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22 août 2026 6 22 /08 /août /2026 09:54

C'est en fait le tout début, le point de départ de l'HISTOIRE des BLOUIN de PLELO. Le 1er épisode donc de cette épopée des BLOUIN venus de Basse Normandie dont je vous ai conté  le 2ème épisode en juin 2020.

Tout débute avec  ARLETTE DE FALAISE.

GENEALOGIE :  LES BLOUIN DE PLELO... C'EST A FALAISE QUE TOUT COMMENCE !

Arlette de Falaise (ou Herleva, Erlève, Herlève, Herlotte, Herlotte ), née vers 1010 et morte vers 1050, est la concubine du duc de Normandie Robert le Magnifique. Elle est la mère de Guillaume de Normandie puis, après son mariage avec Herluin de Conteville, de deux autres fils : Odon de Bayeux et Robert de Mortain.

GENEALOGIE :  LES BLOUIN DE PLELO... C'EST A FALAISE QUE TOUT COMMENCE !
L'évêque Odon. Guillaume. Robert

L'évêque Odon. Guillaume. Robert

Tapisserie de Bayeux :

Scène 44 - Le duc Guillaume et ses deux demi-frères : à sa droite, l'évêque Odon de Bayeux et à sa gauche, le comte Robert de Mortain. Légende en latin : ODO EP[ISCOPU]S WILLELM ROTBERT (L'évêque Odon, Guillaume, Robert)

Personnage peu connu (aucun texte contemporain ne l'évoque), Arlette de Falaise ne figure pas dans les biographies de Guillaume le Conquérant écrites par Guillaume de Jumièges ou Guillaume de Poitiers. Son nom apparaît pour la première fois dans une charte de l'année , soit bien après sa mort.

D'après Orderic Vital, son père s'appelait Fulbert de Waipré, et habitait Falaise. Le métier de cet homme est assez obscur. Ce chroniqueur affirme que les parents d'Arlette étaient « pollinctores », un terme habituellement traduit par « pelletiers », c'est-à-dire qui vendent des peaux et des fourrures. Le trouvère normand Wace fait de Fulbert un parmentier, nom de métier qui signifiait mot-à-mot « qui fait les parements », c'est-à-dire initialement « celui qui fabrique des pièces d'étoffes décoratives », d'où le sens dérivé de « tailleur ». En le désignant comme peletier, Benoît de Saint-Maure va dans le même sens qu'Orderic Vital, mais le nomme Robert et lui ajoute l'activité de brasseur. À l'encontre de cette tradition historiographique normande, l'historienne britannique Elisabeth van Houts traduit pollictor par « préparateur mortuaire » ou « embaumeur ». Quoi qu'il en soit, l'origine d'Arlette est modeste et infamante pour son fils Guillaume, même si Robert le Magnifique éleva ensuite Fulbert à la fonction de chambrier ducal.

Une légende locale relate qu'elle serait née à Huy, petite ville de la province de Liège, en Belgique, fille de Fulbert, tanneur de Florennes et de Doda, princesse écossaise.

Beaucoup de textes, largement postérieurs à la vie des protagonistes, racontent, avec romantisme, la rencontre entre le duc Robert le Magnifique et Arlette. Une légende relate notamment que le jeune duc Robert, de retour d'une chasse à cheval, vit Arlette laver son linge dans la rivière au lieu-dit : « La Fontaine d'Arlette », au pied du château de Falaise. Il ne résista pas à sa séduction et la prit pour concubine.

Une variante raconte qu'Arlette chantait et dansait dans les champs avec d'autres jeunes filles, quand le futur duc la remarqua de sa fenêtre. Quoi qu'il en soit, elle lui donna une fille, Adélaïde, née vers 1026, et un fils, Guillaume, né vers 1027.

Arlette de Falaise fut mariée ensuite à Herluin de Conteville, un modeste seigneur du sud de l'estuaire de la Seine. La date de leur mariage reste discutée. Deux hypothèses s'opposent sur ce point. Selon la première, le duc, s'étant désintéressé de sa maîtresse, la donna à marier à Herluin, leur mariage et la naissance de leurs deux fils ayant lieu entre 1029 et 1032. La seconde théorie s'appuie sur le récit de Guillaume de Jumièges : « Mais après que le duc pèlerin de Jérusalem fut mort, un certain Herluin, brave chevalier, prit Herlève pour femme, et en eut deux fils, Eudes et Robert, qui dans la suite parvinrent à une grande illustration ».

Trois enfants (ou quatre voire cinq selon D. Bates) sont nés de cette union : Odon de Bayeux, Robert de Mortain, et Muriel. Odon et Robert deviennent tous deux des piliers du régime de Guillaume, devenu duc de Normandie, puis roi d'Angleterre en 1066. Muriel épouse Eudes au Chapel (ancien normand al Capel « au chapeau »), vicomte du Cotentin, que Wace liste parmi les conseillers du duc en 1066. Adélaïde, une demi-sœur de Guillaume, est peut-être la fille issue d'une autre maîtresse de Robert de Normandie, mais elle est plus probablement la fille d'Arlette. Pour l'historien britannique David Bates, elle est la fille d'Arlette et Herluin. Pour l'historien français Pierre Bauduin, Adélaïde est la fille du duc Robert et d'une maîtresse inconnue qui n'est pas Arlette.

En 1035, le duc Robert le Magnifique meurt. Bien que Guillaume fût de naissance illégitime, il hérita donc du titre de son père, et Gilbert de Brionne devint son tuteur. Plusieurs barons normands, qui n'acceptaient pas ce bâtard comme duc, tentèrent d'assassiner Guillaume en 1046, ils échouèrent.

Lorsque Guillaume le Conquérant, devenu duc de Normandie, décida d'envahir l'Angleterre en 1066, il demanda à ses demi-frères Odon de Bayeux et Robert de Mortain de se joindre à lui.

La position privilégiée d'Arlette de Falaise profita aux membres de sa famille. Son père entra certainement au service du duc grâce à elle. Deux de ses frères sont connus, Gaultier et Osbern. Gautier aurait été l'un des gardes du corps de son neveu, le duc Guillaume le Bâtard, durant les troubles de son enfance. Orderic Vital relate qu'une nuit Gautier dut lui sauver la vie en se réfugiant dans la « retraite [...] du pauvre ». L'une des filles de Gautier, Mathilde, épousa Raoul II Tesson, dont la famille était éminente en moyenne Normandie.

Arlette de Falaise décède aux environs de 1050. D'après le chroniqueur Robert de Torigny, elle est inhumée à l'abbaye de Grestain. Pour l'historien britannique David C. Douglas, il est très improbable qu'elle soit enterrée là, car elle n'est pas mentionnée comme bienfaitrice de l'abbaye à sa création, et cette création date certainement d'après sa mort.

LA DESCENDANCE D'ARLETTE ET D"HERLUIN DE CONTEVILLE :

 

                  ODON  DE  BAYEUX   ET    ROBERT DE MORTAIN

Odon de Conteville dit Odon de Bayeux ou Odo et parfois Eudes, né vers 1030 ou après 1035, et mort le  à Palerme, est un noble normand qui, grâce à sa parenté avec Guillaume le Conquérant, dont il est le frère utérin, devient évêque de Bayeux (1050-1097) puis l’un des hommes les plus riches et puissants de l’Angleterre nouvellement conquise. Agissant comme régent d’Angleterre à plusieurs reprises durant les absences du roi, il est aussi comte de Kent (1067-1082, 1087-1088).

Personnage fameux pour son ambition, son implacabilité et son énergie, mais à la réputation contrastée, il tombe soudainement en disgrâce et est emprisonné pendant cinq ans, de 1082 à 1087. Il est très probablement le commanditaire de la tapisserie de Bayeux, l'œuvre brodée qui dépeint la conquête normande de l'Angleterre.

GENEALOGIE :  LES BLOUIN DE PLELO... C'EST A FALAISE QUE TOUT COMMENCE !

Odon est le fils de Herluin (v. 1001-v. 1066), vicomte de Conteville, et d’Arlette de Falaise (v. 1010-v. 1050). Il est probablement le fils aîné, bien qu'il soit impossible de le savoir avec certitude. Sa mère, ancienne « frilla » (ou épouse à la manière danoise) du duc de Normandie Robert le Magnifique (v. 1010-1035) est la mère de Guillaume le Bâtard (v. 1027-1087), dit plus tard le Conquérant. Son frère cadet est Robert de Mortain († 1090). Sa date de naissance n'est pas connue, mais les historiens s'accordent aujourd'hui à penser que ses parents se seraient mariés vers 1030, peu de temps après la naissance de Guillaume le Conquérant, et qu'Odon serait né quelque temps après.

Il reçoit l’évêché de Bayeux entre et fin . Guillaume de Poitiers reconnaît qu’il est bien en dessous de l’âge canonique de trente ans à la date de cette nomination. Suivant les hypothèses faites sur sa date de naissance, il est donc au mieux âgé de dix-neuf ans, au pire de 14. Comme aucun chroniqueur contemporain ne rapporte que sa nomination à la tête de l'évêché a provoqué un scandale, il est donc assez probable qu'il a alors dix-neuf ans, et qu'il a dû recevoir une éducation religieuse importante. À cause des troubles en Normandie durant toute la minorité du duc Guillaume II, il est très probable qu’il est soustrait à la garde de ses parents et envoyé étudier ailleurs. Ce n'est qu'en 1051 qu'Odon est fait diacre à Fécamp par son parent Hugues d'Eu, évêque de Lisieux et n'aurait donc été pendant quelques années qu'un évêque laïc.

Sa nomination, ainsi que celle de son frère Robert au comté de Mortain quelques années plus tard, est due à la volonté du duc Guillaume de placer des hommes de confiance aux postes clés du duché. En effet, la minorité du duc qui hérite de la Normandie à l'âge de huit ans, en 1035, a été très agitée. Il a échappé à de multiples tentatives d'assassinat, et son duché a été le théâtre d'une situation anarchique, de nombreux barons refusant un duc bâtard. Finalement, en 1047, le duc a conclu cette période par une victoire sur les rebelles à Val-ès-Dunes. Il décide alors de consolider son autorité sur la Basse-Normandie, notamment en mettant la main sur le très important et lucratif évêché bayeusain qu'il confie à Odon.

La réorganisation du diocèse avait commencé sous son prédécesseur, le puissant Hugues II de Bayeux. Grâce à lui, le patrimoine épiscopal, usurpé lors de la colonisation scandinave, avait été récupéré, et la construction d’une nouvelle cathédrale avait débuté. Cette dernière sera achevée par Odon. Les dates extrêmes de sa construction sont selon Jean Vallery-Radot comprises entre 1040 et 1080. Alors qu'Orderic Vital donne le crédit entier de sa construction à Odon, il est contredit par Robert de Torigny. Elle est consacrée par l'archevêque de Rouen, Jean d'Ivry le .

À la mort du roi d'Angleterre Édouard le Confesseur sans héritier en 1066, Guillaume le Bâtard entend bien faire valoir sa revendication au trône d'Angleterre, mais Harold Godwinson se fait élire roi. Édouard le Confesseur l'ayant, selon lui, désigné héritier au début des années 1050, Guillaume s'estime floué et envisage une invasion. Odon participe au concile de Lillebonne durant lequel les barons du duché sont consultés sur le projet d’invasion de l’Angleterre. Lors de ce concile, il promet de contribuer pour 100 navires à la flotte qui débarquera outre-Manche. Il accompagne son demi-frère Guillaume dans sa conquête de l'Angleterre en 1066.

GENEALOGIE :  LES BLOUIN DE PLELO... C'EST A FALAISE QUE TOUT COMMENCE !

En mars 1066, se tient un conseil de famille dans le château de Lillebonne au cours duquel le duc Guillaume décide avec Odon et Robert de Mortain de la construction d'une flotte.

La tapisserie de Bayeux, l'œuvre qui dépeint la conquête normande de l'Angleterre, le montre comme un personnage important de l'invasion, à la fois soldat et conseiller. Il est représenté en haubert lors de la bataille d'Hastings, ce qui a conduit certains historiens (dont Edward Augustus Freeman) à supposer qu’il avait pris part à la célèbre bataille, troquant une épée contre une masse pour ne pas faire couler le sang, et ainsi ne pas aller contre les lois canoniques.

Toutefois, le commentaire en latin de ce panneau de la tapisserie, Hic Odo Eps. Baculum Tenens Confortat Pueros Voici l'évêque Odon, tenant un baculus, encourageant les jeunes hommes ») suggère plutôt qu’il commande et encourage les troupes depuis l’arrière. Le bâton (baculus) qu’il tient à la main est similaire à celui que le duc Guillaume tient dans trois autres panneaux en signe d’autorité et de commandement. Wace, écrivant à la fin du XIIe siècle, interprète la scène de cette façon. Toutefois, Guillaume de Poitiers relate qu'Odon et Geoffroy de Montbray, l’évêque de Coutances, n’étaient là que pour aider par leurs prières, et qu’ils ne portaient pas d’armes. Ce commentaire de l'historien est bien plus fiable et suggère que l’implication d’Odon dans la bataille est sûrement exagérée par la tapisserie puis par Wace, deux sources étroitement liées à Bayeux

Il est fait comte de Kent probablement dès le début de l’année 1067, quand il est nommé responsable de Douvres et de son château. Il remplace Léofwine Godwinson à ce poste, et dans la plupart de ses possessions. Néanmoins, les plus anciennes chartes qui nous sont parvenues et où il apparaît en tant que comte de Kent ne datent que de 1072. Son titre de comte et ses responsabilités de corégence avec Guillaume Fitz Osbern, obtenus dès 1067, indiquent que le Conquérant entendait bien voir son demi-frère prendre une part importante dans le gouvernement du royaume.

Il obtient de vastes terres à travers toute l’Angleterre qui, d'après le Domesday Book en 1086, rapportent plus de 3 240 £ par an Il est donc le plus riche des seigneurs (tenants-in-chief, « seigneurs concédants ») du royaume, les seuls approchant sa richesse étant son frère Robert et Roger II de Montgommery. Il possède 439 seigneuries (manors) dans 22 comtés.

Nombreux parmi les vassaux (tenants) d'Odon de Bayeux en Angleterre étaient originaires de la région de Bayeux. Ils n'appartenaient toutefois pas à la haute aristocratie de la région, mais étaient d'origine bien plus modeste. Les Bigot, les Lacy et les Port profitèrent notamment du patronage d'Odon pour fonder d'importantes familles baronniales

Odon, un bâton de commandement à la main encourageant les troupes depuis l’arrière.

Odon, un bâton de commandement à la main encourageant les troupes depuis l’arrière.

Odon de Bayeux est généralement identifié comme étant le commanditaire de la tapisserie de Bayeux. La supposition repose sur un faisceau d'indices concordants montrant que la contribution de la région de Bayeux est certainement exagérée par la tapisserie.

Tout d'abord, ne sont nommées sur l'œuvre, en dehors des grandes figures historiques (Harold Godwinson, Édouard le Confesseur, Guillaume le Conquérant, etc.) et de la mystérieuse Ælfgyva, que trois personnes, qui sont Wadard, Vital et Turold. Or, ceux-ci ne sont mentionnés dans aucune autre source contemporaine de la bataille de Hastings. Ceci laisse présumer qu'ils n'ont pas marqué l'événement de leur empreinte. Leur présence sur la tapisserie, soulignée par la distinction particulière d'y voir leurs noms brodés, n'est a priori pas explicable. Or, il apparaît que ces hommes sont tous des vassaux (tenants) de terres du Kent appartenant à Odon, et faisaient donc certainement partie des hommes qu'il avait amenés à la bataille.

Ensuite, la tapisserie met en scène Harold Godwinson jurant au duc Guillaume fidélité et assistance dans sa conquête du trône d'Angleterre, serment prêté sur de saintes reliques. Selon la tapisserie, ce serment se situe à Bayeux. Or, Orderic Vital place l'événement à Rouen, et Guillaume de Poitiers à Bonneville-sur-Touques. Une fois de plus, la tapisserie met donc en avant Bayeux, en contradiction avec les sources écrites contemporaines.

Enfin, le rôle d'Odon à Hastings est à peine mentionné dans les sources qui ne sont pas liées à Bayeux. Selon les historiens, Odon est le seul à posséder les moyens de financer une œuvre aussi considérable et qui mette autant en avant Bayeux. Ils sont donc fondés à croire que c'est lui qui a commandité la tapisserie de Bayeux, ce qui lui offrait dès lors l'occasion de mettre exagérément en avant la contribution de son évêché à la victoire de Hastings.

Odon est le troisième personnage en partant de la droite.

Odon est le troisième personnage en partant de la droite.

Les sources historiques n'indiquent pas qu'il ait joué un rôle quelconque durant l'achèvement de la conquête de l'Angleterre, de 1066 à 1071. La régence ou corégence du royaume d'Angleterre lui est régulièrement confiée lors de la présence en Normandie du Conquérant, notamment dès , quand le nouveau roi rentre en Normandie. En 1075, il mène une armée avec Geoffroy de Montbray, l'évêque de Coutances, pour barrer la route à Ralph de Gaël, le comte de Norfolk et Suffolk. Celui-ci, lors d'un épisode appelé plus tard la « révolte des comtes », voulait, avec son complice Roger de Breteuil, 2e comte d'Hereford, s'emparer du trône d'Angleterre. Les deux évêques le mettent en fuite. Orderic Vital précise que les rebelles capturés pendant la révolte ont le pied droit tranché afin de pouvoir être reconnus ultérieurement. Toutefois, lors de cet épisode, il semble que ce soit Lanfranc, l'archevêque de Cantorbéry, qui soit le coordinateur de la défense et de l'administration du royaume. Odon est souvent cité par les sources contemporaines comme étant le député régulier de son demi-frère en Angleterre, pourtant, il est souvent lui-même en Normandie. Pour D. Bates, la seule interprétation possible est que bien que Guillaume le Conquérant nomme des responsables du royaume pendant ses absences, Odon peut agir de son propre chef avec l'équivalent de l'autorité royale à tout moment.

À l'automne 1080, il mène une armée dans le nord du royaume qui dévaste la Northumbrie pour venger la mort de Guillaume Walcher, l'évêque de Durham, l'année précédente.

Odon est connu pour ses nombreux déplacements dans tout le royaume, au cours desquels, ostensiblement au nom du roi, il règle certains des très nombreux conflits de tenure de petites terres. Il ne dispose pourtant pas d'une réelle indépendance vis-à-vis du roi, et n’a aucun pouvoir particulier au contraire des comtes palatins de la frontière galloise. Il n'est pas non plus favorisé par son demi-frère. Ainsi, vers 1072, lors du procès de Penenden Heath (en), il voit ses revendications sur des terres du Kent usurpées sous la dynastie saxonne, rejetées par un agent royal, au profit du diocèse de Cantorbéry et de son ennemi, l'archevêque Lanfranc.

 

Ici, l'évêque Odon tenant un bâton encourage les jeunes gens

Ici, l'évêque Odon tenant un bâton encourage les jeunes gens

Fin 1082 ou début 1083, pour des raisons incertaines, le Conquérant décide de se débarrasser de lui. Il est arrêté et emprisonné sans explication à la Tour de Rouen, et ses possessions anglaises lui sont confisquées.

Vers 1108, le chroniqueur Guibert de Nogent écrit qu'Odon avait prévu de s'emparer du royaume anglais à la mort de son demi-frère.

Toutefois, le moine Orderic Vital relate que sur l’île de Wight, Odon rassemblait une armée dans le but d’organiser une expédition militaire à Rome. Il comptait profiter des difficultés du pape du moment, Grégoire VII, pour s’emparer du trône pontifical. L'hypothèse de ce complot contre le pape nous est parvenue par plusieurs sources différentes.

L'historien François Neveux se demande en quoi ce projet pouvait irriter le roi Guillaume. Il n'y a par ailleurs aucune mention de cette histoire dans les sources papales. Orderic Vital met ensuite dans la bouche du roi de véritables reproches : Odon est accusé d’avoir opprimé l’Angleterre, en multipliant les exactions et en dépouillant les pauvres. L'historien François Neveux s’étonne de cette explication, car ces griefs sont alors déjà anciens. De plus, selon David R. Bates, la faiblesse de cette explication est son improbabilité. Ainsi, Orderic Vital mentionne notamment dans son récit que Hugues d'Avranches, comte de Chester, est le principal soutien militaire d'Odon. Cette mention ne manque pas de surprendre, car Hugues d'Avranches, au contraire d'Odon de Bayeux, n'a pas été puni pour avoir soustrait des chevaliers au service militaire dû en Angleterre. Cette explication élaborée pourrait donc bien être vraie, mais pourrait tout aussi bien avoir été créée de toutes pièces, après coup, pour fournir une explication plausible à un événement incompréhensible.

Il passe les cinq dernières années du règne de son demi-frère en prison. Son frère Robert obtient difficilement sa libération sur le lit de mort du Conquérant, en 1087. Bien que rétabli par son neveu Guillaume le Roux dans ses possessions antérieures à la fin de l'année 1087, il est le chef religieux de la rébellion de 1088, qui a pour but de réunifier le duché de Normandie et le royaume d'Angleterre sous un gouvernement unique, celui de Robert Courteheuse.

Odon s’installe dans la ville fortifiée de Rochester dont il contrôle aussi le château. Étant à mi-chemin de Londres et Cantorbéry, cette position lui permet de menacer deux villes importantes. En , il débute des raids ravageurs contre les possessions archiépiscopales de Cantorbéry. Puis il rejoint son frère Robert à Pevensey, car il a appris que celui-ci aurait reçu des renforts du duc Robert Courteheuse.

Guillaume le Roux est informé qu'Odon a quitté Rochester, et, conscient que celui-ci est son principal adversaire, vient l’assiéger à Pevensey. Le château résiste six semaines avant de capituler. Odon se voit offrir alors la liberté à deux conditions : il doit négocier la reddition du château de Rochester dans lequel sont retranchés quelques barons normands et flamands, et il devra ensuite s’exiler d'Angleterre. Le roi Guillaume l’envoie, accompagné d’un détachement, en avant du gros des troupes, mais Odon et son escorte sont capturés par la garnison de Rochester, et la rébellion continue pour quelques semaines supplémentaires.

Après l'échec de la révolte, alors que le roi Guillaume décide d'accorder son pardon à la quasi-majorité des rebelles, Odon est banni d’Angleterre, et perd toutes ses terres anglaises.

Il passe les dernières années de sa vie dans son diocèse de Bayeux, probablement pour le remettre en état, car celui-ci avait souffert durant ses années d'emprisonnement. Il est aussi probable qu'il pousse son neveu Robert Courteheuse, fils aîné du Conquérant, à reprendre fermement en main son duché. Il l'accompagne dans le Maine en 1088 et 1094, et combat avec lui contre Guillaume le Roux en 1089 à Eu. Il assiste au Concile de Clermont qui décide de la première croisade, en 1095. Il part pour la Terre sainte en septembre de l'année suivante, accompagnant son neveu, le duc Robert Courteheuse. En Italie, il visite Rome et rencontre le pape Urbain II. Il meurt d'une maladie foudroyante en à Palerme (Sicile) sur le chemin de la Terre sainte, alors qu’il rend visite à Roger Ier, comte normand de Sicile. Il est inhumé dans la cathédrale de Palerme. Il léguera ses dernières possessions à Arnoul de Chocques, qui sera patriarche latin de Jérusalem de 1112 à 1118.

Le moine chroniqueur Orderic Vital le décrit comme une personnalité extraordinaire, un homme d'une ambition insatiable, ayant un appétit incontrôlable pour la luxure, l'archétype de l'implacabilité normande. Il noircit le portrait en le dépeignant comme « le plus grand oppresseur du peuple et le destructeur de monastères ». Pour Tyerman, Odon de Bayeux avait acquis, dès son époque, une mauvaise réputation d'homme brutal, cruel et vicieux. Le pouvoir ecclésiastique ne l’appréciait pas non plus, car il incarnait tout ce que détestaient les papes réformateurs : un laïc, non désigné par l’Église, exerçant un office séculier, détournant les ressources générées par son diocèse et assoiffé de pouvoir et de richesse. Comme chez ses contemporains Geoffroy de Montbray et Yves III de Bellême, la religiosité s’effaçait assez rapidement sous les traits du grand seigneur temporel.

Toutefois, il œuvre admirablement pour son diocèse, le réorganisant, et étendant le chapitre de sa cathédrale. Il finance la reconstruction de la cathédrale de Bayeux, qui est consacrée en 1077, et du palais épiscopal. Il accroît le temporel de son évêché en achetant de nombreuses terres pour sa cathédrale, et, à l’orée du XIIe siècle, l’effectif inféodé à l’évêché est trois fois plus important que celui de n’importe quel autre évêché normand. Aucun ecclésiastique normand n’a alors autant de chevaliers à sa disposition. Vers 1082, il fonde l'abbaye Saint-Vigor-le-Grand, non loin de Bayeux, pour qu'elle devienne son lieu de sépulture et celui des futurs évêques de Bayeux.

Odon patronne aussi de nombreux clercs qui se forment en partie dans l’école cathédrale. Certains occupent ensuite des postes très importants. Parmi eux figurent trois archevêques d’York : Thomas Ier (1070-1100), Thomas II (1109-1114), et Thurstan (1114-1140); Samson, évêque de Worcester (1096-1112); Guillaume de Saint-Calais, évêque de Durham (1080-97), probable superviseur et compilateur du Domesday Book, conseiller de Guillaume le Roux, Vital de Savigny, fondateur de l’ordre de Savigny et Guillaume de Rots, abbé de Fécamp. Ranulf Flambard, évêque de Durham et principal ministre du roi d'Angleterre Guillaume le Roux, en fait aussi partie. Il semble que ce soit également le cas pour Gilbert Maminot, évêque de Lisieux (1077-1101), Richard Ier, évêque de Bayeux (1107-1133), Audin de Bayeux, évêque d'Évreux (1113-1139), Gérard II d'Angoulême, évêque d'Angoulême (1101-1136) et archevêque de Bordeaux (1132-1133) ainsi qu'Arnoul de Chocques, patriarche de Jérusalem (1099, 1112-1118). Odon patronne aussi des poètes de son temps tels Marbode de Rennes, évêque de Rennes (1096-1123) et Hildebert de Lavardin, évêque du Mans (1097-1125) puis archevêque de Tours (1125-1133), ainsi qu'à des théologiens controversés comme le grammairien Roscelin de Compiègne. Selon l'hypothèse de R. H. C. Davis, soutenu par David Bates, il faut voir dans Odon le patron du chroniqueur Guillaume de Poitiers.

Orderic Vital résume ce portrait contrasté en écrivant que « les vices, en cet homme, étaient mêlés avec les vertus ».

Descendance

Il a un fils illégitime (issu de sa liaison avec Maud de Montgomery, l'épouse de son frère Robert), Jean de Bayeux († 1131) chapelain d'Henri Ier Beauclerc. D’après Orderic Vital, il vivait à la cour d’Henri Ier, où il était apprécié pour son éloquence et sa probité.

ROBERT  DE  MORTAIN  parfois dit Robert de Conteville (mort peut-être un ou  ou après 1095), est comte de Mortain, et un officieux comte de Cornouailles à partir de 1068. Il devient le troisième sujet le plus riche d'Angleterre après la conquête normande de l'Angleterre.

En 1066, il accompagne le duc Guillaume le Conquérant lors de la conquête de l'Angleterre. De tous les compagnons de Guillaume, c'est le comte Robert de Mortain, suzerain du seigneur de La Haye-du-Puits, qui reçoit en récompense le plus grand nombre de terres, près de 800 manoirs ou domaines.

Robert est le fils cadet de Herluin (v. 1001-v. 1066), vicomte de Conteville, et d’Arlette de Falaise (v. 1010-v. 1050). Sa mère, ancienne « frilla » (ou épouse à la manière danoise) du duc de Normandie Robert le Magnifique (v. 1010-1035) est la mère de Guillaume le Bâtard (plus tard le Conquérant) (v. 1027-1087). Son frère aîné est Odon, évêque de Bayeux et comte de Kent.

Il est souvent considéré qu'Odon est l'aîné, mais on ne connaît pas avec précision la date de leur naissance. J. R. Planché a proposé celle de 1031 pour Robert, mais sans preuves tangibles. Il est possible que Robert ne soit pas né avant 1040.

Robert de Mortain doit son ascension au duc de Normandie, Guillaume le Conquérant, son demi-frère. Après les années de trouble de son adolescence, celui-ci se constitue un réseau d'hommes de confiance dans le duché.

Vers 1049-1050 d'après Orderic Vital, ou peu après 1055 d'après des chartes qui nous sont parvenues, voire aux alentours de 1060 et peut-être pas avant 1063, le comte de Mortain Guillaume Guerlenc tombe en défaveur et est exilé. Il est assez probable qu'il soit déposé à la fin des années 1050, après les batailles de Mortemer (1054) et Varaville (1057). Robert de Mortain apparaît pour la première fois aux commandes du comté dans une charte datée de 1063dée. Orderic Vital raconte qu'il était impliqué dans un complot contre le duc et qu'il est banni et doit s'exiler. Le duc le remplace par son demi-frère.

Au milieu du XIe siècle, le comté de Mortain est une zone stratégique du duché puisque frontalier du duché de Bretagne, du comté du Maine et de la seigneurie de Bellême. Il est aussi proche des importants centres ecclésiastiques d'Avranches et de Coutances. Bellême est un territoire de loyauté douteuse, quasi indépendant, aux confins du Maine, du Blésois, et du domaine royal. Le duc a déjà arrangé le mariage de Roger II de Montgommery, un de ses hommes de confiance, avec Mabile de Bellême l'héritière de la seigneurie, afin de reprendre le contrôle de ce territoire. Avec le mariage de Robert à Mathilde de Montgommery, leur fille, il s'assure définitivement la loyauté de Bellême.

Par sa position, le comté est traversé par de nombreuses routes commerciales. Comme il produit peu de produits agricoles, Robert créé dix foires, ce qui permet son développement économique. Il renforce sa position par la construction de plusieurs châteaux à Mortain, Saint-Hilaire-du-Harcouët, Le Teilleul et Tinchebray, ces villes accueillent d'ailleurs des foires. En 1082, il conquiert le château de Gorron dans le Maine, ce qui lui procure une position avancée idéale contre Foulque IV d'Anjou dit le Réchin.

Vers 1066, il hérite de son père les terres familiales dont la majeure partie se trouve autour de Conteville. Il possède aussi plusieurs domaines dans le nord du Cotentin qui sont peut-être administrées depuis son château de La Haye-du-Puits. Avant la conquête de l'Angleterre, il n'atteste que très peu de chartes ducales. L'une de ses rares activités connues lors de cette période est d'avoir été juge ducal dans une affaire concernant l'abbaye Saint-Magloire de Léhon, aux côtés de l'archevêque de Rouen et des évêques de Lisieux et d'Évreux.

Il participe au concile de Lillebonne durant lequel les barons du duché sont consultés sur le projet d'invasion de l'Angleterre. Il y promet de contribuer pour 120 navires à la flotte qui débarquera outre-manche. Il accompagne son demi-frère Guillaume dans sa conquête de l'Angleterre.

Il fournit un soutien militaire efficace à la bataille de Hastings et durant la soumission du royaume qui s'ensuit (1066-1069). Il y a peu de doute sur le fait qu'il est l'un des leaders d'une partie de l'armée sur le champ de bataille. En 1069, il est chargé par le roi avec Robert d'Eu de surveiller les Danois dont la flotte mouille dans l'embouchure de l'Humber, pendant que celui-ci va réprimer la révolte initiée par Eadric le Sauvage dans l'ouest. Quand les Danois sortent de leur lieu de retraite pour piller le voisinage, les deux hommes et leur armée leur tombent dessus à l'improviste, dans le nord du Lindsey (en), et les écrasent, les forçant à s'enfuir par la mer.

Il est présent assez souvent en Angleterre durant les cinq premières années de Guillaume le Conquérant. Ses activités nationales sont toutefois assez limitées. Il est par exemple juge à la cour royale dans trois procès, notamment ceux concernant les terres d'Ely. Durant les années suivantes, il passe la majeure partie de son temps en Normandie. Il est possible qu'il soit justicier du royaume en 1071.

En 1081, il est mentionné par une chronique contemporaine comme étant l'un des otages, avec son fils, donné pour garantir un accord entre le Conquérant et le comte Foulque IV d'Anjou.

Peu après, Robert reçoit d'importants domaines en Angleterre. Guillaume lui donne des terres réparties dans tout le royaume dont la plupart des terres de Cornouailles, et le rape de Pevensey dont il occupe le château depuis la bataille d'Hastings. Il est possible qu'il n'ait reçu une grande partie de ses terres en Cornouailles et dans le Yorkshire qu'après 1075. Sa position dans le sud-ouest conduit à le considérer comme comte de Cornouailles, néanmoins, il n'y a pas de preuve qu'il ait reçu officiellement ce titre.

En 1086, à la compilation du Domesday Book, il a 797 manors répartis dans vingt comtés qui rapportent 2100£ par an. En Cornouailles, il détient aussi les châteaux de Launceston et Trematon, qu'il a reçu après le retour de Brian de Penthièvre en Bretagne après 1072. Ses domaines forment cinq groupes régionaux distincts en Angleterre. Il domine feudalement le sud-ouest où il a la majorité de ses terres : Cornouailles, Devon, Dorset, Somerset. Il administre ce territoire depuis les châteaux de Launceston et Montacute (Somerset). Il possède aussi le rape de Pevensey dans le Sussex, qui a une grande importance stratégique et économique. Dans les Home Counties, le roi lui a donné des domaines stratégiquement placés qui permettent de contrôler les routes d'accès à Londres, et qui sont administrés depuis Berkhamsted (Hertfordshire). Les deux derniers groupes territoriaux sont dans le Northamptonshire et le Yorkshire.

Robert est actif dans le duché de Bretagne après 1091. D'après Les chroniques de Vitré, un jour que Robert et ses hommes effectuent un raid sur le territoire de Fougères, de l'autre côté de la frontière normande, il est capturé par André Ier de Vitré et ses hommes tués ou pendus. Robert offre à son geôlier la main de sa fille aînée, mais pendant qu'il réfléchit à la proposition, le comte Guillaume IV de Toulouse l'obtient. Robert propose alors au seigneur de Vitré la main d'Agnès, sa fille cadette, avec une dot de six seigneuries dans les Cornouailles (Angleterre), et celui-ci accepte. Les deux barons se jurent alors mutuelle assistance et s'échangent vingt otages en garantie. Agnès reçoit d'André tout ce qu'il possède dans la ville de Rennes et le douaire de sa grand-mère Ynoguen de Fougères. Le mariage est corroboré par Robert de Torigni, et un André de Vitré tient bien la seigneurie du Triggshire dans les Cornouailles au début du XIIe siècle. Robert de Mortain a d'ailleurs inféodés une partie de terres en Angleterre et en Normandie à des Bretons de la région de Fougères, et a certainement d'importants intérêts dans cette région.

Plus tard, Henri Ier Beauclerc nomme comte de Mortain Robert de Vitré, fils d'André Ier, en remplacement de Guillaume de Mortain.

Il reste loyal à son demi-frère pendant tout son règne, au contraire de son frère Odon, évêque de Bayeux, qui est emprisonné à partir de 1082 pour s'être rebellé. Sur le lit de mort du roi en 1087, il obtient difficilement la libération de son frère. Il est probablement de ceux qui se sont faits avocats de Robert Courteheuse pour que celui-ci lui succède en Normandie.

Il accepte initialement Guillaume le Roux pour roi d'Angleterre, mais complote ensuite avec son frère pour installer son neveu Courteheuse sur le trône. Durant la rébellion de 1088, il tient son château de Pevensey pour les rebelles, et soutient un siège de six semaines par le roi en personne. Après sa soumission, il est pardonné comme la plupart des rebelles, et se retire en Normandie.

Robert est le personnage le plus effacé d'une famille de personnalités hautes en couleur, un « guerrier décent aux vertus banales ». Guillaume de Malmesbury le décrit méchamment comme « lent et stupide ». Pourtant il fait de Vital, qui deviendra plus tard le fondateur de l'ordre de Savigny, son chapelain, ce qui montre qu'il n'est pas étranger aux choses de l'esprit. La description de Guillaume de Malmesbury ne cadre pas avec la confiance que Guillaume le Conquérant avait en lui, même si elle pourrait expliquer pourquoi il n'est pas particulièrement impliqué dans les affaires du duché et du royaume. Il lui avait donné des domaines vastes et stratégiques, et, sur son lit de mort, lui avait confié la mission de faire distribuer son trésor à ses fils et à des maisons ecclésiastiques. La description est aussi contredite par sa gestion agressive de ses terres en Angleterre et en Normandie.

Il s'implique très peu dans la politique anglo-normande, et semble plus intéressé par ses domaines normands. Il passe d'ailleurs beaucoup de temps en Normandie et très peu en Angleterre, ce qui peut peut-être expliquer pourquoi en 1088 il donne sa préférence à Robert Courteheuse.

La tradition écrite de Grestain situe sa mort en 1090, mais Brian Golding affirme qu'il ne meurt pas avant 1095, peut-être un comme mentionné dans l'obituaire de l'église Saint-Évroult de Mortain. Il est inhumé à l'abbaye Notre-Dame de Grestain à Grestain (Normandie). Cette abbaye avait été fondée par son père en 1050, et Robert en a été le principal bienfaiteur, la dotant richement avec des bénéfices en Angleterre. À la mort de Mathilde vers 1083, il donne à l'abbaye les 32 hides de terres anglaises qu'elle avait reçues de son père, peut-être comme dot. Il est aussi le bienfaiteur de nombreuses maisons ecclésiastiques tant en Normandie qu'en Angleterre. À Mortain, sa première femme et lui établissent un prieuré bénédictin dédié à la Vierge Marie comme une dépendance de l'abbaye de Marmoutier, et fondent l'église collégiale Saint-Évroult dans le château de Mortain.

Avant 1058, Robert de Mortain épouse Mathilde (ou Maud) de Montgommery (après 1039-1085), fille de Roger II de Montgommery, seigneur de Montgommery, et plus tard 1er comte de Shrewsbury, et de Mabile de Bellême. Elle est inhumée à Grestain. Ils ont pour descendance connue :

En secondes noces, avant 1088, il épouse Almodis, très probablement liée aux comtes de la Marche, peut-être une fille du comte Pons de Toulouse. Ils ont un fils prénommé Robert qui meurt jeune.

Il a aussi une fille nommée Sybil qui est abbesse de Notre-Dame de Sainte

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