Voici encore des découvertes de "cousins" en généalogie !. Ces nouvelles découvertes sont, le plus souvent le fruit du hasard, vous découvrez un personnage avec une histoire et éventuellement vous allez chercher, en remontant dans sa généalogie, s'il y a un lien avec la vôtre, ce n'est guère plus compliqué que cela. Il est vrai que, si vous avez une généalogie qui remonte à loin, vous avez plus de facilités pour effectuer ce genre de recherches.
Les personnages que je vous fais découvrir aujourd'hui sont loin d'être très glorieux, mais ils sont là !. Ces personnages sont tous deux d'ascendance noble et originaires des Côtes du Nord .
GUY EDER DE BEAUMANOIR DE LA HAYE DIT LA FONTENELLE :
Il est le petit fils de nos aïeux Robert EDER et Mauricette de PENMARC'H.
Au fil de la biographie de Guy EDER, nous allons découvrir d'autres tristes personnages qui ont aussi un cousinage avec nôtre généalogie comme Jean de LA NOE, lieutenant de GUY EDER (par les BUDES)
Guy Éder de La Fontenelle, né Guy Éder de Beaumanoir de La Haye en 1572 ou 1573 et mort le à Paris, est un chef de guerre combattant du côté des Ligueurs pendant les guerres de la Ligue et un brigand célèbre dans la Bretagne de la fin du XVIe siècle, surnommé « Le Loup » (Ar Bleiz en breton).
Peut-être Guy Éder de La Fontenelle est-il né en 1573 dans l'ancienne paroisse de Bothoa, aujourd'hui en Saint-Nicolas-du-Pélem dans les Côtes-d'Armor, mais d'autres auteurs le font naître en 1572 au château de Langle en Guenrouët ou encore dans le manoir de Beaumanoir au Leslay, près de Quintin, toujours dans les Côtes-d'Armor où sa famille a longtemps résidé. Ses parents étaient Éder de Beaumanoir, issu d'une famille noble de la région de Quintin, et Perronnelle de Rosmar de Kerdaniel.
En 1587, il étudie au Collège de Boncourt (futur collège de Navarre) à Paris. Le chanoine Moreau le décrit alors comme montrant déjà « des indices de sa future vie dépravée, étant toujours aux mains avec ses compagnons de classe ». Suivi par un groupe de jeunes nobles, il a profité de l'affaiblissement de l'autorité royale pendant la guerre de la Ligue, faisant d'abord semblant d'épouser le parti catholique en allant trouver le duc du Maine, lieutenant général de France à Orléans. Âgé de 18 ans, il « réunit quelques domestiques (...) et d'autres jeunes », s'allie « à la populace qui était sous les armes pour le parti catholique » et entame ses rapines dans le Trégor, s'installant d'abord dans le château de Kersaliou en Pommerit-Jaudy, pillant châteaux, bourgs et villages.
En 1590, il ravage le Trégor et la Cornouaille et entre dans la légende par ses cruautés. Disposant d'une troupe de 400 cavaliers et 3 000 hommes, se livrant partout, avec son lieutenant Jean de la Noë, à des meurtres, des massacres et des pillages du côté de Tréguier (prenant par exemple le château de Coetnénénoy en Gommenec'h), Pontrieux, Lannion (en ), Callac, Morlaix, Châteauneuf-du-Faou, etc.
Ses exactions dans les montagnes Noires
En 1592, il écume la région des montagnes Noires à partir de son repaire en forêt de Laz.
Lors des guerres de la Ligue, il organise une bande de bandits autour de lui afin de piller les bourgades. À la tête de la bande, il fait prisonniers des habitants des villages rencontrés afin de demander en échange des rançons. « Ces crimes, ces perfidies jetèrent la terreur dans toute la contrée ; aussi devint-il plus hardi, il étendit le cercle de ses ravages, allant jusque dans les évêchés de Saint-Brieuc, Tréguier ». Un autre texte, daté de 1592, illustre ses exactions :
« La licence des gens de guerre en votre pays a été et est telle et si déréglée sur votre pauvre peuple, qu'ils n'ont omis, ni épargné aucune espèce de violences pour épuiser la subsistance, et ont exercé toutes les cruautés que la corde, le fer et le feu leur ont pu administrer pour rançonner le paysan laboureur et le marchand du plat pays innocent, et après les avoir misérablement tourmentés et gênés en leurs personnes pour extorquer leurs deniers; pillé, brûlé leurs maisons et meubles qu'ils ne pouvaient emporter, ont finalement pris le bétail, jusqu'aux porcs, et non contents de tant d'outrages ont violé femmes et filles, sans aucune distinction d'âge; encore ont contraint pour leurs pères à racheter leurs enfants pupilles, et les maris leurs femmes, et réduit votre peuple a une telle extrémité qu'il a été contraint d'abandonner maisons et familles, et cherche l'espoir et la sûreté aux forêts, entre les plus cruelles bêtes, néanmoins la rigueur de l'hiver, aimant mieux habiter avec les animaux sauvages et cherche leur vie que de languir et mourir prisonnier, entre les mains de gens de guerre, de tourments, de faim et d'ennui faute de moyen de se racheter; et se sont tellement dépouillés qu'ils ont dénié les corps morts en leur prison à la parentelle pour les inhumer, jusqu'à les racheter, faisant languir les vivants avec les corps des morts en leurs dites prisons, ce qui a tellement ruiné votre peuple, que les paroisses entières se voient désertes, les grosses bourgades abandonnées de tous leurs,habitants et ne se peut espérer aucun paiement de vos deniers, le soulagement de vos affaires et la nécessité au dit pays. »
Le , La Fontenelle entre par surprise dans une auberge réputée de Vannes, le Logis de la Tête Noire, où se tient une réunion importante des députés aux États de la Ligue. Le brigand s'adressa à l'un des convives, Jean Breut : « J'ai entendu que vous estes venu faire plainctes de moy en ces estatz, mais, par la mort de Dieu! Regardez bien ce que vous direz, car selon ce que vous direz, je vous coupperé le col ! ». Le duc de Mercœur, prévenu, fit arrêter le brigand, mais le libéra rapidement contre la promesse du bandit-chef de guerre de le soutenir lors du siège de Craon, ville alors assiégée par le prince de Dombes et les Anglais. La bataille de Craon est d'ailleurs une victoire pour le duc de Mercœur. Ensuite, il recommença ses exactions en forêt de Laz. « Installé dans ce pays, après mille courses, il en était devenu la terreur et le fléau ».
Gustave Flaubert écrit à son sujet : « Il tenait pour la Ligue parce qu'il y trouvait son profit ; car, au fond, il se souciait fort peu du Valois, du Bourbon, du Mercœur, des Espagnols et des Anglais ; pourvu qu'il pût tuer, voler, faire débauche et ripaille, le reste lui importait peu. Il chérissait les gourmades et se délectait des coups d'épée ».
En , à la demande de Philippe-Emmanuel de Lorraine, duc de Mercœur et chef de la Ligue en Bretagne, il s'empare du château de Coatfrec en Ploubezre près de Lannion, dont il devient le gouverneur pour le compte de la Ligue. En , La Fontenelle s'empare un temps du château du Guerrand en Plouégat, près de Lanmeur avant qu'un autre chef de guerre, Liscoët, ne s'y installe à son tour. Au printemps 1593, La Fontenelle est cerné dans le château de Coatfrec qu'il occupait depuis quelques mois et dont il avait fait le siège de ses pirateries habituelles. Après un siège en règle du château par les royalistes commandés par Kergomar, La Fontenelle dut se rendre, le château de Coatfrec fut pillé par Kergomar et démantelé ensuite. La Fontenelle eut la vie sauve, promettant de quitter la Bretagne, ce qu'il ne fit pas.
Dans la région de Carhaix et au château du Granec
Chassé de Coëtfrec, il se dirigea vers Carhaix et s'y installa quelque temps. La ville, dévastée par la guerre, était sous la coupe d'un autre ligueur et voleur illustre, Anne Sanzay de la Magnane, qui venait juste de la quitter, prenant le chemin de Châteauneuf. La Fontenelle installe sa garnison dans l'église Saint-Trémeur dont la haute tour carrée était pour lui un bon observatoire.
« À trois lieues vers l'occident, en la trêve de Collorec » se trouvait le Granec. Elle était ceinte d'un bon fossé « et de levées de terre par dedans, flanquée de quatre tourelles aux quatre coins de l'enclos ». Le château possédait même, toujours aux dires du chanoine Moreau, « une tour de pierre de dix étages [sic] », sur laquelle « il y avoit cinq ou six pièces de canons en fonte verte. » La place avait déjà les années précédentes été assiégée à plusieurs reprises par des « royaux » (royalistes) car le seigneur du lieu, Vincent de Cotanezre, seigneur de Pratmaria, appartenait à la Ligue.
En , une ruse permit au « brigand de Cornouaille », La Fontenelle, qui fit croire au seigneur du Granec que c'était le gouverneur de Morlaix qui lui envoyait des troupes pour l'épauler dans la défense de son château, de s'emparer sans combattre du château, faisant prisonnier le seigneur et ses hommes dans la grande tour. Mais quelques jours plus tard, en juillet 1593 semble-t-il, plus d'un millier de paysans de Plouyé et des paroisses avoisinantes (Landeleau, Loqueffret, Collorec, Plonévez-du-Faou, Huelgoat, etc.), profitant de l'absence du bandit parti guerroyer du côté de Morlaix, firent le siège pendant huit jours, mais La Fontenelle disposait de troupes mieux armées qui prirent les paysans par surprise, de nuit ; 800 paysans furent ainsi massacrés par les sbires de La Fontenelle aux abords du château du Granec. Ce fut un carnage affreux et La Fontenelle, toujours selon le chanoine Moreau, ne permit pas « que les parents des décédés vinssent quérir leurs corps et qu'ils reconnussent leurs morts et les faisait garder de nuit pour empêcher de leur rendre les derniers devoirs et, par ainsi, demeurèrent corrompre sur la face de la terre ». Le chanoine ajoute : « c'était une grande compassion de voir ces pauvres rustiques ainsi massacrés qui pourrirent et furent mangés par des chiens et la nuit des loups ; car si aucun des parents ne venait la nuit pour enlever un mort, il était tué sur le champ».
La Fontenelle renforça la défense du Granec établissant des plates-formes de terre en y mettant des troncs d'arbres de long et de travers, en faisant une place qui pouvait résister même au canon, continuant à écumer le Poher et une bonne partie de la Cornouaille. Sa troupe compte alors près d'un millier d'hommes, principalement issus du Trégor. Le manoir de Trefflec'h, qui appartenait à l'époque à la famille de Keramanach, dépendait de la seigneurie du Granec et fut détruit, en même temps que le château du Granec, en 1594, par le duc de Mercœur, chef de la Ligue et gouverneur de Bretagne, lassé des exactions de La Fontenelle, en représailles contre le brigand de Cornouaille, qui les possédait et écumait la région.
De Corlay à Douarnenez
Fin 1593, il s'empare de Corlay que Liscoët venait de quitter pour aller piller et incendier Châteauneuf-du-Faou, et s'installe un temps dans le château de Callac. Il sévit ensuite du côté de Carhaix, en compagnie de son émule, le capitaine-bandit Yves du Liscoët. Un terrifiant personnage qui, la main tranchée lors d'une bataille, « s'en fit placer une de fer, à ressorts, si habillement exécutée qu'il s'en servait comme d'une main naturelle pour manier l'épée ». Puis il s'empare de Châteaulin, de Douarnenez (), ensuite de Locronan (). « Il ne séjournait longtemps dans aucune de ses demeures […] ; avec les siens il courait les chemins et les villages ; […] partout il semait l'inquiétude et rançonnait les gens sur son passage, levant des deniers pour ses troupes, réquisitionnant bœufs, vaches, pourceaux, chapons, vin, froment, blé noir et le reste, vidant les écuries, les celliers et les coffres. Il effraya même l'importante ville de Quimper » qui lui envoie une députation pour le prier probablement de ne pas prolonger son séjour dans les parages.
L'enlèvement de Marie Le Chevoir
Louis-Guillaume Moreau raconte :
« Le sieur de Parcevaux, seigneur de Mézarnou [en Plounéventer], […] habitait un des plus beaux manoirs de l'évêché de Léon. […] L'entrée du manoir de Mézarnou était alors défendue par deux petits pavillons où logeaient les gardes du château. À peine La Fontenelle eut-il fait connaître à ceux-ci son nom que (...) monsieur de Mézarnou vint le recevoir avec beaucoup d'empressement. […] Le sieur de Mézarnou, après avoir fait entrer La Fontenelle dans la grande salle d'honneur située au rez-de-chaussée, fit conduire les gens de sa suite dans les cuisines et donna l'ordre de leur servir des rafraîchissements. La pièce […] était éclairée par de grandes croisées de pierres, garnies extérieurement de forts barreaux de fer entrecroisés comme les grilles d'une prison. Le feu pétillait dans l'immense cheminée de la salle du manoir. Une longue table de chêne qui, suivant l'usage du temps, occupait le milieu de l'appartement, était déjà recouverte d'une nappe de toile d'une grande finesse, sur laquelle resplendissaient de superbes pièces d'argenterie et une riche vaisselle attestant la richesse des propriétaires du lieu. »
Guy Éder de La Fontenelle, trompant la confiance de son hôte, enleva par surprise Marie Le Chevoir, riche héritière, en particulier du manoir de Coadelan dans la paroisse de Prat (dans les Côtes-d'Armor actuellement) et fille d'un premier mariage de Renée de Coëtlogon, seconde épouse d'Hervé de Parcevaux, alors âgée de 9 à 12 ans selon les sources, qu'il emmena peut-être dans un couvent d'Ursulines à Saint-Malo (le fait est contesté) avant de l'épouser quelque temps plus tard, malgré son jeune âge bien avant ses 14 ans (âgée de 11 ans probablement) dans l'île Tristan.
Une gwerz, dont plusieurs versions différentes existent d'ailleurs, dont certaines collectées par François-Marie Luzel, fait allusion à ces évènements. Toutefois, un document datant de 1619, prétend que ce sont Hervé de Parcevaux et Renée de Coëtlogon qui « baillèrent prodvitoirement et livrèrent ladicte Le Chevoir de leur propre auctorité à Messire Guy Eder, sieur de La Fontenelle pour la luy faire espouser sans advis de parents ni décret de justice ». Est-ce par contrainte ou par nécessité, on ne le saura jamais. De manière surprenante, Guy Éder de La Fontenelle réussit à se faire aimer de sa jeune épouse
NOTE GENEALOGIQUE :
Hervé de Percevaux épousa en 1ère noce : Jeanne du Parc
Renée de Coatlogon épousa en 1ère noce Lancelot Le Chevoir
d'où Marie Le Chevoir
En remontant la généalogie de Lancelot Le Chevoir, nous arrivons à un couple d'aïeux commun : Merrien Le Chevoir et Marie de Kersaliou d'où autre "cousinage"
Il s'installe en dans une île face à Douarnenez, l'actuelle île Tristan, dont il fit le quartier principal d'une garnison de 700 ou 800 hommes. Il oblige les habitants du lieu à démolir leurs maisons pour édifier des fortifications pour son repaire. Les habitants des paroisses voisines de Douarnenez firent appel au comte du Granec, fils du comte de Pratmaria, seigneur du Granec, qui se trouvait alors au château de Laz, près de Châteauneuf-du-Faou. Le comte du Granec rassembla environ 2 000 hommes des « communes » (paysans des paroisses avoisinantes des alentours de Quimper, Pont-l'Abbé, Pont-Croix, Châteaulin et Châteauneuf) à Plogastel-Saint-Germain. Guy Éder de la Fontenelle sort alors avec 400 de ses cavaliers de l'île Tristan pour aller attaquer par surprise cette armée amateure mal armée, tuant environ 1500 d'entre eux et faisant prisonnier le comte du Granec, qu'il libéra toutefois peu après. La Fontenelle est à son tour retenu prisonnier par François d'Espinay de Saint-Luc entre et .
Les troupes royales, commandées par le capitaine Duprez, viennent alors l'attaquer, profitant d'une marée basse, dans son repaire de l'île Tristan, mais Duprez est tué dès le début des combats et les royaux se replient aussitôt à Quimper. Peu après, Penmarc'h, opulente cité qui pouvait mettre sur pied trois mille arquebusiers dont les habitants avaient construit un fort à Kérity et fortifié l'église de Tréoultré où ils avaient caché leurs richesses, se croyait à l'abri des attaques du brigand. Mais l'église fortifiée est attaquée par La Fontenelle et son lieutenant Romar : « Ce fut près du grand autel qu'ils firent une horrible boucherie des habitants qui s'étaient presque tous réfugiés autour de la nef où ils avaient dressé leurs lits », lesquels s'emparent ensuite aisément du fort de Kérity. « Trois cent navires qui se trouvaient en ce moment dans le port servirent à embarquer le butin considérable qui fut fait dans cette expédition ». La ville fut à tout jamais ruinée et n'a jamais depuis retrouvé sa splendeur d'alors.
Les mises à sac de Penmarc'h et de Pont-Croix lui ont rapporté un énorme butin qu'il entasse dans l'île Tristan (qu'il rebaptise île Guyon) à Douarnenez. De là, il poursuit ses exactions, rançonnant les habitants, dans toute la Cornouaille, et même une partie du Trégor : le par exemple, il attaque le bourg de Ploumilliau ; et à une date non précisée Primel dont il envisageait de faire un second repaire analogue à celui de l'île Tristan.
Vers 1597, le domaine de Névet est pillé par Guy Eder de La Fontenelle, comme le raconte Sourdéac : « La Fontenelle fit main basse sur quantité de villages des domaines de Névet, en fit couper et emporter tous les arbres, […], s'empara du château de Lézargan, dispersant tous les titres et garants, pillant la ville de Pouldavid, dépendant de ce fief, en exila les habitants, la démolit entièrement jusqu'aux halles, moulins, prisons et patibulaires et se servit des pierres pour construire et fortifier les bâtiments de son île ».
Procès et condamnation à mort
En 1598, François de Goësbriand entame un procès en dommages et intérêts pour la prise de Coëtfrec, et une prise de corps est acté contre La Fontenelle le . Il est arrêté à Bréhat en et enfermé à Rennes. Dans un édit antérieur au procès, il s'était assuré que quelconque fait le concernant durant la Ligue devrait être porté devant le Grand Conseil de Henri IV. Ce dernier gracie La Fontenelle des faits qui lui sont reprochés en .
L'année suivante, il est accusé d'avoir participé à la conspiration du duc de Biron au profit des Espagnols, et le le Grand Conseil du Parlement de Paris le condamne pour haute trahison au supplice de la roue. Il est exécuté et rompu vif à Paris en place de Grève le . Sa tête fut exposée, durant quelques jours, au sommet de la porte de Toussaint à Rennes.
Son souvenir dans les récits populaires bretons
Théodore Hersart de la Villemarqué publie en 1845 une chanson en breton intitulée Fontanella qui narre l'enlèvement de Marie Le Chevoir de Coadélan, fille d'un marquis et riche héritière âgée de 8 ou 9 ans qu'il va chercher jusque dans la région de Brest. Épouse de La Fontenelle, elle se serait revendiquée comme veuve lors du procès de ce dernier. Elle meurt quelques mois après son exécution, en février 1603. Ce chant ne parle cependant pas des crimes qu'il a commis.
D'autres chefs de bandes écumèrent la région à la même époque, comme Yves du Liscoët et Anne Sanzay de la Magnane.
Gustave Charles Fagniez, dans son livre L'Économie sociale de la France sous Henri IV, 1589-1610 publié en 1897 écrit : « On frissonne encore dans les veillées de Bretagne en écoutant les chants populaires qui racontent les crimes et le châtiment d'Eder de la Fontenelle roué le et nous émeuve sur les victimes d'une femme, Marguerite Charlès et des Rannou, ses lieutenants, qui, postés à la tête d'une bande de voleurs, à Saint-Michel-en-Grève, entre Lannion et Plestin, détroussaient et assassinaient les voyageurs ».
YVES DU LISCOET :
Descendant de nos aïeux du LISCOET mais aussi de d'aïeux bien plus proches puisque ses grands parents maternels ne sont autres que Charles de LA BOESSIERE et Constance de CLEAUROUX...
Yves du Liscouët, seigneur du Liscouët en Boqueho fut un serviteur d'Henri de Navarre, puis s'illustra pendant les guerres de la Ligue où il fut un chef de guerre impitoyable
Né vers 1550 au Liscouët en Boqueho (côtes d'Armor), protégé d'Henri IV, il épouse en 1579 Philippes Maridor, dame d'honneur de Jeanne d'Albret, reine de Navarre, protestante, dont il aura cinq enfants. Il s'est probablement converti par amour à la religion réformée (protestantisme), mais cela reste controversé. Seigneur du Bois de la Roche en Coadout, il est nommé gentilhomme de la chambre du roi le , il est capitaine de 50 lances au camp de Mantes le et la même année nommé ensuite gouverneur de Saint-Brieuc et commande pour le compte d'Henri IV les "royaux" pendant la guerre de la Ligue en Bretagne. Il est nommé maréchal de camp le et tué le devant le fort de Crozon.
Le siège de Carhaix
Il assiège et prend Carhaix en et y perd la main droite, ce qui le rend furieux. Le chanoine Moreau écrit : « les royaux, pour la grande tuerie qu’ils en avaient faite le jour précédent, pensant tout le pays vaincu, et ne croyant pas que personne davantage eût osé bouger, si bien qu’ils ne se doutaient plus de rien." Le combat qui s’ensuit est confus. Les paysans cornouaillais parviennent à entrer dans la ville, mais sont arrêtés par les tirs de mousqueterie. C’est alors que Liscoët, à la tête d’une troupe de cavaliers parvient à les contourner et à les attaquer sur leurs arrières. L’engagement est très meurtrier, mais les royaux en sortent vainqueurs et mettent en déroute leurs ennemis. Dans l’engagement, Yves du Liscoët a été grièvement blessé : "y eut la main droite entièrement coupée d’un coup de hache par le col du bras, et tomba ladite main à terre, et l’on assure que ce fut le prêtre Linlouët qui lui donna ce coup ». Depuis, il fut surnommé "le manchot du Liscouët".
Ses exactions
Se comportant plus comme un bandit que comme un chef de guerre, il assiège et prend Quintin en , Corlay le , Châteauneuf. Dans cette localité, il « y fit beaucoup d'insolences et de cruautés. Plusieurs des habitants et réfugiés y furent tués, les autres qui pouvaient payer rançon retenus prisonniers, et fit mettre le feu aux plus belles maisons de la ville, qui causa grande ruine » écrit le chanoine Moreau. Il prend un moment Tréguier et en 1594 Landerneau.
D'autres chefs de guerre en même temps bandits écumèrent la région à cette époque comme Guy Eder de la Fontenelle, la Tremblaye ou Anne de Sanzay de la Magnane.
Le pillage du manoir de Mézarnou
Le manoir de Mézarnou, entouré de douves, était au cœur d'un vaste domaine qui couvrait à l'origine 17 ha et était entouré d'un mur d'enceinte, fut pillé le par Yves du Liscouët pendant les guerres de la Ligue alors que son hôte, Hervé de Parcevaux, et cousin d'Yves du Liscouët, le recevait à souper, tuant deux domestiques et violant, avec ses hommes, les femmes présentes. Hervé de Parcevaux fut emprisonné à Brest pendant deux semaines et libéré après le versement d'une forte rançon de 9 500 écus.
« Le soir du , Yves du Liscouët vint donc à Mézarnou où il devait diner. Hervé de Parcevaux alla à sa rencontre jusqu'à Landerneau. Le souper fut gai et Du Liscouët ne cessa de témoigner de l'affection au seigneur de Mézarnou (...) Mais aussitôt le souper fini, au moment d'aller se coucher, il met la main au collet de son hôte et le fit prisonnier. Il fut enfermé avec les siens dans la petite salle est, contigüe à la salle à manger. Du Liscouët et ses gens se livrèrent alors au vol et au pillage. Connaissant la maison, il leur était facile de découvrir ce qu'il y avait d'intéressant. Ils emportèrent toute l'argenterie et ce qu'il y avait de précieux. Bien plus, ils pillèrent les églises de Plounéventer et de Lanneuffret, Plouédern et Trémaouézan emportant les croix, calices et ornements que ces paroisses avaient déposés à Mézarnou comme en lieu sûr. (...) Les soldats de Du Liscouët établis à Mézarnou y passèrent quinze jours à butiner, après que leur maître se fut taillé la part du lion, dans les biens de celui qui l'avait reçu en ami sus son toit hospitalier. »
La paix revenue, Hervé de Parcevaux intenta en 1603 un procès à la veuve d'Yves du Liscouët. Dans sa requête il exposa toutes les circonstances du pillage et fit monter la valeur de ce qui avait été pris chez lui à la somme de 70000 écus. Ce procès dura longtemps, puisque 20 ans après, on voit Françoise de Parcevaux, petite fille d'Hervé, s'en occuper encore.
Le siège de Morlaix
Pendant l'été 1594 il participe au siège de Morlaix sous les ordres du maréchal d'Aumont, puis à l'automne à celui de la Pointe des Espagnols contre les Espagnols qui ont débarqué là et fortifié le fort de Roscanvel en soutien aux Ligueurs. Il fut tué la cinquième semaine du siège, le , s'y l'on en croit le récit du chanoine Moreau du côté de Crozon.
L'église de Coadout près de Guingamp porte les armoiries d'Yves de Liscouët.
Pour Philippes de Moridor un "cousinage" est est aussi découvert au moins dans la branche maternelle par les bisaïeux que sont Guy de Gouyon Matignon et son épouse Péronne de Jeucourt.
Philippe de Maridor, épouse d’Yves du Liscouët (1553-1631).
« Elle était belle par excellence », reconnaissait son vieil adversaire, le chanoine Jean Moreau. La seconde fille d’Anne de Gouyon-Matignon (que nous avons déjà présentée sur ce site) et du seigneur de Maridor, était sans doute capable de susciter les mêmes passions que sa soeur aînée, la « Dame de Monsoreau ». Mais l’histoire a gardé d’elle le souvenir d’une huguenote que Crevain, reprenant son prédécesseur le pasteur Louveau, range parmi les « femmes chrétiennes dont la mémoire est une bénédiction et qui se sont rendues illustres pour piété et persévérance »
Elle naquit en 1553 et grandit probablement auprès de sa mère dans l’entourage de Jeanne d’Albert, la très calviniste reine de Navarre. Ce qui est sûr, c’est que, l’âge venu, elle resta auprès de la maison de Bourbon, car elle devint à son tour dame d’honneur de Catherine, l’unique soeur du roi Henri IV, bientôt duchesse de Bar. Elle eut donc l’occasion de côtoyer Catherine de Partenay ou Louise de Châtillon. Cette société restée très fidèle à la Réforme laissa une empreinte indélébile sur notre jeune Philippe, prénom qui pouvait être féminin à l’époque, auquel on préfère aujourd’hui substituer ses diminutifs Philippine ou Philippotte, déjà usités en ce temps.
Le chanoine Moreau, qui semble assez bien renseigné en cette occasion, raconte comment notre demoiselle devint bretonne par mariage en épousant le seigneur Yves du Liscoët, dont les terres se situaient en Boquého et en Coadout, non loin de Guingamp. Ce denier devint, lors des guerres de la Ligue, le principal représentant du roi Henri IV en pays bretonnant :
« Il était marié, à une fille de la maison de Vaux en Anjou, calviniste de son jeune âge; elle était belle par excellence. Le sieur du Liscoët en la recherchant en fut passionnément épris. Ayant eu bonne réponse que sa maîtresse ne l’épouserait que calviniste, lui étant catholique, changea de religion et le lui promit par serment solennel, qu’il garda fidèlement jusques à sa mort, et aima mieux, le misérable, faire banqueroute à Dieu et à son salut qu’au beau nez d’une femme »
Si le chanoine est si amer, c’est qu’Yves du Liscoüet devint un des meilleurs capitaines issus des rangs calvinistes : Henri IV le nomma successivement gentilhomme de la chambre du roi en 1586, capitaine et gouverneur de Saint-Brieuc en 1590, maréchal de camp en 1593 et même à cette date lieutenant -général du gouverneur, le maréchal d’Aumont.
Le mariage de Philippe de Maridor et Yves du Liscouët avait été célébré au Mans le 17 novembre 1579. Le ménage accueillit bientôt plusieurs enfants, au moins cinq qui survécurent.
On ne sait si Yves du Liscouët tint son serment de devenir protestant, comme le laisse croire le chanoine Moreau. Les registres de l’Église réformée de Vitré, seul endroit où le culte était parfois encore possible en Bretagne à cette époque, conservent la trace du baptême de deux filles, mais quelques années après leur naissance, ce qui en dit long sur l’isolement des huguenots de Guingamp. On sait aussi que l’aîné des garçons, Benjamin, avait été porté sur les fonds baptismaux de l’église Notre-Dame de Guingamp par le duc de Mercoeur lui-même en 1583. Sans doute le gouverneur de Bretagne d’alors, très catholique, avait-il voulut forcer la main à celui qui deviendra plus tard un de ses principaux adversaires. En ces temps troublés, nombre de seigneurs huguenots étaient réduits à simuler sous la contrainte.
Ce qui est certain, c’est que ce même Benjamin, succédant plus tard à son père, fera de son domaine un refuge pour les protestants de Basse-Bretagne. La conversion des enfants au calvinisme est à mettre au crédit de la foi de la mère, Philippe de Maridor.
De son côté, Yves du Liscouët semble avoir été aussi mauvais chrétien qu’il était grand militaire. En tout cas, sa réputation est sérieusement entachée par de fâcheux récits de pillages et de violences.
Après nombre de combats et de blessures, Yves du Liscouët tomba en 1594 lors de l’assaut décisif contre le fort de la Pointe des Espagnols qui barrait le goulet de Brest. Philippe de Maridor avait 41 ans. Elle vécut jusqu’à l’âge respectable pour l’époque de 78 ans et fit de son château du Bois-la-Roche, en Coadout, un lieu de prêche qui était encore actif à la veille de la Révocation de l’Édit de Nantes.
Donjon antérieur à 1489 ; chapelle 16e en ruines ; écuries 18e ; logis et chapelle reconstruits en 1856, 1860.(Marie Berthou/Marie-Madeleine Tugores, pré-inventaire, 1975)Le château actuel est construit au milieu du 19e siècle par la famille Rolland du Roscoët sur le site d'un ancien château et d'une forteresse incendiée vers 1489 et dont ne subiste qu'une tour circulaire (15e ou 16e siècle ?) restaurée. La chapelle date de 1856-1860, les ruines de l'ancienne chapelle subsistant dans le parc. Les dépendances (dont des écuries) sont certainement du 18e siècle ; portail à fronton triangulaire remonté portant la date 1720. Restauration en 1910 avec destruction partielle du corps de logis néo-médiéval construit au milieu du 19e siècle. (cf. B. Jollivet, Les Côtes-du-Nord, p. 106 : cite un château moderne détruit à la Révolution).(Elise Lauranceau, enquête thématique régionale, 2004)
ANNE SANZAY DE LA MAGNANE :
C'est par la 1ère épouse de Anne SANZAY, Jane de ROSMADEC que nous découvrons cet autre cousinage !.
Jane de ROSMADEC est la fille de Alain de Rosmadec et Jeanne du Chastel et arrière petite fille de Olivier du Chastel et de Marie de Poulmic.
Anne de Sanzay de la Magnane (prénom alors épicène), fils de René Ier comte de Sanzay et Renée de Plantys est le filleul du maréchal Anne de Montmorency .
Anne de Sanzay, comte de la Magnane, est un capitaine ligueur pendant les guerres de la Ligue, un chef de guerre particulièrement cruel et redouté, agissant comme un véritable bandit, à l'instar de Guy Eder de la Fontenelle ou Yves du Liscouët.
La famille de Sanzay
La famille de Sanzay est originaire du Poitou, le château de Sanzay se trouvant dans la localité de Sanzay (Sensciacus à l'époque gallo-romaine) désormais regroupée avec des communes voisines sous le nom d'Argenton-les-Vallées (Deux-Sèvres).
La famille de Sanzay prétendait descendre d'Abbon de Poitiers dont le fils puiné Arnault (Gérard, père de Ramnulf Ier de Poitiers étant l'aîné), destiné à la vie monastique, épousa Jeanne (ou Jéhanne) fille du dernier seigneur de Sanzay sans le conscentement d'Abbon. Abbon interdit à Arnault et sa descendance de pouvoir prétendre au titre de comte de Poitiers] (prétentions des Sanzay, dénuées de tout fondement). Jusqu'à René Ier, les seigneurs de Sanzay étaient honorables (par rapport aux critères de leur époque), comptant plusieurs chambellans des rois de France et un connétable du Poitou qui fut sénéchal de sa cousine Aliénor d'Aquitaine (le titre de comte date de ce connétable, Sauldebreil de Sanzay).
Les titres et chartes de la famille furent volés et dispersés pendant les guerres de religion en 1567. Un manuscrit écrit par Jean Le Féron en 1560, "La généalogie de la famille de Sanzay en Poitou" et contenant des manuscrits de poèmes de Pierre de Ronsard se trouve à la bibliothèque de l'Arsenal et une copie datée de 1569 a été conservée par les descendants des enfants de Claude de Penmarc'h, issus du premier mariage de la seconde épouse d'Anne de Sanzay. La famille s'établit à une date inconnue au manoir du Pratmeur dans l'actuelle commune de Ploudalmézeau. Leur devise était « Sans aide » (il ne s'agit pas d'une devise, mais d'un cri de guerre, comme "Montjoie" pour l'ensemble de la chevalerie française, il date au moins de la seconde croisade et signifiait "ne requiert aucune aide hormis celle de Dieu").
La descendance de cette famille, toujours en procès et dont plusieurs membres se signalaient par leurs violences, demeura à Pratmeur jusqu'à la Révolution française. Criblée de dettes, elle dut vendre le manoir et se retirer à Gouesnou où des descendants continuèrent à maltraiter les paysans : par exemple en 1725 René-Jean, sieur de Sanzay et de Keriber, et Augustin, chevalier de Sanzay, garde pavillon amiral, « atteints et convaincus d'avoir maltraité et excédé par voye de fait et de coups plusieurs habitans de Gouesnou et paroisses voisines (…) » furent « condamnés solidairement en trois cens livres d'amandes au Roy, avec deffences que nous leur avons faittes de récidiver » par le tribunal de Brest.
Après la mort de René Ier, les exactions commises par ses descendants ont sans doute pesé dans la balance lors du procès qui les opposa à la maison Turpin de Crissé, malgré la confirmation à René Ier du titre de comte par Charles IX en 1567/1570. Marie-Suzanne de Chenu, épouse de Louis Ier Turpin de Crissé obtint le comté de Sanzay, transmissible par les femmes (mais d'où venaient les prétentions des Turpin de Crissé au comté de Sanzay ? On dit que c'est par Suzanne de Chenu, qui elle-même les auraient tenues de sa mère Madeleine Prévost du Châtelier, mais pourquoi, à quel titre, ? Il est plus probable que les Turpin de Crissé aient obtenu directement les droits des Sanzay, dont ils étaient d'assez proches parents : René Ier de Sanzay était le fils d'Etienne de Sanzay et de Gabrielle Turpin de Crissé, tante paternelle de Charles Ier Turpin de Crissé du Petit-Montrevault, lui-même père de Charles II Turpin et grand-père de Louis Turpin de Sanzay ci-dessus).
La vie d'Anne de Sanzay
Anne de Sanzay est né vers 1535, fils de René Ier de Sanzay, comte de Sanzay, vicomte héréditaire du Poitou, chambellan du roi François Ier, gouverneur de Nantes, né vers 1500 et de Renée du Plantys, née vers 1510.
Promis à Jeanne de la Pommeraie, il se marie une première fois vers 1575 avec la mère de celle-ci, Jeanne de Rosmadec (elle-même veuve de Jean de la Pommeraie, seigneur de la Morlaye, d'Entrammes et de Montigny). Puis il se marie en secondes noces le avec Marie de Tromelin (ou Tuomelin ; en Kerlouan ?), fille et héritière d'Olivier de Tromelin seigneur du Bourouguel en Plouigneau, et veuve de Claude de Penmarc'h, originaire de Kersaint-Plabennec, baron de Penmarc'h, seigneur du Colombier et de Coetlestrémeur ; le fils de Claude de Penmarc'h et Marie de Tromelin, René de Penmarc'h, épousa d'ailleurs en août 1599 la sœur d'Anne et fille de René, Jeanne de Sanzay. En 1589, Anne de Sanzay « est reçu dans la "Sainte Union de Morlaix", sous le bon plaisir de Mgr le duc de Mercœur ». Le manoir de Bourouguel devint alors le repaire d'Anne de Sanzay, comte de la Maganne jusqu'à ce qu'il soit pris par les troupes royales en 1589 et ses fortifications démantelées. Il est fait chevalier de l'Ordre de Saint-Michel. Il décède après 1610 à une date inconnue sans avoir eu d'enfants.
Anne de Sanzay, dit « Bras de fer », devient à l'époque de la Ligue, abbé commendataire de l'Abbaye Notre-Dame de Lantenac (à La Ferrière dans l'actuel département des Côtes-d'Armor) ; il transforma l'abbaye en caserne, l'église en écurie et le réfectoire en étable.
L'exemple des exactions commises en Cornouaille en novembre et décembre 1593
Pendant les guerres de la Ligue, Anne de Sanzay choisit dans un premier temps le parti de la Ligue après bien des hésitations, mais en profita surtout pour se livrer à des activités de chef de bande sans foi ni loi. Le chanoine Moreau en parle pour la première fois comme d'un adversaire du célèbre chef de bande Guy Eder de la Fontenelle :
« [Guy Eder de la Fontenelle] pilla plusieurs villes et gros bourgs. (...). De Lannion en Tréguier même traversa tout le Léon jusques à Roscoff, où il lui fallu néanmoins se retirer, après une grande boucherie de paysans qui s'étaient joints avec Anne de Sanzay, comte de la Maignane, et quelques autres seigneurs. »
Anne de Sanzay installe pour un temps son quartier général dans un vaste camp retranché (« l'étendue de ce retranchement contient environ quatre journaux ») situé près du bourg de Quimerc'h :
« On voit encore, non loin du bourg de Quimerc'h, un camp retranché construit par les soldats envahisseurs. C'est de là qu'ils s'élançaient pour mettre le pays à feu et à sang ; lorsqu'ils revenaient le soir chargés de dépouilles, ils éclairaient leur marche par la lueur des incendies. Le sieur du Bot, fait prisonnier, ne put se racheter qu'en aliénant son domaine ; la ville du Faou fut surprise et saccagée. »
Le chanoine Jean Moreau raconte plus loin les exactions commises ensuite par Anne de Sanzay, par exemple cet épisode daté de novembre 1593 :
« (...). Anne de Sanzay, comte de la Magnane, lors marié à la dame de Penmarc'h en Léon, tenant le parti de l'union dite catholique, sous l'autorité du duc de Mercœur. Ayant quelques troupes de gens ramassés, arrive de nuit de devers Morlaix en la ville du Faou, qu'il prend et pille et y prit des prisonniers, et se tint là quatre à cinq jours attendant de trouver les moyens de passer la rivière de Châteaulin pour entrer en la juridiction de Quimper, où il savait le pillage être bon ; mais voyant les passages bien gardés par le sieur de La Villeneuve, avec ses rogues villageois qui avaient aussi fait rompre les ponts de dessus ladite rivière, sans lesquels il lui était impossible de passer à pied ni à cheval, attendu que c'était au mois de décembre, il s'avisa d'écrire à trois personnes de la ville de Quimper, l'évêque, le sénéchal, le procureur de ville. L'évêque était messire Charles du Liscoët ; le sénéchal, maître Guillaume Le Baud, sieur de Créac'hmarc'h ; le procureur de ville était maître Jean Capitaine, procureur postulant au siège présidial. Pendant que son messager allait et venait, la commune se mit en armes et vint attaquer le comte et ses gens au Faou, à leur mode, sans ordre ni discipline, et vinrent par deux endroits, la plus grande part du côté de Léon, et les autres du côté de Rosnoen, qui avaient passé Treisguennel pour avoir, comme il leur semblait, part au butin. Mais des deux côtés, ils furent repoussés plus vitement qu'ils y étaient venus, et en fut fait une très grande tuerie de plus de six à sept cents, et pillèrent tout le pays dans les paroisses circonvoisines, où ils firent de grands maux. De là s'en vint à Châteaulin, où il espérait passage par beau ou par force, où il fut de rechef attaqué par les paysans qui furent encore repoussés avec perte. »
Le chanoine Moreau poursuit : « Il n'y avait pas beaucoup d'apparence de s'y fier, le comte de La Maignane étant toujours connu pour un bon et ancien voleur tant sur mer que sur terre, à cause de quoi le défunt roi Henri le fit mettre prisonnier à la Bastille, à Paris, l'an 1586, où il resta un an ». Malgré cela les édiles de Quimper, bernés par ses promesses, ne s'opposent pas à la pénétration dans le cœur de la Cornouaille des troupes d'Anne de Sanzay :« il fut donc résolu qu'on laisserait le passage libre au comte de La Maignane et à ses troupes, pour venir se rafraîchir en cette juridiction de Quimper ». Bien entendu, Anne de Sanzay, oubliant ses promesses, en profita pour continuer ses exactions :
« Le comte, bien ravi d'avoir obtenu ce qu'il demandait, passe la rivière à Châteaulin et fait marcher ses gens deux ou trois lieues sans faire tort à personne ni à leurs moyens, et s'ils prenaient quelque chose, ils le payaient, au dire de ceux à qui il appartenait. Les paysans voyant leurs douceurs, ne cachaient rien, aussi les soldats le faisaient à cette fin pour qu'ensuite venant à l'improviste tout d'un coup, ils trouvassent le tout à leur commodité, comme il arriva. Car, le lendemain, il fit tourner ses gens tout d'un coup sur les paroisses qu'ils avaient passées le jour précédent, comme Dinéault, Châteaulin, Plomodiern, Plounévez, Quéménéven, et jusqu'à Locronan, et en firent une telle cure et pillage qu'ils ne laissaient après eux que ce qui était trop chaud ou trop pesant. Il fit un très grand butin car, par la longue paix qu'avait eue cette contrée, les paysans étaient riches en meubles. Il y avait peu de familles où il n'y eut force hanaps d'argent : cela veut dire des tasses qui étaient grandes et larges, dont plusieurs étaient dorées ; il y en avait de trois à quatre marcs. En peu d'heures, le comte et ses gens en rafflèrent un nombre innombrable et de très grande valeur, avec une infinité d'autres meubles assez riches, comme des habits et semblables. Mais surtout il désarma la populace qui était assez bien fournie tant d'armes à feu que de longs bois. »
Cette expédition se solde par environ 3 000 morts « tant gens d'église que marchands et paysans de sorte que le pays a été après presque désert ». Convoqué par le duc de Mercœur, il sort de Cornouaille « chargé de dépouilles et se moquant de la crédulité de ceux qui l'avaient reçu ». Il revient dans le Trégor, s'installe avec femme et enfants dans l'abbaye de Lantenac, « menant joyeuse vie », l'église servant d'écurie et le réfectoire de salle d'armes ».
Sa participation au siège de Morlaix pendant l'été 1594
En , avec ses troupes, il pille l'abbaye de Landévennec.
En juillet 1594, les bourgeois de Morlaix décident de faire soumission au roi Henri IV et vont faire soumission à Lanmeur au maréchal d'Aumont, gouverneur de Bretagne et commandant de l'armée royale locale ; mais François de Carné, seigneur de Rosampoul, qui commandait la garnison de Morlaix, n'accepte pas cette reddition et s'enferme avec ses hommes dans le château, rejoint bientôt par les troupes d'Anne de Sanzay, « étant lors avec ses troupes en Tréguier », « commandant ligueur qui s'y était jeté avec quatre cents hommes ». Le siège du château de Morlaix dure cinq semaines et les troupes de la Ligue commandées par le duc de Mercœur et espagnoles (dirigées par Dom Juan d'Aquila) venues de Carhaix et qui établissent leur campement à l'abbaye du Relecq, même s'ils battent un détachement de l'armée royale fort de 300 hommes qui s'était aventuré entre Huelgoat et le Cloître, ne parviennent pas à desserrer le siège. Finalement les chefs ligueurs enfermés dans Morlaix, dont François de Carné, le capitaine Rostin et Anne de Sanzay, sont faits prisonniers le et dirigés sur Quimper où ils furent prisonniers sur parole. Anne de Sanzay fut libéré, après versement d'une rançon, en juillet 1595.
René II de Sanzay, frère d'Anne de Sanzay, fut aussi un soldat-brigand
René II de Sanzay, frère d'Anne de Sanzay, né en 1531, comte de Sanzay et de Groix, seigneur de Saint-Marsault, capitaine Général de la Noblesse de France, panetier du Roi, chambellan du Roi, colonel de la noblesse de France sujette au ban et à l'arrière-ban, superintendant des fortifications du royaume, décédé le , a commis sa part d'atrocités et a laissé lui aussi de mauvais souvenirs. Marié avec Renée Rannou, vivant au Pratmeur en Ploudalmézeau, René eut quatre fils (René III, marié à Charlotte de Thais ; Christophe ; Claude ; et Charles de Sanzay, marié à Françoise d'Estrées, une des sœurs de Gabrielle) qui, selon la tradition, mettaient à mal femmes et filles des alentours, Des représailles furent toutefois menées. Douze hommes se seraient ainsi déguisés en femmes pour se rendre à une veillée. Les Sanzay arrivèrent mais furent surpris, car ce furent les dits hommes qui leur tombèrent dessus. Les frères tentèrent de s'enfuir, mais en vain. On administra à l'un d'eux une si sévère correction qu'il en mourut. Il fut enterré au bord. de la grand'route. La vox populi les accusait même d'entretenir des rapports avec le diable...
Gustave Charles Fagniez, dans son livre L'Économie sociale de la France sous Henri IV, 1589-1610 publié en 1897 écrit : « On frissonne encore dans les veillées de Bretagne en écoutant les chants populaires qui racontent les crimes et le châtiment d'Eder de la Fontenelle roué le et nous émeuve sur les victimes d'une femme, Marguerite Charlès et des Rannou, ses lieutenants, qui, postés à la tête d'une bande de voleurs, à Saint-Michel-en-Grève, entre Lannion et Plestin, détroussaient et assassinaient les voyageurs ». Or René de Sanzay était marié avec Renée Rannou, sans doute s'agit-il de la même bande de voleurs.
Un autre frère, Claude de Sanzay, né vers 1539, décédé le fut seigneur de Cossé (dans l'actuel département de la Mayenne ; héritage du mariage entre Jacques du Plantys et Françoise de Cossé : cf. le début de l'article) et Lieutenant Général des ban et arrière-ban de France.
JEAN DE LA NOE cité dans la biographie de Guy EDER et qui était son lieutenant...
Marié vers 1590 avec Marguerite Le Veer (ca 1560-1642) veuve de Jean Le Borgne.
"Marguerite Le Véer, dame de Coatnavanoy, épouse en premières noces vers 1585 Jean Le Borgne "craint et redouté dans la paroisse de Pommerit-Jaudy", qui trouve la mort en combattant dans les rangs ligueurs. Elle apparaît encore de 1622 à 1637 et est alors l'épouse de Jean de la Noé, ancien curé de Tréméloir, qui en 1590 l'avait contrainte au mariage après l'avoir violée alors qu'elle était nouvellement veuve. Robert Le Borgne, fils de la précédente, né vers 1586,
est sieur de Kerfallès puis de Coatnavanoy et épouse Marie de Trogoff, fille de Pierre de Trogoff, sieur de Rocumélen et de Françoise du Perrier..." (Y. Botrel, "Les justices seigneuriales de l'évêché de Tréguier", p. 80)
Serait décédé en 1625. Cousin au 4ème degré de son épouse selon le mémoire qui suit. Robert Le Borgne tenta en effet de faire déclarer nul le second mariage de sa mère en raison de l’absence de dispense et d’écarter ainsi de sa succession les enfants issus du second lit : "... pièces justificatifves de la parentelle par moy avec veritté alleguée avoir esté entre ledict de la Noë et ma mère au quart degré... ledit de la Noë estoit fils de François qui filz estoit de Jean et de Françoise de Boisboixel qui fille estoit de Françoise Henry, et madicte mere estoit fille de François Le Veer qui fils estoit de Françoise Conen qui fille estoit d'une soeur a ladicte Françoise Henry..." (AD 22 - 2 E 224 - famille du Liscoët - document incomplet, sans date, sans doute rédigé par Robert Le Borgne, fils de Marguerite Le Veer, qui tentait vraisemblablement d'écarter les enfants de Jean de la Noë de la succession de sa mère)
Un article de M. Jean Lorédans dans la Nouvelle Revue (n° 318, novembre 1925, pp. 61--73) fait état d'une « Plainte de noble et discret messire Robert Le Borgne sieur de Querfallais, présentée par escuyer Guillaume Le Borgne, son filz, du 14 mai 1649 », conservée aux archives de Côte-du-Nord sous la cote E910 (la cote a probablement changé depuis). Ce document accuse Jean de La Noë, bénéficiaire des revenus de la cure de Tréméloir sans être ordonné, d'avoir fait partie d'une bande de ligueurs se livrant à des pillages, et en particulier de s'être introduit avec une bande armée dans le manoir de Coatnévenoy chez Marguerite Le Véer veuve de Robert Le Borgne et grand-mère du plaignant, et de l'avoir épousée de force en 1592, chassant son fils Robert de la maison.
- Cousinage avec Jean de La Noé par nos couples d'aïeux :
Guillaume de La Noé et Marie de Liscoet
et aussi par :
Yves Budes et Jeanne de Poënces
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