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13 décembre 2025 6 13 /12 /décembre /2025 11:17

En fouillant dans les archives des anciens châteaux, dans les vieilles chroniques,dans les généalogies des familles, on trouve souvent le nom de personnages, qui, dans leur temps, ont eu une place distinguée et dont le souvenir est maintenant comptètement effacé. C'est, croyons-nous, un devoir pour leurs descendants de tirer leur mémoire de l'oubli que quatre ou cinq siècles ont fait peser sur elle. C'est ainsi qu'en lisant une vieille généalogie de la famille Picaud, par du Tertre-Gault, un des généalogistes les plus autorisés du dix-septième siècle, nous nous sommes arrêté sur un des personnages de cette ancienne famille, aujourd'hui complètement éteinte, Eon Picaud de Morfouace, vivant au quatorzième siècle, et que nous allons essayer de faire connaître aussi brièvement que possible.

 

 

Eon Picaud (alias Picaut, Picault), chevalier, seigneur de Morfouace, paroisse de Ploermel, évêché de Saint-Malo, connu sous le nom du Capitaine Morfouace, appartenait à une famille distinguée de la noblesse bretonne et descendait authentiquement de Eudes ou Eudon Picaud, Picaut ou Picault, quatifié Miles, qui avait épousé en 1260, Adelice de Hennebont, dame de Tihenri, fille de Geoffroy, sire de Hennebont et de Catherine de Rohan. 

GUILLAUME PICAUD (alias Eon) SIEUR DE MORFOUACE...
GUILLAUME PICAUD (alias Eon) SIEUR DE MORFOUACE...
GUILLAUME PICAUD (alias Eon) SIEUR DE MORFOUACE...

Notre cousinage (famille LE GAC - PECHEU) avec ...

     Guillaume PICAUD (Eon) dit MORFOUACE (1340- 1407)

        Par :

      Olivier de LANVAUX   X   Adelice de HENNEBONT

        Et

        Alain IV de ROHAN   X   Mabille  de  FOUGERES

Le quatorzième siecle fut une des époques les plus troublées de notre histoire et jamais la noblesse bretonne n'avait été plus divisée. La mort de Charles de Blois à Auray, 1364, avait à la vérité anéanti son parti ; mais, malgré le traité de Guérande en 1365, qui garantissait à Jean le Conquérant la possession du duché, les coeurs n'en restaient pas moins ulcérés et la moindre étincelle pouvait rallumer un feu mat éteint. D'un autre côté, le roi de France, Charles V, vivement froissé de l'exigence de Jean IV de Bretagne avec les Anglais, ces éternels ennemis de la France et ne cherchait qu'une occasion pour rompre avec lui. Enfin poursuivant ses desseins contre l'Angleterre, Charles V déclara la guerre à Edouard III et, décidé à pousser activement les hostilités, rappela près de lui Bertrand du Guesclin, qui avait enrôlé sous sa banniere les grandes compagnies dont it avait su débarrasser la France en les menant en Espagne venger la mort de la reine Blanche de Bourbon mise à mort par Pierre le Cruel, roi de Castille en1367. C'est dans un des nombreux engagements de Bertrand, récemment nommé Connétable de France, avec les Anglais qu'il vainquit à Beaufort, 1370, que nous voyons pour la première fois Eon Picaud de Mortouace, chevalier tant renommé « sous le nom de Capitaine de Morfouace »  dit du Tertre-Gault, dans son vieux et naïf langage, venu, au dire de d'Argentré prêter main forte au nouveau connétable avec offroy de Kerimel, maréchal de Bretagne Maurice de Trésiguidy, Robert de Beaumanoir et autres chevaliers renommés

Du Tertre Gault affirme que, en récompense de sa brillante conduite en cette circonstance, it fût nommé capitaine ou gouverneur de Saint~Malo. Il est certain au moins que nous le trouvons en cette qualité en 1376. Cependant la mésintéligence et la méfiance n'avait fait que s'accentuer entre le duc de Bretagne et le roi de France ; enfin le premier ayant fait un traitë avec les Anglais, Charles V ne garda plus aucune mesure, et l'an 1373, il chargea le connétable du-Guesclin de faire la conquête de la Bretagne. Bon nombre de seigneurs bretons, mécontents du duc, qui froissait de plus en plus leur susceptibilité en s'entourant d'Anglais et en les charmant de tous les grands commandements suivirent le connétable dans cette guerre, où l'on ne peut s'empêcher de voir avec peine, Bertrand porter les armes contre sa patrie, quelques légitimes que fassent ses griefs contre son Souverain. Ainsi la Bretapne qui, après le traité de Guérand et était en droit d'espérer des jours de paix, se vit encore livrée a toutes les fureurs de la guerre. Le duc Jean IV, effrayé de l'animosité de ses sujets contre sa potitique suivie par lui, avait pris le parti de se retirer en Angleterre, 1373, mais bientôt il revint en France avec le duc de Lancastre. Edouard III était mort en 1377 cependant l'avènement au trone de Richard II n'avait rien changé à la situation politique de lAngleterre, avec laquelle le duc de Bretagne fit un nouveau traite en 1378. Pendant ce temps, le connétable entrait en Normandie et y réduisait bon nombre de places qui étaient aux mains des Anglais, avec l'aide des principaux seigneurs bretons, le vicomte de la Bellière, Geoffroy de Kerimel, Jëhan Tournemine, Henry de Plédran, Eustache de la Houssaye, Jehan de Quintin, Guillaume de Vauclerc,Jehan d'Acigné, etc., etc. De son coté le duc de Lancastre, accompagné du duc de Cambridge, vint, à l'aide d'une puissante flotte, abordera Saint-Ma!o, défendu par notre capitaine Morfouace qui s'était acquis un grand renom dans le pays, par sa valeur dit dom Morice. Il fit entrer dans la ptace plusieurs guerriers expérimentes sur lesquets il pouvait compter, entr'autres le vicomte de la Bellière, récemment revenu de Normandie, le sire de Combourg et Henry de Matestroit et attendit l'attaque de l'armée anglaise composée de 4000 hommes d'armes et 8000 archers, soutenus d'un grand nombre de pièces de canon. Cette armée tenta bientôt sur la p!ace, plusieurs assauts toujours vaillamment repoussés par Morfouace et la garnison. En apprenant ces nouvelles le roi de France donna l'ordre au connétable, alors à Cherbourg, de voler au secours de Saint-Malo ; il y arriva avec le duc de Bourgogne, le duc de Berry, le comte d'Alençon, le dauphin d'Auvergne et beaucoup d'autres seigneurs français à la tête de leurs compagnies. Au dire de Froissart, la plupart des barons et chevaliers bretons vinrent aussi se joindre à l'armée française qui devint ainsi considérable et campa devant Saint-Malo, à l'endroit où se trouve Saint-Servan,pour occuper l'armée anglaise et empêcher ses tentatives contre la place. Lancastre, inquiété sans cesse par ce corps d'armée et ne pouvant par là même attaquer Saint-Ma!o, qui était d'ailleurs vigoureusement défendu, fit secrètement creuser une mine qui, conduite sous les murailles, devait lui assurer une victoire facile mais il avait compté sans la vigilance de notre chevalier breton. Celui-ci soupçonnant les projets de l'ennemi, faisait faire une garde assidue et envoyait chaque nuit des espions qui, après de nombreuses recherches d'abord infructueuses, vinrent e enfin l'avertir qu'ils avaient découvert la mine et même avaient pu penetrer dans le camp des Anglais, dont la garde était fort mal faite. Morfouace se hâte de profiter de ces renseignements, sort sans bruit de la place avec une partie de la garnison, entre sans être vu dans les fossés et parvient jusqu'à l'endroit où travaillaient les mineurs qui sont tués sur place et leurs travaux détruits. Il pénètre ensuite dans le campement et il y fait un grand carnage et se retire sans perte notable aussitôt qu'il s'aperçoit que l'alarme est donnée et que les Anglais commencent a se remettre de leur stupeur. Le duc de Lancastre, honteux et au desespoir d'avoir été surpris de la sorte se rembarqua, et fit voile pour l'Angteterre, où, disent les hisforiens, il fut fort mal reçut 1378. La même année, le duc de Bretagne, désespérant pour l'instant du succès de ses affaires dans ses Ètats, repartit pour l'Ang!eterre. Le roi Charles V crut l'occasion favorable pour accomplir le projet qu'il caressait depuis longtemps d'unir la Bretagne & la France et pensa qu'il ne s'agissait que de faire rendre un jugement contre le duc par le Parlement de Paris, pour confisquer le duché de Bretagne à son profit mais il avait compté sans le patriotisme de nos aïeux, qui, oubliant leur mécontentement, pourtant si légitime, contre le duc Jean IV, devinrent ses plus zélés défenseurs des qu'ils s'aperçurent que le roi de France voulait profiter de leurs dissensions pour asservir leur patrie. On vit alors ce magnifique mouvement de la noblesse bretonne s'unissant à la population tout entière pour supplier leur souverain de quitter l'Angleterre et de se mettre de nouveau à leur tête (1379). Enfin Jean le Conquérant s'embarqua le 22 juillet et le 8 août, il entrait dans la Rance pour se rendre à Dinan, au milieu des acclamations et des transports d'allégresse de ses sujets, heureux de le revoir au milieu d'eux. Parmi les seigneurs bretons on voyait des Beaumanoir, Montafilan, la Hunaudaye, Montauban, etc. etc. Eon Picaud de Morfouace, le brave défenseur de Saint-Mato, n'avait garde de s'abstenir en cette circonstance et fut du nombre des gentilshommesqui firent cortège au duc. Quelques années plus tard (1386) nous retrouvons encore notre chevalier breton au nombre des principaux chefs, qui assiégeaient la place de Brest, encore au pouvoir des Anglais et devant laquelle le duc de Bretagne s'était, rendu en personne avec une armée de plus de 10000 hommes. Un fort en bois avait été élevé devant la ville et le duc en avait confié la garde garde à une forte garnison sous les ordres des seigneurs de Malestroit, de la Bellière, de Morfouace et de la Roche-Durant qui donnèrent souvent l'alarme à la garnison anglaise, et, au dire des historiens, ne laissèrent pas, pour ainsi dire, passer un seul jour sans en venir à un engagement. Le duc jugeant cependant que cet ouvrage provisoire était insuffisant pour réduire l'ennemi, fit élever un nouveau fort en pierres et en donna le commandement à du Fou, Malestroit et Chasteaubriant ; mais attaquée, peu de temps après, par des forces bien supérieures dans cet ouvrage. non encope achevé, une des tours fut renversée, et les Bretons, suivant Froissart, se voyant dans l'impossibilité de tenir plus plus longtemps se retirèrent et se retirèrent à Hennebont sans être inquiétés. C'est la dernière fois militaire du capitaine Morfouace ; mais ce que nous en avons vu doit suffire pour montrer qu'elle était sa réputation comme homme de guerre et quelle place il occupait parmi les seigneurs les plus en renom de ta noblesse de Bretagne. Toutefois si nous ne connaissons plus rien des faits de guerre de Morfouace, plusieurs titres nous parlent encore de lui jusqu'en 1400, époque à laquelle nous le perdons complètement de vue. Le premier est une donation rapportée par dom Morice, en 1384 « Nous, Jehan, vicomte de Rohan, faisons savoir à tous que, pour les bons et agreables services que nous faits Eon Picaud, desquels nous tenons pour bien contents, et satisfaiz, à icetuy Eon Picaut avons donné et attrié (octroyé) à jamés le cours de sa vie durant, et encore, donnons et attreions (octroyons} la somme de quatre vingt livres par chacun an, de telle monnoye comme levrons pour nos rentes par chacun an à estre prins et levés sur les revenus, profiz, esmolumens de nos forez, bois, etc. Donné témoin de notre propre scel avec le passement de nostre propre main, l dernier jour du mois de septembre, l'an mil trois cent quatre-vintz et quatre, Et de la main dudit vicomte est escript : Passé de nostre main ».  Nous ne savons quels services assez importantants justifier le don d'une somme aussi considérable pour le temp ; mais il faut se souvenir qu'il descendait de Catherine de Rohan, mère d'Adelice de Hennebont, femme elle-même de d'Eudon Picault de Tihenri, en 1260, et que, par là même, elle devait être parente assez proche du vicomte de Rohan. Par ailleurs, à l'époque de cette donation, (1394), Eon Picaud de Morfouace était encore dans !a vie active qui, au reste, pour les rudes batailleurs de ce temps, ne cessait guère que lorsque les forces faisaient défaut pour endosser l'armure ; peut être alors serait-il question de quelque épisode de guerre dont le souvenir n'est pas venu jusquà nous. Le second acte où nous voyons encore Eon figurer, est un appointement fait au Parlement de Paris le 17 décembre1400 « entre noble et puissant seigneur, Monsieur, Alain, vicomte de Rohan,d'une part, et Eon Picaut, d'autre part, touchant sa propriété de la terre Chabot, du manoir de Morfouace et autres choses données audit Picaut, par Jehan, vicomte de Rohan, père dudit Alain. » La généalogie dressée par du Tertre-Gault dit que Eon Picaud de Morfouace « estait un des principaux officiers du duc, ce qui estait trouvé par un extrait tiré de la Chambre des comptes, dont M. de Quéhéon (Picaut) est quelle charge à la.cour du duc il fait mention. Eon Picaud de Morfouace avait épousé, au dire de du Tertre-Gault, une damoiselle nommée Yvoree, « de laquelle il est auttant difficile de trouver !e surnom que certain est qu'en ce temps on exprimait rarement les surnoms des femmes, qu'elles semblaient perdre en entrant dans les familles de leurs maris. Eh bien ! Nous croyons être plus heureux que duTertre-Gault et nous pensons pouvoir affirmer que la femme du capitaine Morfouace se nommait Yvorée de Pengréal. En effet nous trouvons dans les hommages rendus au vicomte de Rohan, en 1396, en raison de ses fiefs de la Cheze, Loudéac et Porhouet : «  Alain Picaud, pour sa mère de Pengréa». En compulsant les dates il nous semble que l'on est amené forcément a croire que cet Alain est un fils cadet d'Eon, probablement héritier présomptif des terres de sa mère, pour lesquels il fait hommage à son frère aîné, Jehan, que nous allons bientôt voir, ayant les fiefs et seigneuries du côté paternel. Donc, à notre avis, cette Pengréal n'est autre qu'Yvorée, dont du Tertre-Gault ignorait le nom patronymique. Cet avis semble d'autant plus concluant que nous trouvons aussi Eon de Pengréal chevalier-bachelier, dans une montre de du Guesclin,reçue à Caen le Ier décembre 1370 ; Alain de Pengréal,dans les hommages rendus au vicomte de Rohan, le 13 juillet 1396, et Eon de Pengréal, qui fait serment de fidélité au duc, parmi les nobles de Rohan et de Porhouet, l'an 1437. Cette coïncidence de noms, Eon. Alain, et de pays, ne laisse, croyons-nous aucun doute. Eon Picaud de Morfouace et sa femme achetèrent, des Cames de Ploërmel, droit d'enfeu prohibitif dans leur église. Jehan Picaud leur fils aîné, obtint un nouveau titre de ce monastère le 16 juillet 1435. Nous ne connaissons pas la date de la mort d'Eon ; mais elle était arrivée avant 1427, puisque nous trouvons en cette année, son fils Jehan employé comme seigneur de Morfouace, à la réformation des nobles et des terres nobles de Ploërmel.

Naissance

source Revue de l'Ouest http://www.geneanet.org/archives/livres/12081/82

nom: Capitaine Morfouace (1369-1407)
Seigneur de MORFOUASSE
Capitaine de SAINT MALO
Capitaine MORFOUACE de 1369 à 1407
Paraît en 1370 et 1405
Se bat contre les anglais (Duc DE LANCASTRE)
SAINT MALO 1378 ( Victoire )
BREST 1386 ( Défense )
Privilèges donnés en 1390-1400 pour sa Seigneurie de Morfouace
Par Jean De ROHAN, son Parent
Fonde un Enfeu en 1400 à l'église des Carmes de PLOERMEL
Confirmé par acte du 16-02-1435 à son fils Jean
Fils de Guillaume.
Chevalier et Seigneur de Morfouace et plus particulièrement connu sous le nom du célèbre " Capitaine Morfouace de 1369 à 1407 ".
Baptisé vers 1326 ou 1340 julien à Ploermel 56.
Marié vers 1400 avec Yvorée de Pengréal
Décédé en 1407 julien .
En 1390, il est Seigneur de Morfouace.
Il reçoit en 1400 de Jean Ier de Rohan, son parent et suzerain ; des privilèges pour sa Seigneurie de Morfouace. Cette dernière avait été précédemment cédée à Olivier II de Rohan en 1308.
Il fonda un enfeu dans une chapelle de l'église des Carmes de Ploermel dont il reçut concession en 1390 ou 1400, confirmé par acte du 16-02-1435 à son fils Jean I Picaud, Seigneur de Morfouace et de Morgan.
Cette chapelle et Enfeu de Morfouace puis du Boishélio était située au dessous de la Chapelle Saint Antoine dont l'enfeu fut créé par Jeanne Mouraud (Voir plus loin), elle appartenait encore en 1677 à Louis Picaud, Seigneur de Morfouace ; qui la vendit à François de la Fresnaye.
Capitaine de Saint Malo en 1378, il défendit victorieusement cette place contre les Anglais commandé par le duc de Lancastre. Il se distingua à la défense de Brest en 1386 ;
Eon Picaud fut nommé en 1405 et jusqu'en 1407 ou il fut remplacé par Guillaume Arthur " Alloué " de Ploërmel ce qui correspond au Chef de la communauté de ville.
Le manoir de Morfouesse ou Morfouace. Propriété successive des religieuses de l'Abbaye de la Joie, d'Ollivier II, du vicomte de Rohan (1306-1326), de Jean Ier (1352-1396), des familles Picaut ou Picaud (Jacques Picaud en 1480), Richard (en 1677), Le Milloch (en 1725) et Ropartz (en 1894). Du Halgouët signale que "Olivier II, vicomte de Rohan de 1306 à 1326, acquiert sur les religieuses de l'abbaye de la Joie le manoir de Morfouesse, près de Ploërmel. Par la suite le vicomte Jean de Rohan (1352-1396) donne le manoir à Eon Picaut". En 1636, Jacques Picaud et Louise de Langle sont qualifiés des titres de "seigneur et dame de Morfouace". Cette seigneurie possédait un droit de moyenne justice.
Chapelle des Carmes (XVIIème siècle). Cette chapelle était jadis sous le patronage de Notre-Dame des Sept douleurs. C'est dans cet édifice qu'ont lieu, en mars 1789, les réunions pour l'établissement du cahier de doléances de Ploërmel. La chapelle est rendue aux Ursulines après 1827. En 1932, les Ursulines sont remplacées par les soeurs de Jésus de Kermaria. Les seigneurs de Morfouace y possédait, semble-t-il, jadis un enfeu.
http://www.infobretagne.com/ploermel.htm
Le capitaine Morfouace, compagnon d'armes de Bertrand du Guesclin
Site BBM http://toutsurlagenealogie.blogspot.com/2010/02/le-capitaine-morfouace-compagnon-darmes.html
Le capitaine Morfouace, compagnon d'armes de Bertrand du Guesclin
Eon Picaud (alias Picaut ou Picault), chevalier, seigneur de Morfouace, paroisse de Ploërmel, evêché de Saint-Malo, connu sous le nom du Capitaine Morfouace, appartenait à une famille distinguée de la noblesse bretonne et descendait authentiquement
de Eudes ou Eudon Picaud, Picaut ou Picault, qualifié Miles, qui avait épousé en 1260, Adelice de Hennebont, dame de Tihenri, fille de Geoffroy, sire de Hennebont et de Catherine de Rohan, et veuve de Olivier de Lanvaux, ce qui nous est connu par divers titres, dont le plus ancien est une vente faite par Adelice à Geoffroy de Rohan, en 1261, et par un grand nombre d'autres passés de 1264 à 1278. Il dut naître dans la première moitié du quatorzième siècle, car, en 1370, il était déjà connu comme un vaillant homme de guerre.
Le quatorzième siècle fut une des époques les plus troublées de notre histoire et jamais la noblesse bretonne n'avait été plus divisée. La mort de Charles de Blois à Auray, 1364, avait à la vérité anéanti son parti ; mais, malgré le traité de Guérande en 1365, qui garantissait à Jean le Conquérant la possession du duché, les coeurs n'en restaient pas moins ulcérés et la moindre étincelle pouvait rallumer un feu mal éteint.
D'un autre côté, le roi de France, Charles V, vivement froissé de l'alliance de Jean IV de Bretagne avec les Anglais, ces éternels ennemis de la France, ne cherchait qu'une occasion pour rompre avec lui.
Enfin poursuivant ses desseins contre l'Angleterre, Charles V déclara la guerre à Edouard III et, décidé à pousser activement les hostilités, rappela près de lui Bertrand du Guesclin, qui avait enrôlé sous sa bannière les grandes compagnies dont il
avait su débarrasser la France en les menant en Espagne venger la mort de la reine Blanche de Bourbon mise à mort par Pierre le Cruel, roi de Castille en 1367. C'est dans un des nombreux engagements de Bertrand, récemment nommé Connétable de France y avec les Anglais qu'il vainquit à Beaufort, 1370, que nous voyons pour la première fois Eon Picaud de Morfouace, ¬« chevalier tant renommé sous le nom de Capitaine Morfouace" dit du Tertre-Gault, dans son vieux et naïf langage, venu, au dire de
d'Argentré, prêter main forte au nouveau connétable avec Geoffroy de Kerimel, maréchal de Bretagne, Maurice de Trésiguidy, Robert de Beaumanoir et autres chevaliers renommés.
Du Tertre-Gault affirme que, en récompense de sa brillante conduite en cette circonstance, il fut nommé capitaine ou gouverneur de Saint-Malo. Il est certain au moins que nous le trouvons en cette qualité en 1376.
Cependant la mésintelligence et la défiance n'avaient fait que s'accentuer entre le duc de Bretagne et le roi de France

enfin le premier ayant fait un traité avec les Anglais, Charles V ne garda plus aucune mesure et, l'an 1373, il chargea le connétable du Guesclin de faire la conquête de la Bretagne. Bon nombre de seigneurs bretons, mécontents du duc, qui froissait
de plus en plus leur susceptibilité en s'entourant d'Anglais et en les chargeant de tous les grands commandements suivirent le connétable dans cette guerre,où l'on ne peut s'empêcher de voir avec peine, Bertrand porter les armes contre sa patrie, quelques légitimes que fussent ses griefs contre son Souverain. Ainsi la Bretagne qui, après le traité de Guérande, était en droit d'espérer des jours de paix, se vit encore livrée à toutes les fureurs de la guerre.
Le duc Jean IV, effrayé de l'animosité de ses sujets contre la politique suivie par lui, avait pris le parti de se retirer en Angleterre, 1373 ; mais bientôt il revint en France avec le duc de Lancastre. Edouard III était mort en 1377
cependant l'avènement au trone de Richard II n'avait rien changé à la situation politique de l'Angleterre, avec laquelle le duc de Bretagne fit un nouveau traité en 1378.
Pendant ce temps, le connétable entrait en Normandie et y réduisait bon nombre de places qui étaient aux mains des Anglais, avec l'aide des principaux seigneurs bretons, le vicomte de la Bellière, Geoffroy de Kerimel, Jehan Tournemine, Henry de Plédran, Eustache de la Houssaye, Jehan de Quintin, Guillaume de Vauclerc, Jehan d'Acigné, etc., etc. De son côté, le duc de Lancastre, accompagné du duc de Cambridge, vint, à laide d'une puissante flotte, aborder à Saint-Malo, défendu par notre capitaine Morfouace "qui s'était acquis un grand renom dans le pays, par sa valeur", dit dom Morice. Il fit entrer dans la place plusieurs guerriers expérimentés sur lesquels il pouvait compter, entr'autres le vicomte de la Bellière, récemment revenu de
Normandie, le sire de Combourg et Henry de Malestroit et attendit l'attaque de l'armée anglaise, composée de 4000 hommes d'armes et 8000 archers, soutenus d'un grand nombre de pièces de canon. Cette armée tenta bientôt sur la place, plusieurs assauts toujours vaillamment repoussés par Morfouace et la garnison. En apprenant ces nouvelles le roi de France donna l'ordre au connétable, alors à Cherbourg, de voler au secours de Saint-Malo ; il y arriva avec le duc de Bourgogne, le duc de Berry, le comte d'Alençon, le dauphin d'Auvergne et beaucoup d'autres seigneurs français à la tête de leurs compagnies. Au dire de Froissart, la plupart des barons et chevaliers bretons vinrent aussi se joindre à l'armée française qui devint ainsi considérable et campa devant Saint-Malo, à l'endroit où se trouve Saint-Servan, pour occuper l'armée anglaise et empêcher ses tentatives contre la place.
Lancastre, inquiété sans cesse par ce corps d'armée et ne pouvant par là même attaquer Saint-Malo, qui était d'ailleurs vigoureusement défendu, fit secrètement creuser une mine qui, conduite sous les murailles, devait lui assurer une victoire facile ; mais il avait compté sans la vigilance de notre chevalier breton. Celui-ci soupçonnant les projets de l'ennemi, faisait faire une garde assidue et envoyait chaque nuit des espions qui, après de nombreuses recherches d'abord infructueuses, vinrent enfin l'avertir qu'ils avaient découvert la mine et même avaient pu pénétrer dans le camp des Anglais, dont la garde était fort mal faite. Morfouace se hâte de profiter de ces renseignements, sort sans bruit de la place avec une partie de la garnison, entre sans être vu dans les fossés et parvient jusqu'à l'endroit où travaillaient les mineurs qui sont tués sur place et leurs travaux détruits. Il pénètre ensuite dans le camp ennemi où il fait un grand carnage et se retire sans perte notable, aussitôt qu'il s'aperçoit que l'alarme est donnée et que les Anglais commencent à se remettre de leur stupeur.
Le duc de Lancastre, honteux et au désespoir d'avoir été surpris de la sorte se rembarqua et fit voile pour l'Angleterre, où, disent les historiens, il fut fort mal reçu (1378).
La même annee, le duc de Bretagne, désespérant pour l'instant, du succès de ses affaires dans ses états, repartit pour l'Angleterre. Le roi Charles V crut l'occasion favorable pour accomplir le projet qu'il caressait depuis longtemps d'unir la Bretagne à la France et pensa qu'il ne s'agissait que de faire rendre un jugement contre le duc par le Parlement de Paris, pour confisquer le duché de Bretagne à son profit ; mais il avait compté sans le patriotisme de nos aïeux, qui, oubliant leur mécontentement, pourtant si légitime, contre le duc Jean IV, devinrent ses plus zélés défenseurs dès qu'ils s'aperçurent que le roi de France voulait profiter de leurs dissensions pour asservir leur patrie.
On vit alors ce magnifique mouvement de la noblesse bretonne s'unissant à la population tout entière pour supplier leur souverain de quitter l'Angleterre et de se mettre de nouveau à leur tête (1379). Enfin Jean le Conquérant s'embarqua le 22 juillet et le 3 août, il entrait dans la Rance pour se rendre à Dinan, au milieu des acclamations et des transports d'allégresse de ses sujets, heureux de le revoir au milieu d'eux. Parmi les seigneurs bretons on voyait des Beaumanoir, Montafilan, la Hunaudaye, Montauban, etc. etc. Eon
Picaud de Morfouace, le brave défenseur de Saint-Malo, n'avait garde de s'abstenir en cette circonstance et fut du nombre des gentilshommes qui firent cortège au duc.
Quelques années plus tard (1386) nous retrouvons encore notre chevalier breton au nombre des principaux chefs qui assiégeaient la place de Brest, encore au pouvoir des Anglais, et devant laquelle le duc de Bretagne s'était rendu en personne avec une armée de plus de 10,000 hommes. Un fort en bois avait été élevé devant la ville et le duo en avait confié la garde à une forte garnison, sous les ordres des seigneurs de Maleslroit, de la Bellière, de Morfouace et de la Roche-Durant, qui donnèrent souvent l'alarme à la garnison anglaise, et, au dire des historiens, ne laissèrent pas, pour ainsi dire, passer un seul jour sans en venir à un engagement. Le Duc jugeant cependant que cet ouvrage provisoire était insuffisant pour réduire l'ennemi, fit élever un nouveau fort en pierres et en donna le commandement à du Pou, Malestroit et Chasteaubriant; mais attaqués, peu de temps après, par des forces bien supérieures dans cet ouvrage non encore achevé, une des tours fut renversée, et les Bretons, suivant Froissart, se voyant dans l'impossibilité de tenir plus longtemps, levèrent le siège et, à la faveur de la nuit, purent se retirer à Hennebont sans être inquiétés.
C'est la dernière fois que nous entendons parler de la carrière militaire du capitaine Morfouace ; mais ce que nous en avons vu doit suffire pour montrer qu'elle était sa réputation comme homme de guerre et qu'elle place il occupait parmi les seigneurs les plus en renom de la noblesse de Bretagne.
Toutefois si nous ne connaissons plus rien des faits de guerre de Morfouace, plusieurs titres nous parlent encore de lui jusqu'en 1400, époque à laquelle nous le perdons complètement de vue.
Le premier est une donation rapportée par dom Morice, en 1384
éNous, Jehan, vicomte de Rohan, faisons savoir à tous que, pour les bons et agréables services que nous a faits Eon Picaut, desquels nous tenons pour bien oontents, et satisfaiz, à iceluy Eon Picaut avons donné et attrié (octroyé) à jamis, le cours
de sa vie durant, et encore, donnons et attraions octroyons) la somme de quatre-vingt livres par chacun an, de telle monnoye comme nous lèvrons pour nos renies par chacun an, à être prins et levés sur les revenus, profiz et esmolumens de nos forez, bois, etc. Donné témoing notre propre scel avec le passement de nostre main, le dernier jour du mois de septembre, l'an mil trois cent quatre-vintz et quatre". Et de la main du dit vicomte est escript : "Passé de nostre main". Nous ne savons quels services assez importants avait pu rendre au vicomte de Rohan Eon Picaut, pour justifier le don d'une somme aussi considérable pour le temps ; mais il faut se souvenir qu'il descendait de Catherine de Rohan, mère d'Adelice de Hennebont, femme elle-même d'Eudon Picaut de Tihenri, en 1260, et que, par là même, il devait être parent assez proche du vicomte de Rohan. Par ailleurs, à l'époque de cette donation, (1384), Eon Picaud de Morfouace était encore dans la vie active qui, au reste, pour les rudes batailleurs de ce temps, ne cessait guère que lorsque les forces faisaient défaut pour endosser l'armure ; peut-être alors serait-il question de quelque épisode de guerre dont le souvenir n'est pas venu jusqu'à nous.
Le second acte où nous voyons encore Eon figurer, est un appointement fait au Parlement de Paris le 17 décembre 1400 "entre noble et puissant seigneur, Monsieur Alain, vicomte de Rohan, d'une part, et Eon Picaut, d'autre part,touchant sa propriété de la terre Chabot, du manoir de Morfouace et autres choses données au dit Picaut par Jehan, vicomte de Rohan, père dudit Alain".
La généalogie dressée par du Tertre-Gault dit que Eon Picaud de Morfouace "estait un des principaux officiers du duc, ce qui estait trouvé par un extrait tiré de la Chambre des comptes, dont M. de Quéhéon (Picaud) est saisi par original". Nous n'avons point vu ce titre et ne savons de quelle charge à la cour du duc il fait mention.
Eon Picaud de Morfouace avait épousé, au dire de du Tertre-Gault, une damoiselle nommée Yvorée, "de laquelle il estaultant difficile de trouver le surnom que certain est qu'en ce temps on exprimait rarement les surnoms des femmes, qu'elles semblaient perdre, en entrant dans les familles de leurs maris". Eh bien ! Nous croyons être plus heureux que du Terlre-Gault et nous pensons pouvoir affirmer que la femme du capitaine Morfouace se nommait
Yvorée de Pengréal. En effet nous trouvons dans les hommages rendus au vicomte de Rohan, en 1396, en raison de ses fiefs de la Chèze, Loudéac et Porhouët : "Alain Picaud, pour sa mère de Pengréal". En compulsant les dates il nous semble que l'on est amené forcément à croire que cet Alain est un fils cadet d'Eon, probablement héritier présomptif des terres de sa mère, pour lesquelles il fait hommage, son frère aîné, Jehan, que nous allons bientôt voir, ayant les fiefs et seigneuries du côté paternel. Donc, à notre avis, cette Pengréal n'est autre qu'Yvorée, dont du Tertre-Gault ignorait le nom patronymique. Cet avis semble d'autant plus concluant que nous trouvons aussi Eon de Pengréal, chevalier-bachelier , dans une montre de du Guesclin, reçue à Caen le 1er décembre 1370; Alain de Pengréal, dans les hommages rendus au vicomte de Rohan, le 13 juillet 1396, et Eon de Pengréal qui fait serment de fidélité au duc, parmi les nobles de Rohan et de Porhouët, l'an 1437. Cette coïncidence de noms, Eon, Alain et de pays, ne laisse, croyons-nous aucun doute.
Eon Picaud de Morfouace et sa femme achetèrent, des Carmes de Ploërmel, droit d'enfeu prohibitif dans leur église. Jehan Picaud leur fils ainé, obtint un nouveau titre confirmatif de ce droit des religieux de ce monastère le 16 juillet 1435.
Nous ne connaissons pas la date de la mort d'Eon mais elle était arrivée avant 1427, puisque nous trouvons, en cette année, son fils Jehan employé comme seigneur de Morfouace, à la réformation des nobles et des terres nobles de Ploërmel.
Source : Revue historique de l'Ouest, 1896, p77, le capitaine Morfouace, par A. de Bréhier.
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Nom Prefixe: Capitaine de Saint Malo
Naissance: Capitaine de SAINT MALO Capitaine MORFOUACE de 1369 à 1407 Paraît en 1370 et 1405 Se bat contre LES ANGLAIS (Duc de LANCASTRE) SAINT MALO 1378 ( Victoire ) BREST 1386 ( Défense ) Privilèges donnés en 1390-1400 pour sa Seigneurie de Morfouace Par Jean de ROHAN, son Parent Fonde un Enfeu en 1400 à l'église des Carmes de PLOERMEL Confirmé par acte du 16 février 1435 à son fils Jean
Si les Malouins avaient mal accueilli le gouverneur ducal, ils reculent de toute autre façon le capitaine que Charles leur envoya, avec mission de diriger, le cas échéant la défense de leur ville. Ce n'était pas pour eux un inconnu, car c'était ce Guillaume Picaud, sr de Morfouace, qui accompagnait Guillaume de Guitté lors de la,tentative intempestive de ce dernier pour donner Saint-Malo au roi.
Bien qu'ayant eu maille a partir avec lui, les bourgeois avaient appris à l'estimer. Il appartenait, d'ailleurs, à une bonne famille de noblesse
du diocèse, possessionnée dans la paroisse de Ploërmel.
Connu sous le nom, de capitaine Morfouace, il avait accompagné partout du Guesclin, et ses services lui valaient cette nomination au gouvernement de Saint-Malo. La suite devait montrer qu'il méritait cette marque de la confiance royale. Quant au capitaine Morfouace, à qui revient presque toute entière, la gloire de cette belle défense de Saint-Malo il continua longtemps encore sa carrière de brave homme.
Il aimait particulièrement résider dans la ville qu'il avait sauvée des Anglais e t y possédait plusieurs maisons; il donna, nous l'avons dit, l'une d'elles à la Confrérie de Saint-Jean-Baptiste et elle servit longtemps aux réunions des bourgeois. Il devait tenir d'assez près aux Rohan, car nous voyons, en 1384, Jean de Rohan lui concéder une rente de quatre-vingt livres En 13S6, il figure parmi les officiers du duc deBretagne qui assiégèrent Brest occupé par les Anglais. Guillaume Picaud, sr de Morfouace termina cette existence bien remplie vers 1407, laissant de dame Yvorée de Pengréal, sa femme, plusieurs enfants, (A. de Brehier.)

Décès

nom: Capitaine Morfouace (1369-1407)
Seigneur de MORFOUASSE
Capitaine de SAINT MALO
Capitaine MORFOUACE de 1369 à 1407
Paraît en 1370 et 1405
Se bat contre les anglais (Duc DE LANCASTRE)
SAINT MALO 1378 ( Victoire )
BREST 1386 ( Défense )
Privilèges donnés en 1390-1400 pour sa Seigneurie de Morfouace
Par Jean De ROHAN, son Parent
Fonde un Enfeu en 1400 à l'église des Carmes de PLOERMEL
Confirmé par acte du 16-02-1435 à son fils Jean
Fils de Guillaume.
Chevalier et Seigneur de Morfouace et plus particulièrement connu sous le nom du célèbre " Capitaine Morfouace de 1369 à 1407 ".
Baptisé vers 1326 ou 1340 julien à Ploermel 56.
Marié vers 1400 avec Yvorée de Pengréal
Décédé en 1407 julien .
En 1390, il est Seigneur de Morfouace.
Il reçoit en 1400 de Jean Ier de Rohan, son parent et suzerain ; des privilèges pour sa Seigneurie de Morfouace. Cette dernière avait été précédemment cédée à Olivier II de Rohan en 1308.
Il fonda un enfeu dans une chapelle de l'église des Carmes de Ploermel dont il reçut concession en 1390 ou 1400, confirmé par acte du 16-02-1435 à son fils Jean I Picaud, Seigneur de Morfouace et de Morgan.
Cette chapelle et Enfeu de Morfouace puis du Boishélio était située au dessous de la Chapelle Saint Antoine dont l'enfeu fut créé par Jeanne Mouraud (Voir plus loin), elle appartenait encore en 1677 à Louis Picaud, Seigneur de Morfouace ; qui la vendit à François de la Fresnaye.
Capitaine de Saint Malo en 1378, il défendit victorieusement cette place contre les Anglais commandé par le duc de Lancastre. Il se distingua à la défense de Brest en 1386 ;
Eon Picaud fut nommé en 1405 et jusqu'en 1407 ou il fut remplacé par Guillaume Arthur " Alloué " de Ploërmel ce qui correspond au Chef de la communauté de ville.
Le manoir de Morfouesse ou Morfouace. Propriété successive des religieuses de l'Abbaye de la Joie, d'Ollivier II, du vicomte de Rohan (1306-1326), de Jean Ier (1352-1396), des familles Picaut ou Picaud (Jacques Picaud en 1480), Richard (en 1677), Le Milloch (en 1725) et Ropartz (en 1894). Du Halgouët signale que "Olivier II, vicomte de Rohan de 1306 à 1326, acquiert sur les religieuses de l'abbaye de la Joie le manoir de Morfouesse, près de Ploërmel. Par la suite le vicomte Jean de Rohan (1352-1396) donne le manoir à Eon Picaut". En 1636, Jacques Picaud et Louise de Langle sont qualifiés des titres de "seigneur et dame de Morfouace". Cette seigneurie possédait un droit de moyenne justice.
Chapelle des Carmes (XVIIème siècle). Cette chapelle était jadis sous le patronage de Notre-Dame des Sept douleurs. C'est dans cet édifice qu'ont lieu, en mars 1789, les réunions pour l'établissement du cahier de doléances de Ploërmel. La chapelle est rendue aux Ursulines après 1827. En 1932, les Ursulines sont remplacées par les soeurs de Jésus de Kermaria. Les seigneurs de Morfouace y possédait, semble-t-il, jadis un enfeu.
http://www.infobretagne.com/ploermel.htm
Le capitaine Morfouace, compagnon d'armes de Bertrand du Guesclin
Site BBM http://toutsurlagenealogie.blogspot.com/2010/02/le-capitaine-morfouace-compagnon-darmes.html
Le capitaine Morfouace, compagnon d'armes de Bertrand du Guesclin
Eon Picaud (alias Picaut ou Picault), chevalier, seigneur de Morfouace, paroisse de Ploërmel, evêché de Saint-Malo, connu sous le nom du Capitaine Morfouace, appartenait à une famille distinguée de la noblesse bretonne et descendait authentiquement
de Eudes ou Eudon Picaud, Picaut ou Picault, qualifié Miles, qui avait épousé en 1260, Adelice de Hennebont, dame de Tihenri, fille de Geoffroy, sire de Hennebont et de Catherine de Rohan, et veuve de Olivier de Lanvaux, ce qui nous est connu par divers titres, dont le plus ancien est une vente faite par Adelice à Geoffroy de Rohan, en 1261, et par un grand nombre d'autres passés de 1264 à 1278. Il dut naître dans la première moitié du quatorzième siècle, car, en 1370, il était déjà connu comme un vaillant homme de guerre.
Le quatorzième siècle fut une des époques les plus troublées de notre histoire et jamais la noblesse bretonne n'avait été plus divisée. La mort de Charles de Blois à Auray, 1364, avait à la vérité anéanti son parti ; mais, malgré le traité de Guérande en 1365, qui garantissait à Jean le Conquérant la possession du duché, les coeurs n'en restaient pas moins ulcérés et la moindre étincelle pouvait rallumer un feu mal éteint.
D'un autre côté, le roi de France, Charles V, vivement froissé de l'alliance de Jean IV de Bretagne avec les Anglais, ces éternels ennemis de la France, ne cherchait qu'une occasion pour rompre avec lui.
Enfin poursuivant ses desseins contre l'Angleterre, Charles V déclara la guerre à Edouard III et, décidé à pousser activement les hostilités, rappela près de lui Bertrand du Guesclin, qui avait enrôlé sous sa bannière les grandes compagnies dont il
avait su débarrasser la France en les menant en Espagne venger la mort de la reine Blanche de Bourbon mise à mort par Pierre le Cruel, roi de Castille en 1367. C'est dans un des nombreux engagements de Bertrand, récemment nommé Connétable de France y avec les Anglais qu'il vainquit à Beaufort, 1370, que nous voyons pour la première fois Eon Picaud de Morfouace, ¬« chevalier tant renommé sous le nom de Capitaine Morfouace" dit du Tertre-Gault, dans son vieux et naïf langage, venu, au dire de
d'Argentré, prêter main forte au nouveau connétable avec Geoffroy de Kerimel, maréchal de Bretagne, Maurice de Trésiguidy, Robert de Beaumanoir et autres chevaliers renommés.
Du Tertre-Gault affirme que, en récompense de sa brillante conduite en cette circonstance, il fut nommé capitaine ou gouverneur de Saint-Malo. Il est certain au moins que nous le trouvons en cette qualité en 1376.
Cependant la mésintelligence et la défiance n'avaient fait que s'accentuer entre le duc de Bretagne et le roi de France

enfin le premier ayant fait un traité avec les Anglais, Charles V ne garda plus aucune mesure et, l'an 1373, il chargea le connétable du Guesclin de faire la conquête de la Bretagne. Bon nombre de seigneurs bretons, mécontents du duc, qui froissait
de plus en plus leur susceptibilité en s'entourant d'Anglais et en les chargeant de tous les grands commandements suivirent le connétable dans cette guerre,où l'on ne peut s'empêcher de voir avec peine, Bertrand porter les armes contre sa patrie, quelques légitimes que fussent ses griefs contre son Souverain. Ainsi la Bretagne qui, après le traité de Guérande, était en droit d'espérer des jours de paix, se vit encore livrée à toutes les fureurs de la guerre.
Le duc Jean IV, effrayé de l'animosité de ses sujets contre la politique suivie par lui, avait pris le parti de se retirer en Angleterre, 1373 ; mais bientôt il revint en France avec le duc de Lancastre. Edouard III était mort en 1377
cependant l'avènement au trone de Richard II n'avait rien changé à la situation politique de l'Angleterre, avec laquelle le duc de Bretagne fit un nouveau traité en 1378.
Pendant ce temps, le connétable entrait en Normandie et y réduisait bon nombre de places qui étaient aux mains des Anglais, avec l'aide des principaux seigneurs bretons, le vicomte de la Bellière, Geoffroy de Kerimel, Jehan Tournemine, Henry de Plédran, Eustache de la Houssaye, Jehan de Quintin, Guillaume de Vauclerc, Jehan d'Acigné, etc., etc. De son côté, le duc de Lancastre, accompagné du duc de Cambridge, vint, à laide d'une puissante flotte, aborder à Saint-Malo, défendu par notre capitaine Morfouace "qui s'était acquis un grand renom dans le pays, par sa valeur", dit dom Morice. Il fit entrer dans la place plusieurs guerriers expérimentés sur lesquels il pouvait compter, entr'autres le vicomte de la Bellière, récemment revenu de
Normandie, le sire de Combourg et Henry de Malestroit et attendit l'attaque de l'armée anglaise, composée de 4000 hommes d'armes et 8000 archers, soutenus d'un grand nombre de pièces de canon. Cette armée tenta bientôt sur la place, plusieurs assauts toujours vaillamment repoussés par Morfouace et la garnison. En apprenant ces nouvelles le roi de France donna l'ordre au connétable, alors à Cherbourg, de voler au secours de Saint-Malo ; il y arriva avec le duc de Bourgogne, le duc de Berry, le comte d'Alençon, le dauphin d'Auvergne et beaucoup d'autres seigneurs français à la tête de leurs compagnies. Au dire de Froissart, la plupart des barons et chevaliers bretons vinrent aussi se joindre à l'armée française qui devint ainsi considérable et campa devant Saint-Malo, à l'endroit où se trouve Saint-Servan, pour occuper l'armée anglaise et empêcher ses tentatives contre la place.
Lancastre, inquiété sans cesse par ce corps d'armée et ne pouvant par là même attaquer Saint-Malo, qui était d'ailleurs vigoureusement défendu, fit secrètement creuser une mine qui, conduite sous les murailles, devait lui assurer une victoire facile ; mais il avait compté sans la vigilance de notre chevalier breton. Celui-ci soupçonnant les projets de l'ennemi, faisait faire une garde assidue et envoyait chaque nuit des espions qui, après de nombreuses recherches d'abord infructueuses, vinrent enfin l'avertir qu'ils avaient découvert la mine et même avaient pu pénétrer dans le camp des Anglais, dont la garde était fort mal faite. Morfouace se hâte de profiter de ces renseignements, sort sans bruit de la place avec une partie de la garnison, entre sans être vu dans les fossés et parvient jusqu'à l'endroit où travaillaient les mineurs qui sont tués sur place et leurs travaux détruits. Il pénètre ensuite dans le camp ennemi où il fait un grand carnage et se retire sans perte notable, aussitôt qu'il s'aperçoit que l'alarme est donnée et que les Anglais commencent à se remettre de leur stupeur.
Le duc de Lancastre, honteux et au désespoir d'avoir été surpris de la sorte se rembarqua et fit voile pour l'Angleterre, où, disent les historiens, il fut fort mal reçu (1378).
La même annee, le duc de Bretagne, désespérant pour l'instant, du succès de ses affaires dans ses états, repartit pour l'Angleterre. Le roi Charles V crut l'occasion favorable pour accomplir le projet qu'il caressait depuis longtemps d'unir la Bretagne à la France et pensa qu'il ne s'agissait que de faire rendre un jugement contre le duc par le Parlement de Paris, pour confisquer le duché de Bretagne à son profit ; mais il avait compté sans le patriotisme de nos aïeux, qui, oubliant leur mécontentement, pourtant si légitime, contre le duc Jean IV, devinrent ses plus zélés défenseurs dès qu'ils s'aperçurent que le roi de France voulait profiter de leurs dissensions pour asservir leur patrie.
On vit alors ce magnifique mouvement de la noblesse bretonne s'unissant à la population tout entière pour supplier leur souverain de quitter l'Angleterre et de se mettre de nouveau à leur tête (1379). Enfin Jean le Conquérant s'embarqua le 22 juillet et le 3 août, il entrait dans la Rance pour se rendre à Dinan, au milieu des acclamations et des transports d'allégresse de ses sujets, heureux de le revoir au milieu d'eux. Parmi les seigneurs bretons on voyait des Beaumanoir, Montafilan, la Hunaudaye, Montauban, etc. etc. Eon
Picaud de Morfouace, le brave défenseur de Saint-Malo, n'avait garde de s'abstenir en cette circonstance et fut du nombre des gentilshommes qui firent cortège au duc.
Quelques années plus tard (1386) nous retrouvons encore notre chevalier breton au nombre des principaux chefs qui assiégeaient la place de Brest, encore au pouvoir des Anglais, et devant laquelle le duc de Bretagne s'était rendu en personne avec une armée de plus de 10,000 hommes. Un fort en bois avait été élevé devant la ville et le duo en avait confié la garde à une forte garnison, sous les ordres des seigneurs de Maleslroit, de la Bellière, de Morfouace et de la Roche-Durant, qui donnèrent souvent l'alarme à la garnison anglaise, et, au dire des historiens, ne laissèrent pas, pour ainsi dire, passer un seul jour sans en venir à un engagement. Le Duc jugeant cependant que cet ouvrage provisoire était insuffisant pour réduire l'ennemi, fit élever un nouveau fort en pierres et en donna le commandement à du Pou, Malestroit et Chasteaubriant; mais attaqués, peu de temps après, par des forces bien supérieures dans cet ouvrage non encore achevé, une des tours fut renversée, et les Bretons, suivant Froissart, se voyant dans l'impossibilité de tenir plus longtemps, levèrent le siège et, à la faveur de la nuit, purent se retirer à Hennebont sans être inquiétés.
C'est la dernière fois que nous entendons parler de la carrière militaire du capitaine Morfouace ; mais ce que nous en avons vu doit suffire pour montrer qu'elle était sa réputation comme homme de guerre et qu'elle place il occupait parmi les seigneurs les plus en renom de la noblesse de Bretagne.
Toutefois si nous ne connaissons plus rien des faits de guerre de Morfouace, plusieurs titres nous parlent encore de lui jusqu'en 1400, époque à laquelle nous le perdons complètement de vue.
Le premier est une donation rapportée par dom Morice, en 1384
éNous, Jehan, vicomte de Rohan, faisons savoir à tous que, pour les bons et agréables services que nous a faits Eon Picaut, desquels nous tenons pour bien oontents, et satisfaiz, à iceluy Eon Picaut avons donné et attrié (octroyé) à jamis, le cours
de sa vie durant, et encore, donnons et attraions octroyons) la somme de quatre-vingt livres par chacun an, de telle monnoye comme nous lèvrons pour nos renies par chacun an, à être prins et levés sur les revenus, profiz et esmolumens de nos forez, bois, etc. Donné témoing notre propre scel avec le passement de nostre main, le dernier jour du mois de septembre, l'an mil trois cent quatre-vintz et quatre". Et de la main du dit vicomte est escript : "Passé de nostre main". Nous ne savons quels services assez importants avait pu rendre au vicomte de Rohan Eon Picaut, pour justifier le don d'une somme aussi considérable pour le temps ; mais il faut se souvenir qu'il descendait de Catherine de Rohan, mère d'Adelice de Hennebont, femme elle-même d'Eudon Picaut de Tihenri, en 1260, et que, par là même, il devait être parent assez proche du vicomte de Rohan. Par ailleurs, à l'époque de cette donation, (1384), Eon Picaud de Morfouace était encore dans la vie active qui, au reste, pour les rudes batailleurs de ce temps, ne cessait guère que lorsque les forces faisaient défaut pour endosser l'armure ; peut-être alors serait-il question de quelque épisode de guerre dont le souvenir n'est pas venu jusqu'à nous.
Le second acte où nous voyons encore Eon figurer, est un appointement fait au Parlement de Paris le 17 décembre 1400 "entre noble et puissant seigneur, Monsieur Alain, vicomte de Rohan, d'une part, et Eon Picaut, d'autre part,touchant sa propriété de la terre Chabot, du manoir de Morfouace et autres choses données au dit Picaut par Jehan, vicomte de Rohan, père dudit Alain".
La généalogie dressée par du Tertre-Gault dit que Eon Picaud de Morfouace "estait un des principaux officiers du duc, ce qui estait trouvé par un extrait tiré de la Chambre des comptes, dont M. de Quéhéon (Picaud) est saisi par original". Nous n'avons point vu ce titre et ne savons de quelle charge à la cour du duc il fait mention.
Eon Picaud de Morfouace avait épousé, au dire de du Tertre-Gault, une damoiselle nommée Yvorée, "de laquelle il estaultant difficile de trouver le surnom que certain est qu'en ce temps on exprimait rarement les surnoms des femmes, qu'elles semblaient perdre, en entrant dans les familles de leurs maris". Eh bien ! Nous croyons être plus heureux que du Terlre-Gault et nous pensons pouvoir affirmer que la femme du capitaine Morfouace se nommait
Yvorée de Pengréal. En effet nous trouvons dans les hommages rendus au vicomte de Rohan, en 1396, en raison de ses fiefs de la Chèze, Loudéac et Porhouët : "Alain Picaud, pour sa mère de Pengréal". En compulsant les dates il nous semble que l'on est amené forcément à croire que cet Alain est un fils cadet d'Eon, probablement héritier présomptif des terres de sa mère, pour lesquelles il fait hommage, son frère aîné, Jehan, que nous allons bientôt voir, ayant les fiefs et seigneuries du côté paternel. Donc, à notre avis, cette Pengréal n'est autre qu'Yvorée, dont du Tertre-Gault ignorait le nom patronymique. Cet avis semble d'autant plus concluant que nous trouvons aussi Eon de Pengréal, chevalier-bachelier , dans une montre de du Guesclin, reçue à Caen le 1er décembre 1370; Alain de Pengréal, dans les hommages rendus au vicomte de Rohan, le 13 juillet 1396, et Eon de Pengréal qui fait serment de fidélité au duc, parmi les nobles de Rohan et de Porhouët, l'an 1437. Cette coïncidence de noms, Eon, Alain et de pays, ne laisse, croyons-nous aucun doute.
Eon Picaud de Morfouace et sa femme achetèrent, des Carmes de Ploërmel, droit d'enfeu prohibitif dans leur église. Jehan Picaud leur fils ainé, obtint un nouveau titre confirmatif de ce droit des religieux de ce monastère le 16 juillet 1435.
Nous ne connaissons pas la date de la mort d'Eon mais elle était arrivée avant 1427, puisque nous trouvons, en cette année, son fils Jehan employé comme seigneur de Morfouace, à la réformation des nobles et des terres nobles de Ploërmel.
Source : Revue historique de l'Ouest, 1896, p77, le capitaine Morfouace, par A. de Bréhier.
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Sources

GUILLAUME PICAUD (alias Eon) SIEUR DE MORFOUACE...
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