  CHARLES QUINT  ET  MADAME  DE  MONTESPAN.

Les donateurs du vitrail : François de Maure et Hélène de rohan...

Un homme d’âge mur, à genoux, est présenté à Dieu par un religieux dominicain ; derrière lui, une dame coiffée à la mode de la reine Claude ; à leur suite, trois figures : celle d’un jeune homme, nommé Claude, que protège l’évêque de Besançon ; une jeune fille que domine l’austère figure du Précurseur ; en dernier lieu une enfant qu’aucun saint n’abrite. L’artiste n’a pas trouvé l’espace suffisant pour tracer les traits du protecteur de cette dernière, ou bien il n’a pas jugé à propos de le lui accorder.

Evidemment, ces figures rappellent les traits du donateur et de la donatrice, ainsi que de leurs trois enfants dont l’un s’appelait Claude, l’autre Jeanne.

Demandons maintenant à l’histoire de Montrelais de nous fournir de plus amples éléments d’information.

Le 11 novembre 1623, une grande dame se présentait à la porte de l’église de Montrelais, c’était Louise de Maure, veuve de Gaspart de Rochechouart de Mortemart, dame du lieu et d’une vingtaine d’autres seigneuries bretonnes. Elle est bien connue dans les chroniques du règne de Louis XIII, elle l’est plus encore par ses petites-filles : Mme de Montespan, Mme de Damas-Thianges et Mme l’abbesse de Fontevrault. Elles ont rempli le siècle de Louis XIV de la renommée de leur esprit. Qui n’a entendu parler de l’esprit des Mortemart ?

Louise de Maure était accompagnée d’un conseiller à la Cour des Comptes, de deux notaires chargés de consigner les dépositions des témoins susceptibles d’établir ses droits honorifiques dans les églises et les prérogatives de ses fiefs. Elle n’était plus jeune. Parisienne depuis de longues années, elle n’avait pas visité ses terres depuis son enfance. Elle redoutait que nombre de ses droits ne fussent tombés en désuétude ou n’eussent été usurpés par quelque ambitieux vassal.

Lorsqu’elle parut à Saint-Pierre de Montrelais, le recteur et ses prêtres s’acheminèrent avec la croix et la bannière au-devant d’elle : c’était l’heure de la grand’messe. Ils la conduisirent au banc seigneurial au chant du Te Deum. Le saint sacrifice terminé, Louise de Maure et ses hommes de loi s’approchèrent du grand autel. Ils observèrent en la principale vitre trois bannières d’armes : la première de Maure « de gueules au croissant- montant vairé d’argent et d’azur », la seconde, de Montrelais « bandé d’or et d’azur », la troisième de Maure « écartelé de Navarre, contre écartelé d’Evreux, le tiers du Plessis-Anger, le quart de Rohan, et sur le tout de Milan ».

Au bas du vitrail, Louise de Maure leur montra les figures que nous y voyons encore et leur apprit que c’étaient les portraits de ses aïeux : François de Maure et Hélène de Rohan, sa femme ; ayant à leur suite, Claude de Maure, aïeul de ladite dame et deux filles issues de leur mariage : Jeanne, mariée en 1538 à Jean de Quellenec,descendant de nos ancêtres Jean du Quellenec et Tiphaine du Faou (mariés le 7 juin 1374),  baron du Pont-l’Abbé, et Françoise, femme de Jean du Guiny de la Garoulaye.

LOUISE DE MAURE, citée ci-dessus :

Voici son épitaphe :
... Très haute et puissante dame Louise, comtesse de Maure, unique héritière du nom et des biens de cette maison, très illustre par son ancienneté, et même par ses alliances, entre lesquelles elle compte celle de nos rois par Anne de Bretagne et celle de Bourbon par sa biasaieule Hélène, et par sa mère Diane d'Escars, petite fille d'Isabelle de Bourbon, héritière des princes de Carency. Elle fut mariée en première noces au comte de Torigini, qui mourut amiral de France, dont elle n'eut point d'enfants. Durant son veuvage, ayant été recherchée par les plus grands seigneurs du royaume, elle épousa Gaspard de Rochechouart, marquis de Mortemart descendu en droite ligne des anciens vicomtes de Limoges, dont elle eut messire Gabriel de Rochechouart, premier gentilhomme de la chambre du roi et Louis de Rochechouart, comte de Maure. Elle mourut à Paris le 23 juillet 1643 âgée de 68 ans, après avoir été, durant toute sa vie, un modèle parfait de vertu et de piété parmi les dames de condition de son siècle, et fut enterrée dans le choeur de l'église de ce couvent, qui avait été fondé par les ancêtres des seigneurs de Mortemart...
"dame Louise, comtesse de Maure, pour le comté de Maure, duquel dépend la baronnie de Lohéac, la châtellenie du Plessix-Auger, les Brieux en Erquy, la vicomté de Fercé, la chatelainie de la Rigaudière, du Loroux et de Landal en Erquy (fol. 122)" (AD44 B 2409 - Transcription des hommages) Ch. Faucherand, 17 iii 2015.
Dame d'honneur des cours françaises.

Elle est l'arrière petite fille de François 1er de Maure et d'Hélène de Rohan et elle est la grand-mère d'Athénaïs de Rochechouart de Mortemart dite Madame de Montenon...

 

GENEALOGIE  LE GAC -  PECHEU :   LES  DESCENDANTS  DES  VISCONTI  DE  MILAN, NOS  COUSINAGES  AVEC  FRANCOIS 1er, EDOUARD VIII  D'ANGLETTERRE,  CHARLES QUINT  ET  MADAME  DE  MONTESPAN.
GENEALOGIE  LE GAC -  PECHEU :   LES  DESCENDANTS  DES  VISCONTI  DE  MILAN, NOS  COUSINAGES  AVEC  FRANCOIS 1er, EDOUARD VIII  D'ANGLETTERRE,  CHARLES QUINT  ET  MADAME  DE  MONTESPAN.
GENEALOGIE  LE GAC -  PECHEU :   LES  DESCENDANTS  DES  VISCONTI  DE  MILAN, NOS  COUSINAGES  AVEC  FRANCOIS 1er, EDOUARD VIII  D'ANGLETTERRE,  CHARLES QUINT  ET  MADAME  DE  MONTESPAN.
Différends portraits de Madame de Maintenon
Différends portraits de Madame de Maintenon
Différends portraits de Madame de Maintenon
Différends portraits de Madame de Maintenon

Différends portraits de Madame de Maintenon

Françoise-Athénaïs de Rochechouart de Mortemart, dite Madame de Montespan, est baptisée à Lussac-les-Châteaux le et morte à Bourbon-l'Archambault le . Elle est marquise de Montespan par son mariage avec Louis Henri de Pardaillan de Gondrin.

Elle est connue pour sa liaison avec le roi Louis XIV, qui dura plus de dix ans (de 1667 à 1678) et de laquelle sont nés sept enfants. La marquise fut une mécène importante pour de nombreux artistes du Grand Siècle comme Molière, Jean de La Fontaine ou encore Philippe Quinault.

Née en  au château de Lussac-les-Châteaux et baptisée le , Françoise-Athénaïs de Rochechouart de Mortemart est la fille de Gabriel de Rochechouart de Mortemart, premier gentilhomme de la Chambre du roi Louis XIII, et de Diane de Grandseigne, dame d'honneur de la reine Anne d'Autriche. Françoise, qui adopte ultérieurement le nom d’Athénaïs sous l'influence de la préciosité (sans doute en référence à Athéna, déesse de la guerre dans la mythologie grecque alors très en vogue), est d'abord placée vers l'âge de onze ans à l'abbaye aux Dames de Saintes où elle reçoit une éducation soignée réservée à une douzaine de pensionnaires de la haute noblesse. Elle en sort en 1658, sous le nom de Mademoiselle de Tonnay-Charente pour regagner la Cour de France. Grâce à l'intervention d'Anne d'Autriche et à sa tante Anne de Rochechouart de Mortemart, une de ses camarades de jeu, la jeune fille est peut-être attachée au service d'Henriette d'Angleterre, belle-sœur de Louis XIV, ou du moins elle entre au service de son époux, Monsieur, frère du roi. Réputée pour sa beauté, elle devient un parti convoité.

Le , elle épouse Louis Henri de Pardaillan de Gondrin, marquis de Montespan (1640-1691) en l'église Saint-Sulpice à Paris, dont elle a Marie-Christine de Gondrin de Montespan (1663-1675) et Louis Antoine de Pardaillan de Gondrin, marquis puis duc d'Antin (1665-1736). Très introduite dans les salons littéraires du quartier du Marais, elle séduit par ses bons mots. Son mari s'étant endetté, les Montespan sont réduits à habiter rue Taranne un logement médiocre. Madame de Montespan, devenue la dame d'honneur de la reine, est très présente à la cour où elle devient l'amie et la confidente de sa future rivale, Madame de Maintenon.

Favorite du Roi-Soleil

Elle rencontre Louis XIV à l'automne 1666. Occupé par son amour pour sa favorite, la duchesse Louise de La Vallière, il ne fait tout d'abord pas attention à elle. Mais, lorsqu'elle se lie avec La Vallière jusqu'à devenir sa confidente, le roi, la rencontrant souvent chez sa maîtresse et chez la reine, remarque sa conversation piquante, naturelle et enjouée. « À la plus surprenante beauté, elle joignait l'esprit le plus vif, le plus fin, le mieux cultivé, cet esprit héréditaire dans sa famille » (esprit Mortemart) écrit Mme de Sévigné. De plus, le roi commençait à montrer des signes de lassitude envers Louise de la Vallière à cause de son comportement réservé. Insensiblement, Louis XIV se laisse charmer par la belle marquise, mordante sans méchanceté et agréable conteuse. On convient que Mme de Montespan ridiculisait beaucoup de gens, uniquement pour amuser le roi. Ses sarcasmes n'étaient pourtant pas sans danger ; les courtisans les craignaient. Ils évitaient surtout de se laisser voir sous ses fenêtres quand Louis XIV était avec elle ; ils appelaient cela « passer par les armes ».

La marquise devient la maîtresse du roi en mai 1667. Son mari fait un scandale à la cour lorsqu'il apprend la nouvelle. Il traite le roi de « canaille » et menace sa femme de la violer après avoir couché avec toutes les putains de Paris pour qu'il attrape la vérole. Il est promptement enfermé au For-l'Évêque, puis exilé sur ses terres, en Gascogne. Il organise ensuite le simulacre des funérailles de son amour, une tombe avec une simple croix en bois ornée des dates 1663-1667. Le roi tente de désamorcer le scandale en lui proposant un titre de duc, mais le mari cocu refuse.

La liaison avec le roi devient bientôt publique sans être officielle ; Madame de La Vallière, célibataire, sert malgré elle de paravent au double adultère. Le , jour du « Grand divertissement royal » qui célèbre officiellement le traité d'Aix-la-Chapelle, est un hommage discret à la nouvelle favorite et à son arrivée à la Cour. Elle s'établit dans un appartement à peu de distance de celui du monarque, et les courtisans clairvoyants n'ont pas de peine à expliquer pourquoi l'un et l'autre se dérobent en même temps au cercle de la reine. La sensible La Vallière n'est pas la dernière à s'apercevoir de cette nouvelle liaison. Il n'y a que la reine qui refuse l'évidence. De fait, Madame de Montespan a su la persuader de sa vertu. C'est en 1670 que sa faveur éclate officiellement lors d'un voyage aux Pays-Bas où elle fait une partie du voyage dans la voiture du roi et de la reine ; lorsqu'elle monte dans la sienne, quatre gardes du corps entourent les portières.

« Beauté à faire admirer à tous les ambassadeurs », écrit Madame de Sévigné, « Junon tonnante et triomphante », la faveur de la marquise est aussi traversée de crises violentes. La favorite officieuse se montre capricieuse, autoritaire, dépensière, brûlante d'ambition et de jalousie. Elle fait même des scènes au roi, allant jusqu’à lui faire remarquer que sa famille est plus ancienne que la maison de Bourbon ; elle n’épargne aucun de ses rappels orgueilleux de la devise de sa maison à son amant : « Lorsque la mer fut au monde, Rochechouart portait les ondes ». De son côté, la douce et timide Louise de La Vallière ne veut pas céder la place mais n'est pas de taille à lutter. Elle cherche à se retirer dans un couvent mais par politique, le roi la retient à la cour. La favorite officielle supporte tout : les rebuffades de son amant, les railleries de sa rivale triomphante, le mépris des courtisans.

En 1673, le roi reconnaît et légitime les enfants que la marquise lui a donnés. Cependant, pour éviter un esclandre du marquis de Montespan, le nom de la marquise est omis dans les actes de légitimation et les « légitimés » y apparaissent comme enfants du seul roi. Titrés, ils seront élevés à la cour par l'inévitable dame Scarron bientôt titrée à son tour marquise de Maintenon.

En 1674, Louise de La Vallière quitte la cour pour entrer au couvent des Carmélites du faubourg Saint-Jacques, non sans avoir dans une scène édifiante demandé pardon à la reine. Mme de Montespan devient alors la favorite en titre mais toujours pas officielle (à cause de son mari). Ses grossesses successives lui ayant fait perdre une partie de sa beauté, Mme de Montespan, redoutant la disgrâce, fait supprimer la présence des filles d'honneur de la reine, tant par la crainte qu'elle a du goût de la nouveauté de son amant — elle peut trouver plus d'une rivale parmi les jeunes personnes qui se succèdent rapidement — que par le souci de cacher la naissance des enfants nés de leur liaison.

En , elle dépose au Châtelet de Paris une demande de séparation d'avec son mari. Le chancelier de la reine, Gaspard III de Fieubet, est chargé de représenter les intérêts de Madame de Montespan. L'affaire est rondement menée, suivant le désir de Louis XIV, qui enjoint à Colbert : « Pour ce qui regarde l'affaire dont Fieubet est chargé, dites-luy de la presser, afin qu'elle soit achevée, s'il est possible, dans la fin de ce mois. ». Fieubet accomplit sa tâche et le verdict, rapide, est en faveur de la maîtresse du roi. Celle-ci utilise ensuite Fieubet pour conclure une transaction financière avec son mari.

Enfants

Deux des filles de Madame de Montespan, Mademoiselle de Blois et Mademoiselle de Nantes, servies par leur esclave noir, vers 1690.

De cette liaison royale, sept enfants sont nés, parmi lesquels six ont été légitimés (les lettres patentes de légitimation enregistrées au Parlement de Paris ne mentionnent pas leur mère, mariée à un autre homme) et quatre atteignirent l'âge adulte :

  1. Premier enfant tenu secret (1669-1672) - selon les sources, ce serait une fille, Louise Françoise, ou un garçon de prénom inconnu ;

  2. Louis-Auguste de Bourbon, duc du Maine (1670-1736), marié à Louise-Bénédicte de Bourbon ;

  3. Louis-César de Bourbon, comte de Vexin, abbé de Saint-Germain-des-Prés (1672-1683) ;

  4. Louise-Françoise de Bourbon, Mademoiselle de Nantes (1673-1743), épouse Louis de Bourbon, duc de Bourbon, 6e prince de Condé ;

  5. Louise Marie Anne de Bourbon, Mademoiselle de Tours (1674-1681) ;

  6. Françoise-Marie de Bourbon, la seconde Mademoiselle de Blois (1677-1749), qui épouse Philippe d'Orléans ;

  7. Louis-Alexandre de Bourbon (1678-1737), comte de Toulouse.

Elle confie alors leur éducation à Mme Scarron, la future Madame de Maintenon, par la suite sa rivale. Mais, avec le temps, la marquise, fatiguée de cette gênante pudeur, s'en débarrasse et ne prend plus la peine de dérober ses enfants au public.

L'emprise que l'orgueilleuse maîtresse exerce sur le cœur du roi la fait bientôt prétendre à obtenir de l'autorité dans les affaires. Elle dispose de tant de moyens d'influer sur l'esprit du roi que de nombreux ministres et courtisans se soumettent à elle : on demande et on suit ses conseils. Louis XIV, lui-même abusé par la vivacité et l'apparente étourderie de la marquise, la montre aux ministres comme une enfant. Cette enfant connaît ainsi de nombreux secrets d'État. Mme de Montespan se montre également passionnée par le luxe qui, durant sa faveur, s'étend partout, polit les mœurs — en les corrompant peut-être — imprime tant d'activité au commerce, aux manufactures, et donne un grand essor au génie des beaux-arts. Plus qu'une simple favorite, elle est désormais surnommée à la Cour la « sultane reine ».

Il est permis de croire qu'elle a contribué à développer chez Louis XIV ce goût des grandes choses et de la magnificence. Le roi lui ayant fait construire à Versailles le majestueux château de Clagny , la marquise crée autour d'elle une cour brillante où domine le bel esprit. Elle protège notamment La Fontaine, Molière et Quinault. La Grande Mademoiselle relate avoir par inadvertance intercepté un billet doux de Frontenac à Madame de Montespan, où il dit qu'il en est « fort amoureux ». L'époque Montespan s'avère la plus brillante et la plus glorieuse du règne du Roi-Soleil.

La disgrâce
La Voisin et le prêtre Étienne Guibourg en train de célébrer une messe noire avec assassinat rituel d'un nourrisson pour Madame de Montespan (allongée sur l'autel). Gravure de 1895 par Henry de Malvost.

La beauté de Madame de Montespan s'émousse à mesure qu'elle prend de l'embonpoint. Dans le même temps, avec l'âge, Louis XIV éprouve le besoin d'une vie plus régulière, encouragé en ce sens par Madame de Maintenon, devenue entre-temps l'amie (et maîtresse) du roi. Celle-ci, forte d'une réputation sans tache (bien qu'elle traînât beaucoup de cœurs dans sa jeunesse, et devînt même la maîtresse de Louis de Mornay, marquis de Villarceaux), emprunte la voie de la religion et de la morale pour ramener Louis de ses erreurs. Les sévères exhortations de Mme de Maintenon frappent le roi par leur justesse ; mais habitué depuis longtemps à l'attrait du plaisir, il s'y laissait entraîner avec Mme de Montespan pour revenir ensuite déplorer sa fragilité auprès de Mme de Maintenon. Telle est la cause de la jalousie réciproque entre les deux femmes ; Louis XIV doit lui-même intervenir dans leurs querelles pour les raccommoder, pour les voir de nouveau se brouiller le lendemain.

Mais c'est une troisième femme qui provoque la disgrâce de Mme de Montespan. En 1678, Louis XIV tombe éperdument amoureux de la magnifique Mademoiselle de Fontanges, âgée seulement de 17 ans. C'est une protégée de Madame de Montespan qui a cru pouvoir retenir le roi en lui présentant une jeune oie blanche. Mademoiselle de Fontanges se retrouve vite enceinte mais accouche prématurément d'un petit garçon qui ne survit pas. Elle est alors prise d'un mal lent qui l'affaiblit de jour en jour et finit par la tuer. Or cette mort précoce intervient en pleine affaire des poisons. Madame de Montespan est alors accusée par plusieurs prisonniers d'avoir donné au roi à son insu des aphrodisiaques, d'avoir fait dire des messes noires accompagnées de sacrifices d'enfants, et d'avoir cherché la mort du roi et de la nouvelle favorite (sur ce dernier point, on sait maintenant que Mlle de Fontanges est morte d'une éclampsie, malgré des tentatives d'assassinat qui viennent peut-être réellement de la marquise). Elle se voit délaissée par le roi, et doit quitter son appartement du château de Versailles, attribué à son fils, pour vivre dans les soupentes du château.

Elle suit le train de vie, donnant de grandes fêtes, vivant toujours sur un grand pied. En 1685, sa fille Mlle de Nantes épouse le duc de Bourbon, Louis III de Bourbon-Condé. En 1692, son fils le duc du Maine se marie avec une petite-fille du Grand Condé et sa fille Mlle de Blois devient l'épouse du duc de Chartres, neveu du roi. Les brillants mariages de ses enfants la remplissent de fierté. Le roi lui-même a d'ailleurs envisagé que le duc du Maine montât sur le trône en cas d'extinction des Bourbons et, à sa mort, il souhaitait que celui-ci et son frère, le comte de Toulouse, assurassent la Régence du futur Louis XV.

Une fin de vie dans la dévotion

Mme de Montespan reste un temps à la Cour pour ses enfants puis se retire en 1691 à proximité de l’abbaye de Fontevrault dirigée par sa sœur Marie-Madeleine de Rochechouart, 32e abbesse de l’Ordre de 1670 à 1704. Elle avait acquis le château de Petit-Bourg, sur la route entre Paris et Fontainebleau, où elle se retirait souvent. En 1700, la marquise fait acquérir par son fils légitime, le marquis d'Antin, le château d'Oiron, délaissant par là-même l’hospice de Fontevraud ; elle s'y installe dès 1700. Elle fait construire dans le village un nouvel hospice dont le pavillon central de l’EHPAD « l’Orée des Bois » témoigne encore aujourd’hui en partie.

La marquise, âgée de 66 ans, meurt le  à Bourbon-l'Archambault où elle était allée prendre les eaux. Elle est inhumée dans la chapelle du couvent des Cordeliers – devenue aujourd’hui le passage Cordeliers – à Poitiers. Naguère seulement connu par quelques extraits publiés par des érudits au XIXe siècle, l'inventaire après-décès de son mobilier au château d'Oiron a fait l'objet d'une publication intégrale.

Son testament (qui fut cassé par son fils légitime, Louis-Antoine de Pardaillan de Gondrin, marquis d'Antin, pour pouvoir avoir son héritage qui était destiné à ses demi-frères), disposait que son cœur, son estomac et ses intestins fussent mis dans une urne, puis déposés au prieuré de Saint-Menoux.

EHPAD d'Oiron. Le pavillon du fond date de Madame de Montespan.

EHPAD d'Oiron. Le pavillon du fond date de Madame de Montespan.

GENEALOGIE  LE GAC -  PECHEU :   LES  DESCENDANTS  DES  VISCONTI  DE  MILAN, NOS  COUSINAGES  AVEC  FRANCOIS 1er, EDOUARD VIII  D'ANGLETTERRE,  CHARLES QUINT  ET  MADAME  DE  MONTESPAN.

Dessin provenant de la collection de François Roger de Gaigières représentant le château d'Oiron en 1699, un an avant son achat par Madame de Montespan.

Françoise Athénaïs marquise de Montespan avait deux soeurs et un frère :

Prince de Tonnay-Charente (1650-1675), duc de Mortemart (1er, 1650-1675), chevalier de l'Ordre de Saint-Michel (1675), de Saint-Esprit (1633-1675).
Né le 7 octobre 1600 (samedi)

  • Décédé le 26 décembre 1675 (jeudi) - Paris, 75056, Paris, Île-de-France, France, à l'âge de 75 ans

  • Inhumé - Eglise des Pénitents de Picpus, Faubourg Saint Antoine

  • Gouverneur de Paris. 1er Gentilhomme de la chambre de Louis XIII

 Parents

 Union(s) et enfant(s)

Gabriel de Rochechouart de Mortemart (1600-1675), fut premier gentilhomme de la Chambre de Louis XIII et gouverneur de Paris. Il était issu d’une branche cadette de la Maison de Rochechouart Gabriel de Rochechouart, qui fut l'un des plus fins et des plus déliés courtisans de son époque, a passé la plus grande partie de son enfance auprès du Dauphin Louis, qui devint roi à l'âge de huit ans à la mort de Henri IV. Cette étroite intimité avec Louis XIII, qui avait pris l'habitude de partager ses jeux avec lui, lui permit d'obtenir de grands avantages aussitôt que le roi put gouverner sans la tutelle de sa mère. En 1630, le souverain le nomma premier gentilhomme de sa chambre et lui accorda une pension de 6000 livres. À ce titre il participa aux diverses expéditions menées par le roi-soldat. Doué d'un esprit brillant et subtil, l'esprit Mortemart, il sut se maintenir dans la confiance du cardinal de Richelieu, tout en voyant dans son intimité la jeune reine Anne d'Autriche, mais en se gardant de se compromettre dans les nombreuses intrigues qui faillirent perdre cette dernière. Trop prudent pour se mêler aux conspirations qui s'ourdirent, sans jamais aboutir, contre le Premier ministre, totalement dévoué à Louis XIII, Gabriel de Rochechouart su mener habilement sa carrière à la cour, contrairement à son frère, le comte de Maure, qui tomba en disgrâce après s'être levé contre la condamnation à mort du maréchal de Marillac, ou son cousin, François de Rochechouart, chevalier de Jars, condamné à mort après la Journée des Dupes. D'après Leclère, il aida Richelieu à précipiter la chute de Cinq-Mars1. Il fut fait chevalier des ordres du roi en 1633. Une place éminente à la Cour[modifier | modifier le code]
Gabriel de Rochechouart usa de la même prudence et de la même habileté sous la régence d'Anne d'Autriche et lors de la Fronde. Doté d'un esprit subtil, bien vu à la cour, il soutint activement le ministère de Mazarin. En 1650, le marquis fut érigé duc et pair de France et, en tant que premier gentilhomme de la chambre du roi, continua de partager l'intimité du nouveau souverain, Louis XIV. Ce dernier le nomma gouverneur de Paris et de l'Île-de-France en 1669. Grâce à sa position, Gabriel qui avait épousé Diane de Grandseigne en 1632, offrit à ses enfants des places de premier plan à la cour: Sa fille Gabrielle (1633-1693), marquise de Thianges, fut une figure éminente de la cour; Son fils Louis-Victor (1636-1688) fut maréchal de France, vice-roi de Sicile, et prince de Tonnay-Charente; Sa fille Françoise-Athénaïs (1640-1707), marquise de Montespan, fut la favorite de Louis XIV de 1667 à 1679, dont elle eut sept enfants. À ce titre, elle est l'arrière-grand-mère du roi Louis-Philippe; Sa fille Marie-Madeleine (1645-1704), la reine des abbesses, fut une personnalité très influente de la communauté intellectuelle du XVIIe siècle, qui traduisit avec Racine Le Banquet de Platon. Il mourut à Paris le 26 décembre 1675.

Portrait de Gabrielle de Rochechouart, Marquise de Thianges et soeur aînée de Madame de Montespan.

Portrait de Gabrielle de Rochechouart, Marquise de Thianges et soeur aînée de Madame de Montespan.

Gabrielle de Rochechouart de Mortemart, marquise de Thianges née en 1633 et morte le à Paris, est une aristocrate française, sœur aînée et confidente de Madame de Montespan.

Fille aînée de Gabriel de Rochechouart de Mortemart, marquis puis duc de Mortemart et pair de France à partir de 1650 et de Diane de Grandseigne issue des nobles familles de Marsillac et de La Béraudière. Ils possédaient chacun une charge haute à la Cour du Roi Louis XIII : son père fut nommé premier gentilhomme de la chambre du Roi (le connaissant depuis l'enfance) et sa mère, Dame d'honneur de la Reine Anne d'Autriche.

Elle naquit entre 1631 et 1634, (à ce jour nous n'avons pas de date précise) à Lussac-les-Châteaux et fut élevée à Saintes, au couvent de Sainte-Marie.

Ses parents ne s'entendaient que peu et se reprochaient mutuellement leurs mœurs et leurs idées divergentes. En effet, le duc de Mortemart fut ce qu'on pouvait appeler « un bon vivant », appréciant grandement les plaisirs de la table, les achats dépensiers, les festivités, les arts, les longues promenades à cheval et la chasse. Il était aussi très porté sur le libertinage et ne s'en privait guère puisque plutôt bien fait. La duchesse Diane de Grandseigne quant à elle était tout le contraire : résolument pieuse et dotée d'une sagesse raisonnable, elle accordait beaucoup d'importance à sa charge à la Cour.

Ces nombreuses dissensions donnèrent lieu à des tirades célèbres entre ces deux personnages, dont une en particulier que d'autres ont jugé bon de notifier ou de reprendre:

« Un soir qu'il était rentré fort tard à son ordinaire, elle, qui l'attendait, ne put s'empêcher de lui demander d'un ton chagrin :
-D'où venez-vous ? Passerez-vous ainsi votre vie avec des diables ?
À quoi M. de Mortemart répondit :
-Je ne sais d'où je viens, mais je sais que mes diables sont de meilleure humeur que votre bon ange. »

Ce "bon-mot" raconté par Madame de Caylus à l'intérieur de ses mémoires ne fut pas le premier, ni le dernier à circuler publiquement par l'intermédiaire des courtisans. La Marquise s'interroge un instant dans son œuvre sur la bonne éducation de Madame de Thianges jugée comme trop laxiste pour l'époque et étrangement prodiguée par sa mère, la Duchesse Diane de Mortemart pourtant connue pour sa droiture impeccable. Pour défendre cette dernière, elle ajoute que cette liberté lui venait sans doute de son père Gabriel de Mortemart.

Accordons qu'elle ne possédait pas que les légers défauts de son paternel, mais également les qualités propres à la famille Rochechouart de Mortemart : ce tour singulier d'esprit, cette bonne humeur et cet humour particulier que même la Reine Marie-Thérèse d'Autriche parvenait à apprécier.

Gabrielle de Thianges œuvra son existence presque tout entière à la renommée de sa fratrie et de sa famille. Cette femme au caractère atypique et bien trempé n'hésitait jamais à réaliser les demandes de faveurs les plus osées auprès de Louis XIV pour ses sœurs Athénaïs de Montespan et Marie-Madeleine de Rochechouart par exemple, ainsi que pour son frère Louis Victor de Rochechouart de Mortemart. Madame de Thianges et son statut privilégié n'était pas des moins utile dans l'esquisse de ces démarches, demeure que la femme avait une façon bien à elle de formuler ses requêtes... Sous sa plume se dessinait un amalgame de flatteries tantôt plates, tantôt élaborées entre lesquelles se glissaient çà et là d'autres répliques acrimonieuses destinées à montrer au souverain l'antiquité et donc la supériorité de la "race" des Rochechouart de Mortemart. Le roi s'amusait d'ailleurs de cette folie que la marquise de Thianges possédait pour ses origines et la sachant particulièrement sensible sur ce chapitre-ci, ne se faisait guère prier pour l'en ennuyer régulièrement.

La marquise de Thianges meurt à Paris, le . Elle est inhumée dans l'église des religieux pénitents de Picpus, proche de la tombe du Duc de Mortemart son père.

Louis-Victor de Rochechouart, duc de Vivonne, né à Paris le 25 août 1636 et mort à Chaillot le 15 septembre 1688, est un militaire français du xviie siècle, général des galères de Louis XIV et maréchal de France.
Fils de Gabriel de Rochechouart, gouverneur de Paris, frère aîné de Madame de Montespan et de Marie-Madeleine de Rochechouart, reine des abbesses, Louis-Victor de Rochechouart, duc de Vivonne, est né à Paris le 25 août 1636. Il fut l'un des seigneurs les plus braves et les plus spirituels de la Cour de Louis XIV dont il fut enfant d'honneur. Son père lui donna dans sa maison un précepteur « sous lequel il fit les progrès qui l'ont rendu si célèbre à la cour et à la ville par le nombre intarissable de ses bons mots » (Saint-Simon). Il entre en tant que volontaire dans la carrière militaire en 1653 comme capitaine au Royal-Cavalerie sous les ordres de Roger de Bussy-Rabutin. Il servit en Flandre et en Artois avec Turenne et se distingua notamment à l'attaque des lignes d'Arras et lors des sièges de Landrecies, Condé-sur-Escaut et Valenciennes. Bussy-Rabutin rapporte dans ses Mémoires la bravoure que le jeune seigneur montra devant Condé. La cavalerie française, dans un fourrage, s'enfuit à la vue des ennemis par le mauvais exemple de Campferrant qui commandait le Régiment du Roi. Il ne resta auprès de Bussy, pour faire face à l'ennemi, que Vivonne, le duc de Coislin et Manicamp. Colonel du Royal-Etranger, il fit deux campagnes en Italie puis demanda à passer dans la marine et fut mis en 1659 à la disposition de Beaufort, grand maître de la navigation.
Capitaine de vaisseau et Pair de France en 1663, il embarqua avec le Chevalier Paul et participa l'année suivante à la malheureuse expédition de Djidjelli. La guerre ayant été déclarée à l'Espagne en 1667, il se distingue en Flandre, sous les yeux du roi, aux sièges d'Ath, de Tournai, de Douai, de Lille. Après la paix d'Aix-la-Chapelle, il effectue, en tant que général des galères par intérim, plusieurs missions en Méditerranée et conduit en 1668 la négociation d'un traité avec le dey d'Alger. Général des galères à titre définitif en mars 1669, il commande l'escadre de 15 bâtiments à rames envoyée à Candie sous les ordres du duc de Beaufort pour porter secours aux Vénitiens assiégés par les Turcs. Après la mort de Beaufort (25 juin), Vivonne monta le vaisseau amiral et tenta de poursuivre la lutte. Blessé lors du combat du 24 juillet, il constate l'impossibilité de forcer les lignes turques et ramène la flotte à Toulon le 28 octobre. En 1671, Vivonne est chargé de croiser le long des côtes de Provence à la poursuite des pirates barbaresques. Au début de la guerre de Hollande, en 1672, il se trouva au fameux passage du Rhin. Son cheval, appelé Jean Le Blanc, fit au milieu du fleuve un faux pas qui faillit renverser son maître dans les flots. « Tout beau, Jean Le Blanc, dit tranquillement Vivonne, voudrais-tu faire mourir en eau douce un général des galères ? ». Au même moment, il reçut à l'épaule gauche un coup de feu dont il ne guérit jamais, et qui le força de porter toujours son bras en écharpe, mais il supportait gaiement cette disgrâce. En 1673, il se signala au siège de Maastricht, puis il fut nommé gouverneur de Champagne en 1674.
L'année suivante, Louis XIV l'envoya au secours de Messine révoltée contre les Espagnols. Il réussit à faire parvenir des secours à la ville le 11 février 1675 et est promu Maréchal de France le 2 août 1675. Vivonne, nommé vice-roi de Sicile confie le commandement de ses navires à Duquesne et Tourville qui battent les Hollandais aux batailles d'Agosta (22 avril 1676) et de Palerme (2 juin 1676). Il déclare à la population locale que le Roi Soleil n'a « rien de plus à cœur que le triomphe des victimes contre leurs oppresseurs » et qu'il s'engage à « les prendre définitivement sous sa puissante et amicale protection ». Aussi est-il fort surpris, en janvier 1678, quand le roi lui ordonne d'abandonner la place. La population locale s'était entre temps retournée contre ses défenseurs. On reproche à Vivonne d'avoir fermé les yeux sur les excès que commettaient les Français envers les Siciliens, ce qui entraîne un grand nombre d'assassinats contre les officiers français. Livré à la mollesse et aux plaisirs, malgré l'état déplorable de sa santé, le vice-roi de Sicile semble jusqu'à un certain point autoriser l'indiscipline de ses troupes. Les Français évacuent Messine le 8 avril 1678 et Vivonne cesse de servir sur mer.
Il rentre alors à Paris où, succédant à son père, il devient Premier gentilhomme de la Chambre du Roi. Il mène la vie d'un courtisan voluptueux, devenant un des plus intimes du Roi-Soleil. « M. de Vivonne avait infiniment d'esprit, l'amusait sans pouvoir se faire craindre. Le roi en faisait cent contes plaisants », rapporte Saint-Simon. Vivonne est également très lié avec Molière, Boileau, qu'il présente à Louis XIV, Paolo Lorenzani, La Fontaine. Voltaire, dans Le siècle de Louis XIV, le met au nombre des hommes de la Cour qui avaient le plus de goût pour la lecture. « Mais à quoi sert de lire ? » lui dit un jour le roi. Vivonne, qui était toujours le premier à plaisanter de son excessif embonpoint et qui avait de belles couleurs, répondit : « la lecture fait à l'esprit ce que vos perdrix, sire, font à mes joues ». À 52 ans, il était parvenu au comble des richesses, mais la mort soudaine de son fils en 1688 l'affecte beaucoup. Il ne tarde pas à le suivre au tombeau et meurt à Chaillot le 15 septembre 1688.
Il épouse en septembre 1655 Antoinette de Mesmes, fille du président du Parlement, Henri de Mesmes et morte le 10 mars 1709. Antoinette est impliquée par La Voisin dans l'Affaire des Poisons, mais n'est pas inquiétée sur ordre de Louis XIV1. Ils auront six enfants : Louis I duc de Mortemart marié en 1679 à Marie-Anne Colbert, fille de Jean-Baptiste Colbert, Gabrielle, abbesse de Beaumont-les-Tours, Charlotte, duchesse d'Elbeuf, Marie-Elisabeth, marquise de Castries, Louise-Françoise, abbesse de Fontevrault, Gabrielle-Victoire, duchesse de Lesdiguières.

GENEALOGIE  LE GAC -  PECHEU :   LES  DESCENDANTS  DES  VISCONTI  DE  MILAN, NOS  COUSINAGES  AVEC  FRANCOIS 1er, EDOUARD VIII  D'ANGLETTERRE,  CHARLES QUINT  ET  MADAME  DE  MONTESPAN.

Marie-Madeleine Gabrielle Adélaïde de Rochechouart de Mortemart, née en 1645 et décédée le 15 août 1704, abbesse de l'abbaye de Fontevraud, fut une personnalité influente de la communauté intellectuelle du xviie siècle.
Fille de Gabriel de Rochechouart, duc de Mortemart, et sœur de Madame de Montespan, Gabrielle de Rochechouart était douée d'une grande beauté. Dans son enfance, elle se consacra à l'étude de la philosophie et des langues mortes et vivantes qui n'étaient pour elle qu'un amusement. Présentée à Marie-Thérèse d'Autriche, ce fut un sujet d'étonnement pour la nouvelle reine, peu habituée à entendre une jeune personne de la cour parler avec facilité des langues autres que la langue française. Initiée aux diverses opinions qui partagent les écoles, elle s'orienta vers la théologie et le doctrine des Saint-Pères et des conciles. Elle se distingua par son esprit et son instruction autant que par sa piété. Avec tous ces dons, Gabrielle de Rochechouart était pourtant d'une grande simplicité. Le monde lui offrait toutes les séductions: elle préféra se vouer à Dieu et s'ensevelir dans une retraite profonde. Elle prit le voile au monastère de Notre-Dame-du-Bois (à Saint-Evroult, dans l'Orne) en 1664, puis à Poissy. Reine des abbesses[modifier | modifier le code]
Gabrielle de Rochechouart de Mortemart avait fui les grandeurs. Mais Louis XIV, qui s'entendait à distinguer le mérite, la nomma, le 16 août 1670, supérieure générale de l'abbaye royale de Fontevraud, où elle avait à diriger des moines en même temps que des religieuses. Sans négliger les devoirs de sa charge, elle n'oublia pas ses études favorites et transforma Fontevraud en foyer de rayonnement intellectuel et culturel. Elle traduisit les trois premiers livres de L'Iliade d'Homère et, avec Racine, Le Banquet de Platon. Douée d'une grande justesse d'esprit, elle vit les meilleurs écrivains de l'époque frapper à sa porte pour lui demander avis et conseils. Toujours humble, elle les recevait avec charité, et ils se retiraient satisfaits, honorés même d'avoir été admis auprès d'elle. Sous son administration, l'ordre fut en pleine prospérité. Son autorité sur l'abbaye-mère et la cinquantaine de prieurés qui en dépendaient lui valut le titre de reine des abbesses comme le rapporte Saint-Simon, selon lequel "son esprit surpassait celui de ses sœurs, et qu'elle y joignait un savoir fort et étendu". Victor Cousin dira: "elle avait l'esprit des Mortemart, et quelque chose de la beauté de ses sœurs, avec les traits plus nobles et un air de majesté et de douceur". Louis XIV, avec lequel elle correspondit régulièrement et qui l'appelait « la perle des abesses », tenta de la retenir à la cour, mais elle refusa, préférant rester à Fontevraud. Après sa disgrâce, Madame de Montespan fit de séjours fréquents dans l'abbaye de sa sœur, qu'elle chérissait. Gabrielle de Rochechouart de Mortemart mourut le 15 août 1704, laissant plusieurs opuscules de différents genres. En apprenant la nouvelle, Louis XIV prononça lors de son souper une pensée émue pour la grande abbesse. "Il lui avait conservé, écrit Saint-Simon, une estime et une amitié que ni l'éloignement de Madame de Montespan, ni l'extrême faveur de Madame de Maintenon, ne purent émousser". Elle fut remplacée à la tête de l'abbaye par sa nièce, la fille du duc de Vivonne.

(Agen) Portrait de Diane-Gabrielle de Thianges-Mancini, duchesse de Nevers Ca1672 - Jacob Ferdinand Voet - Musée des Beaux-Arts d'Agen

(Agen) Portrait de Diane-Gabrielle de Thianges-Mancini, duchesse de Nevers Ca1672 - Jacob Ferdinand Voet - Musée des Beaux-Arts d'Agen

Diane Gabrielle Damas de Thianges, duchesse de Nevers, est une aristocrate française née en , morte le à Paris. Elle a été une intime de Louis XIV, mais la nature de leur relation n'est pas établie.

Biographie

Origine

Elle est la fille aînée de Claude Léonor Damas (1620-1702), marquis de Thianges, et de Gabrielle de Rochechouart de Mortemart (1634-1693), elle appartient par sa mère à la très ancienne Maison de Rochechouart, branche de Mortemart. Elle est ainsi la petite-fille de Gabriel de Rochechouart de Mortemart (1600-1675), premier gentilhomme de la Chambre de Louis XIII et gouverneur de Paris, ainsi que la nièce de Madame de Montespan (1640-1707) favorite de Louis XIV, et de Marie-Madeleine de Rochechouart (1645-1704) abbesse de l'abbaye Notre-Dame de Fontevraud. Elle est la sœur de Louise-Elvide Damas de Thianges (1659-1730), épouse de Luigi Sforza (1618-1685), dame d'honneur de Françoise-Marie de Bourbon, duchesse d'Orléans, puis dame de la nouvelle reine d'Espagne, Louise-Élisabeth d'Orléans (1709-1742), de Gabrielle Damas de Thianges (1662-1692), religieuse et de Claude Henri Philibert Damas de Thianges (1663-1708), mousquetaire puis lieutenant-général des armées du roi, marié en 1685 avec Anne Claire de la Chapelle (1657-1686), et remarié en 1695 avec Geneviève Françoise de Harlay (1662-1728).

Elle est éduquée à l'abbaye-aux-Bois.

Mariage et descendance

Le , en la chapelle royale du palais des Tuileries, elle épouse Philippe Julien Mancini-Mazarini (1641-1707), duc de Nevers, chevalier des ordres du roi (), capitaine des mousquetaires du roi, neveu du cardinal Mazarin (1602-1661) principal ministre d'État de 1643 à 1661.

Le couple a six enfants :

  • Deux garçons morts en bas âge, puis

  • Diane Gabrielle Victoire Mancini-Mazarini (1672-1716), mariée en 1699 avec Charles Louis Antoine de Hénin-Liétard (1675-1740), prince de Chimay,

  • Philippe Jules François Mancini-Mazarini (1676-1768), grand d'Espagne, pair de France, marié en 1709 avec Marianna Spinola (1686-1738),

  • Diane Adélaïde Philippe Mancini-Mazarini (1687-1747), mariée en 1707 avec Louis Armand (1682-1723) duc d'Estrées,

  • Jacques Hippolyte Mancini-Mazarini (1690-1759), marquis de Mancini, marié en 1719 avec Anne Louise de Noailles (1695-1773).

Diane Gabrielle Damas de Thianges est une ancêtre directe de la famille princière de Monaco.

Diane Gabrielle Damas de Thianges vue par ses contemporains

Le chroniqueur ayant rapporté le plus d'informations sur sa beauté, son esprit, son couple, sa vie à la cour, est Saint-Simon (1675-1755), dans ses Mémoires :

« Mme de Thianges dominait ses deux sœurs, et le roi même qu'elle amusait plus qu'elles. Tant qu'elle vécut, elle le domina, et conserva, même après l'expulsion de Mme de Montespan hors de la cour, les plus grandes privances et des distinctions uniques [...]. Mme de Montespan depuis ses amours, et même Mme de Thianges [...], du vivant de leurs maris quittèrent leurs armes et leur livrée qu'elles ne reprirent jamais, et portèrent toujours depuis celles de Rochechouart seules ».

« M. de Nevers fut capitaine des mousquetaires [...]. M. de Nevers fut chevalier de l'ordre, à la promotion de 1661, qu'il n'avait que vingt ans [...] et il épousa, en 1670, la plus belle personne de la cour, fille aînée de Mme de Thianges, soeur de Mme de Montespan [...]. Il fut souvent jaloux fort inutilement, mais jamais brouillé avec sa femme, qui était fort de la cour et du grand monde. Il ne l'appelait jamais que Diane. Il lui est arrivé trois ou quatre fois d'entrer le matin dans sa chambre, de la faire lever, et tout de suite de la faire monter en carrosse, sans qu'elle, ni pas un de leurs gens à tous deux, se fussent doutés de rien, et de partir de là pour Rome, sans le moindre préparatif, ni que lui-même y eût songé trois jours auparavant. Ils y ont fait des séjours considérables ».

« La duchesse de Nevers mourut en ce temps-ci [...]. Peu de femmes l'avaient surpassée en beauté. La sienne était de toutes les sortes, avec une singularité qui charmait. On ne se pouvait lasser de lui entendre raconter les aventures de ses voyages d'Italie. M. le Prince avait été extrêmement amoureux d'elle. Il voulut lui donner une fête sous un autre prétexte, et c'était l'homme du monde qui s'y entendait le mieux. Mais comme il n'était pas moins malin qu'amoureux, il imagina d'engager M. de Nevers de faire les vers de la pièce qui devait être le principal divertissement de la fête, et dont toute la galanterie était pour Mme de Nevers. Il le cajola si bien, que M. de Nevers lui promit de faire ces vers, et il y réussit au delà des espérances de M. le Prince. Il prépara donc la fête, dans le double plaisir de plaire à sa dame et de se moquer du mari. Celui-ci tout jaloux, tout Italien, tout plein d'esprit qu'il fût, n'avait pas conçu le plus léger soupçon de cette fête, quoiqu'il n'ignorât pas l'amour de M. le Prince. Quatre ou cinq jours avant celui de la fête, il découvrit de quoi il s'agissait, il n'en dit mot, et partit le lendemain pour Rome avec sa femme, où il demeura longtemps, et à son tour se moqua bien de M. le Prince. Mme de Nevers à plus de soixante ans était encore parfaitement belle, lorsqu'elle mourut d'une maladie fort courte ».

D'autre part, Madame de Sévigné la cite dans une de ses Lettres, à l'occasion de son mariage.

COUSINAGE  entre  Françoise Athénaïs de Rochechouart de

Mortemart dite Madame la marquise de MONTESPAN (1640-1707)

et  Charles de Batz de Castelmore dit d'ARTAGNAN (ca 1613-1673)

 

C'est par la mère de D'Artagnan Françoise de Montesquiou (1580-1656) que nous remontrons vers la grand mère de cette dernière : Anne de Rochechouart née vers 1517.

Pour trouver notre cousinage, nous remonterons ensuite jusque vers 1240 pour trouver un couple commun à la marquise de Montespan et à d'Artagnan :  Aimery de Rochechouart (1210-1245) et Marguerite de Limoges (ca 1215-1259).

GENEALOGIE  LE GAC -  PECHEU :   LES  DESCENDANTS  DES  VISCONTI  DE  MILAN, NOS  COUSINAGES  AVEC  FRANCOIS 1er, EDOUARD VIII  D'ANGLETTERRE,  CHARLES QUINT  ET  MADAME  DE  MONTESPAN.
GENEALOGIE  LE GAC -  PECHEU :   LES  DESCENDANTS  DES  VISCONTI  DE  MILAN, NOS  COUSINAGES  AVEC  FRANCOIS 1er, EDOUARD VIII  D'ANGLETTERRE,  CHARLES QUINT  ET  MADAME  DE  MONTESPAN.

Charles de Batz de Castelmore, dit d'Artagnan, est un mousquetaire français né entre 1611 et 1615 au château de Castelmore, près de Lupiac, en Gascogne (dans le département actuel du Gers) et mort à Maastricht durant le siège de cette ville le , pendant la guerre de Hollande.

On connaît peu de choses du véritable d'Artagnan. Il n’existe de lui qu'un portrait, dont l’authenticité n’est pas garantie, et des mémoires apocryphes parus en 1700, soit 27 ans après sa mort. Mélangeant le réel et l'imaginaire, ils furent rédigés par Gatien de Courtilz de Sandras, qui découvrit sa vie pendant un de ses séjours à la Bastille, alors que Baisemeaux (François de Montlezun de Besmaux), ex-compagnon de d’Artagnan, en est gouverneur.

Alexandre Dumas s'est inspiré de ces mémoires pour composer son personnage de d'Artagnan, héros gascon de trois récits publiés entre 1844 et 1850 et dont le plus connu est Les Trois Mousquetaires. Il le fait naître vers 1607 : il a dix-huit ans en 1625, première année de la trilogie romanesque qui l’immortalisa.

Charles de Batz de Castelmore, dit d'Artagnan, naît à une date inconnue, probablement entre 1611 et 1615. Il est le fils de Bertrand de Batz, seigneur de Castelmore, et de Françoise de Montesquiou, mariés en 1608. Le château de Castelmore, résidence habituelle de sa famille, se trouve dans le comté de Fezensac, près de Lupiac.

Gustave Chaix d'Est-Ange écrit que la famille de Batz de Castelmore n’appartenait pas à la noblesse à cette époque, que le premier à se qualifier de noble fut « noble Bertrand de Batz, seigneur de Castelmore et de la Plagne » qui épousa en 1608 Françoise de Montesquiou dont le père était seigneur d’Artagnan. Ce Bertrand de Batz fut le père de Charles de Batz de Castelmore, dit d’Artagnan. Le petit-fils de ce dernier fut condamné pour usurpation de noblesse en 1715 comme descendant d’Arnaud de Batz, marchand de Lupiac. Chaix d'Est-Ange ajoute que pour se faire maintenir noble il fut produit un faux testament de 1546.

Charles de Batz-Castelmore, ainsi que son frère Paul avant lui, seront admis aux Mousquetaires du roi.

Gustave Chaix d'Est-Ange écrit également que la famille de Batz de Castelmore s'est éteinte en , mais le dernier du nom fut Louis Constantin de Batz de Castelmore, né à Paris le (fils de Louis Gabriel de Batz « marquis » de Castelmore et de Constance Gabrielle Dumoncel) et mort le au château de Scey-sur-Saône chez le prince-duc de Bauffremont. Dernier de son nom en ligne masculine, il eut deux filles de son mariage, le 4 floréal an II () à Paris, avec Jeanne Molé (° ) : Louise-Constance (° ) — d'où une descendance subsistante en ligne féminine — et Aglaé-Rosalie-Victorine (° ).

D'Artagnan est le quatrième fils d’une fratrie de sept enfants (quatre garçons, trois filles). Son père prit la qualification de noble. Les mémoires apocryphes de d'Artagnan commencent ainsi :

« Je ne m'amuserai point ici à rien rapporter de ma naissance, parce que je ne trouve pas que je puisse rien dire qui soit digne d'être rapporté. »

Lorsque le jeune Charles de Batz quitte le château de Castelmore, à Lupiac, pour Paris, vers 1630, il décide, comme deux de ses frères qui s'engagent dans le métier des armes, d'utiliser le nom de la terre d'Artagnan, qui était une seigneurie au nord de la Bigorre (ancien comté rattaché au domaine royal), possédée par la maison de Montesquiou et qui donna son nom à une branche de cette maison.

Par sa mère, il descend des Montesquiou. Il est ainsi cousin germain de Pierre de Montesquiou d'Artagnan, qui deviendra plus tard maréchal de France, ainsi que de Joseph de Montesquiou d'Artagnan, autre capitaine de Mousquetaires, gouverneur de Nîmes et d'Arras.

Né en Armagnac, comté dont la noblesse a largement adhéré à la Réforme, Charles de Batz-Castelmore est catholique, ses ancêtres paternels comme maternels l'ayant toujours été.

À la fin de sa carrière, il se fait appeler « Haut et puissant seigneur, Messire Charles de Castelmore, comte d’Artagnan ». Le titre de comte ainsi employé est sans fondement en droit nobiliaire.

Des assignations ultérieures et des condamnations à l'amende pour usurpation de noblesse ont été délivrées entre 1697 et 1715 à plusieurs parents, de Batz-La Plaigne, de Batz-Castelmore et de Batz-La Peyrie, accompagnées du rejet de leurs suppliques qui s'appuyaient sur de nombreux faux et altérations. Pour clore les procédures, le roi donna ordre que leur noblesse soit maintenue et confirmée, ce qui est fait à Auch le 26 novembre 1716.

 

GENEALOGIE  LE GAC -  PECHEU :   LES  DESCENDANTS  DES  VISCONTI  DE  MILAN, NOS  COUSINAGES  AVEC  FRANCOIS 1er, EDOUARD VIII  D'ANGLETTERRE,  CHARLES QUINT  ET  MADAME  DE  MONTESPAN.

Selon Courtilz de Sandras, il aurait été pris en tant que cadet dans la compagnie des Essarts du régiment des Gardes françaises, sur la recommandation de M. de Tréville, qui est parent de sa mère, capitaine-lieutenant de la compagnie des Mousquetaires du Roi. Il participe de 1640 à 1642 aux opérations militaires du siège d'Arras, de Bapaume, de Collioure ou de Perpignan.

Son entrée chez les Mousquetaires du Roi (où exerce déjà son frère aîné Paul), avec la protection de Mazarin, daterait de 1644, en même temps que celle de son ami François de Montlezun, seigneur de Besmaux près d’Auch et futur gouverneur de la Bastille. Il se peut qu'il y ait croisé Armand de Sillègue d'Athos d'Autevielle, Isaac de Portau et Henri d'Aramitz, tous trois Béarnais, dont la présence est attestée au sein des mousquetaires.

La compagnie des Mousquetaires est dissoute par Mazarin en 1646. Pendant la Fronde, le cardinal charge d'Artagnan — devenu un de ses « gentilshommes ordinaires » — d'un certain nombre de missions auprès des chefs militaires. Louis XIV, qu'il a servi et protégé pendant ces années-là, alors qu'il n'était qu'un enfant, lui accorde par la suite toute sa confiance, le chargeant de nombreuses missions réclamant diligence et discrétion.

Lors de l'exil de Mazarin à Brühl en 1651, d'Artagnan accompagne le ministre. Cette fidélité est payée de retour : en 1652, d'Artagnan est lieutenant aux Gardes Françaises, ce qui suscite des remous dans cette unité d'infanterie ; en 1653, Mazarin lui fait accorder la charge de « Capitaine concierge de la volière du Roi », que convoitait Colbert ; en , il achète 80 000 livres une charge de capitaine aux Gardes dans la compagnie de Fourille, grâce à l'argent de la revente de ses charges précédentes et à 4 000 livres prêtés par des fidèles de Mazarin, notamment Colbert, alors au début de sa carrière.

En 1657, la première compagnie des mousquetaires, dite des « grands mousquetaires » ou des « mousquetaires gris » (en raison de la robe de leurs chevaux), est reconstituée par Louis XIV. D'Artagnan en devient membre avec le grade de sous-lieutenant en 1658, mais en assure le véritable commandement (le chef nominal, le capitaine-lieutenant, étant le duc de Nevers, un neveu de Mazarin).

D'Artagnan a son hôtel particulier (aujourd'hui disparu) au no 1 de l'actuelle rue du Bac, à l'angle du quai Voltaire à Paris, dans l'actuel 7e arrondissement (ancien quai des Théatins).

Fréquentant les salons littéraires du Marais, il y rencontre une riche veuve, Anne Charlotte de Chanlecy, dame de Sainte-Croix. Un contrat, daté du et portant les signatures de Louis XIV et Mazarin, l'autorise à la prendre pour épouse — ce qu'il fait le suivant, en l'église Saint-André-des-Arts, à Paris. Ils ont deux fils, en 1660 et 1661, puis se séparent de biens et de corps en 1665, Anne Charlotte étant lassée des infidélités de son mari, toujours en déplacement.

En 1660, Louis XIV se marie avec l'Infante d’Espagne. La cérémonie a lieu le à Saint-Jean-de-Luz. Le voyage vers le Pays basque dure un an et donne l’occasion à Louis XIV de visiter les provinces méridionales de son royaume. D'Artagnan accompagne le cortège. La traversée des villes-étapes provoque l’admiration des populations : les fiers mousquetaires précèdent l’attelage royal, tiré par six chevaux blancs. Le jour de l’étape à Vic-Fezensac, le , d'Artagnan chevauche vers Castelmore pour revoir les siens et se recueillir sur la tombe de ses parents, dans la chapelle du domaine.

Le , Louis XIV confie à d'Artagnan la mission délicate d’arrêter Nicolas Fouquet, à la sortie du Conseil, à Nantes. Cette mission aurait dû être confiée à un capitaine de la Garde du corps du roi, le duc de Gesvres, mais ce dernier était un client de Fouquet. Le roi montre ainsi qu'il accorde toute sa confiance à d'Artagnan.

Une longue période commence pendant laquelle le mousquetaire fait fonction de geôlier de son prestigieux prisonnier dans ses lieux d’incarcération successifs : trois mois au château d'Angers, au château d'Amboise, puis au donjon de Vincennes, le de l’année suivante à la Bastille et enfin à Pignerol.

Pendant trois années, d’Artagnan s’occupe personnellement de son prisonnier, filtrant ses visiteurs et rendant compte scrupuleusement en haut lieu de tous les détails de la vie de l'ex-surintendant avec lequel, malgré les rigueurs de la détention, il noue des relations presque amicales. Madame de Sévigné rapportera avec quelle diligence d'Artagnan a rendu le transfert et la détention de Fouquet les moins pénibles possible. Dix ans plus tard, le , il procède de manière analogue à l’arrestation de Lauzun.

Lettre manuscrite signée « artaignan » par Charles de Batz,26 octobre 1672.

En 1666, il est nommé « Capitaine des petits chiens du Roi courant le chevreuil » (charge qui lui rapporte des gages et lui assure un logement à Versailles) ; il se démet de cette charge en 1667 pour devenir capitaine-lieutenant de la première compagnie des mousquetaires, ce qui lui assure une solde de neuf cents livres par mois.

En 1670, il participe à la répression de la révolte de Roure en Vivarais (actuelle Ardèche) aux côtés du maréchal de camp Le Bret dont il est l'adjoint.

D'Artagnan est gouverneur de Lille d' à  ; cette grande cité de 50 000 habitants, au rôle stratégique majeur, avait été gagnée par la France en 1667 ; il remplace le maréchal d'Humières, tombé en disgrâce. Gouverneur impopulaire, il ne songe qu’à retourner sur le champ de bataille ; la guerre de Hollande va lui en donner l’occasion.

D'Artagnan est tué le devant Maastricht, pendant la guerre déclenchée par Louis XIV contre les Provinces-Unies en 1672. Le roi menait lui-même une armée de 40 000 hommes. D'Artagnan, appelé en renfort, est atteint par une balle de mousquet à la tête alors qu’il combattait un jour de relâche et se trouvait dans la gorge de la porte de Tongres de la fortification.

Dans une lettre à Arlington, Alington décrit l’incident, en disant qu’ils avançaient vers une barricade ennemie où « seul un homme pouvait passer à la fois. Il y avait monsieur Artaignan avec ses mousquetaires qui ont fait courageusement. Ce gentleman était de ceux qui ont la plus grande réputation à l’armée, il aurait persuadé le Duc de ne pas passer par là, mais ceci n’étant pas fait, ce gentleman irait avec lui, mais en passant par ce lieu étroit fut tué avec un tir par la tête, suit auquel le Duc et nous sommes passés, là ou Monsieur O'Brien a reçu un tir par ses jambes. »

Sa dépouille gisant alors très en avant des lignes ennemies, quatre mousquetaires de sa compagnie sont tués en allant chercher son corps. Le lieu de sa sépulture est inconnu. Selon Odile Bordaz, il aurait pu être inhumé dans l'église Saint-Pierre-et-Paul de Wolder, près de Maastricht (au sud-ouest de la ville, sur la frontière belgo-néerlandaise) thèse qui laisse sceptique Wim Dijkman, archéologue et conservateur de la ville de Maastricht, dont Wolder est aujourd'hui un quartier : « D'Artagnan a-t-il été enterré là ? Ce n'est pas sûr du tout : il n'y a aucune information historique ou archéologique allant dans ce sens »

En 2026, un corps, accompagné des restes d'une balle de mousquet et d'une pièce de monnaie française, est découvert sous l'autel de l'église de Wolder. Un échantillon d'ADN prélevé sur la mâchoire et la racine d'une dent est transmis aux fins d'analyse le à un laboratoire de Munich. Il est depuis lors en cours de comparaison avec celui d'Aymeri de Montesquiou, descendant de la lignée maternelle de d'Artagnan, et avec celui des descendants de Bertrand de Batz dans la lignée paternelle, subsistants dans la région d'Avignon.

Une légende voudrait que le corps de d'Artagnan ait été ramené au château d'Olhain, dans le Pas-de-Calais, où il serait encore aujourd'hui ; cependant, il semblerait que le d'Artagnan enterré à Olhain soit Joseph de Montesquiou d'Artagnan, également capitaine des mousquetaires, dont la famille de la femme possédait le château.

Alexandre Dumas anticipe, romance et romantise la fin du héros : il y aurait coïncidence entre la mort violente du personnage d'Artagnan, la reddition de la ville de Maastricht assiégée, et la réception de la part de Louis XIV et Colbert de son titre de maréchal de France. Le vrai d'Artagnan a été tué cinq jours avant que Maastricht, commandé par le gouverneur néerlandais Jacques de Fariaux, ne se rende ; il n'a jamais été maréchal de France (contrairement à son cousin germain). Le décès du personnage a lieu dans un endroit anonyme, à une date non précisée mais située sans doute fin , quelques mois après la mort en janvier de la Reine mère, Anne d'Autriche. Le nom du gouverneur néerlandais ennemi n'est pas non plus communiqué. Enfin, au seuil de la mort, il prononce les noms de ses trois grands amis, Athos, Porthos et Aramis, pour dire « au revoir » aux deux premiers, trépassés quatre à cinq ans plus tôt et « à jamais adieu » au troisième, encore en vie.

D'Artagnan épouse par contrat du au Louvre Anne-Charlotte Boyer de Chanlecy, dame de Sainte-Croix (en Bresse), née en 1624 (fille de Charles Boyer, seigneur de Chanlecy et de Sainte-Croix et de Claude de Rymon, dame de la Rochette), précédemment mariée à Jean-Léonor de Damas de Thianges-Digoine sire de La Clayette.

Mais rapidement les deux époux ne font plus vie commune : d'Artagnan préfère sa vie sur les champs de bataille au service du roi ; il aurait obtenu du Roi une lettre de cachet pour maintenir sa femme en ses terres. L'épouse délaissée par son mari, soucieuse de gérer au mieux ses nombreux domaines et de transmettre un bel héritage à ses fils, quitte Paris et regagne la Bresse et sa terre de Sainte-Croix, où elle meurt le . Elle sera inhumée dans la chapelle seigneuriale, le .

De ce mariage naissent deux enfants : Louis (l’aîné), né en 1660, et Louis (le cadet, même prénom) né le à Chalon-sur-Saône qui firent une carrière dans les armes.

  • Louis de Batz de Castelmore (l'aîné), prit le titre de comte d’Artagnan. Il fut élevé comme page en la Grande Écurie, devint lieutenant aux gardes, puis se retira du service à cause de ses infirmités et mourut au château de Castelmore en .

  • Louis de Batz de Castelmore (le cadet), chevalier, dit plus tard comte d’Artagnan, baron de Sainte-Croix et seigneur de Chanlecy du chef de sa mère, seigneur de Castelmore, fut sous-lieutenant aux gardes menins de Monseigneur le Dauphin et chevalier de Saint-Louis. Il était maréchal de camp quand il épousa par contrat du Marie Anne Amé (1670-1714), fille de Jean Baptiste Amé, conseiller au présidial de Reims. Il mourut le au château de Sainte-Croix. Il eut deux fils : Louis-Gabriel, qui suit, et Louis-Jean-Baptiste.

    • Louis-Gabriel de Batz de Castelmore, né en 1710, dit le marquis de Castelmore et baron de Sainte-Croix. Capitaine de dragons, mestre de camp de cavalerie et aide major de la gendarmerie en 1741. Ce fut lui qui vendit, le , le château et les terres de Castelmore. Il mourut à Paris le à 73 ans. Il avait épousé le Constance Gabrielle du Moncel de Lourailles (1720-1764), veuve de Joseph Bonnier de la Mosson, dont il eut un fils prénommé Louis Constantin, qui suit. Le journaliste et romancier Armand Praviel écrit pourtant à son sujet : « Il fut le dernier d'Artagnan de Castelmore : ne manquons pas de le dire formellement pour couper court aux gasconnades qui découvrent partout des descendants de l'illustre mousquetaire ».

      • Louis Constantin de Batz de Castelmore, fils du précédent, né à Paris le , officier au régiment Royal-étranger de cavalerie, en 1764, il est en garnison à Strasbourg. Il sera sous-lieutenant le , capitaine commandant en 1765, capitaine titulaire le , aide-major le . Au décès de son père, il assiste le à la pose des scellés dans son appartement à Paris. Marié le 4 floréal an 2 () à Jeanne Molé (née en 1755), il vit à Paris, puis émigre probablement pendant la Révolution. On le retrouve en 1809 à Scey-sur-Saône, où il habite depuis deux ans chez le prince de Bauffremont. Le , il déclare par devant notaire qu’il habite depuis près de vingt ans au château du prince de Bauffremont à Scey-sur-Saône, qu’il ne possède rien et que, reçu comme ami, il a vécu à la charge du prince. Il meurt au château de Scey-sur-Saône le . Dernier de son nom en ligne masculine, il eut de son mariage deux filles : Louise-Constance (1775), qui suit, et Aglaé-Rosalie-Victorine (1776).

        • Louise-Constance de Batz de Castelmore, née le à Paris, mère d'un fils, Jean-Guillaume-Ernest de Batz, né à Besançon le , (on ignore le père). En 1833, elle est toujours domiciliée au château du prince de Bauffremont à Scey-sur-Saône, quand elle donne son consentement au mariage de son fils unique Jean-Guillaume, qui suit. Elle meurt le à Reims.

Contrat de mariage de D'Artagnan

Contrat de mariage de D'Artagnan

GENEALOGIE  LE GAC -  PECHEU :   LES  DESCENDANTS  DES  VISCONTI  DE  MILAN, NOS  COUSINAGES  AVEC  FRANCOIS 1er, EDOUARD VIII  D'ANGLETTERRE,  CHARLES QUINT  ET  MADAME  DE  MONTESPAN.

Dans les ancêtres de Hélène de Rohan (épouse de François 1er de Maure) il faut aussi citer Marie de Montauban, son arrière grand mère qui épousa Louis 1er de Rohan Guéméné et l'empoisonna.

Louis Ier de Rohan-Guéméné, seigneur de Guéméné (mort au château de Mortiercrolles le , empoisonné par sa femme).

Fils unique de Charles Ier de Rohan-Guémené († 1436) et de Catherine du Guesclin († 1461), dame du Verger, seigneur et dame de la Morlière, de Châtelain (mariage en 1406). Petit-fils de Jean Ier de Rohan et de la princesse Jeanne de Navarre, sœur du roi Charles II de Navarre.

Le , il rendit hommage à son cousin, le vicomte Alain IX de Rohan, pour Guéméné. En , il participa au sacre du duc François Ier de Bretagne à Rennes. En 1449, suite à la prise de Fougères par les Anglais, il fut envoyé comme émissaire auprès du roi de France Charles VII et ratifia le traité d'alliance offensive et défensive entre la Bretagne et la France, conclu le de la même année à Rennes contre l'Angleterre. En 1450, il participa au sacre du duc Pierre II et en 1457 à celui d' Arthur III.

Il mourut le , empoisonné par sa femme, après avoir rédigé son testament, dans lequel il avait désigné Jean II, sire du Pont et de Rostrenen, comme tuteur de ses enfants, les soustrayant ainsi à son épouse. Marie de Montauban parvint à échapper à la justice bretonne.

Il épousa le Marie de Montauban, fille unique de l’Amiral de Montauban, collaborateur et ami de Louis XI, et petite-fille de Bonne Visconti, proche parente d'Isabeau de Bavière. Il eut trois enfants d'elle :

À sa mort, le testament de Louis de Rohan prive Marie de Montauban de la tutelle de ses enfants en raison de son indignité. Elle réussit toutefois à échapper à la justice bretonne et à se remarier en 1464 avec Georges II de la Trémoille, seigneur de Craon. Celui-ci informé de ses méfaits s'en séparera en 1471 sans avoir eu d'enfant.

Marie de Montauban

Marie de Montauban

Marie de Montauban, morte en 1477 en réclusion, fille de Jean de Montauban, amiral de France de 1461 à 1466, issue de la maison de Montauban, est la mère de Pierre de Rohan-Gié.

Mariée avec Louis de Rohan-Guéméné, elle l'empoisonne treize ans plus tard. Elle se remarie en 1464 avec Georges II de la Trémoille, mais celui-ci, ayant découvert son inconduite et ses agissements criminels, la fait condamner par le roi de France Louis XI en 1471.

Elle épouse Louis Ier de Rohan-Guéméné le . Ils ont trois enfants, puis elle l'empoisonne en 1457[1]. Elle est privée de la tutelle de ses enfants par le testament laissé par Louis de Rohan. Elle réussit cependant à échapper à la justice ducale.

Mariage avec Georges II de La Trémoille (1464-1471)

Elle se remarie en 1464 avec Georges II de La Trémoille, seigneur de Craon. Informé de ses méfaits, il se sépare d'elle en 1471, sans qu'ils aient eu d'enfant.

Le roi Louis XI autorise par lettres patentesle sire de Craon à « tenir sa femme close et emmurée » « en raison de ses multiples forfaits, adultères et à la suite de la tentative d'empoisonnement à l'encontre de son mari ourdie avec son amant Ambroys Roichelle à qui elle avait promis de se marier ». Ce dernier, après des aveux, est jugé et décapité à Tours. L'enfermement en « lieu sûr » avec interdiction de converser avec qui que ce soit, a pour but d'éviter tout nouveau délit et adultère et en particulier le risque de donner au sire de Craon un fils illégitime.

Marie de Montauban meurt dans son cachot le .

Elle eut trois enfants avec Louis de Rohan :

  • Louis II de Rohan-Guéméné (mort le ), qui épouse Louise de Rieux en 1463,

  • Pierre (1451-1513), futur maréchal de Gyé,

  • Hélène de Rohan-Guéméné (morte en 1507), qui épouse Pierre du Pont, baron de Pont-l'Abbé.

  • Si Louis II est nôtre ancêtre, sa sœur Hélène de Rohan Guéméné l'est aussi.

ENCORE UN AUTRE PERSONNAGE CHEZ LES MONTRELAIS...

 

                                                                      HUGUES  DE  MONTRELAIS

GENEALOGIE  LE GAC -  PECHEU :   LES  DESCENDANTS  DES  VISCONTI  DE  MILAN, NOS  COUSINAGES  AVEC  FRANCOIS 1er, EDOUARD VIII  D'ANGLETTERRE,  CHARLES QUINT  ET  MADAME  DE  MONTESPAN.
GENEALOGIE  LE GAC -  PECHEU :   LES  DESCENDANTS  DES  VISCONTI  DE  MILAN, NOS  COUSINAGES  AVEC  FRANCOIS 1er, EDOUARD VIII  D'ANGLETTERRE,  CHARLES QUINT  ET  MADAME  DE  MONTESPAN.
GENEALOGIE  LE GAC -  PECHEU :   LES  DESCENDANTS  DES  VISCONTI  DE  MILAN, NOS  COUSINAGES  AVEC  FRANCOIS 1er, EDOUARD VIII  D'ANGLETTERRE,  CHARLES QUINT  ET  MADAME  DE  MONTESPAN.
GENEALOGIE  LE GAC -  PECHEU :   LES  DESCENDANTS  DES  VISCONTI  DE  MILAN, NOS  COUSINAGES  AVEC  FRANCOIS 1er, EDOUARD VIII  D'ANGLETTERRE,  CHARLES QUINT  ET  MADAME  DE  MONTESPAN.

Hugues de Montrelais, le Jeune (ou Montelais), dit le « cardinal de Bretagne », est un cardinal français né vers 1315 à Montrelais en Bretagne et mort le à Avignon.

Biographie

Hugues de Montrelais est le fils aîné de Renaud de Montrelais, seigneur de Château-Thébaud, et de Marie d'Ancenis. Il a un frère cadet Jean de Montrelais qui fut également évêque de Vannes jusqu'en 1382 puis de Nantes jusqu'à sa mort le , eurent un frère utérin, également religieux : Bonabes II de Rochefort (†.1397), futur évêque de Nantes .

Hugues de Montrelais est chantre, archidiacre de la Mée et doyen du chapitre de Nantes, prévôt de l'abbaye Saint-Martin de Vertou au diocèse de Nantes et prieur de Marsay ou Marçay en Poitou. Il est nommé en 1354 évêque de Tréguier et il reçoit Charles de Blois, libéré dans sa cité épiscopale avant d'être transféré au diocèse de Saint-Brieuc en 1357. Il est désigné en 1354 comme évêque de Nantes sans être confirmé et il doit s'effacer devant Robert Paynel. En 1363, il nomme Pierre de Boisboissel, capitaine du fort de Saint-Brieuc.

Montrelais est chancelier de Bretagne de 1366 à 1369. Partisan de Charles de Blois, il est détesté par le duc Jean IV. Il est créé cardinal par le pape Grégoire XI lors du consistoire du . Le cardinal de Montrelais participe aux deux conclaves de 1378, lors desquels sont élus Urbain VI et l'antipape Clément VII ; il rejoint l'obédience d'Avignon de l'antipape. Il est déposé par le pape Urbain VI quelques jours avant sa mort en 1384.

Ce Pierre de BOISBOISSEL n'est pas un inconnu pour nous puisqu'il figure en bonne place dans notre généalogie..

Pierre de Boisboissel né vers 1320 à Saint-Brieuc et mort le à la bataille d'Auray est un noble breton.

Chevalier banneret, seigneur de Boisboissel, prévôt féodé de l'évêque de Saint-Brieuc, il est une personnalité de la première partie de la guerre de Cent Ans et de celle de la Succession de Bretagne.

L'origine de son nom vient du bois de Boissel situé dans la partie nord de la ville de Saint-Brieuc. Ce nom était celui de la seigneurie du fief Boisboissel, qui s'étendait du bois Boissel dans sa totalité jusqu'au cœur de la ville qu'elle coupait en deux. Elle englobait les paroisses de Saint Michel de Saint Brieuc, de Plérin, de Trégueux, de Ploufragan, ainsi qu'en la possession de temps immémorial de prééminences en l'église paroissiale de Trégomeur.

La famille de Boisboissel avait à l'origine une charge de prévôté d'où elle tira son nom originel : Le Prévost. Ce nom primitif fut par la suite remplacé par celui de la seigneurie qu'elle possédait. De Le Prévost, on passa à Le Prévost, seigneur du Boisboissel, et enfin à du ou de Boisboissel au début XIVe siècle. Les Boisboissel étaient quant à eux fortement liés aux Penthièvre (et féodés), se rangeant du côté Blois. L'évêque Yves de Boisboissel (1280-1348) avait été accompagné jusqu'à Rome par Guy de Penthièvre, frère du duc de Bretagne Jean III et père de Jeanne de Penthièvre, pour porter la cause de canonisation de saint Yves.

Pierre de Boisboissel est le fils de Chenin II de Boisboissel. Il voit le jour à Saint-Brieuc, probablement dans le manoir paternel. Il a un frère religieux, Chenin III de Boisboissel, et une sœur qui épousa N. de Mutelien du Rouvre, héritier de la seigneurie de Boisboissel à la mort de Pierre.

Pierre de Boisboissel est le plus illustre représentant de la famille. Il a laissé la trace d'un haut et puissant seigneur, mort au combat pour la cause du bienheureux Charles de Blois, après avoir légué des reliques de la Vraie Croix, du Saint Sang et de la Sainte Couronne à l'évêché de Saint-Brieuc.

Il participe aux côtés de son père qui y trouva la mort à la bataille de la Roche-Derrien le . Le combat aurait opposé 3 000 hommes de Charles de Blois à 2 000 Anglais et Bretons. Le parti de Charles de Blois compte 700 morts dont des représentants des plus grandes familles de l'aristocratie bretonne : Geoffroy IX de Châteaubriant, Payen IV de Malestroit, Guy X de Laval, Rohan, Guillaume Ier de Rougé, seigneur de Derval, son fils Jean Ier de Rougé, et le petit-fils Jean [II] de Rougé, Guillaume III de Rochefort, Raoul VII de Montfort, Geoffroi II Botherel de Quintin, Jean de Machecoul de Vieillevigne du ramage de Retz, Guillaume III de Rieux, Jean de Lohéac, Pierre V de Rostrenen, Boisboissel… Charles de Blois restera prisonnier des Anglais jusqu'en 1356. Pendant cette longue lutte, dans laquelle le roi de France soutient Blois, tandis que l'Angleterre appuie son rival, on voit briller plusieurs guerriers célèbres comme Bonabes IV de Rougé, Gautier de Mauni, Jean III de Beaumanoir, Olivier V de Clisson, Bertrand Du Guesclin, Guillaume Boitel, John Chandos, et Pierre de Boisboissel.

En 1349, la peste noire atteint la Bretagne. Boisboissel y échappe et commence à se signaler par sa bravoure dans les guerres que se livrent Charles de Blois et les comtes de Montfort, Jean II et son fils Jean III, pour l'héritage du duché de Bretagne. Soutenant Charles de Blois, époux de Jeanne de Penthièvre (vers 1324-1384), prétendante à la couronne ducale, c'est en guerroyant avec son ami Bertrand du Guesclin (vers 1320-1380), compagnon d'armes de son père et d'autres seigneurs bretons et ce pendant plusieurs années dans la forêt de Paimpont et ses alentours qu'ils deviennent ceux que les Anglais vont craindre. Il était l'ami de Bertrand du Guesclin qui avait toujours avec lui une troupe de braves formant une espèce de compagnie comptant jusqu'à 52 gentils-hommes

Lorsque les deux hommes ne guerroyaient pas, Boisboissel invitait son ami en son manoir de Qui-Qu'en-Grogne qui reçut sa visite à plusieurs reprises.

Ayant été choisi pour voir Charles de Blois exilé en Angleterre, il fut désigné par lui au roi Edouard III d'Angleterre pour jouter à la célèbre passe d'armes des Dix en 1351.

Le , une ordonnance de Jean II le Bon (1319-1364), qui règne depuis le , augmente les soldes contre l'institution de revues (la montre) contrôlant les troupes. Chaque combattant doit faire partie d’une compagnie sous l’ordre d’un capitaine, le , la compagnie de Jean Ier de Rohan (1324-1396) est passée en revue par le roi Jean II le Bon, dans laquelle se trouve le chevalier Pierre de Boisboissel, qui reçoit 60 livres de gages par le roi.

En 1353, va renaître un différend familial entre Pierre de Boisboissel et Henri de Plédran, capitaines briochins tous les deux pourtant du parti de Blois. Leurs ancêtres, à la suite d'injures respectifs en 1311, se provoquent en duel. Il fallut l'intervention de Charles IV le Bel pour éviter le pire. La raison en était que Guy de Montfort (mort en 1357), évêque de Saint-Brieuc, nomma Henry de Plédran capitaine de la tour et manoir et forteresse de Saint-Brieuc. Vexé par cette nomination qui allait à contre-sens des fonctions traditionnelles familiales, Pierre de Boisboissel et ses partisans se rendirent maîtres des lieux. Plédran contre-attaqua et, pendant le combat, le feu prit à la tour ainsi qu'à l'église et au manoir épiscopal, Henry de Plédran pilla les biens des chanoines et maltraita les habitants, selon l'abbé Ruffelet, et il fut excommunié. Charles de Blois, dont les deux chevaliers tenaient le parti, vint régler le différend par une injonction écrite le .

En 1354, avec ses amis et du Guesclin à leur tête, ils reprennent le château de Grand-Fougeray aux Anglais par une ruse de guerre selon les chroniques médiévales de l'époque : alors que la garnison attend une livraison de bois, il se présente avec 30 de ses hommes devant le pont-levis déguisés en bûcherons, leurs armes cachées dans des fagots de bois portés par des paysannes — dont là encore certains de ses compagnons déguisés — fermant la marche. Une fois introduits dans la place, ils s'en emparent facilement.

En 1357, en participant à la défense de Rennes assiégée par Henry de Grosmont, duc de Lancastre, du Guesclin ayant gagné le respect de la noblesse à la pointe de son épée, capitaine de Pontorson et du mont Saint-Michel sur recommandation de Pierre de Villiers, il vient avec ses hommes faire lever le siège de Rennes.

En 1361, alerté par Guillaume de Craon, seigneur de Sablé, qu'une troupe anglaise dirigée par Hugues de Calveley se dirige vers Juigné-sur-Sarthe en , ce dernier se propose de se joindre à lui pour les attaquer. Du Guesclin se retrouve isolé et est fait prisonnier. Il retrouve sa liberté après le paiement d'une rançon de 30 000 écus.

En 1363, Pierre de Boisboissel entre au Conseil de Charles de Blois. Le roi Jean II le Bon meurt le . Hugues de Montrelais, évêque de Saint-Brieuc de 1357 à 1375, nomme Pierre de Boisboissel, capitaine du fort de Saint-Brieuc

En , en remportant la bataille de Cocherel contre l'armée de Charles II de Navarre, Bertrand du Guesclin et ses compagnons prennent ensuite ValognesGuillaume Boitel, qui commande l'avant-garde, joue le rôle déterminant. Après ces victoires, ils volent de nouveau au secours de Charles de Blois en Bretagne. Mais à la bataille d'Auray en , malgré tous ses efforts son parti est battu : Bertrand du Guesclin est fait prisonnier par John Chandos, chef de l'armée anglaise. Sa rançon est de 100 000 livres. Le roi de France paie 40 000 livres, Guy XII de Laval répond du reste, mais son fidèle ami Pierre de Boisboissel est tué dans la bataille.

NOTE :  Un autre personnage de notre généalogie est cité ici, il s'agit de Henri IV de Plédran. Voir, sur ce même blog, l'article du 01 septembre 2023 : Henri IV de Plédran et la cathédrale de St Brieuc.

Sources :

Dimitri Bourget

infoBretagne.com

Wikipédia

Merci !

Partager cet article
Repost0

commentaires

M
Bonjour, <br /> Je viens de faire un très beau voyage dans vos pages "Bretagne" (la région qui m'intéresse actuellement... )<br /> Bravo pour tout !
Répondre