Marie Madeleine Agnès de Gontaut Biron, dite Mademoiselle de Biron est née en 1653. Elle était la fille de François de Gontaut (1629-1700), marquis de Biron, baron de Saint Blancard, lieutenant général des armées du roi et chevalier des ordres. Sa mère était Elisabeth de Cossé-Brissac (vers 1623-1679), fille de François de Cossé, duc de Brissac, grand panetier de France et de Guyonne de Ruellan.

Elle eut pour frère et sœurs :
- Louise de Gontaut Biron (née vers 1662-1739), dite Mlle de Gontaut devenue Marquise d’Urfé, fille d’honneur de la dauphine puis dame d’honneur de la princesse de Conti (voir ce personnage).
- Charles-Armand de Gontaut (1663-1756), marquis puis duc de Biron, premier écuyer du Régent, maréchal de France, gouverneur de Landau et chevalier des ordres. Il épousa en 1686 Marie Antoinette de Bautru (1665-1742) dont il eut plus de 15 enfants.
- Henriette-Marie de Gontaut, morte sans alliance et Louis de Gontaut, mort-jeune en 1662.

A la cour, elle fut nommée fille d’honneur de Madame la Dauphine probablement en 1679. Elle devint probablement la maitresse de Louis XIV entre 1680 et 1683.

Mme de Caylus dans ses mémoires en dresse un portrait :
« Mademoiselle de Biron n'étoit pas jeune : on disoit qu'elle avoit été belle , mais il n'y paroissoit plus. Ne pouvant donc faire usage d'une beauté passée, elle se tourna du côté de l'intrigue, à quoi son esprit étoit naturellement porté. Elle tira le secret de ses compagnes, se rendit nécessaire à Monseigneur, et obtint par là de la cour de quoi se marier. »

En juillet 1688, elle épousait Louis de Louet de Calvisson de Nogaret dit "Le Marquis de Nogaret", fils de Jean Louis II de Louet, marquis de Calvisson et de Anne-Madeleine de l'Isle de Marivaux, ce dernier fut connu à la cour de Louis XIV sous le nom de "Son impertinence". Militaire, il fut lieutenant général du Haut Languedoc, capitaine de cavalerie puis colonel d’infanterie.

Dans ses lettres, Madame de Sévigné, le 4 février 1689, rapporte une scène intervenu dans le parc de Versailles entre M. de Nogaret et M. de Louvois :
« M. de Louvois dit l’autre jour tout haut à M. de Nogaret:
– Monsieur, votre compagnie est en fort mauvais état.
– Monsieur, dit-il, je ne le savois pas.
– Il faut le savoir, dit M. de Louvois, l’avez-vous vue ?
– Non, Monsieur, dit Nogaret.
– Il faudrait l’avoir vue, Monsieur.
– Monsieur, j’y donnerai ordre.
– Il faudroit l’avoir donné. Il faut prendre un parti, Monsieur, ou se déclarer courtisan, ou s’acquitter de son devoir quand on est officier.
»

M. de Nogaret fut tué au combat de Fleurus le 01 juillet 1690. Le couple n'eut pas d'enfants.

En 1696, Mme de Nogaret est nommée dame du palais de la Duchesse de Bourgogne. Cette dernière qui l’apprécia beaucoup la surnomma « sa petite bonne et son puits ».(dixit Saint Simon). Elle fut, à la cour, l’une des dames très proche et conseillère de la dauphine de Bourgogne

En voici le portrait par M. de Saint Simon dans ses mémoires au moment de sa nomination :
« Mme de Nogaret, veuve d'un Cauvisson à qui le roi l'avait mariée lorsqu'il cassa la chambre des filles de Mme la Dauphine dont elle était, avec sa soeur Mme d'Urfé, dame d'honneur de Mme la princesse de Conti fille du roi, avait perdu son mari tué à Fleurus, qui n'était connu que sous le nom de son impertinence. Il avait assez mal vécu avec elle et l'avait laissée pauvre et sans enfants. […] C'était une femme de beaucoup d'esprit, de finesse et de délicatesse, sous un air simple et naturel, de la meilleure compagnie du monde, et qui, n'aimant rien, ne laissait pas d'avoir des amis. Elle n'avait ni feu, ni lieu, ni autre être que la cour, et presque point de subsistance. Laide, grosse, avec une physionomie qui réparait tout, d'anciennes raisons de commodité l'avaient fort bien mise avec Monseigneur qui aimait sa soeur et elle particulièrement; et tout cela ensemble la fit dame du palais. Elle n'était point méchante, et avait tout ce qu'il fallait pour l'être et pour se faire fort craindre. Mais, avec un très bon esprit, elle aima mieux se faire aimer. »

A la mort de cette princesse en 1711, elle se retira chez les filles du faubourg Saint Jacques à Paris où elle mourut le 14 aout 1724 à l’âge vénérable de 71 ans.